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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 07:34

Une «mine d’or» en voie de détournement !

sidi-fredj.jpg

 

Rien ne va plus au vieux port de Sidi Fredj. Autrefois véritable perle de l’Algérois, cet unique port international de plaisance de la capitale est aujourd’hui détourné de sa vocation.

Pis, selon les anciens pêcheurs que nous avons rencontrés durant notre enquête, ces derniers ont tous dit qu’aujourd’hui, certaines personnes voire une sorte de «mafia» veulent contrôler le port de Sidi Fredj. Ces étrangers à la profession, comme l’expliquent ces centaines de pêcheurs, «agissent» selon des règles juridiques qui leur permettent de ne pas laisser trace pour tenter d’avoir des privilèges existants dans cette «mine d’or» de la mer. En effet, des problèmes sont survenus dans ce vieux port d’Alger.

Vols mystérieux, détournements de bassins des pêcheurs décédés au profit de certaines personnes «riches», de l’argent sale en jeu, des rixes au quotidien, des pêcheurs mécontents, une direction dépassée par les complications de la situation, un port abandonné, et bien d’autres maux. Voilà ce qui caractérise, en quelques mots, la situation que vit le port historique de Sidi Fredj. En effet, plus de 600 bateaux sont accostés dans treize quais existants au niveau de ce port international. Ces centaines de bateaux, dont des vedettes, des hors-bord, et quelques voiliers sont soumis à un «diktat» sans précédent de la part de certaines personnes, voulant faire de ce port leurs propres biens. Selon les pêcheurs, il existe aujourd’hui une certaine «hogra», dont ils font l’objet. Récemment, la direction générale du port de plaisance les a sommés de payer une somme de 45 000 dinars pour accéder aux bassins du port. Cette note vise exceptionnellement les propriétaires de hors-bords, dont la longueur de bateaux est de 4,8 mètres, alors que le prix devrait être 18 000 dinars, selon le métrage des bateaux. Cette augmentation conséquente et inexpliquée à la fois a suscité une véritable colère chez les locataires.

Selon ces derniers, cette note vise tout simplement à les «chasser» de leurs bassins, pour permettre aux propriétaires des vedettes haut de gamme d’occuper leurs places, d’autant que ces derniers sont qualifiés de riches personnes. Contactés à ce sujet, les responsables de la direction, ont nié ces «rumeurs». «Certes, nous avons fait augmenter les prix d’accès, voire la location des bassins, mais une telle note n’est pas faite pour permettre à certaines personnes d’occuper ces places», explique le DG de la gestion du port de Sidi Fredj. Ce dernier a tenté de se défendre en tirant à boulets rouges sur ces centaines de pêcheurs par plaisir. Selon lui, ces derniers cherchent des problèmes, en diffusant de telles informations. «Moi, je suis à la tête de la DG depuis quatre mois seulement. J’ai hérité la place de l’ancien DG qui a voulu mettre de l’ordre dans le port, tout en commettant des erreurs», confie-t-il.

«Aujourd’hui, et depuis que je suis à la tête de cette direction, les problèmes se sont accentués, et j’ai peur d’être un jour agressé par des inconnus», ajoute-t-il.

Hadj «Calamar», Aâmi Rabah, victimes de la «mafia» du port de Sidi Fredj

Hadj «Calamar», très apprécié par ses amis de longue date, est décédé il y a un an, laissant son chalutier au port. Profitant de son décès, certaines personnes, étrangères du port, ont détourné sa place. Elles ont même vendu sa place contre une somme assez importante, et ce, au vu et au su de l’ensemble des pêcheurs. Son hors-bord a été délocalisé vers le quai, appelé «Cimetière».

Aujourd’hui, ses enfants réclament le recasement du hors-bord de leur père. Il est important de souligner qu’aucune loi ne permet ni aux responsables de la direction de gestion du port, ni aux autres de ses amis de métier d’occuper sa place, d’autant qu’il est en règle, puisque Hadj «Calamar» a payé sa place pour une location d’un an.

Un autre propriétaire de hors-bord a été victime, à son tour, du même agissement. Il s’agit d’un vieux pêcheur, très connu de ses collègues, d’autant qu’il est dans le métier depuis plus de 40 ans. Il s’appelle Aâmi Rabah ; ce dernier est mort il y a tout juste trois mois. Après son décès, des inconnus ont pris sa place, et ont même vendu son bassin à un nouveau pêcheur, contre une somme faramineuse, disent ses amis, alors que la date de l’échéance qui autorise à Aâmi Rabah ou sa famille à occuper cette place n’est pas arrivée à sa fin.

Ces graves détournements de places ont poussé l’ensemble des pêcheurs à demander des explications auprès de la direction générale chargée de gérer les treize quais existants au niveau du port de Sidi Fredj. Toutefois, les responsables de cette direction ont tout simplement répondu qu’ils ne peuvent rien faire, et qu’ils ne sont pas en mesure d’intervenir, d’autant que les pêcheurs ne sont plus en vie. Même cas pour les familles des défunts. Ces dernières ont beau essayé de récupérer les places de leur père, mais en vain. Aujourd’hui, elles continuent à réclamer leurs droits, malgré les difficultés rencontrées sur le terrain.

Recrudescence de vols mystérieux au niveau du port de Sidi Fredj

Il y a un mois, bizarrement, expliquent les pêcheurs du port de plaisance de Sidi Fredj, les cas de vols se sont accentués, et ce, au moment où beaucoup de ces pêcheurs avaient refusé les nouveaux tarifs appliqués par la direction de ce site touristique. En effet, il y a près de vingt jours, un hors-bord appartenant à un ancien pêcheur, résidant dans l’Algérois, a fait l’objet d’un vol, la nuit, par des inconnus.

Ces derniers ont pris un moteur de 40 chevaux, dont le prix avoisine les 40 millions de centimes. Deux jours après cet acte, un autre pêcheur a été à son tour victime d’un autre vol, mais cette fois-ci, c’était en plein jour. Le malheureux pêcheur a été délesté de son appareil GPS qui coûte très cher, plus de 50 millions de centimes.

Face à ces vols, la brigade de la Gendarmerie nationale avait mobilisé une patrouille pédestre qui a pour tâche de sillonner le port, afin de stopper cette hémorragie de vol. Mais cela n’a pas permis d’éviter d’autres vols, puisque au bout de deux jours, soit le 24 avril dernier, un téléviseur plasma appartenant à un propriétaire d’une vedette a été volé par des inconnus. Pourquoi les vols se sont accentus ce mois-ci ? S’agit-il d’un réseau activant dans ce port ? Ou plutôt de vol prémédité ? Les pêcheurs se posent tellement de questions que personne ne sait comment réagir face à cette situation. Ce qui est déjà sûr, les vols n’ont jamais eu lieu durant des années, mais la cadence de ces rapines laisse prédire beaucoup de choses.

Les places vendues jusqu’à 90 millions de centimes

Selon les témoignages de beaucoup de propriétaires de bateaux, des places appartenant à des propriétaires de hors-bord ont été vendues jusqu’à 90 millions de centimes, alors que d’autres sont cédées à 70 millions de centimes. «Ici, c’est le marché des enchères, certains ont vendu leurs places à des dizaines de millions, alors que d’autres ont été pourchassés de leurs bassins par des personnes pour être vendues à d’autres propriétaires de vedettes, récemment débarqués au port de Sidi Fredj», disait un vieux pêcheur, totalisant 47 ans de métier au niveau du port de Sidi Fredj.

«Il n’y a qu’à faire un tour du côté du quai cimetière pour constater de visu les dizaines de bateaux qui ont été enlevés sans prévenir leurs propriétaires. Ces bateaux sont abandonnés dans ce quai de la «honte», alors qu’«ils devaient être relogés dans leurs propres bassins, à savoir le quai BC, FA, FB, HB, HD ou FD», explique un autre pêcheur, en activité depuis 32 ans. Aujourd’hui, les locataires réclament une enquête des services concernés afin d’élucider ces «dépassements» qui durent depuis plus d’un an au niveau du port de Sidi Fredj, voire depuis l’arrivée de certaines personnes étrangères qui ne sont pas du métier.

Source Le Jour d’Algérie Sofiane Abi

Le Pèlerin

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 03:58

Algérie - Réflexion - Les origines du despotisme algérien

besoin de democratie et mieux vivre

 

«La Révolution algérienne est l’œuvre d’un peuple qui n’a pas d’élite : l’historien y trouvera toutes les vertus populaires, mais aucune des qualités propres à une élite. La Révolution algérienne : un dépôt sacré entre des mains sacrilèges.» (Malek Bennabi)

En engageant une guerre de libération contre le colonialisme entre 1954 et 1962, le peuple algérien a cessé d’être «colonisable ». Sa récompense a été la reconquête de sa souveraineté. Le jour où il engagera un combat contre le despotisme, comme sont en train de le faire un certain nombre de peuples arabes, il se libérera du despotisme et sa récompense sera la démocratie.

Comme on l’a déjà dit, le phénomène despotique est une culture, une manière de voir et de comprendre les choses portée aussi bien par le despote que par la majorité des individus composant le peuple. Il repose sur l’interaction des deux. On a mis aussi en parallèle les revendications corporatistes et les positions antagoniques des partis et conclu qu’elles avaient peu à voir avec le combat contre le despotisme. Le despotisme ne se combat pas en brûlant les services administratifs, en pillant les commerces, en s’en prenant aux forces de l’ordre, ni même en chassant les détenteurs du pouvoir pour les remplacer au pied levé par les aventuriers et les charlatans que manquent rarement d’engendrer les évènements révolutionnaires. Tout ce qu’on peut gagner, c’est un autre despotisme dont l’espérance de vie peut être longue. C’est ce qui a failli arriver dans le sillage d’Octobre 1988. C’est ce qui est arrivé aux Français après 1789 : des révolutionnaires sont devenus des dictateurs (Robespierre) ou des empereurs (Napoléon). C’est ce qu’on a vu à peu près partout où il y a eu des révolutions. Le despotisme se combat en préparant l’alternative à lui substituer, mais celle-ci n’est pas encore au point chez nous. Il est temps d’y travailler. En Tunisie, en Égypte et au Yémen, on peut dire que le peuple a réuni les conditions nécessaires à la formation de la «volonté populaire» puisqu’on a vu et entendu cette volonté : «ech- Châab yourid !» («Le peuple veut !»). Le despotisme est inconcevable dans un pays où il y a une société civile mobilisable, une conscience politique citoyenne, et un corps électoral qui croit à l’importance du bulletin de vote. Ce n’est pas parce qu’il n’y avait plus de candidats au despotisme, de généraux menaçants ou d’hommes politiques avides de pouvoir que la démocratie est apparue dans les pays démocratiques. Au contraire, la démocratie est le produit d’une lutte séculaire contre le despotisme religieux, monarchique ou prétorien. Le despotisme, en tant que dérive psychologique, qu’instinct de domination, qu’inclination à l’imperium (le commandement en soi) existe et existera toujours dans la nature humaine, surtout chez ceux qui gravitent autour des centres de décision, politiciens et chefs militaires. La démocratie est un complexe de parades, un dispositif de protection, un ensemble de digues contre ces penchants. Tout homme en situation de pouvoir est porté au despotisme, ce sont les institutions et l’opinion publique de son pays qui brident ses pulsions. De Gaulle et Churchill ont joué en tant que personnes un rôle prépondérant dans la libération ou le sauvetage de leurs nations pendant la Seconde Guerre mondiale, mais ils ne se sont pas prévalus de cette qualité, de leur «légitimité historique», pour imposer leur prétention à diriger leurs pays. Au lendemain de la guerre, ils se sont présentés l’un et l’autre devant les électeurs, n’ont pas été élus, et se sont retirés de la vie politique. Le premier reviendra au pouvoir en 1958, rappelé par une Quatrième République sur le point de s’effondrer à cause de la guerre d’Algérie, mais il le quittera dix ans plus tard en démissionnant après que le peuple français ait rejeté le projet de réforme constitutionnelle qu’il lui avait soumis par voie référendaire. Les deux grands hommes pouvaient légitimement nourrir l’envie d’être placés à vie à la tête de leurs pays en considération de leurs aptitudes exceptionnelles et des éminents services rendus à leurs patries, ils pouvaient en tant qu’être humains être taraudés par l’instinct de domination, mais ils n’auraient jamais violé la Constitution ou trafiqué les élections pour assouvir leur passion du pouvoir. La société à laquelle ils appartenaient était immunisée par sa culture et ses lois contre de telles envies, de tels instincts, et la fraude électorale est un délit qui peut conduire son auteur en prison. Le despotisme ne peut pas s’imposer dans un pays démocratique quels que soient les évènements qui peuvent y arriver, l’ambition qui peut animer les meilleurs de ses hommes, leurs états de service, ou leur état mental. Si l’Algérie avait obtenu son indépendance à la manière tunisienne, marocaine, ou africaine, et non après une féroce lutte armée, ce sont les «politiques» comme Messali Hadj, Ferhat Abbas, Salah Bendjelloul, Cheikh Bachir El- Ibrahimi ou d’autres, qui auraient tout naturellement dirigé le pays puisqu’il n’y aurait pas eu de «moudjahidine», ni d’«armée des frontières». Mais comme il y a eu une féroce lutte armée, ce sont ceux qui portaient les armes qui ont pris le pouvoir. Pas ceux qui étaient à l’intérieur du pays, mais ceux qui étaient à l’extérieur. Un autre exemple : si le FIS avait accédé au pouvoir en janvier 1992 par la voie des urnes, ce sont les «politiques», Abassi Madani, Ali Benhadj, Zebda ou d’autres, qui auraient tout naturellement gouverné le pays. Mais il y a eu l’arrêt du processus électoral. Supposons maintenant que les «djihadistes » du GIA, de l’AIS, du GSPC, c’est-à-dire l’armée du FIS, sont parvenus à prendre le dessus sur les forces de l’ordre. C’est le «général» Chebouti, les «émirs» Layada, Madani Mazrag, Hattab ou d’autres, qui seraient actuellement à la présidence, au gouvernement et au ministère de la Défense. Eux n’avaient pas d’armée des frontières. Ils auraient bien sûr fait une place dans la vitrine aux «civils» et «politiques», dont ceux de Sant’Egidio, qui auraient accepté de leur servir de trompe-l’œil. Ils auraient aussi liquidé quelques-uns de leurs anciens collègues risquant de leur faire de l’ombre, ou qui se seraient réfugiés à l’étranger pour leur faire de l’opposition. La révolution du 1er-Novembre 1954 a été déclenchée par un groupe de vingt-deux anciens membres de la branche armée du PPAMTLD créée en février 1947 sous le nom d’Organisation spéciale (OS). La mèche de la révolution allumée, les uns se sont répartis sur les wilayas combattantes, les autres ont été arrêtés, et d’autres encore ont quitté le pays pour s’installer au Caire ou à Tunis. La première direction officielle de la Révolution s’est formée au Congrès de la Soummam en août 1956 sous le nom de «Comité de coordination et d’exécution » (CCE) qui comprenait cinq membres. Après l’arrestation de Ben M’hidi le 23 février 1957, le CCE quitte l’Algérie. Yacef Saâdi, dans son livre en trois tomes, La Bataille d’Alger, résume le sentiment des combattants de l’intérieur après ce départ : «Nos leaders avaient non seulement accompli un acte monstrueux, mais toute honte bue, ils avaient la prétention de continuer à diriger le combat de l’extérieur. En s’expatriant volontairement, ils nous avaient froidement livrés au brasier…» Dans ses Mémoires (Autopsie d’une guerre et L’indépendance confisquée), Ferhat Abbas rapporte de son côté les propos tenus par Larbi Ben M’hidi au premier jour de la grève des Huit jours en janvier 1957 : «Lorsque nous serons libres, il se passera des choses terribles. On oubliera toutes les souffrances de notre peuple pour se disputer les places. Ce sera la lutte pour le pouvoir. Nous sommes en pleine guerre et certains y pensent déjà… Oui, j’aimerais mourir au combat avant la fin…» Ben M’hidi mourra au combat quelques semaines plus tard. En août 1957, Abane Ramdane est au Caire. Il confie à Ferhat Abbas, parlant des chefs militaires : «Ce sont de futurs potentats orientaux. Ils s’imaginent avoir droit de vie et de mort sur les populations qu’ils commandent. Ils constitueront un danger pour l’avenir de l’Algérie. Ce sont tous des assassins. Ils mèneront une politique personnelle contraire à l’unité de la nation. L’autorité qu’ils ont exercée ou qu’ils exerceront les rend arrogants et méprisants. Par leur attitude, ils sont la négation de la liberté et de la démocratie que nous voulons instaurer dans une Algérie indépendante. Je ne marche pas pour un tel avenir. L’Algérie n’est pas l’Orient où les potentats exercent un pouvoir sans partage. Nous sauverons nos libertés contre vents et marée. Même si nous devons y laisser notre peau.» Il la laissera effectivement, assassiné par ceux auxquels il s’était opposé. Un deuxième CCE est mis en place en septembre 1957 et annule les principes arrêtés par le Congrès de la Soummam : primauté de l’intérieur sur l’extérieur et primauté du politique sur le militaire. Sur les quatorze membres qui ont pris la décision de cette annulation dont les conséquences seront catastrophiques pour le pays, trois sont en vie : Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed et Abdelhamid Mehri. Les deux premiers étaient bien sûr en détention en France. Il faut dire que le premier CCE avait luimême enterré le principe de la primauté de l’intérieur sur l’extérieur en quittant le territoire national. Lorsque, en septembre 1958, le GPRA et le CNRA sont proclamés au Caire, leurs membres ne sont pas désignés par le CNRA, comme le prévoyaient les textes, mais par le CCE. La primauté du militaire (incarné par les «trois B») sur le politique entrait dans les faits. Elle perdure à ce jour. En juin 1959, le colonel Lotfi accompagne Ferhat Abbas en visite officielle en Yougoslavie. Fustigeant les rivalités entre les colonels, il lui dit : «J’ai observé chez le plus grand nombre d’entre eux une tendance aux méthodes fascistes. Ils rêvent tous d’être des sultans au pouvoir absolu. Derrière leurs querelles, j’aperçois un grave danger pour l’Algérie indépendante. Ils n’ont aucune notion de la démocratie, de la liberté, de l’égalité entre les citoyens. Ils conserveront du commandement qu’ils exercent le goût du pouvoir et de l’autoritarisme. Que deviendra l’Algérie entre leurs mains ?» Lotfi tombera le 30 mars 1960, les armes à la main, dans la région de Béchar. Ferhat Abbas rapporte aussi une confidence que lui a faite le psychiatre et écrivain antillais Frantz Fanon, qui avait rejoint la Révolution algérienne, au sujet des incessants conflits entre les responsables militaires : «Un colonel leur réglera un jour leur compte, c’est le colonel Boumediene. Pour celui-ci, le goût du pouvoir et du commandement relève de la pathologie.» Après l’Indépendance, beaucoup d’anciens du PPA-MTLD, du CRUA et de l’OS qui avaient préparé et déclenché la lutte armée, de libéraux de l’UDMA, de membres dirigeants des «Oulamas » et de cadres du Parti communiste algérien, qui avaient pourtant tous rejoint la Révolution, seront interdits d’activité politique et d’expression, emprisonnés et quelques-uns assassinés. Ceux qui ont donné le plus à la Révolution sont ceux qui sont restés sur le champ d’honneur, tués par les forces d’occupation ou assassinés par leurs «frères» pour des considérations de pouvoir. Ceux qui ont donné le moins sont par contre ceux qui ont pris le plus. La logique de la force est donc ce qui a caractérisé le pouvoir algérien depuis sa formation pendant la Révolution. Il est né dans une ambiance pleine de sacralité, une guerre de libération qui l’a paré d’une aura messianique, leurré le peuple et servi à cacher sa nature despotique ainsi qu’en ont témoigné les héros de la Révolution. Il est né de l’imperium, de l’autorité en soi, indiscutable et irrécusable. Sa venue au monde ayant chronologiquement précédé celle de la nation souveraine, il n’attendait pas de cette dernière qu’elle lui confère une légitimité que «la Révolution», que «l’Histoire» lui avait donnée. Il s’est institué sans le peuple, hors du peuple, pour «commander» le peuple. Les hommes ayant constitué les équipes qui ont dirigé le pays depuis l’Indépendance sont tous imprégnés de cette mentalité. A la veille du cessez-le-feu, Bennabi rédige un texte intitulé «Témoignage pour un million de martyrs », daté du 11 février 1962, et destiné au CNRA qui devait se réunir en mai à Tripoli pour préparer la relève de l’Etat français. Il s’en prend témérairement au GPRA et à l’état-major de l’armée des frontières qui se disputaient le pouvoir, et propose la convocation à Alger d’un «congrès extraordinaire du peuple algérien» avant la mise en place de toute institution. Bien sûr, il n’a pas été écouté. Il n’avait pas de bataillons pour appuyer sa proposition, mais juste un stylo. Les révolutions arabes ont commencé dans les pays où le despotisme s’est exercé au nom de la légitimité «révolutionnaire» ou «historique », même s’il s’est, ultérieurement, mâtiné de démocratie «à l’arabe». L’Égypte était une monarchie jusqu’à ce que les «Officiers libres» la renversent en 1952. La Libye aussi, avant le coup d’Etat de Kadhafi en 1969. La Tunisie, elle, était une régence gouvernée par un bey jusqu’à ce que Bourguiba la remplace par la République. Il n’a pas pris le titre de bey, mais celui de «Combattant suprême». A sa place, n’importe lequel de nos dirigeants se serait bien vu, non pas en bey, mais en dey. Peut-être même en sultan de la Sublime Porte. Je ne plaisante pas, les Algériens ne savent pas à quoi ils ont échappé. En effet, avant l’Indépendance, avant même le déclenchement de la Révolution, il s’en est trouvé qui voyaient la future Algérie en monarchie. C’était en avril 1953, lors du Congrès de l’aile «centraliste » du PPA-MTLD où la question de la nature du futur Etat algérien était venue en discussion. Parmi les congressistes, il en est qui ont proposé le système monarchique, et d’autres la République islamique, mais, heureusement, les deux formules ont été écartées. Revenons «au n’importe quel dirigeant» qu’on a imaginé à la place de Bourguiba. Il ne se serait pas demandé s’il avait la légitimité, le niveau et l’allure pour être dey ou sultan, mais il se serait tout simplement dit et dit à ses concurrents car il y en aurait eu : «Pourquoi pas moi ?» Un vieil adage algérien dit : «L’âne de chez nous est préférable au mulet du voisin.» C’est une façon d’exprimer la primauté de la «confiance» sur la compétence. Dans les temps modernes, cet adage est devenu une philosophie présidant aux nominations aux hautes charges de l’Etat. Un jour, un haut responsable m’a dit, pour justifier une nomination qu’il voulait faire : «Quelqu’un que je connais vaut mieux que quelqu’un que je ne connais pas.» Quelque temps plus tard, ce quelqu’un qu’il croyait bien connaître le trahissait. C’est dans un tel milieu d’inculture que s’est formé le royaume où les borgnes sont rois, et qu’il s’est perpétué même quand que les aveugles sont devenus de bons voyants. La «légitimité révolutionnaire», ou «historique », est la justification du droit de gouverner non par référence au droit ou aux élections, mais à un acte révolutionnaire, qu’il soit une guerre de libération ou un coup d’Etat. C’est une qualité qui appartient au même registre que le droit divin dont se prévalaient les monarchies. Même les doctrines soi-disant scientifiques et laïques comme le communisme et le baâthisme n’ont pu contrer l’apparition du despotisme, de la présidence à vie et de la dynastie. C’est un virus qui n’a trouvé son antidote que dans les démocraties libérales où la recherche en virologie est très avancée. Les despotes n’ont que le mot démocratie à la bouche, et l’appellation officielle de leurs pays est parfois encombrée de termes y afférant comme pour cacher la réalité sous un amoncellement de mensonges. A ce propos, l’Algérie est l’un des derniers pays au monde à s’appeler officiellement «République démocratique et populaire», alors que les trois mots ont la même signification : «république» signifie chose du peuple, «démocratie » signifie pouvoir du peuple, et «populaire » signifie propre au peuple. Pourquoi cette inflation, cette répétition, sinon l’expression d’un zèle de la part de dirigeants par ailleurs absolument convaincus que le peuple n’est qu’un faire-valoir ? Pour montrer au monde qu’ils sont plus «démocrates» et plus soucieux des intérêts du peuple que le reste de l’univers ? Ou simple ignorance du sens des mots et de la mesure ? C’est comme le nom donné par Kadhafi à la Libye, un nom à coucher dehors. N’aurait-on pas pu s’appeler modestement «République algérienne» tout en traduisant dans la réalité tant d’amour et de respect pour son peuple ? Non, car l’Algérie n’a jamais appartenu au peuple. Ce n’était qu’une remarque à l’adresse de ceux qui vont réécrire la Constitution et qui n’en tiendront pas compte bien sûr. Non pas que ce ne soit pas vrai, mais par simple «khéchinisme » : «Hakda ! zkara !» Et le khéchinisme est la forme de despotisme la mieux partagée chez nous depuis l’aube des temps, et du plus humble au plus puissant.

Source Le Soir d’Algérie Nour-Eddine Boukrouh

noureddineboukrouh@yahoo.fr

Le Pèlerin

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 03:42

Algérie - Du “qui tue qui” au changement par l’armée

CNCD Ali Yahia Abdennour

 

Du haut de ses quatre-vingt-dix ans, qui ne l’empêchent pas de conduire une “commission nationale pour le changement”, Ali Yahia Abdennour a demandé aux “militaires qui ont ramené Bouteflika” de le destituer.

La requête adressée à l’armée se base sur un article de la loi fondamentale qui prescrit la prérogative du Parlement “de déclarer l’état d’empêchement”, sur proposition du Conseil constitutionnel qui aura préalablement “vérifié la réalité de cet empêchement”.

La démarche résume le paradoxe de l’action politique en Algérie. Convenir que le choix du président de la République soit le fait de l’armée et qu’il est de sa responsabilité de le destituer fait de la référence à une clause constitutionnelle un simple détour légaliste.

En Algérie, le changement de personnel politique, à quelque niveau que ce soit, n’a jamais constitué un moyen de faire évoluer l’état politique du pays. Les régimes se sont succédé, imposés et démis de diverses manières et par diverses circonstances, sans que le système conçu par l’aile putschiste de l’Armée nationale soit menacé dans son empire. Les appels à une mutation d’initiative intérieure à ce système ont jalonné l’histoire politique de l’Algérie indépendante. Cette mutation a même souvent été espérée, voire pressentie. Mais l’expérience, aujourd’hui suffisamment riche pour être probante, a établi le caractère illusoire d’un tel scénario.

Un changement de système ne peut être imposé que de l’extérieur, par une éventuelle mobilisation populaire massive. La conjoncture révolutionnaire, qui marque notre sphère politique régionale, peut stimuler un tel sursaut. Mais il se peut aussi que des caractéristiques sociales nationales peuvent contrarier chez nous un tel mouvement : la compétition autour des centres de distribution de la rente, élargie, par divers procédés, à toutes les couches sociales, a anéanti, chez les Algériens, l’idée de communauté de destin ; les forces politiques et sociales se sont globalement compromises dans un système politique au fonctionnement corrupteur. La masse des Algériens est réduite à des catégories d’intérêts. Tout cela affaiblit le potentiel révolutionnaire du pays et consolide son inertie. Le changement ne dérange pas que le système comme réseau de pouvoir, mais dérange aussi de larges réseaux de clientèle.

On ne fait pas de révolution avec les seuls laissés-pour-compte, ceux qui n’ont pas leur part de rente ou qui ne voient pas la part de rente qu’on leur fait miroiter. Par cette attitude mécontente mais attentiste, renverraient-ils dos à dos pouvoir et propositions alternatives d’une opposition frelatée.

Parce que l’élan de changement tarde à se manifester dans notre pays, une intervention de l’armée pour remanier le régime est médiatiquement remise au goût du jour.

N’est-ce pas une entreprise militante pour le changement de système dont il est question ? Et avec la fonction politique de l’armée inhérente à ce système ?

Sinon, le départ de Bouteflika n’avancera pas forcément la cause du changement. Des présidents sont déjà partis sans que leur absence affecte la nature du système de pouvoir. Pour l’heure, et en termes de changement, c’est un ancien adepte du “qui-tue-qui” qui s’est converti en apôtre d’un changement militaire du régime.

Source Liberté Mustapha Hammouche

musthammouche@yahoo.fr

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 03:36

Le sujet qui fait peur aux députés

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Les intervenants étaient unanimes à dire que la lutte contre ce fléau est une affaire qui concerne toute la société et non pas seulement un secteur.

Les députés veulent se rendre utiles. Il s’intéressent à la lutte contre la corruption. Le sujet a fait l’objet d’un débat timide lors d’une réunion organisée au niveau de l’APN. Comment combattre ce fléau? s’interrogeaient à tour de rôle les intervenants sans pour autant parvenir à un plan d’action. Vivement critiqués par l’opinion publique, les députés tentent de se refaire une virginité. Il faut reconnaître qu’avec tous les scandales qui ont défrayé l’actualité nationale, les élus du peuple sont restés spectateurs. Ni débat, ni commission d’enquête, aucune action n’a été menée pour dire basta au détournement de milliers de milliards de dinars. Pire, le Parlement a rejeté la constitution d’une commission d’enquête sur la corruption, proposée par le député Ali Brahimi.

Les élus fustigent ce fléau sans pour autant avoir le courage d’aller au fond du problème. Ce débat a été initié par le réseau des parlementaires africains contre la corruption (Apnac). Hier, la plupart des intervenants ont soulevé des lacunes en matière des textes juridiques et des prérogatives. Voulant sauver la face, les députés ont mis l’accent sur les difficultés et le manque de moyens. «Il faut qu’il y ait des lois qui consacrent la transparence», a affirmé M.Fadhala, un député FLN. Selon lui, il faut revoir l’administration qui est chargée d’appliquer ce processus. Le député Ali Brahimi a également soulevé cette hypothèse. «Il y a des vides juridiques en matière de protection des témoins et des parties qui luttent contre ce fléau», a-t-il relevé. D’autres intervenants se sont penchés sur le rôle des mosquées et des associations. Ces derniers étaient unanimes à dire que la lutte contre la corruption est une affaire qui concerne toute la société et non pas seulement un secteur. Ils ont évoqué toutes les parties concernées sans pour autant parler de leur propre action. Que fait le Parlement? Certes, le combat contre ce fléau exige la mobilisation de toute la société, mais le Parlement, particulièrement, doit jouer un rôle primordial. Exaspéré par ce débat, un député nous confie: «C’est un débat étonnant. Au lieu de parler des vrais problèmes qui empêchent les députés de faire leur travail de contrôle, ils parlent des mosquées et des associations», a-t-il affirmé avant de quitter la salle.

En réponse aux observations des intervenants, le vice-président de l’APN, Messaoud Chihoub a expliqué que l’arsenal juridique ne pose pas problème, c’est l’application qui fait défaut. «Nous avons de très bonnes lois en matière de lutte contre la corruption, mais les mécanismes d’application de ces lois sur le terrain n’existent pas», a-t-il soutenu. Ce juriste n’a pas partagé les arguments avancés par ses collègues concernant le manque de textes juridiques. Tout en admettant qu’il y a des lacunes, M.Chihoub estime que les lois algériennes sont consistantes.

«L’Algérie a été parmi les premiers pays en Afrique à ratifier les conventions internationales sur la lutte contre la corruption», a-t-il affirmé en rappelant les différentes lois adoptées par l’institution parlementaire. Il s’agit entre autres, de la loi portant sur la lutte contre le blanchiment d’argent et la dilapidation des deniers publics.

M.Chihoub reconnaît que le Parlement ne joue pas un rôle consistant dans la lutte contre ce fléau «Il faut activer la mission de contrôle de l’action du gouvernement», a-t-il insisté en précisant que ce rôle reste très faible. La présidente du réseau Apnac, Farida Ilmi, entend donner un nouveau souffle à la mission de contrôle. «Nous allons organiser des auditions pour faire l’évaluation avec les différents organismes et secteurs chargés de la lutte contre la corruption», a-t-elle indiqué.

Source L’Expression Nadia Benakli

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 03:14

Révoltes Arabes - Al Jazeera : deux poids, deux mesures

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Dans la foultitude des chaînes satellitaires mondiales, Al Jazeera occupe une place à part. Non pas qu’elle se drape du professionnalisme et de l’objectivité exigés, qualités récusées par deux de ses journalistes vedettes démissionnaires.

Ghassan Bendjeddou et Faycal Kacem, les polémistes provocateurs qui ont mis à nu le parti pris de la chaîne, mais par le fait qu’elle est devenue le pire ennemi des régimes arabes sclérosés et traumatisés par les changements annoncés. Les récents événements survenus dans la sphère géographique arabe ont démontré l’impact de cette chaîne sur le cours des événements.

Les dirigeants arabes concernés y voient un tsunami emportant tout sur son passage, un cataclysme plus dévastateur que les armes les plus sophistiquées.

Et il n’y a qu’à voir la posture du dictateur El Gueddafi, la mine défaite, vociférant contre «ces chiennes de télévisions arabes»,  – visant bien sûr Al Jazeera –  qui, selon lui, sèment la division, le désespoir et la désolation.

A l’évidence, Al Jazeera a une telle influence politique, diplomatique et stratégique qu’elle semble jouer invariablement sur les relations internationales. El Gueddafi s’en est plaint. Et pas seulement lui.

Moubarak avait décidé en 2000, lors d’un voyage officiel, d’effectuer une visite, inopinée à cette station.

A la fin, il s’exclame dans une phrase restée célèbre : «Dire que tous mes ennuis proviennent de cette boîte d’allumettes.» Soucis prémonitoires, puisque, en grande partie, c’est cette boîte d’allumettes qui l’a bouté hors du pouvoir en janvier dernier.

Pourtant, au plus fort de la contestation sur la place Tahrir, Moubarak s’était résolu à se venger de cette «boîte». Il décide de couper la fréquence de la chaîne qatarie sur le satellite Nilesat. Il interdit à la chaîne de diffuser, ferme ses bureaux au Caire, retire les accréditations de ses journalistes, en suggérant aux Egyptiens de ne pas écouter les chaînes satellitaires, d’écouter seulement leur cœur. Ces conseils ne trouveront pas d’oreilles attentives, puisque sur la place enflammée, une grande banderole proclamait «Merci Al Jazeera» En vérité, Al Jazeera, créée en 1996, a construit son audience sur le vide découlant des médias anesthésiés des régimes autocrates arabes, allergiques à la liberté et à la liberté d’expression qui continuent jusqu’à l’heure actuelle d’ignorer l’avancée technologique des mass media à l’échelle planétaire où la langue de bois reléguée aux calendes grecques n’est plus qu’un mauvais souvenir.Al Jazeera est, donc, venue casser «ce mur de la honte». Mais les Etats arabes, méfiants, ne peuvent rien faire. Ils sont complètement démunis face à l’ouverture des réceptions satellitaires. C’est l’Emir Hamd bin Khalifa al Thani qui est le principal financier d’Al Jazeera et il ne s’en cache pas, même si la chaîne connaît des déficits récurrents depuis son lancement. L’Emir dit qu’il n’a aucune influence sur les choix éditoriaux, alors qu’il est établi que le traitement de l’actualité obéit à la politique étrangère de ce petit émirat de 1 600 000 âmes dont seulement 400 000 nationaux.

Ce qu’il convient de dire, c’est que la chaîne Al Jazeera ne diffuse guère les thèmes qui contrarient le pouvoir à Doha. On l’a bien constaté lors de la couverture des événements du Bahreïn et en faisant l’impasse sur d’autres faits tout aussi importants.

A l’évidence, certains sujets sont tabous. Et cette mise en sourdine contraste avec le zèle affiché par la chaîne lorsqu’il s’agit de diffuser en exclusivité les messages d’Al Qaîda dont Al Jazeera s’enorgueillit d’être la boîte aux lettres, en tous cas le relais privilégié.

 En entretenant cette ambiguïté, Al Jazeera plonge encore davantage ses téléspectateurs dans le flou le plus énigmatique.

Mais la chaîne, décidément insatiable, ne veut rien laisser lui échapper.

Constatant l’influence du sport sur les opinions publiques, Al Jazeera a racheté pour presque 1 milliard de dollars la chaîne Art, détenue par des capitaux saoudiens. Et pour boucler la boucle, la chaîne a acheté pour une longue durée les droits de télévision concernant les grands événements sportifs planétaires en devenant ainsi un passage obligé et en imposant un redoutable monopole.

Cette injection d’argent à tour de bras n’est sans doute pas sans rapport avec l’obtention par le Qatar, à la surprise générale, de l’organisation de la Coupe du monde 2022.

Pour le politologue Mohamed El Oifi, «l’influence diplomatique du Qatar repose exclusivement sur la popularité et la crédibilité d’Al Jazeera dans le monde arabe. Le Qatar, micro-Etat utilise donc sa chaîne pour exister aux yeux du monde, mais surtout pour se créer et promouvoir une certaine image de lui-même en tenant compte bien sûr des conseils avisés de ses puissants alliés comme les Etats-Unis, qui, en appoint, ont créé leur propre chaîne Al Hurra, destinée au public arabe et qui coûte 100 millions de dollars par an au contribuable américain».

Le journaliste vedette démissionnaire,

Bendjeddou, a dénoncé «cette tribune pour ceux qui n’en ont pas» auteure d’une sordide manipulation bien visible dans les événements tragiques qui secouent la Libye.

Dans l’environnement actuel, Al Jazeera continuera de dominer l’actualité tant qu’elle n’aura pas en face des chaînes concurrentes, estime un sociologue arabe.

«Cela ne se fera que par l’ouverture du champ médiatique et l’émergence de chaînes professionnelles et éthiques qui mettront fin aux monopoles, aux dérives et aux manipulations diverses…».

Pour le sociologue Nacer Djabi : «Il est indéniable qu’ Al Jazeera a joué le jeu du changement des régimes arabes en prenant des positions fermes, parfois au détriment du professionnalisme.

Il n’y a pas de chaînes de télévision neutres. Al Arabya a montré sa tendance dans la crise du Bahreïn en épousant les thèses saoudiennes. France 24 s’est rangée carrément aux côtés des insurgés libyens.

Al Jazeera, malgré ses partis pris et ses manques, fait preuve tout de même de professionnalisme, en s’ouvrant sur tous les avis et en se basant sur la liberté d’expression. On n’y a pas entendu la version officielle des dirigeants libyens qui ont, sans doute, dépensé avant la crise des sommes considérables pour faire entendre leur voix à l’extérieur, à travers les médias internationaux, mais qui se retrouvent actuellement sans défense, ne pouvant compter sur leurs propres chaînes, dépassées et d’un autre âge. Il faut tout de même relever qu’Al Jazeera a joué un rôle très positif dans la guerre imposée à Ghaza par exemple. Au début des années 1990, CNN s’est révélée au monde dans la guerre du Golfe comme une autre machine de guerre américaine.

Pour résumer, dans tous les cas de figure, c’est la liberté d’expression qui est la clef de voûte. Dans les pays arabes, il faut ouvrir le champ audiovisuel aux différentes sensibilités pour essayer de réduire l’influence de ces chaînes satellitaires tentaculaires qui ont leur politique et leur agenda. Ces chaînes, faut-il le rappeler, ne sont ni des boy-scouts ni des samaritains», conclut le sociologue.

Source El Watan Hamid Tahri

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 03:10

Révision de la Constitution - Le FFS ne participera pas

Karim Tabbou FFS

 

«La révision de la Constitution se fera sans le FFS, j’allais dire sans le peuple algérien», a déclaré, ce matin, Karim Tabbou, premier secrétaire national du FFS, sur les ondes de la Chaîne II de la Radio nationale. Le FFS a, a-t-il ajouté, «choisi d’exister là où le peuple est en train de bouger et non pas dans des commissions bureaucratiques destinées beaucoup plus à arranger les affaires internes du pouvoir». M.Tabbou estime que cette commission ne réglera pas les problèmes des Algériens. «L’Algérie est un pays où les commissions sont créées et meurent sans que les problèmes soient réglés. Le FFS considère que les vraies commissions est ce qui se passe au sein de la population, c’est toutes ces contestations», a-t-il encore affirmé. Il a donné l’exemple de la commission chargée d’enquêter sur les fraudes électorales en 1997, à laquelle le FFS a pris part. «A ce jour, non seulement le rapport de la commission n’a pas été rendu public, mais il a disparu de l’Assemblée nationale», a-t-il souligné. Pour lui, le problème n’a jamais été la nature ou le contenu de la Constitution. «On est dans un pays où les problèmes sont ailleurs et le pouvoir veut que les solutions soient bureaucratiques», a-t-il dit. Le FFS ne renonce pas à son appel d’aller vers la mise en place d’une assemblée constituante élue comme une étape prioritaire. «L’élection d’une Assemblée nationale constituante viserait tout simplement à mettre une base institutionnelle dans laquelle va s’élaborer la première Constitution qui sera pour la première fois l’émanation de la volonté populaire. La priorité est d’aller vers la démocratie et non pas vers une nouvelle Constitution. Une fois que nous aurons mis en place des institutions démocratiques qui auront réussi à rétablir la confiance des Algériens, les relations entre l’Etat et ses citoyens, à ce moment-là, les Algériens eux-mêmes vont trouver les moyens d’écrire leur première Constitution», a expliqué M. Tabbou. Concernant le droit accordé à tous les partis politiques de participer à la révision de la Constitution, l’invité de la radio nationale a estimé que «le premier droit à accorder aux partis politiques est le droit à l’exercice de la politique et non pas de participer à des commissions. Cela est simplement un exercice de ruse, car on dit aux Algériens : même si vous n’avez pas le droit à l’expression libre, on va désigner des gens qui vont parler à votre place !»

Source Infosoir Ahmed Haniche

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 10:24

Algérie - Quand la pratique dément l'intention déclarée

bouteflika

 

Le Président de la République aurait pu susciter de la confiance tant dans l'opinion publique qu'au sein de segments de l'opposition politique, sur le contenu des réformes annoncées par lui, si, avant son discours à la nation, il avait fait des gestes significatifs établissant une volonté honnête du régime de s'ouvrir à la démocratie et au respect du droit de l'expression pluraliste et des libertés citoyennes. Les médias publics sous contrôle ont présenté la mesure de levée de l'état d'urgence et l'annulation de l'oukase fermant leur accès à l'opposition comme procédant et témoignage de cette volonté.

Dans la réalité, la levée de l'état d'urgence a été une décision toute formelle, n'ayant nullement entraîné la fin des limitations administratives imposées à l'exercice de la pratique politique, tout comme la prétendue ouverture des médias publics à l'opposition a montré ses limites.

En fait, le pouvoir reste tout autant inflexible dans son refus d'une vie politique sans les restrictions qu'il lui a mises avec l'état d'urgence et la fermeture des médias lourds.

Sa gestion autoritaire de l'activité politique dans le pays se poursuit avec autant d'arbitraire qu'avant la levée de l'état d'urgence. Bouteflika a bien promis qu'en dehors de la capitale, les marches et autres manifestations à caractère politique sont désormais libres. Dans la réalité, il en va tout autrement, comme l'attestent les obstacles et les dérobades officielles auxquels sont confrontés les partis ou associations qui formulent des demandes d'autorisation pour organiser ce genre d'actions politiques.

Pour aussi contraignante que soit la loi actuelle sur les partis, son application dans le respect strict de ses dispositions n'aurait pas confronté ces partis et associations aux interdits dont leurs initiatives font sournoisement l'objet.

Comment, dans ces conditions, attendre d'eux qu'ils manifestent de la confiance aux réformes dont le pouvoir prétend qu'elles vont constituer une avancée pour la démocratie, l'instauration de l'Etat de droit et le respect des libertés collectives et individuelles ? Dans les comportements des autorités, même après la levée de l'état d'urgence, il y a pour ces milieux et l'opinion publique matière à méfiance quant au contenu des réformes annoncées.

Ce n'est pas sans raison qu'il est craint que ces réformes ne soient que des effets d'annonce de la part de Bouteflika et du pouvoir destinés à faire baisser la pression qu'il subit, tant du fait de la montée en puissance de la contestation populaire, que des appels insistants que lui lancent les principaux partenaires étrangers de l'Algérie à donner suite aux revendications de changement et de démocratisation qui s'expriment dans la société algérienne. La crainte n'est pas sans fondement, du moment que Bouteflika s'est gardé d'éventer le contenu de ces réformes dans son discours à la nation et de leur fixer un échéancier de réalisation. De là à faire peser le soupçon que le pouvoir ne chercherait en fait qu'à gagner du temps, il n'y a qu'un pas que des acteurs politiques ont fait, non sans arguments qui tiennent la route. Notamment celui que le pouvoir algérien a parié sur un reflux de l'ébullition populaire et révolutionnaire qui a cours dans le monde arabe.

Situation qui lui permettrait alors de procéder à des réformes auxquelles il aura toute latitude de fixer des limites et d'accompagner de garde-fous à sa convenance.

Source Le Quotidien d’Oran Kharroubi Habib

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 10:21

Algérie - L'excédent commercial en hausse de plus de 25%

reserves de change en dollars

 

L'excédent de la balance commerciale était en hausse de 25,64% au 1er trimestre de cette année. Selon les douanes algériennes citées par l'APS, celui-ci se situe à 4,24 milliards de dollars contre 3,37 milliards de dollars à la même période de l'année écoulée.

Les exportations ont atteint 14,99 milliards de dollars durant cette période, contre 13,15 milliards de dollars au premier trimestre de 2010, en hausse de 13,96%, selon le Centre national de l'informatique et des statistiques des Douanes (Cnis). Les importations se sont établies à 10,75 milliards de dollars contre 9,78 milliards de dollars.

Cette amélioration du commerce extérieur s'explique par la hausse de près de 13,30% des exportations des hydrocarbures, induite par la bonne tenue à la hausse des prix du pétrole (plus de 105 dollars le baril au cours de cette période). Ceci s'est répercuté sur le taux de couverture des importations par les exportations, qui est passé de 134% durant les trois premiers mois 2010 à 139% à la même période en 2011. Les hydrocarbures ont représenté l'essentiel des exportations avec une part de 96,68% du volume global des expéditions, soit 14,49 milliards de dollars pour ce 1er trimestre, contre 12,79 mds usd à la même période de l'année écoulée. Quant aux exportations hors hydrocarbures, elles ont enregistré une hausse de 38% par rapport à la période de référence. Les principaux produits hors hydrocarbures exportés, qui ont participé à cette hausse, sont constitués du groupe «demi-produits» avec 402 millions de dollars (+ 66,12%). Les exportations des autres groupes ont connu des baisses relativement «importantes».

Pour les importations, deux groupes de produits ont enregistré des baisses. Les énergies et lubrifiants et demi-produits. Les autres groupes ont par contre enregistré des hausses relativement «importantes», notamment pour les groupes «alimentation» qui a totalisé 2,22 mds usd (+ 41,04%), celui des «biens d'équipements agricoles» avec 104 millions usd (+ 44,44%), les biens de consommation non alimentaires avec 1,59 milliard usd (+27,66%) et les «produits bruts» avec 415 millions usd (+25,76%), précise le Cnis.

Les importations ont été financées durant les trois premiers mois de 2011 essentiellement par cash à raison de 47,64% du volume global (5,12 mds usd), malgré une baisse de 9,87% par rapport à la même période 2010 et par les lignes de crédit qui ont financé 40,91% (4,39 mds usd) des achats à l'étranger, en hausse de 43,85%.

Source Le Quotidien d’Oran R.N.

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 10:11

L’Algérie a placé ses forces de sécurité en état d’alerte rouge.

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La menace terroriste au sud du pays inquiète et les forces de l’ANP sont en alerte rouge. Selon des sources sécuritaires très au fait de la situation à la frontière algéro-libyenne, les installations pétrolières au niveau d’In Amenas courent de graves risques de sabotages qui seraient menés par des éléments hostiles à l’Algérie. «Nous détenons ces informations de nos éléments sur le terrain et des citoyens touareg des régions frontalières», indiquent nos sources qui ne cachent pas leur inquiétude.

La situation est d’autant plus préoccupante que des quantités d’armes, des fusils-mitrailleurs, des explosifs et des missiles circulent en toute liberté à moins de deux cents kilomètres des villes de Djanet, d’Illizi et surtout de In Amenas, le second poumon pétrolier de l’Algérie. C’est justement cette région stratégique et hautement sensible qui est visée par le complot qui se trame depuis plusieurs mois. «C’est une réalité qu’on doit saisir dans toute sa dimension», soulignent nos sources avertissant que «l’heure est grave». C’est dans ce contexte d‘extrême gravité qu’il a été décidé, dernièrement, de renforcer les capacités défensives algériennes par l’implantation d’unités militaires supplémentaires au niveau de la frontière Sud et des zones pétrolières. L’aggravation de la situation en Libye et l’ampleur des opérations militaires déployées à travers plusieurs régions libyennes, surtout après l’intervention de l’Otan et de certaines monarchies du Golfe, n’ont pas tardé à avoir des répercussions régionales englobant notamment l’Algérie qui partage avec la Jamahiriya plus de 900 km de frontière.

Le chef de la diplomatie a réaffirmé, il y a deux jours, que la crise libyenne aura des conséquences des plus fâcheuses. «(…) aujourd’hui, nous avons presque la certitude que ce qui se passe en Libye peut avoir des conséquences fâcheuses sur la sous-région, pas seulement pour l’Algérie mais également pour les autres pays voisins», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci.

Revenant sur ce sujet dimanche dernier, devant les chefs des missions diplomatiques et les représentants des organisations internationales accréditées à Alger à la résidence El Mithak, M.Medelci souligne que l’Algérie rejette toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures des Etats et respecte la décision de chaque peuple découlant de sa souveraineté nationale ainsi que de son droit légitime à l’autodétermination.

Face à ce danger grandissant à nos frontières Sud, le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales a déclaré que «l’Armée algérienne a pris toutes les dispositions nécessaires pour empêcher toute transaction d’armes sur le territoire algérien» ajoutant: «Nous avons récemment assisté à des tentatives d’infiltration par des personnes peu recommandables».

L’ANP a éliminé dernièrement au moins quatre terroristes qui tentaient de franchir la frontière algéro-libyenne, de même qu’elle a fait avorter deux transactions d’armes. Cependant, «la dissémination de quantités importantes d’armes» inquiète au plus haut point les autorités algérienne.

Les craintes de l’Algérie vont au-delà de la circulation des armes et des infiltrations terroristes. Des sources sécuritaires n’écartent pas le recrutement de jeunes Touareg pour faire passer des armes depuis les dépôts des forces armées libyennes.

A peine sorti d’une effroyable guerre contre le terrorisme, l’Etat algérien s’est retrouvé dans l’obligation de revoir entièrement sa stratégie sécuritaire (défensive) dans le but de faire face à un nouveau défi provenant d’un territoire devenu un champ de bataille et où circulent des armes de toutes sortes.

La situation en Libye est devenue incontrôlable et au-delà des déclarations émanant des membres du Conseil de transition libyen, cela pourrait inciter des groupes affiliés à Al Qaîda et des réseaux mafieux à «profiter» de cette aubaine pour se renforcer logistiquement.

Lorsque Medelci affirme que «la solution doit être politique et qu’elle ne peut venir que des Libyens eux-mêmes», il ne fait qu’exprimer une position défendue par l’Algérie et portée par l’Union africaine. Mais les chefs de la rébellion libyenne continuent de s’acharner contre l’Algérie.

Un certain Mustapha Abdeljalil, ancien ministre de la Justice d’El Gueddafi vient de réitérer les accusations formulées contre l’Algérie par le CNT libyen, alors qu’il était en visite au Koweït. Il s’agit clairement de «manoeuvres dilatoires basées sur des agendas qui n’ont rien à voir avec la crise libyenne».

Le CNT libyen en veut à l’Algérie parce qu’elle a été un des rares pays arabes à refuser de recevoir ses émissaires. Mais il ne peut en aucun cas lui faire porter ses déboires militaires. Alain Juppé a été rappelé par Sarkozy afin de remettre sur pied une diplomatie française «cassée» par les «affaires», que les responsables algériens lui rappellent diplomatiquement.

Source L’Expression Ikram Ghioua

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 10:02

Algérie - La Révolution : est-elle nécessaire ?

besoin de democratie et mieux vivre

 

La révolution est-elle nécessaire? «Expliquez-le-moi», dit-il en insistant avec sincérité. «Ce que je vois, c'est surtout le chaos, le désastre et le malheur. Tu les as vus à Lampedusa ces Tunisiens ? On les a salués comme des révolutionnaires, ils ont chassé leur dictateur et maintenant ils vont se faire humilier sur leurs chaloupes et se faire chasser près des frontières de l'Europe. Tu as vu les Libyens ? Moi je ne serais jamais la prostituée des Occidentaux. Jamais je n'agiterais le drapeau français ou anglais dans mon propre pays. Dis-le-moi: cela a servi à quoi de faire la révolution si on ne peut même plus sortir en sécurité dans les rues de son propre pays ?» Lancera-t-il exaspéré. «Dites-le aux gens. Ne parlez pas seulement de la révolution mais parlez de la réalité». Et c'est vrai : l'après dictateur en Tunisie, en Egypte ou ailleurs coûte beaucoup : les affaires vont mal, l'économie est réduite à la préhistoire, l'insécurité est totale, le pain va manquer, les gens fuient par la mer et les règlements de compte comme la délinquance atteignent des pics. «Quoique l'on dise, c'était mieux avec Benali que sans lui» conclue notre interlocuteur. Est-ce vrai ? Oui, si on n'est pas tunisien peut-être. Mais cela dépend de ce qu'on demande à la vie : une vie meilleure pour soi ou une vie meilleure pour ses enfants et ses petits enfants.

Les révolutions arabes ont été et seront violentes. Au-delà des premiers jours de gloire, c'est la société entière qui se révèle pour ce qu'elle est et pour ce que les dictatures ont en fait. Donc la question reste posée : la révolution est-elle nécessaire ? Pistes de réponses : cela dépend de ce que l'on veut. Les peuples arabes n'en sont pas arrivés à la révolution parce qu'ils s'ennuyaient, parce qu'ils avaient envie de casser des vitres ou de vivre sans loi, mais parce que leurs pays étaient volés, leurs élus étaient faux, leurs espoirs étaient des mensonges et leurs économies étaient comme une femme violée et leurs ressources étaient bradées. La révolution s'impose comme une solution douloureuse pour décoloniser un pays longtemps après le départ du colon étranger. Elle coûte cher, risque tout et peut aller dans le sens aveugle de l'indécision. On peut faire confiance à une révolution, ou pas. Elle peut trahir ou être trahie. Dans n'importe quel pays où les gens voient qu'ils ne sont pas un peuple, où la démocratie est une arnaque, la corruption une nécessité, l'injustice une règle et le rapport de force une loi, on aboutit à la révolution. Tôt ou tard. On n'accouche pas avec le sourire et les femmes le savent. Et dans tous les pays où les jeunes n'arrivent pas à naître et les vieux à mourir, on aboutit à la violence. Chaque «Arabe», chaque Algérien a rêvé de la révolution un jour ou l'autre : face à un guichet de poste, à la mer, à un discours officiel télévisé, un abus ou face à son propre rêve. La seule différence avec les autres peuples, c'est dans la révolution, il va payer avec tous et sans elle, il va payer tout seul. D'ailleurs la bonne question est «une révolution doit-elle être toujours violente ?».

La réponse, le chroniqueur s'en souvient, a été donnée par l'éminent Addi Houari le sociologue quand il a été interrogé pourquoi la guerre d'indépendance a été violente. «Parce que la colonisation a été dure et meurtrière». On ne peut chasser le colon violeur que par la violence. Bien sûr, la peur et le doute sont légitimes : vaut une démocratie par la transition qu'une promesse de démocratie par le meurtre et l'OTAN. Sauf que dans ce cas, le choix n'est pas celui des peuples qui veulent le changement. C'est celui, constamment refusé, de leurs dictateurs qui ne veulent pas d'une transition douce. Avec Benali la Tunisie était mieux ? Oui, sauf que si Benali avait été meilleur, les Tunisiens n'en seraient pas à Lampedusa. Même quand il est chassé ou tué, un dictateur continue à tuer l'avenir pendant longtemps. La violence est évitable. La révolution, non.

Source Le Quotidien d’Oran Kamel Daoud

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