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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 10:31

Les affrontements intracommunautaires dans la région de Ghardaïa, à 600 kilomètres au sud d'Alger, ont coûté la vie à 22 personnes et fait plus de 200 blessés.

Constat des dégâts

Constat des dégâts

Depuis la fin de la semaine dernière, la région de Ghardaïa dont le chef-lieu se trouve à 600 kilomètres au sud d'Alger, est le théâtre d'affrontements intracommunautaires qui ont coûté la vie à 22 personnes et fait plus de 200 blessés en à peine 48 heures.

Les faits : une rivalité ancienne

C'est dans la ville de Guerrara, située dans la Vallée du Mzab, reconnue patrimoine mondiale de l'Unesco, que les combats meurtriers ont commencé mercredi matin. Des logements, commerces et entreprises ont été incendiés par des habitants et des lancers de projectiles ont entraîné la mort de plusieurs personnes, selon un responsable local qui a préféré garder l'anonymat.

Depuis deux ans et demi, de fortes tensions règnent entre les communautés Chaambis (arabes musulmans) et Mozabite (berbères musulmans de rite ibadite). A l'origine, la diffusion d'une liste, en décembre 2013, d'attribution de logements dans un espace qui diminue à mesure que la population augmente. Ces questions foncières ont favorisé l'émergence du communautarisme et les violences physiques comme symboliques se sont multipliées depuis. 
La "vacance du pouvoir" critiquée

Si les faits de violence ne sont pas nouveaux dans la région, aucun dispositif n'a pourtant été mis en place par l'Etat. D'ailleurs, les observateurs locaux, dont certains représentants du Réseau des Avocats pour la Défense des Droits de l'Homme (RADDH), s'interrogent sur une défaillance délibérée des autorités locales. Ces dernières, accusées par les Mozabites d'abandon volontaire, se seraient plusieurs fois abstenues de ramener l'ordre obligeant l'intervention de la gendarmerie envoyée de l'extérieur.

L'indignation de la population et de l'opposition politique face à "la vacance du pouvoir" dans le gestion de cette "tragédie nationale" , a poussé le Président Abdelaziz Bouteflika à adopter une série de mesures pour "le rétablissement et la préservation de l'ordre public à travers la wilaya de Ghardaïa" lors de la réunion d'urgence qu'il avait convoquée mercredi en présence du Premier ministre, du vice-ministre de la Défense nationale et du chef de l'état-major de l'Armée Nationale Populaire (ANP) .

Les vols depuis Alger en direction de Ghardaïa ont été suspendus jusqu'à samedi a déclaré un employé de l'aéroport à l'AFP, sans que la compagnie Air Algérie ne fournisse d'explications. 

Les mesures annoncées par le chef de l'Etat n'ont cependant pas eu les effets escomptés puisque la région connaissait de nouvelles escalades de violence dans la nuit de mercredi à jeudi, venant fragiliser, un peu plus, un pouvoir déjà contesté. Les opposants du président Bouteflika n'y voient,comme le souligne le quotidien "Liberté",  qu'un signe supplémentaire de "la véritable faillite de l'Etat". 

Source Le Nouvel Observateur Armelle Sae-Jeanne

Le Pèlerinhttp://tempsreel.nouvelobs.com/scripts/stats.php?mod=read&key=1504790&media=nobstr

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 07:13

Une série de faits et dysfonctionnements auraient contribué au crash par leur accumulation...

Crash d'Air Algérie: L'enquête judiciaire révèle une série d'erreurs «tragiques»

A l'origine du crash, des défaillances «en matière d'organisation, de formation, de pilotage». L'enquête judiciaire française sur l'accident de l'avion d'Air Algérie qui avait fait 116 morts dont 54 Français en juillet 2014 dans le nord du Mali révèle une série d'erreurs «tragiques», selon le Figaro.

Crash d’Air Algérie: Le givre serait en cause

Selon les deux juges d'instruction qui ont rencontré mardi les familles des victimes, la cause principale de l'accident est «la non-activation du système d'antigivre des sondes moteur, alors que la température extérieure et la zone humide traversée requéraient sa mise en place», rapporte le journal. Le Bureau d'enquêtes et analyses (BEA) avait déjà annoncé en avril dernier que l'équipage n'avait vraisemblablement pas activé ce système, conduisant au dysfonctionnement de certains capteurs.

Le pilote et le copilote n'avaient fait qu'un seul vol en Afrique

Ensuite, poursuit le Figaro, «pour tenter de récupérer l'assiette de l'appareil», qui s'était écrasé le 24 juillet 2014 une demi-heure après son décollage, le pilote aurait tiré le manche en arrière, au lieu de le pousser en avant, ce qui a amplifié le décrochage de l'appareil.

Le Figaro signale d'autres faits et dysfonctionnements qui n'expliquent pas à eux seuls le crash mais y contribuent par leur accumulation. Par exemple, le simulateur de vol sur lequel s'entraînait l'équipage n'était «pas exactement celui de l'avion».

D'autre part, si le pilote et le copilote avaient une expérience importante - tout en étant des «saisonniers», exerçant un autre métier six mois de l'année - ils n'avaient à leur actif qu'un seul vol en Afrique, où les conditions météorologiques sont particulières. A propos de la météo justement, le journal ajoute que l'équipage était parti avec une fiche météo mise à jour plus de deux heures et demie avant le décollage.

Source 20minutes.fr

Le Pèlerin

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 09:23

Qui sont les Chinois d'Algérie ?

Les Chinois en force en Algérie

Avec près de 40 000 expatriés, les Chinois forment la première communauté étrangère d'Algérie. Ils y ont la réputation d'être travailleurs, sérieux, discrets... Mais aussi généreux en bakchichs.
Nous sommes à Allaghane, à 150 km à l'est d'Alger, dans la base de vie de China Railway Construction Corporation (CRCC), l'entreprise chargée de la réalisation d'une autoroute entre la capitale et Béjaïa. Ce matin d'avril, devant des villageois venus se plaindre des retards d'indemnisation après la démolition de leur maison, l'expropriation de leurs terres ou le déracinement de leurs oliviers, Hang Chang, l'un des superviseurs du projet, explique à grands éclats de rire ce qui différencie les Chinois des Algériens : "Vous manger, dormir, pas beaucoup travailler...Chinois pas dormir, Chinois travailler." La réunion expédiée, il monte dans son pick-up et fonce vers l'un des nombreux chantiers où s'active une armée de ferrailleurs, maçons et autres bétonneurs. Pas de temps à perdre : l'autoroute doit être achevée avant la fin de 2016.
Slimane, 65 ans, ancien directeur d'un centre de formation dont la maison fraîchement construite a failli être rasée par les bulldozers de CRCC, approuve les propos de Hang Chang. "Les Chinois sont des fourmis, les Algériens des cigales, philosophe-t-il. Sérieux, efficaces, performants, ils travaillent comme si c'était pour le compte de leur pays. Ils prennent soin de leur matériel et n'ont pas de chef au-dessus de la tête pour les surveiller.

Alger la Chinoise

Des milliers d'ouvriers sont arrivés à Alger avec le lancement de vastes chantiers dans le BTP. Une partie d'entre eux s'est reconvertie dans le commerce, en bonne intelligence avec la population locale.

Dans le quartier Boushaki, lotissement aux ruelles poussiéreuses de la banlieue est d'Alger, l'« amitié entre les peuples » algérien et chinois est scellée par le commerce. Literie, linge de maison, vêtements, chaussures... Les produits made in China sont vendus en gros dans des boutiques tenues par des commerçants des deux nationalités. « Les affaires marchent plutôt bien. Les Chinois ont le sens du business », explique Ali en chargeant des cartons de sandales en plastique dans une fourgonnette. Le jeune vendeur a su tirer profit de la présence de la petite communauté asiatique. En plus d'être associé à un Chinois, Ali lui loue un appartement et deux locaux.

35 000 – C’est le nombre de Chinois vivant en Algérie, selon l’Ambassade de Chine

Aujourd'hui, le bilan de la présence chinoise en Algérie est des plus impressionnants. Les investissements venus de Pékin y dépassent tout juste le milliard de dollars (environ 820 millions d'euros) et sont concentrés essentiellement sur les secteurs du pétrole, des mines et de la pétrochimie. Quant aux échanges commerciaux, ils ne cessent d'augmenter : 6,4 milliards de dollars en 2011 et 3,3 milliards pour les cinq premiers mois de l'année 2012, soit une augmentation de 37,4 % par rapport à la même période en 2011. De janvier à mai, la Chine a importé d'Algérie pour 1 milliard de dollars (+ 30,9 %) et exporté pour 1,2 milliard (+ 39,7 %).

Bâtiments publics et commerçants

Travaux publics, bâtiment, tourisme, hydrocarbures, pétrochimie, hydraulique, téléphonie... les Chinois sont absolument partout. L'histoire de cette diaspora de travail et d'affaires remonte au début des années 2000, avec le lancement de vastes chantiers dans le BTP et l'hydraulique. Les entreprises chinoises réussissent à rafler de nombreux marchés en appliquant des coûts ultraconcurrentiels. Le manque de main-d'oeuvre locale les oblige à faire venir des milliers d'ouvriers de l'empire du Milieu. Ce sont eux qui réalisent les premiers grands projets, notamment l'hôtel Sheraton, les cités AADL (pour Agence nationale de l'amélioration et du développement du logement) ou encore le nouveau terminal de l'aéroport d'Alger.

Le quartier Boushaki a vu l'apparition d'un mini-chinatown

Le ministère de la Justice leur a confié la construction d'une douzaine de prisons, le ministère des Affaires étrangères son nouveau siège au style néomauresque, et le ministère des Affaires religieuses la nouvelle grande mosquée d'Alger, avec son minaret qui culminera à 270 m. Pour arrondir les fins de mois, certains travailleurs chinois n'hésitent pas à travailler comme maçons ou carreleurs pour le compte de particuliers. D'Oran à Annaba, en passant par Alger et Blida, de nombreuses villas ont été construites de manière informelle par une main-d'oeuvre rapide et bon marché.

C'est aussi au cours des années 2000 que les premiers commerçants chinois ont fait leur apparition dans les rues des grandes villes. Ils appartenaient aux premières vagues d'ouvriers recrutés par les entreprises de construction et ont choisi de rester une fois leurs contrats arrivés à terme. Ces Chinois figurent d'ailleurs parmi les fondateurs du mini-Chinatown du quartier Boushaki. Selon l'ambassade de Chine, la communauté est estimée à 35 000 personnes.

Marchés publics et corruption
Le 17 août, la cour d'appel d'Alger doit statuer sur l'affaire des commissions versées par les équipementiers télécoms ZTE et Huawei dans le cadre d'un marché lancé en 2003 par Algérie Télécom. En première instance, trois manageurs chinois ont été condamnés par défaut à dix années de prison ferme pour corruption. Actuellement en fuite, ils sont sous le coup de mandats d'arrêt internationaux. Si la cour confirme l'interdiction de soumissionner à un marché public pour une période de deux ans, elle exclura de fait ZTE et Huawei du programme 3G que doit lancer Algérie Télécom.
Autre scandale, l'affaire de l'autoroute est-ouest. Les responsables du consortium chinois Citic-CRCC, chargé de réaliser deux des trois lots de ce projet, sont inculpés pour corruption et trafic d'influence. Les faits portent sur le versement de pots-de-vin au cours du processus de soumission puis lors des opérations de recouvrement de créances. La justice n'a toujours pas tranché définitivement dans cette affaire. T.H.

« On s'adapte »

Michel - il a adopté un prénom français - est le représentant en Algérie de Faw, un important constructeur automobile présent aussi au Kenya, en Tanzanie, au Cameroun et en Afrique du Sud. « Comme partout dans le monde, on imagine toutes sortes de choses à notre propos, dit-il. Mais, en réalité, il n'y a aucun réseau ou système occulte. L'Algérie est un pays très intéressant, on s'y adapte facilement, malgré quelques problèmes de communication. Les Chinois y viennent uniquement pour travailler. Certains ont réussi à se marier avec des Algériennes, mais, sincèrement, je ne pense pas qu'ils aient l'intention de s'installer définitivement. »

Après trois années passées à Alger, Michel a terminé sa mission au début du mois de juillet. Son rôle ne consistait pas seulement à introduire la marque Faw sur le marché local. Il devait aussi établir les bases nécessaires à l'installation de l'ensemble des constructeurs chinois. « Pour la Chine, le marché automobile algérien est très important », assure-t-il. Les chiffres lui donnent raison. Les importations de véhicules ont bondi de près de 49,1 % durant les six premiers mois de 2012, à 263 787 unités. 

Les Algériens feraient bien d'en prendre de la graine." Ils n'en finissent pas d'étonner, ces Chinois ! Et bien sûr de conquérir l'Algérie, où tout est à construire ou reconstruire.Les chiffres donnent le tournis. Près de 40 000 Chinois y travaillent, formant la plus importante communauté étrangère, loin devant les Français, les Turcs ou les Syriens. En 2014, les autorités ont délivré quelque 24 000 visas à des ressortissants chinois, dont 90 % de visas d'affaires.
Appétit
Détrônant la France, la Chine est devenue le premier fournisseur de l'Algérie, avec 6,7 milliards d'euros en 2014. Depuis l'arrivée au pouvoir d'Abdelaziz Bouteflika, en 1999, les groupes chinois ont raflé pour plus de 17 milliards d'euros de projets. En visite à Pékin du 28 avril au 1er mai, Abdelmalek Sellal, le Premier ministre, a livré ce chiffre encore plus impressionnant : 790 entreprises chinoises ont décroché des marchés dans des créneaux économiques qui vont du bâtiment à l'importation de chips ou de clous.
Autoroutes, barrages hydrauliques, hôpitaux, transport ferroviaire, écoles, logements, hôtels... Aucun secteur n'échappe à l'appétit des Chinois. Pour 1,2 milliard d'euros, même la grande mosquée d'Alger a été confiée à ces "communistes athées", comme le maugréent les islamistes. Cette présence accrue, visible, soutenue, a récemment fait l'objet d'un colloque international à l'université de Constantine. Bref, parler d'un "empire chinois" en Algérie n'a rien d'exagéré.
Ingénieur en génie civil, Hassan, 35 ans, travaille avec CRCC depuis une dizaine d'années. Avec le temps, il a fini par mieux connaître les Chinois. "Ils ont une organisation et une discipline quasi militaires, analyse-t-il. Ils peuvent mettre 300 camions et 1 000 employés sur un tronçon de 10 km sans que la coordination des travaux ne soit perturbée. Avant la répartition des tâches, tout le monde assiste aux briefings, même le cuisinier qui prépare les repas. Comme les Espagnols, les Chinois aiment faire la sieste, ce qui les rend plus performants. Un jour, une délégation ministérielle venue d'Alger a dû attendre la fin de la sieste des travailleurs pour pouvoir inspecter un chantier."
Le savoir-faire, la discipline ou la célérité dans la livraison des projets n'expliquent pas tout. Le bakchich compte aussi, et la pluie de contrats qui se déverse sur les entreprises chinoises en Algérie alimente soupçons et allégations de corruption. L'exemple le plus marquant est celui de l'autoroute est-ouest, "projet du siècle" de 10 milliards d'euros dont la réalisation a été en partie confiée au consortium Citic-CRCC. À l'issue d'un procès qui s'est achevé début mai à Alger, celui-ci a été condamné à une amende de 5 millions de dinars (45 000 euros) pour corruption.
Courtoisie
Présents depuis deux décennies en Algérie, les Chinois ont fini par nourrir clichés et autres stéréotypes. Peu respectueux des coutumes locales, mécréants, mangeurs de chiens et de chats, calculateurs, fourbes, voleurs de travail ou buveurs d'alcool... Les préjugés sont aussi nombreux que réducteurs. "C'est tout le contraire ! juge Djaafar, 55 ans. Ils sont discrets, aimables et d'une extrême courtoisie." Lui a pourtant des raisons de leur en vouloir. Dans quelques semaines, cet instituteur devra quitter la maison qu'il a mis des années à construire avant de la voir réduite en poussière par les bulldozers de CRCC.

Beaucoup de Chinois sont escortés lorsqu'ils sortent des bases de vie de leur entreprise.

Débarqué du Sichuan il y a deux ans, Weng, 42 ans, conducteur de travaux sur un chantier de l'autoroute, est prêt à prendre racine en Algérie. Si sa femme et son fils de 10 ans lui manquent, il loue cependant les vertus de ce nouvel eldorado : "Algériens bien, Algérie beaucoup dollars." De fait, de plus en plus de Chinois achètent des commerces et des appartements en ville, prennent la nationalité algérienne (2 000 cas) ou épousent des Algériennes après s'être convertis à l'islam.
En octobre 2013, la télévision publique avait même diffusé une cérémonie de mariage collectif entre Chinois et Algériens en guise de preuve de leur intégration. De retour d'un récent voyage en Chine, Ali Haddad, président du Forum des chefs d'entreprise (FCE), a suscité la polémique en proposant aux Chinois de venir en Algérie pour faire du business et y prendre épouse. Bien qu'il ait démenti ces propos, la polémique contribue à accréditer l'idée que l'on permet tout aux Chinois.
La cohabitation entre deux communautés de culture, de langue et de mode de vie différents peut parfois virer à l'affrontement. Ce fut le cas en août 2009, quand des rixes ont opposé des habitants de Bab-Ezzouar, banlieue est d'Alger, à des commerçants chinois qui s'étaient installés dans le quartier. Alors, dans les bases de vie où les entrées et sorties sont strictement contrôlées pour cause de menace terroriste, c'est la Chine ou une partie de la Chine qu'on importe. Terrains de basket, tables de ping-pong, cuisine et bières chinoises, smartphones made in China, connexion internet pour garder le contact avec les proches... Tout est fait pour que l'émigré ne se sente pas dépaysé. Et que son rendement soit élevé.
Source Jeune Afrique

Le Pèlerin

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 09:00

Ma dignité ne se mesure pas en centimètres

Le 9 mai 2015, une étudiante algéroise a été empêchée de passer son concours d'avocat au prétexte que sa jupe était trop courte. Sur internet, elle a reçu beaucoup de soutiens. Depuis, en Algérie, des islamistes ont lancé une campagne pour inciter les hommes à voiler leurs filles et leurs femmes. La réalisatrice algérienne Sofia Djama revient sur la situation. 

Les internautes ont envoyé des photos de leurs jambes en soutien à la jeune femme (Voir ci-dessous)

Algérie - "Votre jupe est trop courte."

Voilà deux semaines, une étudiante s'en est allée passer son certificat d'aptitude de la profession d'avocat (Capa).

Elle croit en ce diplôme, elle veut devenir avocate, peut-être pour réparer des injustices dans un pays où la Constitution lui garantit le respect de la liberté individuelle, l'inviolabilité de la personne (tout sexe confondu), et condamne toute forme de violence physique ou morale ou d'atteinte à la dignité.

Ce jour aurait dû être une nouvelle étape dans sa vie de femme

Là voilà devant le portail de cette haute institution qu'est la Faculté de droit de Ben Aknoun à Alger. Un grand jour pour elle. Si elle réussit son Capa, elle sera enfin avocate. C'est peut-être même son dernier jour en tant qu'étudiante, avant d'entamer son premier jour dans le monde du travail. C'est peut être même le premier jour d'une nouvelle étape de sa vie de femme.

Elle est toujours devant ce portail avec tout le stress que l'on peut imaginer dans ce genre de circonstance. Son mari est là pour la soutenir. Le cœur battant, elle se décide à entrer dans l'établissement quand un agent lui rappelle combien une femme doit se réduire à l'ombre d'elle-même.

Cette jeune fille est empêchée d'accéder à son examen car cet agent de la sécurité s'est improvisé gardien du temple de la morale. Ce gardien dont les yeux mesurent la dignité des filles à la longueur de leurs jupes décrète que la jeune femme est indécente, parce que sa jupe trop courte, bien trop courte.

Le sentence d'un bigot frustré

On prétend même que c'est une mini-jupe. Imaginez-vous cette future magistrate, aller à un examen attifée d'une minijupe ? Voici, Monsieur le recteur de la fac d'Alger et Monsieur le gardien du temple de la morale, ce qu'est une minijupe telle que définie par les professionnels de la mode : une jupe très courte, droite ou plissée, "dont la longueur ne doit pas excéder 10 cm sous les fesses" si elle veut mériter cette acception.

Pourtant, cette jupe laisse à peine entrevoir un bout de genou, ce qui suffit à interdire à cette jeune femme l'accomplissement du projet d'une vie. Le gardien du temple investi de son pouvoir de bigot frustré ne lui autorise l'entrée que si elle revient habillée d'une tenue "respectueuse". Son mari lui achète un pantalon. Notre jeune femme entame le premier jour de sa vie de femme au pays des hommes, qui mesurent la dignité au centimètre.

Je sens ces regards qui nous insultent

Je suis Sofia Djama, je suis Algérienne, dans la rue qui porte le nom d'une combattante – Hassiba Benbouali – au coeur d'Alger la Blanche, je sens ces mains qui nous humilient, ces bouches qui vocifèrent leur haine, leur frustration, ces yeux qui nous culpabilisent d'exister dans l'espace public, dans l'espace, dans nos géographies les plus intimes...

Cette histoire est algérienne, cette histoire est américaine, cette histoire est française, cette histoire est italienne, cette histoire est japonaise, cette histoire est palestinienne, cette histoire est saoudienne, cette histoire est malienne, cette histoire est chilienne... Depuis Alger, on vous conte l'humiliation, la violence, la prise de possession du corps de la femme pour en faire un champs de bataille quand la nation va mal.

Des soutiens de toutes parts

En réaction à ce fait divers et en réaction à cette violence normalisée en Algérie, j'ai créé une page sur Facebook, "Ma dignité n'est pas dans la longueur de ma jupe", en invitant les internautes à y publier des images de leurs jambes. Cette page a drainé tant de soutien, elle a été une tribune pour les femmes mais aussi pour les hommes qui ont témoigné de cette violence.

Les médias conservateurs ont tôt fait de réduire la problématique soulevée à une question : "Pour ou contre la mini-jupe ?" Les personnes, jeunes, âgées, femmes, hommes, croyants, agnostiques, parfois portant le hidjab (un ex-doyen de la faculté en question aussi), nous ont soutenu, ont compris qu'il était question du vivre-ensemble en Algérie.

 

Ils nous envoyaient leurs guiboles dénudées ou couvertes pour nous soutenir, pour dire qu'il est temps que le gouvernement algérien prennent ses responsabilités et fasse de la violence contre la femme une cause nationale. La page commençait à nous faire comprendre que dans une société où la tendance forte est à la tête baissée face au conservatisme bigot, nous n'étions pas une minorité.

Une page confisquée par des crypto-islamistes

Alors, cette page a été piratée, confisquée par des crypto-islamistes aux pseudos schizophrènes du type "Ronaldo Abou Bakr El Baghdadi". Ils nous traitaient d'apostats, de sionistes, d'irrespectueux de la religion, de prostituées et de tant d'autres politesses. Ces mêmes personnes nous envoyaient en message publics et privés des photos de leurs sexes en érection.

Sont-ils cohérents, ces gens-là, eux qui sont choqués que l'on puisse vouloir simplement porter nos jupes, pendant qu'eux nous montent leurs sexes ? Ils ont déployé le drapeau de Daesh sur la page et sur mon compte Facebook, qu'ils ont supprimé. Ils m'y ont imposé un hidjab et notre page est devenue leur propriété, sur laquelle ils déversent leur haine de nous.

Nous l'avons signalé à Facebook – ainsi que de nombreux internautes –, qui nous a confirmé que cette page "correspond aux standards de (sa) communauté". Puisque l'apologie du terrorisme et la violence faite aux femmes correspond désormais aux valeurs de Facebook, je comprends mieux pourquoi les terroristes de demain s'en emparent.

Notre page nous a été confisquée, la page que nous tentons d'écrire depuis des décennies, depuis une éternité est attaquée à l'acide. Car oui, en réponse à notre campagne, des islamistes à Alger ont lancé via Facebook, toujours, une campagne d'assainissement : toute femme ne portant pas le voile doit se sentir obligée de le faire car elle n'aura aucun désir de montrer un visage vitriolé.

J'espère que cette femme a eu son concours

Cela nous rappelle des mots d'ordre des années 1990, une époque où l'Algérie s'enfonçait dans une guerre civile. Je me souviens de cette époque, j'étais adolescente, cette période où le sang et l'horreur ont été le quotidien de tous les Algériens. 200.000 morts. Je me souviens bien de ces mots d'ordre. Ils résonnent fort dans ma tête, dans mon corps.

Je me souviens de Katia Bengana, de Nabila Djahnine, de Amel Zenoune Zouani et tant d'autres assassinées parce qu'elles ont refusé de plier.

Seulement, cette génération ne s'en souvient pas, si tant est qu'elle ait su un jour. Peut-être que le mal vient de là, notre mémoire de poisson rouge ? Quoiqu'il en soit, j'espère que cette jeune femme a eu son Capa, qu'elle n'oubliera pas cette histoire quand elle portera sa robe.

Quant à mon dernier message, le voici

Depuis quand décide-t-on d'établir ma dignité en fonction de la longueur de ma jupe ? Voici mes jambes. Elles ne peuvent choquer que les esprits malsains.

Indignez-vous contre le mépris que vous subissez, indignez-vous contre la corruption, indignez-vous contre l'islamisme d'affaire, contre l'islamisme ordinaire, contre les hagarine (oppresseurs), contre ceux qui vous volent votre humanité, mais pas contre mes jambes. Elles ne vous ont rien fait. Au pire, elles vous auront plu. Ou pas.

Source Le Plus Sofia Djama

Le Pèlerin
 

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 14:06

"Trop courte ma jupe ?" : l’Algérie montre ses jambes

Algérie - L'Algérienne montre ses jambes

Après la polémique de la jupe longue en France, voici la polémique de la jupe courte en Algérie. Le 9 mai dernier, une étudiante en droit s'est vu refuser l'entrée à un examen car sa jupe arrivait au-dessus des genoux. Résultat : par dizaines les internautes postent des photos de leurs jambes en signe de résistance. 

Nues ou portant un jean, masculines, féminines, qui marchent ou se prélassent... Toutes ces photos de jambes sont publiées sur la page Facebook "Ma dignité n'est pas dans la longueur de ma jupe". 
L’étudiante n'a pas pu passer un examen à la faculté de droit d’Alger. Un surveillant ne l’a pas laissée entrer car elle portait une jupe qui s’arrêtait au-dessus du genou. Le recteur de l’université a ensuite soutenu l’employé, expliquant, selon le site TSA Algérie, que le règlement intérieur "exige une tenue décente" ajoutant qu’il ne s’agit que "d’une histoire banale".

"J'aimerais que cette page devienne une veille sur ce que subissent les femmes au quotidien"

Mais cette histoire n’a rien de banal pour Sofia Djema, réalisatrice à l’origine de la page Facebook. Via l'album photo "jambes en colère", elle appelle les utilisateurs à poster des photos de leurs guibolles pour dédramatiser l’affaire et montrer que…"ce ne sont que des jambes". Pour elle, cet incident est le signe du recul du droit des femmes dans son pays et la conséquence de problèmes sociétaux bien plus profonds.

Ouvrir cette page sur Facebook a été un réflexe pour moi. C'est très dur ce qui est arrivé à la jeune fille, elle a été humiliée et je ne voulais pas qu'elle se sente seule. C'est aussi une page de soutien envers celles à qui c’est déjà arrivé car c’est un problème récurrent en Algérie. J’ai demandé sur Facebook que l’on m’envoie des photos de jambes et spontanément les gens les ont dévoilées. Même des femmes voilées soutiennent cette opération car elles font face aux mêmes problèmes. 
Il faudrait que cette page continue à vivre au-delà de l’incident. J'aimerais qu'elle devienne un outil de veille sur ce que subissent les femmes au quotidien. Je considérerai que ce sera réussi quand tout le monde se l'appropriera. Il ne s'agit pas uniquement de pouvoir montrer ses jambes, le mal est ailleurs. 

"Le corps de la femme devient un champ de bataille"

C'est comme un aveu d'échec, le corps de la femme devient un champ de bataille quand la situation d'un pays est désastreuse. À force de rester silencieuses, on perd nos petits acquis et la condition de la femme dans l'espace public régresse. Aujourd'hui, la violence verbale est quotidienne et normalisée. C’est hyper violent de marcher dans la capitale, à Alger, en jupe ou en pantalon. Même montrer ses bras est devenu problématique, mais les femmes le font. Au pire, c'est une main baladeuse, au mieux, une remarque. 
Je n’en veux pas aux hommes, parce c’est la paupérisation et le manque d’éducation qui les conditionnent. Pour eux, les femmes ne sont méritantes que lorsqu’elles respectent la pudeur instaurée par la société. Ce bout de jambe est le catalyseur d'un mal profond, comme en France, la jupe trop longue exprime un autre malaise. C'est symptomatique des pays qui n'ont pas réglé leurs problèmes politiques et économiques.

Source France 24 Amira Bouziri

Le Pèlerin

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 12:15

L'esthétique fait son marché à Oran

Algérie - Chirurgie plastique ou réparatrice, soins de beauté...

Résultat d’une ouverture médiatique, beaucoup d’Algériens et d’Algériennes découvrent les bienfaits et, parfois, les miracles de la médecine et de la chirurgie esthétiques.

Ce qui relevait hier du tabou s’installe petit à petit dans l’Algérie d’aujourd’hui, société de consommation en perpétuelle mutation. Jusqu’où la médecine et la chirurgie esthétiques sont-elles ancrées dans les mœurs des Algériens ?
Entre le pour et le contre, ce sont toutes les valeurs religieuses, culturelles et socio-économiques des Algériens qui font surface. D’autres ont carrément peur des conséquences. Et bien qu’on soit encore très loin des pays d’outre mer ou des pays voisins, affiner son nez, faire une liposuccion ou encore se faire poser une greffe de cheveux n’est plus un tabou. La chirurgie esthétique est aujourd’hui accessible à tout le monde, femmes et hommes, jeunes et vieux, fortunés ou moins riches. L’engouement grandissant pour la chirurgie, la médecine esthétiques et les soins de beauté, qui ont connu un boom ces dernières années, a fait que les centres du laser, les cliniques spécialisées dans la chirurgie de la silhouette, la correction des imperfections, sans oublier les centres de mise en forme et les instituts de beauté, sont en courbe ascendante. Finis les déplacements en Europe pour se requinquer. Inutile aussi de faire le voyage jusqu’en Tunisie. « Tout se fait sur place avec des prix imbattables et un coût bien plus étudié et des résultats excellents », affirme le docteur Benkaddour Réda, spécialiste en chirurgie de la silhouette, et qui active à Oran depuis 2000.
Les interventions coûtent 15 fois moins cher qu’en France et deux fois moins qu’en Tunisie. Une liposuccion coûte entre 20.000 et 100.000 DA, selon le volume de la masse de graisse à aspirer. Une injection de «botox» démarre à 20.000 DA. Le prix d’un lifting varie entre 180.000 et 200 000 DA. Si les prix restent élevés pour le commun des citoyens, cela est dû au coût de la location du bloc opératoire et les cachets des collaborateurs qui sont sollicités pour accompagner le chirurgien durant l’intervention chirurgicale. Si l’intérêt de la gent féminine est bel et bien établi pour la beauté, ce qui représente 80% des consultations, les hommes aussi n’hésitent plus à corriger certaines imperfections. Cependant, pour ce spécialiste « les motivations d’un Maghrébin envers la chirurgie esthétique ne sont pas les mêmes que les motivations des Européens ». Les Algériens sont aussi soucieux de leur image et s’identifient allégrement aux canons de beauté occidentaux si ce n’est plus, mais faute de moyens et d’informations, beaucoup hésitent, même s’ils souffrent en silence, à frapper à la porte d’un chirurgien plasticien. « Si un Algérien décide de faire une opération de chirurgie esthétique c’est pour régler un problème, qu’il est vraiment gêné ou qu’il a mal quelque part », affirme le docteur qui ajoute que « La liposuccion (aspirer les surcharges graisseuses localisées par des petits orifices et quelque que soient leurs localisations ; culotte de cheval, ventre, flancs...), l’abdominoplastie (réséquer l’excès cutané abdominal associé ou pas à une remise sous tension des muscles et transposition de l’ombilic) et la mammoplastie (notamment les glandes mammaires retombantes causant des maux de dos) viennent en premier lieu pour ce qui est de la demande en matière de chirurgie de la silhouette à Oran. La rhinoplastie (correction des imperfections et des disgrâces au niveau du nez, notamment les bosses), vient en suite », affirme le spécialiste, qui ajoute que 10 % de ces « patients » sont des hommes. « Sur dix femmes, un homme sollicite nos services. Les opérations les plus demandées par les hommes sont la Gynécomastie qui traite le problème des gros seins chez l’homme et l’abdominoplastie », précise-t-il. La médecine esthétique, qui était, il y a quelques décennies, destinée seulement aux riches, est désormais sollicitée par toutes les catégories sociales et une tranche d’âge de 18 à plus de 60 ans, chose qui a été confirmée par notre interlocuteur.
« La parabole nous renvoie des images qui nous mettent mal à l’aise. En matière d’emploi, les choses ont changé également. Il est rare de voir une annonce de recrutement sans cette phrase assassine ayant trait au physique présentable. Dans certains métiers, la compétence et l’intelligence passeraient presque pour un critère secondaire », dira Nadia, 23 ans, biologiste. « Mon nez est trop grand et ça me complexe, je vais faire des économies pour le raffiner », dira-t-elle. « Tout le monde est sensible au regard de l’autre qui peut parfois être impitoyable. Socialement, une personne dont l’aspect physique est acceptable, voire une personne belle, est plus avantagée qu’une autre qui l’est moins », dira pour sa part Amel, une lycéenne de 18 ans. « Le jour où je deviendrais indépendante de mes parents, je n’hésiterais pas un instant pour me relooker, mon rêve est de ressembler aux stars de cinéma », ajoute-t-elle. « Je ne me trouve pas belle et j’ai plein de défauts, mais je ne penserais jamais à faire une chirurgie esthétique, je craint les résultats », dira Fatima. Pour Houari, il n’y a pas mieux que la beauté naturelle.
La chirurgie esthétique, argumentent les praticiens de cette discipline, c’est aussi une affaire de santé publique. Les personnes qui souffrent de charge pondérable sont sujettes aux maladies cardio-vasculaires et ont un taux élevé de cholestérol. Ce qui réduit leur espérance de vie.


Chirurgie esthétique ou réparatrice et la religion

La chirurgie plastique en Algérie ne date pas d’aujourd’hui, car elle s’inscrit au départ comme une indication médicale de correction ou de réparation esthétique, considérée comme un complément nécessaire au traitement principal. Selon le docteur Kaid Slimane, chef de service des brûlés et de la chirurgie plastique au CHU d’Oran, « il ne faut pas confondre entre chirurgie réparatrice et chirurgie esthétique. La chirurgie esthétique se fait sur une personne en bonne santé et sur une peau saine, pour arranger un défaut que la personne juge important. Dans ce genre de chirurgie, le médecin a l’obligation des résultats qu’il promet de réaliser d’où l’importance du consentement éclairé entre les deux parties », dira le médecin. « Aujourd’hui, c’est la seule manière d’être protégé contre les charlatans qui exercent dans la clandestinité et d’éviter les mauvaises surprises.
La chirurgie réparatrice, comme son nom l’indique, c’est la réparation des dégâts causés par une brûlure, une cicatrice après une opération chirurgicale mutilante, un accident, les séquelles d’une tumeur cutanée, de la chimiothérapie, de la radiothérapie et des infections. Elle demande des moyens humains et matériels importants. Elle est longue est pénible et demande plusieurs interventions », ajoute-t-il. Il affirme que son service réalise annuellement environ un millier d’interventions chirurgicales, la plupart sur des personnes brûlées (visage, main, coude, genou...) victimes d’accidents ou suite à des traitement de cancer. Le même service assure aussi des greffes de cheveux. En ce qui concerne la chirurgie plastique, d’un point de vue religieux « on peut dire qu’il y a deux sortes de chirurgie plastique. La chirurgie plastique réparatrice, utilisée en guise de traitement médical et visant à alléger la souffrance de la personne et l’embellissement visant à refaçonner une partie déformée du corps, est en général recommandée par l’Islam, dès lors que cela est fait pour une raison valide », affirme un Imam. « La chirurgie plastique cosmétique qui a habituellement pour vocation de ‘changer la création de Dieu’ afin que l’individu paraisse plus beau, comme l’augmentation ou la réduction mammaire, la réduction de la taille des lèvres et du nez, ce genre de chirurgie n’est pas autorisé par l’Islam, car cela revient à altérer la création de Dieu », ajoute-t-il.


Laser et botox, tous les moyens sont bons

Dans le même volet relatif à l’esthétique ou aux interventions anti-âge, il y a ceux et celles qui préfèrent recourir à des techniques simples connues sous le nom de médecine douce, des injections de botox, pour se débarrasser des rides, ou encore pour le laser pour une épilation, enlever des taches pigmentaires, des cicatrices de l’acné ou en venir à bout de couperoses. Du côté de la médecine douce, généralement pratiquée par des dermatologues, endocrinologues et autres spécialistes, les prix sont aussi à discuter. A noter que le botox est un produit dangereux si le dosage n’est pas respecté. Les hommes sont aussi demandeurs et représentent 20 % de la demande globale ; ils consultent particulièrement pour le problème de calvitie. La greffe des cheveux, le traitement de cicatrices, les rides les intéressent particulièrement. Le docteur Messaoud Nacer Kamel, spécialiste en dermatologie et traitement par Laser, installé à Oran, membre de la société américaine de Laser, est le premier sur le continent africain à avoir introduit, en 2002, un laser de dernière génération. Doté de cette technologie de pointe dans le souci de guérir les patients de certaines maladies de la peau, qualifiées d’inguérissables quelques années plus tôt, il est souvent sollicité par des patients pour des soins esthétiques. Selon le docteur Messaoud, l’histoire du laser (Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation) dermatologique est assez ancienne. C’est une technique soft qui connaît un engouement certain de la part de notre population ». Ce n’est que vers la fin des années 80, avec la mise sur le marché américain de nouveaux lasers, destinés cette fois-ci à l’esthétique, qu’un véritable boom s’en est suivi avec un engouement de plus en plus grandissant de la part de patients qui souhaitent paraître plus jeunes sans chirurgie. « A Oran, à ce jour, pratiquement tous les lasers sont disponibles avec des appareils les plus performants et les plus récents au Maghreb. Le laser est utilisé dans le traitement des angiomes plans (taches de naissances), pour dé-tatouager sans cicatrices, en épilation, puis viennent les autres indications comme les rides, les varicosités, les taches brunes, le psoriasis, certains vitiligos, la cellulite, l’acné, les cicatrices, etc. Les traitements les plus demandés sont l’épilation et l’acné ».
Interrogé sur les conséquences que peut avoir ce genre de pratique sur la santé, le docteur dira que « le premier dermatologue à l’utiliser fut l’Américain Goldman, en 1967, pour le traitement de certains cancers de la peau. Pour certaines spécialités, notamment en ophtalmologie, le laser est utilisé depuis longtemps pour traiter les maladies rétiniennes, plus récemment la myopie. Le laser n’est donc ni radioactif ni cancérigène, ce sont certaines erreurs commises par des mains non exercées qui sont à l’origine de cette inquiétude, d’où le rôle du Conseil de l’ordre et l’application correcte de la réglementation ». Il ajoute que les erreurs sont réversibles et estime le risque à 0,01 %. Là aussi le spécialiste affirme que cette technique est sollicitée par toutes les catégories sociales, les hommes, les femmes et toute les tranches d’âge et jusqu’à 90 ans. « J’ai une ride de lion au niveau du front, je vais essayer de la traiter soit par laser ou par une intervention chirurgicale », dira Mohamed, 35 ans, cadre supérieur.
Concernant les prix, le Dr Messaoud explique : « Je pratique des tarifs étudiés par rapport à notre niveau de vie, afin qu’ils soient abordables pour la majorité des Algériens ». Certaines personnes sans revenus font des économies ou des petits métiers pour se débrouiller de l’argent pour se traiter contre l’acné ou faire une épilation par laser, entre autres ». Et si les prix sont étudiés, il ne faut surtout pas remettre en cause la qualité des soins dispensés.


A défaut de chirurgie, les soins de beauté...

Il est vrai que les résultats d’une petite injection de toxine botulique ou un léger lifting sont immédiats et simplement spectaculaires, mais certaines femmes par manque de moyens, par hantise des risques ou pour des raisons religieuses, préfèrent les soins légers qu’offrent les instituts de beauté qui poussent comme des champignons à Oran comme dans les autres grandes villes du pays. Certains représentants de grandes firmes de cosmétiques sont installés depuis belle lurette. Et la demande en la matière suit forcément. Et là encore les femmes ne disent pas non. « Oran a un potentiel important de femmes et d’hommes qui dépensent beaucoup d’argent pour les soins du corps et du visage et qui cherchent des produits d’origine, surtout que c’est un créneau délicat », dira M. Taleb responsable de l’institut de beauté Yves Rocher d’Oran, qui affirme que les hommes s’y mettent aussi. Cela va du nettoyage de la peau à la pédicure, surtout que le prix sont abordables. Et si l’autonomie financière de la femme qui a investi le marché du travail est un des facteurs encourageants, la demande sur ce type de médecine et de soins, le poids du regard de la société l’est peut-être plus. Car avoir recours à ce type de médecine n’est pas forcément le signe d’un refus de vieillissement ou d’une obsession de beauté, mais plutôt une nécessité pour mieux s’adapter à une société de plus en plus exigeante, notamment par rapport à l’aspect physique. Chose qui a été confirmée par tous les médecins et les spécialistes qu’on a contactés pour réaliser ce reportage.

Source Le Quotidien d’Oran Jamila Boukra

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 16:14

L’économie du pays se retrouvera très mal en point. 
Tous les indicateurs sont au rouge. 

 

Port d'Alger

Port d'Alger

La situation financière de l’Algérie est dans une courbe descendante à tel point que plusieurs observateurs craignent que d’ici la fin de l’année ou la fin du premier semestre 2016, l’économie du pays se retrouvera très mal en point. 
Tous les indicateurs sont au rouge. 
Outre le déficit qui est en train de se creuser puisque l’Algérie importe plus qu’elle n’exporte, et les prévisions de Fonds monétaire international (FMI) qui indiquait récemment que tous les indicateurs de l’économie sont au rouge, c’est au tour de la Banque d’Algérie d’aligner des chiffres sur l’état des réserves de change des plus inquiétants. 
En effet, il y a encore quelques mois l’Algérie disposait de près de 194 milliards de dollars de réserves. La fin de l’année 2014 a marqué un affaissement avec un chiffre tournant autour de 179 milliards. 
La chute libre se poursuit en 2015 puisque pour le seul mois de janvier les réserves ont diminué de 11,6 milliards de dollars. Si le rythme se poursuit, en moins d’un an et demi l’Algérie pourrait se retrouver sans aucune réserve, voire contrainte de recourir à nouveau à l’endettement extérieur. On a longtemps péroré sur la nécessaire diversification de l’économie nationale. 
On a même dépensé de l’’argent en séminaires et autres assises de l’industrie ou encore épongé les dettes des entreprises industrielles pour renflouer à nouveau leurs caisses, mais la chute des cours du pétrole qui perdure depuis plus d’un an est là pour démontrer combien le pays est dépendant des hydrocarbures qui constituent 97% des recettes de ses exportations. 
Le 14 avril dernier, le FMI a rendu public son rapport sur les perspectives économiques mondiales dans lequel il tablait sur une croissance économique de 2,6% pour l’Algérie en 2015 avant de remonter à 3,9% en 2016, contre 4,1% en 2014. Dans ses précédentes prévisions, l’institution que dirige la française Christine Lagarde a avancé un taux de 4% en 2014.
Dans son rapport publié à l’occasion de la tenue de sa réunion de printemps du 17 au 19 avril à Washington, il est constaté que le FMI a révisé en baisse son pronostic sur la croissance du PIB de l’Algérie par rapport à celui d’octobre dernier.
Le FMI indique que la balance des comptes courants de l’Algérie sera encore négative pour s’établir à -15,7% du PIB en 2015 et à -13,2% en 2016 (contre -4,3% en 2014). Concernant l’emploi, le Fonds note que le taux de chômage devrait se situer à 11,8% en 2015 et à 11,9% en 2016 (contre 10,6% en 2014).
Quant à l’inflation, le FMI estime qu’elle devrait passer à 4% en 2015 ainsi qu’en 2016 (contre un taux de 2,9% en 2014).
Source Le Jeune Indépendant

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 06:38

Les familles des victimes du crash de l’avion d’Air Algérie, sur les lieux de l’accident pour une cérémonie de recueillement.

Algérie - Victimes du crash du vol AH5017 : Air Algérie interpellée

Des représentants des familles des victimes du crash de l’avion d’Air Algérie, en juillet dernier au Mali, devaient se rendre, à partir d’hier, sur les lieux de l’accident pour une cérémonie de recueillement.

Près de 200 personnes de 15 nationalités feront le voyage. Sandrine Tricot, présidente de l’association AH5017 (familles des victimes du crash) et veuve d’un des passagers, souligne, dans une déclaration faite hier à la presse, qu’il est «vraiment important pour nous que l’Etat français ait fait ce travail-là, que la compagnie Air Algérie ne fait pas pour l’instant». «Ce déplacement fait partie du processus de deuil indispensable pour avancer», a confié Mme Tricot.

Les familles des victimes devaient déjà se rendre au Burkina Faso en novembre et participer à des commémorations, mais elles ont dû reporter leur voyage en raison des bouleversements politiques dans ce pays. Le vol AH5017, qui devait relier Ouagadougou à Alger, s’est écrasé le 24 juillet dans le nord du Mali, dans une zone instable près de la ville de Gossi, à environ 150 km de Gao, 32 minutes après son décollage.

Le 9 avril dernier, le Bureau d’enquêtes et analyses (BEA) français affirmait que le crash du vol AH5017 d’Air Algérie a eu lieu suite à une défaillance de l’équipage qui n’aurait pas activé le système anti-givre de l’appareil. «Si j’ai un message aujourd’hui à faire passer, c’est que j’invite les responsables de cette compagnie (Air Algérie) à se réveiller.

Il n’est pas trop tard pour faire preuve de solidarité, de compassion, d’empathie», a encore lancé Mme Tricot. Selon les experts, la responsabilité est partagée par la compagnie Air Algérie et Swiftair auprès de laquelle l’aéronef a été affrété. Les assureurs de ces deux compagnies aériennes doivent intervenir. Selon les experts, les assureurs de la compagnie nationale prennent en charge les réclamations en responsabilité civile (passagers, bagages, fret et poste) et ceux de Swiftair «prennent en charge l’assurance corps (aéronef) et tiers à la surface»

Source El Watan Fatima Arab

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 22:55

Le secrétaire d'État français chargé des Anciens combattants s'est rendu dimanche à Sétif en Algérie pour commémorer le 70e anniversaire du massacre de milliers d'Algériens sous la colonisation française

Algérie : visite inédite d'un ministre français à Sétif

Jean-Marc Todeschini a déposé une gerbe devant le mausolée de Saal Bouzid à Sétif , dimanche 19 avril

Le secrétaire d'État français chargé des Anciens combattants s'est rendu dimanche à Sétif en Algérie pour commémorer le 70e anniversaire du massacre de milliers d'Algériens sous la colonisation française. Une première pour un ministre français.

Le secrétaire d'État français chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, Jean-Marc Todeschini, a rendu hommage, dimanche 19 avril, aux victimes algériennes de Sétif, 70 ans après le massacre qui a fait des milliers de morts.

Premier responsable gouvernemental français à se rendre à Sétif, Jean-Marc Todeschini a déposé une gerbe de fleurs devant le Mausolée de Saal Bouzid, première victime de la répression du 8 mai 1945.

Ce jour-là, alors que la France célébrait la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie, les festivités tournèrent au drame à Sétif, Guelma et Kheratta, dans l'est de l'Algérie, où des nationalistes défilèrent, drapeaux algériens à la main.

La répression des manifestations, considérées comme les prémices de la guerre d'indépendance, fit plusieurs milliers de morts parmi les Algériens - jusqu'à 45 000 selon la mémoire collective algérienne - victimes de la police, de l'armée ou de milices de colons. Une centaine d'Européens, pris à partie par des nationalistes algériens, furent également tués.

Une "démarche d'amitié"

Accompagné de son homologue algérien Tayeb Zitouni, Jean-Marc Todeschini a expliqué avoir débuté son "voyage mémoriel Algérie par Sétif, en cette année du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, au nom de l'amitié franco-algérienne".

Il a indiqué que "ce geste est la traduction des propos tenus par le président de la République, François Hollande, devant le Parlement algérien en décembre 2012".

"Je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien. Les massacres de Sétif, de Guelma et de Kherrata demeurent ancrés dans la conscience des Algériens, mais aussi des Français", avait alors déclaré François Hollande devant les parlementaires algériens.

La visite de Jean-Marc Todeschini s'inscrit "dans une démarche d'amitié, de respect et dans le souci de continuer à appréhender notre mémoire commune de manière apaisée", a-t-il ajouté.

Après Sétif, il doit se rendre à Mers el-Kébir, dans le golfe d'Oran (ouest), pour commémorer le 75e anniversaire de l'attaque de la Marine française par la Marine britannique, en juillet 1940, peu après la signature de l'armistice franco-allemand avec le Troisième Reich.

Source France 24 AFP

Le Pèlerin

 

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 15:43

La mouna, le bon goût de notre enfance

Mouna.jpg

La mouna est un gâteau brioché souvent doré à l’œuf, cuit au four, que l’on mangeait il y a bien longtemps à Pâques, le jour de la Résurrection. Une occasion qui était fêtée par les Oranais qui côtoyaient les Espagnols.

L’authenticité du mot mouna était sans nul doute jalousement préservée de génération en génération, puisque nous n’avons pas trouvé une version unifiée de son origine parmi toutes les personnes à qui nous nous sommes adressés. Tous s’accordent à dire que la mouna leur rappelle leur enfance lorsque grand-mère la sortait du four et la leur offrait au petit-déjeuner. Des Oranais nous ont affirmé qu’ils tiennent l’origine de la mouna de leurs grandsparents qui leur avaient appris que jadis ils fêtaient le lundi de Pâques sur les pentes boisées du fort Lamoun, et qu’ils baptisèrent ce gâteau mouna par analogie avec le lieu habituel de leurs réjouissances. D’autres évoquent une tout autre origine peu probable mais qui semble voyager de génération en génération. Un boulanger à la retraite, Hadj Krimou, nous raconte l’histoire de cette viennoiserie en affichant un large sourire. «Il paraîtrait que des prisonniers du Fort Lamoun jetaient des morceaux de brioche aux singes du haut de leurs fenêtres, d’où l’appellation mouna (Lamoun).» Toutefois, tous nos interlocuteurs s’accordent à dire que selon leurs parents et grands-parents, le rituel des festivités de Pâques trouvait son point d'orgue dans la forêt des Planteurs, au pied de Notre-Dame de Santa-Cruz à Oran. Les festivités des jours de Pâques du temps de la présence espagnole se traduisaient par l'envahissement périodique des collines des Planteurs, au-dessus du Fort Lamoun, par les familles espagnoles qui festoyaient en mangeant, entre autres nourritures, de la mouna. L’une des histoires «officielles » raconte que le mot mouna appartient au catalan valencien et serait donc la brioche valencienne importée en Algérie par les immigrants espagnols. A partir de 1840, et surtout après la construction de la chapelle de Santa-Cruz, les Oranais prirent l'habitude de se déplacer en famille ou en groupes dans la forêt de pins appelée alors «bois des planteurs militaires». Durant notre quête, nous avons rencontré Pascual, un Espagnol qui travaille à Oran et nous l’avons questionné à ce sujet. Pour lui, la mouna est la brioche espagnole que l'on mange pour les fêtes religieuses de Pâques, Noël et Pentecôte de Barcelone à Alicante. «La mouna a été importée d'Espagne à Oran par nos arrière-grands-parents natifs d'Elche (province d'Alicante), une ville d’Espagne qui depuis trois cents ans fait la mouna pour Pâques et à certaines fêtes religieuses.» Son inventeur lui donna le nom de mouna qui veut dire jolie. Enfin, revenons au présent, et demandons-nous qu’est devenue la mouna de nos jours ? Mme Asma nous dira qu’elle est toujours présente parmi les recettes de gâteaux modernes et est autant appréciée et préparée dans les foyers. Mais également bien vendue dans les boulangeries qui en proposent quotidiennement à une clientèle très fidèle. «Seulement, ajoute-t-elle, ce qui a changé c’est l’occasion pour laquelle elle est confectionnée. De nos jours, souvent la mouna est réservée aux occasions moins festives, elle est préparée et offerte à l’occasion d’un décès !» Tradition oblige, lorsqu’on se rend au domicile mortuaire pour présenter les condoléances le second ou le troisième jour, l’Oranaise se munit de sucre, de café, de thé, de dates mais aussi de mouna. Pourquoi de la mouna à une telle occasion ? Mme Yamina nous explique que «tout d’abord la mouna est un gâteau simple et pas cher, ainsi pour aider les personnes en deuil on offre de la mouna qui sera servie avec le thé et les dattes ainsi que du café noir». Ceci n’empêche en rien sa préparation pour des occasions plus joyeuses, ou tout simplement pour la dégustation quotidienne, l’occasion pour les grands-parents de raconter des souvenirs joyeux, les jours heureux de la mouna. Mme Yamina nous explique que la mouna est difficile à réussir du premier coup. Elle en parle en connaissance de cause : «Ce n’est qu’après avoir essayé plusieurs recettes, que j’ai enfin trouver la bonne. Il y a en fait plusieurs recettes de la mouna, mais l’essentiel est d’obtenir un gâteau à la mie très légère, comme on dit ‘‘en éponge’’. Alors, pour vous mesdames, suivez la recette ci-dessous que je réussis.»

Nos Recettes
Recette de Mme Yamina

Ingrédients
• farine (1 kg)
• levure de boulanger
• œuf (1)
• sucre (1 verre)
• huile (1 verre)
• sucre vanillé (2 sachets)
• levure chimique (2 sachets)
• eau de fleur d'oranger (1 cuillère à soupe)
• zeste et jus d'orange (1)
• jaunes d'œufs (2)
• sucre (1 pincée)
• lait tiède (1 verre)

Préparation
Mélanger tous les ingrédients sauf le lait, les jaunes et la pincée de sucre ;
*pétrir en ajoutant du lait tiède pour obtenir une boule qui ne colle pas trop : ajouter de la farine pour que ça colle moins si nécessaire ;
*faire quatre boules avec la pâte et les placer sur du papier aluminium graissé sur la plaque qui ira au four ;
*laisser reposer 1h à 1h30 environ pour que ça gonfle bien, et penser à préchauffer le four à 210°C ;
*mettre du jaune d'œuf sur chaque boule au pinceau ;
*jeter quelques pincées de sucre grossièrement sur les boules ;
*faire cuire environ 30 minutes en faisant attention en fin de cuisson pour éviter de brûler le dessus. Vérifier que le point de cuisson est atteint avec un pic en bois, qui doit ressortir sec du gâteau.
Recette de Mme Denise Alberti(*)
Ingrédients pour 6 belles mounas :

• 2 kg de farine
• 60 g de levure de bière
• 11 œufs
• 2 pincées de sel
• 500 g de sucre semoule
• 1 gousse de vanille
• 20 centilitres d'huile
• 100 g de beurre
• 1 kg d'oranges et 1 kg de citrons non traités
• 1/4 de paquet de margarine
Quelques morceaux de sucre

Préparation
*Délayer la levure de bière dans un peu d'eau tiède, rajouter un peu de farine et pétrir légèrement pour former un levain. Laisser reposer 1 à 2 heures. Pendant ce temps : râper les zestes d'oranges et de citrons, faire fondre le beurre et la margarine, casser 10 œufs et les battre entiers, faire bouillir la vanille dans un peu d'eau.
*Ajouter au levain les autres ingrédients : sucre, sel, huile, beurre et margarine fondus, œufs battus, eau de vanille, oranges et citrons râpés. Incorporer peu à peu la farine. Bien pétrir à la main jusqu'à ce que la pâte ne colle plus. Laisser lever dans un grand récipient recouvert d'un torchon pendant 2 heures environ.
*Confectionner 6 boules d'égale grosseur en les pétrissant un peu et les déposer, soudure dessous, sur des feuilles de papier sulfurisé ou d'aluminium badigeonnées à l'huile. Laisser reposer environ 1 heure.
*Badigeonner le dessus des mounas avec 1 œuf battu. Faire sur chacune 2 coupures en croix à l'aide de ciseaux. Saupoudrer de sucre en morceaux concassés. Mettre à cuire à four très doux (100°) au moins 2 heures.
N. B. : 2 phases importantes conditionnent en grande partie la réussite des mounas et nécessitent une surveillance constante :
• La poussée de la pâte qui dépend de la température ambiante. Elle doit lever au maximum, mais ne pas retomber.
• La cuisson lente à four doux qui permet de cuire l'intérieur sans brûler l'extérieur. Le test au couteau est recommandé.
* Mme Denise Alberti tenait au temps de la colonisation française la boulangerie du Centre de Attatba.

Source Le Soir d’Algérie Amel Bentolba

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