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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 11:57

Pour les cinq pays du Maghreb, le manque à gagner lié à l'absence d'intégration régionale est estimé à 7,5 milliards d'euros par an.

Algérie - Maroc : Le grand gâchis

Le nombre d'études consacrées au coût du "non-Maghreb" suffirait à meubler tout un rayon de bibliothèque. On ne compte plus les rapports de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI), de l'Union européenne (UE) et tous les travaux universitaires qui ont abordé ce sujet, critiquant le grand gâchis occasionné par l'absence d'une union économique maghrébine dans un contexte de mondialisation et de regroupements régionaux.
Aux écrits s'ajoutent les paroles... sans suite. À chaque rencontre, les hommes d'affaires maghrébins appellent de leurs vœux la construction d'une organisation régionale capable de faire basculer l'équilibre des forces en faveur des pays du Sud. En vain.
Plus bas au monde
Chaque année, le manque à gagner est estimé à 7,5 milliards d'euros, soit 2 % à 3 % du PIB des cinq pays de la région (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Mauritanie). Les échanges intermaghrébins sont extrêmement maigres, à peine 3,3 % du total des exportations de la zone, soit le taux le plus bas du monde.
À titre d'exemple, en 2012, cette part était de 62 % à l'intérieur de l'UE, de 49 % au sein de l'Accord de libre-échange nord-américain, de 26 % pour l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est et de 15 % pour le Marché commun de l'Amérique du Sud, selon une étude publiée le 27 août par Oxfam France à l'occasion du 20e anniversaire de la fermeture de la frontière entre le Maroc et l'Algérie.
"Nous travaillons sur les déterminants de la pauvreté et des inégalités au Maghreb, et nous voyons bien que la non-intégration de cette zone pose de sérieux obstacles au développement économique et sociétal", explique Nicolas Vercken, directeur des études et du plaidoyer au sein de l'ONG. Ainsi, malgré la réduction de la pauvreté absolue au cours de la dernière décennie et l'optimisme des chiffres officiels, le taux de chômage demeure élevé : 16 % en Tunisie, 9,4 % en Algérie et 9,1 % au Maroc, selon le FMI. Les plus touchés sont les jeunes et les femmes.
La BMICE est toujours une coquille vide
Parallèlement, une part croissante des budgets nationaux est engloutie dans une course effrénée à l'armement. De 2007 à 2013, la part des dépenses militaires dans le PIB a augmenté de 19 % au Maroc et de plus de 65 % en Algérie, selon l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). "Une augmentation sans précédent qui fait de ces pays les deux États les plus dépensiers de la région", renchérit le Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (Grip), à Bruxelles, dans son rapport 2013
La cause majeure de ces rivalités militaires ? La tension politique autour du dossier du Sahara, bien entendu... De quoi refroidir tous les experts qui pronostiquaient que ce conflit historique serait progressivement aplani par un plus grand dynamisme des hommes d'affaires marocains et algériens.
Las, annoncée depuis 2010, la Banque maghrébine d'investissement et de commerce extérieur (BMICE) est toujours une coquille vide, tandis que chaque pays de la région (sauf la Libye) a un accord d'association ou de partenariat avec l'UE, se mettant d'office en concurrence avec ses voisins. C'est d'autant plus désolant que le Maghreb est l'une des rares zones de développement naturellement intégrées.
Il a la matière première (pétrole, gaz et phosphates), le capital humain et une expertise élevée dans des secteurs comme le tourisme, le textile, l'automobile et l'électronique. Sur dix ans, le Maghreb pourrait gagner de 25 à 30 points de PIB s'il se décidait enfin à ouvrir ses frontières. Dans le cas contraire, il prend le risque de rater son rendez-vous avec l'Histoire.

Source Jeune Afrique

Le Pèlerin

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 13:15

L’année 2014 a été extrêmement riche en événements pour l’Algérie. 

Rétrospective. Les grands événements politiques de 2014 en Algérie

TSA vous propose en cette fin d’année de revenir sur les événements politiques les plus marquants de l’année.
L’année 2014 a commencé par une série de violences à Ghardaïa. En janvier, les affrontements entre les communautés arabes et mozabites se sont multipliés.

La police a été particulièrement pointée du doigt, accusée de soutenir la communauté arabe. Le gouvernement a lancé plusieurs initiatives pour faire revenir le calme. Sans succès.
En février, l’interview de Amar Saâdani accordée à TSA fait l’effet d’une bombe. Dans cet entretien exclusif, le secrétaire général du FLN s’attaque ouvertement et directement au DRS et en particulier à son chef, le général Toufik. L’onde de choc causée par l’interview avait eu des répercussions sur l’ensemble du paysage politique algérien.
L’atmosphère du mois de mars a, quant à elle, été imprégnée d’incertitudes. Alors que les élections présidentielles approchent, les doutes sur la capacité du candidat Bouteflika à présider un quatrième mandat s’installe et persiste. Le mouvement citoyen Barakat (« ça suffit, » en arabe)naît en réponse à cette candidature. Ses actions de rue ont été réprimées par la police.
En avril, les élections présidentielles se déroulent dans le calme. Le président Bouteflika est réélu pour un quatrième mandat, malgré son absence sur le terrain. Abdelmalek Sellal prend le devant de la scène durant la campagne. La campagne d’Ali Benflis, qui effectuait son grand retour comme candidat aux présidentielles dix ans après celles de 2004, se solde une nouvelle fois par un échec.
Alors que le quatrième mandat ne fait que commencer, le président Bouteflika prend une décision majeure, en mai, en donnant son autorisation pour l’exploitation du gaz de schiste. Ce projet reste très controversé jusqu’aujourd’hui, en raison des dangers que cela causerait sur l’environnement et les ressources en eau.
En juin, la Coupe du monde de football au Brésil prend place et anesthésie le peuple algérien. Pendant tout le mois, la politique passe au second plan tandis que l’Algérie célèbre les exploits de son Équipe nationale.
Le mois de juillet est témoin du tragique crash du vol d’Air Algérie entre Ouagadougou et Alger. 116 personnes, dont 6 Algériens, y laissent la vie lorsque l’avion s’écrase au Mali.

En Algérie, le gouvernement s’agace de l’attitude de François Hollande qui « agit comme si l’Algérie n’existait pas. »
L’évènement politique le plus marquant du mois d’août 2014 est sans conteste le limogeage d’Abdelaziz Belkhadem de son poste de ministre d’État et conseiller spécial à la présidence de la République. L’ordre serait venu du président Bouteflika lui-même, qui ordonne aussi de mettre un terme à toutes les activités de Belkhadem en relation avec l’ensemble des structures de l’État. Comble de l’humiliation, le Président demande au secrétaire général du FLN de l’exclure de l’ancien parti unique.
En septembre, l’enlèvement puis l’assassinat d’Hervé Gourdel, un touriste français en visite en Kabylie, bouscule l’actualité. Le spectre de la Décennie noire réapparait. Les autorités algériennes, au pied du mur, mettent en place d’énormes moyens pour retrouver les meurtriers de Gourdel qui se réclament de Daech. Trois mois plus tard, Abdelmalek El Gouri, celui qui a égorgé Gourdel, est éliminé par l’armée algérienne.
Un événement inédit se déroule en octobre lorsque plusieurs milliers de policiers manifestent devant la présidence de la République à El Mouradia pour réclamer des hausses de salaire et le départ du DGSN Abdelghani Hamel. Le gouvernement répond positivement à l’essentiel des revendications socioprofessionnelles des protestataires, mais ne cède pas à la demande de départ de Hamel.
En réponse à la baisse soutenue du cours du pétrole depuis l’été, l’Opep organise une réunion cruciale en novembre pour trouver une solution. L’Algérie, dépendante d’un prix du baril élevé, est favorable à ce que le cartel baisse son plafond de production pour faire remonter le cours du pétrole. Une position qui n’est pas partagée par les pays du Golfe, l’Arabie Saoudite en tête. Ces derniers finissent par avoir gain de cause, aucune décision de baisse du plafond n’est prise lors de la réunion. L’absence de décision de l’Opep fait chavirer le cours du pétrole à son niveau le plus bas depuis cinq ans. La situation économique de l’Algérie se tend. Le pouvoir commence à montrer des signes d’inquiétude.
Enfin, en décembre l’Algérie connaît un épisode diplomatique exceptionnel lorsqu’Air Algérie se voit saisir un avion à Bruxelles. Condamnée par le tribunal international d’arbitrage, Air Algérie est dans l’obligation de payer 2 millions de dollars à l’entreprise K’AIR BV afin de pouvoir récupérer l’avion. Avec cet avion saisi, c’est un symbole fort de la souveraineté algérienne qui est bafoué. Les deux ambassadeurs algériens en Belgique et aux Pays-Bas sont rappelés, tandis que les ambassadeurs de Belgique et des Pays-Bas sont convoqués au ministère des Affaires étrangères. Air Algérie finit par rapatrier l’avion en Algérie après s’être acquittée de sa condamnation.
Une année 2014 riche en événements se clôt donc. Certains d’entre eux furent fascinants, d’autres dramatiques. En espérant que l’année 2015 soit elle aussi tout aussi riche en rebondissements.
Source TSA Yacine Babouche

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 15:05

L’Algérien Yacine Brahimi, buteur du FC Porto.

L'Algérien Yacine Brahimi élu meilleur joueur maghrébin de 2014

Les lecteurs du magazine "France Football" ont choisi le buteur algérien Yacine Brahimi pour succéder à son compatriote Islam Slimani au palmarès du Meilleur joueur maghrébin de l’année. Une consécration logique au vu de ses performances.

Étincelant avec son club du FC Porto, qu’il a rejoint l’été passé, l’Algérien Yacine Brahimi a été logiquement désigné Meilleur joueur maghrébin de l’année 2014 par les lecteurs de France Football. Avec 48 % des 120 000 votes enregistrés entre le vendredi 12 décembre et le mardi 30 décembre, il arrive largement en tête des suffrages.

Le vote, dont le résultat a été annoncé le 31 décembre, l'a consacré, devant le Marocain du Bayern Munich Mehdi Benatia et un autre Algérien évoluant au Portugal, Islam Slimani. L'attaquant du Sporting Portugal était d'ailleurs le tenant du titre.

Yacine Brahimi trône assez logiquement en tête de ce classement, puisqu’il s’est très rapidement imposé à Porto. Auteur de trois buts en 13 matches en SuperLiga, il a surtout été très efficace en Ligue des champions, en trouvant le chemin des filets à cinq reprises en six rencontres. Une performance qui le place au quatrième rang des meilleurs buteurs de cette édition, à égalité avec Cristiano Ronaldo, Edinson Cavani ou encore Sergio Aguero et Karim Benzema.

Le podium de ce classement 2014 de "France Football" : Yacine Brahimi (46 %), Mehdi Benatia (26 %) et Islam Slimani (11 %).

Source France 24

Le Pèlerin 

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 20:05

L'Algérie demande à l'OPEP de réduire sa production

Le Ministre algérien de l'Energie Youcef Yousfi arrive à une réunion de l'OPEP

Le Ministre algérien de l'Energie Youcef Yousfi arrive à une réunion de l'OPEP

Le ministre algérien de l'Energie a demandé à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, dont son pays est membre, de réduire sa production pour enrayer la chute des cours, dans des propos cités dimanche par l'agence APS.

«L’Opep doit intervenir pour corriger les déséquilibres en procédant à une coupe de sa production afin de faire remonter les prix et de défendre les revenus de ses pays membres», a déclaré Youcef Yousfi, dont le pays tire 95% de ses recettes extérieures de la vente de pétrole et de gaz.

L'Arabie Saoudite, chef de file du cartel, et d'autres gros producteurs avaient prévenu la semaine dernière que l'Opep ne réduirait pas sa production même si les prix du brut tombaient à 20 dollars le baril.

M. Yousfi a expliqué que l’Algérie ne partageait pas cette prise de position des principaux producteurs, qui craignent notamment qu'une réduction par l'Opep de sa production profite aux pays producteurs non membres du cartel.

Les cours du pétrole ont perdu plus de la moitié de leur valeur depuis la mi-juin, passant de 115 dollars le baril à 55 sous l'effet conjugué de l'abondance de l'offre, du renforcement du dollar et de la faiblesse de la demande dans un contexte de ralentissement de l'économie mondiale.

En Algérie, où la fiscalité pétrolière contribue pour 60% au budget de l'Etat, l'effondrement des cours du pétrole a contraint le gouvernement à adopter un premier train de mesures d'austérité, comme le gel du recrutement de fonctionnaires.

Selon M. Yousfi, les prix du pétrole pourraient évoluer entre 60 et 70 dollars en 2015 avec une possibilité d’augmenter durant le quatrième trimestre et d’atteindre les 80 dollars en 2016.

Source 20 minutes.fr / APS

Le Pèlerin

 

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 12:22

Algérie - La paix sociale résistera-t-elle aux coupes budgétaires ?

Chute des prix du pétrole en Algérie

Chute des prix du pétrole en Algérie

Le baril de pétrole a clôturé hier autour de 56 dollars, scellant une perte de valeur de près de 50% en six mois. Face à cette situation délicate, le gouvernement tente d’apporter des réponses rassurantes.
Le gouvernement envoie des signaux contradictoires. Au début du mois, Mohamed Djellab, ministre des Finances, se montrait confiant en «la politique économique prudente» menée par l’Algérie. Plus encore, il fanfaronnait que le pays «était doté de mécanismes à même de faire face à ce genre de situation». Ce «genre de situation», il ne s’agit de rien d’autre que du prix du baril de pétrole qui n’a de cesse de décroître, perdant pratiquement 50% de sa valeur en six mois, emportant de facto la moitié du budget de l’Etat. Abdelmalek Sellal, quant à lui, s’est montré plus grave, hier, quand il a décrété qu’était venu le temps de «la solidarité nationale».
En somme, terminées les dépenses faramineuses et les projets de grande ampleur «comme les chantiers de tramway et de travaux ferroviaires». Jusque-là, les mesures sont encore supportables, mais le Premier ministre n’était pas arrivé au terme de son allocution : «Pour 2015, les recrutements dans la Fonction publique, tous secteurs confondus, seront gelés ainsi que les salaires.» Choc. 88% de la population active algérienne sont fonctionnaires et cette annonce sonne le glas. Manel, 22 ans, fonctionnaire, trouve que «cette décision n’a aucun sens» et y voit «une manière de priver une offre de postes déjà réduite». Nedjma, étudiante, âgée de 20 ans, voit dans cette décision «les signes d’une crise». Et d’ajouter : «Il faut qu’il détaille les raisons de cet arrêt des recrutements. S’il n’y a plus de recrutement dans la Fonction publique, ça veut aussi dire que le risque de licenciement n’est pas écarté. Quid des nouveaux diplômés ?»
Paix sociale
L’inquiétude est latente, réelle et, surtout, elle est pour le moins justifiée, comme l’explique le sociologue Zoubir Arous, professeur à l’université d’Alger : «Cette décision a de quoi faire peur. Ce sont les universitaires, les diplômés et les jeunes du préemploi qui vont en payer le prix. C’est une mesure qui vise la catégorie de la population qui a le plus besoin d’un poste de travail stable.» En effet, si les Algériens sont aussi sensibles aux répercussions que peut avoir la chute du baril de pétrole, ce n’est pas seulement parce que cela peut avoir une incidence directe sur la vie quotidienne, mais surtout parce qu’elle va bouleverser des habitudes récemment acquises : «Pendant les quinze dernières années, l’Etat a habitué les Algériens à les satisfaire, sous forme d’assistanat au quotidien, par les biens de la rente pétrolière. Aujourd’hui, le pouvoir doit continuellement intervenir pour répondre à leurs besoins sociaux», analyse Noureddine Hakiki, sociologue.
Dès lors, le pouvoir se retrouve dans une position très délicate : il doit concilier le besoin immédiat «de s’atteler à la rationalisation des dépenses publiques» comme l’avance le président Bouteflika dans un communiqué publié à l’issue d’un Conseil des ministres restreint, mardi soir – qui semblait être le conseil de l’urgence – et la nécessité perpétuelle d’acheter la paix sociale, alors même que les grèves dans le secteur de l’éducation se font plus pressantes et que les chômeurs du sud du pays battent inlassablement le pavé.
Déficit
Un dilemme auquel le gouvernement a voulu répondre rapidement, avec ses recettes habituelles. Sellal a été clair : pas question de toucher aux sommes allouées aux transferts sociaux et aux grands programmes d’investissement publics qui sont «créateurs d’emplois et de richesses pour le pays», selon le communiqué de Bouteflika. En clair, programmes de crédits Ansej mais surtout de logements, comme l’AADL, ne devraient pas être suspendus. La loi de finances 2015 entérine d’ailleurs la poursuite du programme de logements LPP destinés aux classes moyennes supérieures. Pour ce faire, le gouvernement n’a d’autre choix que de puiser dans le Fonds de régulation des recettes (FRR) ainsi que dans les réserves de change.
En somme, remplacer les dollars de la manne pétrolière par le surplus de dollars issu de la même manne. Une solution de court terme qui, au demeurant, ne paraît pas satisfaisante, comme l’avance Mourad Goumiri, politologue : «Ce qui devait arriver arriva, une fois la confirmation de la baisse substantielle des prix du pétrole ! Pour ne pas toucher aux acquis, on va hypothéquer l’avenir.» Ainsi, les transferts sociaux devraient avoisiner les 500 milliards de dinars, auxquels s’ajoute une augmentation de 5,5% des dépenses de fonctionnement. Le coup fatal est une augmentation des importations de l’ordre de 6,2% par rapport à 2014. Des solutions d’urgence qui devraient entraîner un déficit public de 4100 milliards de dinars. Pour M. Goumiri, «les capacités et les compétences de ce gouvernement ou de ses prédécesseurs à juguler la crise» sont à remettre en cause.
Militaire
Le plan du gouvernement apparaît donc inadapté dans la recherche d’issues pérennes. Et les citoyens ne sont pas dupes, à l’image de Hicham, 25 ans, qui estime que «ce qui se passe n’est que le résultat d’une politique économique erronée. Tous les indicateurs faisaient part d’une crise prochaine». Et d’ajouter : «De lourdes décisions seront prises pour 2015.» Pourtant, l’Algérie n’est pas sclérosée, elle dispose d’atouts qui ne cherchent qu’à être exploités. Ainsi, Samir Boumoula, professeur d’économie à l’université de Béjaïa, juge que «plusieurs secteurs présentent toujours des atouts incontestables au regard des spécificités diverses de l’Algérie, de l’agriculture à l’industrie pétrochimique en passant par les activités agroalimentaires et de transformation du bois ou du cuir». Et de poursuivre : «Il faut essayer de redémarrer une stratégie industrielle avec des objectifs identifiés, une échéance planifiée, un personnel politique convaincu, des ingénieurs qualifiés et un personnel technique qualifié.»
Diversifier l’économie est la piste principale, elle permettrait de sortir de la dépendance endémique de l’économie algérienne vis-à-vis de sa rente pétrolière tout en créant de l’emploi. «Diversifier l’économie», une rengaine que le pouvoir entonne à chaque échéance électorale sans succès, que les observateurs appellent de leurs vœux depuis des décennies ; maintenant que l’option devient une nécessité absolue, nos dirigeants osent à peine la prononcer. A plus court terme, la «rationalisation des dépenses» que préconise le Président n’est pas vide de sens, seulement la loi de finances votée en novembre dernier ne semble pas en prendre le chemin. Manel pense qu’«au lieu d’annuler le recrutement durant toute une année, il aurait été plus judicieux de réduire les projets liés à la culture, au sport ainsi que ceux du ministère des moudjahidine qui engloutissent tous les budgets».
Rachid Tlemçani, pour sa part, fustige les dépenses militaires – en augmentation cette année encore – et qui représente un quart des dépenses de l’ensemble du continent africain : «Le budget militaire et sécuritaire pour l’année 2015 s’élève à 21 milliards de dollars, soit plus de 30% du budget global. Un gouvernement rationnel réduirait le budget militaire au lieu de s’attaquer aux budgets qui auraient un impact direct sur la vie des citoyens. Le budget militaire est toujours perçu comme un tabou auquel on ne touche pas.» Finalement, dos au mur, le régime n’a d’autre choix que d’enfin se montrer novateur dans ses réponses, rompant ainsi radicalement avec sa logique rentière.

Source El Watan

Sofia Ouahib et Ryma Maria Benyakoub et Mahfoud Medjani

Le Pèlerin

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 11:36

Le 200ème ATR-600 a été livré à Air Algérie

Airbus / ATR et l’Algérie

Le 200ème ATR-600 a été livré à Air Algérie. Le groupe a commenté : "Cette livraison marque le début d'un nouveau chapitre exaltant pour Air Algérie, avec la modernisation de sa flotte et l'extension de ses opérations. Grâce à l'ATR 72-600, qui se caractérise à la fois par une grande souplesse sur les liaisons régionales, une sécurité élevée et un rendement énergétique imbattable, la compagnie aérienne pourra proposer à ses passagers de nouvelles destinations dans des conditions de confort incomparables".

Le premier des trois ATR 72-600 commandés en début d'année s'ajoutera aux 12 ATR 72-500 actuellement exploités par la compagnie aérienne. Les livraisons se poursuivront jusqu'en juin 2016.

 "Le développement de la flotte d'Air Algérie s'inscrit dans la politique d'expansion de notre réseau. Il témoigne de notre volonté de soutenir la dynamique de développement du transport aérien de notre pays en tenant compte de la stratégie de croissance de notre compagnie", a expliqué M. Boultif, PDG d'Air Algérie. "Les ATR 72-500 utilisés par Air Algérie se sont montrés extrêmement performants et nos passagers les apprécient beaucoup. Nous avons hâte de développer nos opérations régionales avec la nouvelle génération d'ATR 72-600."

"Ce premier ATR 72-600 destiné à Air Algérie est le 200ème ATR-600 construit par ATR. Ce double jalon constitue une étape importante dans nos relations avec Air Algérie, qui compte parmi les compagnies aériennes à forte croissance de la région ", dit Patrick de Castelbajac, Président Exécutif d'ATR. " Nous sommes convaincus que l'ATR 72-600, qui est un appareil fiable et éprouvé alliant des coûts d'exploitation particulièrement bas et un niveau exceptionnel de confort des passagers, jouera un rôle majeur dans la croissance d'Air Algérie."

Air Algérie, qui exploite des appareils ATR depuis 2003, est aujourd'hui l'un des plus anciens clients d'ATR en Afrique et au Moyen-Orient.

Aujourd'hui, le transporteur est le dernier opérateur de la région à rejoindre un groupe de compagnies aériennes faisant confiance à la nouvelle génération d'ATR-600.

Source Boursier.com Claude Leguilloux 

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 13:45

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika aurait été admis à l'hôpital du Val-de-Grâce.  

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, a été hospitalisé ce mardi à Paris, ont annoncé le journal algérien El Watan et le site Maghreb Confidentiel.

Le chef d'Etat aurait été admis à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. Son avion médical aurait atterri ce matin à l’aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis).

Le mois dernier, c'est à Grenoble que le président algérien s'était fait soigner pendant trois jours.
Abdelaziz Bouteflika avait déjà été accueilli en début d'année dans cette institution pour une visite médicale. Il a entre temps été réélu pour un quatrième mandat.

Source Le Parisien.fr

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 10:27

L’économie «droguée» à l’import

L’Algérie face à l’inquiétante baisse du prix du pétrole

Le pouvoir politique ne le dit pas et surtout ne le montre pas : la santé du chef de l’Etat en inquiète plus d’un. La chute du prix du baril à moins de 70 dollars est un autre motif d’inquiétude dans un contexte de montée des tensions extérieures et des protestations sociales, ainsi que d’impasse politique. 
Les finances du pays vont bientôt être dans le rouge. Le prix du baril de pétrole a lourdement chuté, passant de 105,87 dollars en 2013 à 68, 89 dollars, soit une baisse de près de 40 dollars, son niveau le plus bas depuis quatre ans. Et il risque de chuter encore. L’Arabie Saoudite, qui s’oppose à toute baisse de la production pétrolière pour faire remonter les prix, peut supporter une baisse du prix du baril jusqu'à moins de 70 dollars, même si cela se traduisait par une diminution importante de ses recettes. Pour l’heure, cette baisse des prix a fait au moins une heureuse, la patronne du FMI, Christine Lagarde, qui l’a qualifiée de «bonne nouvelle pour l’économie mondiale». 
Deux raisons sont avancées pour expliquer le refus saoudien d’accepter une baisse de la production pétrolière malgré l’insistance du Venezuela et de l’Iran.

Fort de ses réserves de change, Riyad, nous explique-t-on, serait engagé dans une guerre des prix contre le pétrole de schiste américain dont les coûts d’exploitation et de production sont très coûteux et nécessitent donc de lourds investissements.
En maintenant donc sa production au niveau actuel dans un contexte de surabondance de l’offre, l’Opep, sous la pression des Saoudiens et de leurs alliés du Golfe, escompte freiner l’essor de l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste aux Etats-Unis. 
Cet argument d’une guerre des prix déclarée par l’Arabie Saoudite contre son allié et protecteur américain ne tient pas la route : Riyad ne fait rien sans l’aval de Washington. Par conséquent, et c’est la deuxième raison, ce ne sont pas les Etats-Unis qui sont visés par l’Arabie Saoudite, mais la Russie, dont le financement de l’économie est assuré essentiellement par les exportations pétrolières et surtout gazières : il ne faut pas oublier que le prix du gaz est indexé sur celui du pétrole. L’objectif des Saoudiens, de connivence avec leurs maîtres américains, vise à affaiblir la Russie, à la faire plier, et partant, à punir le Venezuela et l’Iran, deux pays qui ne sont pas en odeur de sainteté à la Maison- Blanche. Le fait que la Russie ne cache pas son opposition à un ordre mondial dirigé sans partage par les Etats-Unis et leurs alliés comme elle l’a montré d’abord sur la question du radar antimissile US qui devait être installé à ses frontières, dans la crise ukrainienne ou encore sur le conflit syrien où elle oppose son droit de veto au Conseil de sécurité, à toute résolution préconisant une intervention armée en Syrie comme ce fut le cas pour la Libye, ne plaît pas forcément aux Occidentaux. Qui plus est, les Etats-Unis, en crise, regardent avec inquiétude l’initiative des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) de créer une Banque de développement pour faire pièce au FMI et à la Banque mondiale, et d’utiliser leurs monnaies nationales à la place du dollar dans leurs transactions commerciales. 
Ajoutée aux sanctions européennes et américaines — le rouble s’est effondré et Moscou a dû annuler son projet de gazoduc évitant l’Ukraine —, la baisse du prix du baril et du gaz qui va suivre met à mal l’économie russe. Reste que cette politique impérialiste, il n’y a pas d’autre mot pour la qualifier, visant à humilier une grande nation comme la Russie, et ce, quoi qu’on pense de la politique autoritaire de Vladimir Poutine, est dangereuse pour la paix mondiale. 
L’Algérie piégée par une guerre des prix dont l’enjeu la dépasse
Dans cette affaire, l’Algérie est victime d’une guerre économico-stratégique, dont l’enjeu la dépasse, conduite par le «frère» saoudien au profit des intérêts stratégiques américains. Elle est de fait piégée. Les conséquences de cette guerre des prix risquent d’être catastrophiques à terme.
La situation sera financièrement et socialement intenable parce que depuis 1999, à coups de milliards de dollars d’importations, le pouvoir a créé un niveau de vie artificiel, sans contrepartie productive, sans rapport avec le niveau de l’économie réel. En 15 ans, les 700 milliards de dollars générés par le pétrole et le gaz n’ont pas été utilisés pour préparer l’après-pétrole. 
Pour 2014, les dépenses projetées se situent autour de 112 milliards de dollars et les recettes escomptées, selon une hypothèse optimiste, autour de 60 milliards de dollars. Pour atteindre l’équilibre budgétaire – pour que les recettes soient égales aux dépenses —, il faudrait que le prix du baril soit égal ou supérieur à 120 dollars ! 
Dans l’immédiat, il faudra parer au plus pressé : puiser dans les réserves de change (pour l’heure elles se situeraient autour de 190 milliards de dollars) pour financer ce déficit. Comme une remontée du prix du baril n’est pas pour demain, au rythme des dépenses actuelles (si elles sont maintenues), les réserves de change risquent de s’épuiser dans moins de trois ans. 
Malgré la gravité de cette situation, le gouvernement fait montre d’un incroyable optimisme, alors que la poursuite de la baisse du baril appelle des mesures d’urgence. Mardi, le ministre des Finances, Mohamed Djellab, a affirmé que «l’économie algérienne ne ressentira pas, à court et moyen terme, les répercussions de cette baisse des prix du pétrole» ! Et que «l’Algérie est préparée à résister au choc pétrolier». On veut bien le croire. Le Venezuela, qui dispose, selon le Figaro économie, des plus importantes réserves de pétrole prouvées au monde (autour de 300 milliards de barils et 1/5e des réserves mondiales), est en train de revoir son budget 2014-2015 à la baisse. Pas l’Algérie. 
Le tout-pétrole et une absence de vision qui se paie cher
En attendant, au lieu de prendre des mesures afin de rompre avec cette économie «droguée à l’import» (dixit Alexandre Kateb à Maghreb Emergent), revoir à la baisse certains projets de prestige (non utiles économiquement) comme la grande mosquée (deux milliards de dollars sinon plus) alors que la Casbah s’écroule devant nos yeux, les autorités préfèrent botter en touche, et faire croire aux Algériens qu’il n’y a pas le feu à la maison. 
Mieux, des experts proches du pouvoir en rajoutent et parient sur une reprise (incertaine) de la croissance mondiale qui permettrait une remontée des prix du baril quand ils ne reprennent pas à leur compte la fable d’une nouvelle croissance basée sur l’exploitation, pourtant très coûteuse et dommageable pour l’environnement, du gaz de schiste. 
Alexandre Kateb, cité plus haut, a constaté que les dirigeants algériens manquaient de vision. Pas seulement malheureusement. Le tout-pétrole, marque de fabrique du régime depuis 1999, a en partie servi à faire plaisir aux Etats-Unis dans la perspective d’un mandat présidentiel à répétition pour Abdelaziz Bouteflika. Dans le Washington Times du 22 novembre 2002, le chef de l’Etat ne déclarait-il pas que «l’Algérie ambitionne de devenir le premier producteur africain et ainsi assurer aux Etats-Unis la sécurité énergétique supplémentaire dont ils ont besoin» ? Aujourd’hui, l’Algérie en paie le prix. 
Pour conclure, ne nous voilons pas la face. La maladie du chef de l’Etat, son incapacité à diriger le pays — depuis le 26 août, si je ne m’abuse, le gouvernement ne s’est pas réuni — ne sont pas pour rassurer : en raison de son état de santé, les institutions sont paralysées ou fonctionnent au ralenti. Le pays est de fait dans une impasse politique porteuse de risques. Ce qui de fait empêche l’Algérie, confrontée à un risque financier majeur avec en toile de fond une montée en puissance du mécontentement social, de réagir avec célérité à la gravité de la situation à venir. 
Source Le Soir d’Algérie Hassane Zerrouky

Le Pèlerin

Le Sud - Nino Ferrer

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 18:49

Visite fructueuse du Premier ministre algérien à Paris 

Le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal accueilli par François Hollande

Le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal accueilli par François Hollande

La visite du Premier ministre algérien à Paris intervient trois semaines après l'inauguration d'une usine Renault à Oran. Mais contrairement aux idées reçues, la France a bien plus besoin de l'Algérie que l'inverse.

Dans le jargon diplomatique, cela s'appelle une lune de miel. Jamais l'affichage politique des bonnes relations entre la France et l'Algérie n'a été aussi soutenu. Trois semaines après l'inauguration en grande pompe d'uneusine de montage Renault à Oran, en présence du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et du ministre de l'Economie Emmanuel Macron, c'est au tour du

et Manuel Valls jeudi, il s'entretient vendredi avec le président du Medef, Pierre Gattaz.

Déjà en mai et en juin dernier, quelques semaines à peine après la réélection d'Abdelaziz Bouteflika, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian s'étaient rendus en Algérie et avaient loué la bonne tenue de la coopération entre les deux pays. François Hollande avait, lui-même, montré le chemin à suivre, en se rendant en Algérie en 2012 pour sa première visite d'Etat en tant que président. Après des années de relations extrêmement tendues, Alger et Paris reconnaissent désormais qu'ils ont besoin l'un de l'autre. Ou plutôt, que la France a de plus en plus besoin de l'Algérie. Et ce, pour plusieurs raisons.

1. L'Algérie, incontournable dans la lutte antiterroriste

C'est la menace djihadiste dans le Sahel qui est a l'origine d'un changement de donne dans les relations franco-algériennes : la vigueur de la coopération militaire est, depuis plus d'un an, inédite. D'habitude si prompt à se ranger derrière son sacro-saint principe de non-ingérence, l'Algérie ne se croise plus les bras devant la menace terroriste au Sahel.

Préoccupé par les événements à sa frontière libyenne (l'Algérie a en tout 6.000 kilomètres sur 6 frontières désertiques), par la reprise des hostilités dans le Nord-Mali, par plusieurs attaques terroristes sur son sol (attentats de In-Amenas, enlèvements de diplomates algérien par le Mujao), le pouvoir algérien s'est montré plus attentif aux demandes répétées de la France de la voir utiliser son poids stratégique dans la région.

Puissance militaire largement reconnue et louée, forte d'une armée de 300.000 soldats, qui connait le terrorisme pour l'avoir douloureusement vécu sur son sol dans les années 1990, l'Algérie est devenu un maillon incontournable dans le processus d'éradication des groupes djihadistes de la région, objectif militaire de l'opération française Barkhane.

Alger s'est décidé à renforcer ses moyens militaires dans le grand sud. "L'Algérie a décidé de mieux contrôler sa frontière afin que les terroristes ne s'approvisionnent plus en carburant depuis le territoire algérien", explique Naoufel Brahimi El Mili, professeur à Sciences-po Paris. Ravitaillement, échange d'information :

La France a besoin de l'Algérie pour s'en servir comme relais logistique militaire."

Pourquoi la France a besoin de l'Algérie

2. Un rôle de médiateur avec les Touaregs maliens

Il y a un autre domaine dans lequel la France attend beaucoup de l'Algérie, malgré un jeu trouble qui parfois déstabilise les diplomates français : les négociations de paix entre les populations touarègues du nord du Mali et Bamako. L'Algérie est le médiateur classique, traditionnel entre les Touaregs et le pouvoir malien. C'est à Tamanrasset et à Alger qu'on a essayé de régler les précédents conflits, en 1991 et en 2006.

A la suite de l'insurrection touareg de 2012, l'Algérie a tenté jusqu'à la dernière minute de favoriser le rapprochement entre les différents touaregs maliens, laïcs et islamistes, mais la dénonciation de l'accord signé à Alger par le groupe Ansar-Dine (un des groupes djihadistes présent dans le nord du Mali) en 2013 l'a mise à l'écart. Au moment du déclenchement de l'offensive du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad) et de leur alliance avec les groupes islamistes, l'Algérie a été évincée des négociations et a laissé la place, malgré elle, au Burkina Faso et plus largement à la Cédéao. Dorénavant, Alger a repris contacts, sans succès pour le moment. Mais la France mise sur sa capacité de médiation.

3. Un marché économique porteur

Dans une Europe en crise, la France a besoin de marchés porteurs, et l'Algérie en fait partie. Détrôné par la Chine, Paris aimerait retrouver sa place de premier fournisseur d'un pays qui a un potentiel économique énorme. Entre 2010 et 2013, 230 milliards de dollars ont été dépensés pour construire des logements, des routes, des voies ferrées, des hôpitaux... Bouygues, Accor, Lafarge, Renault, Sanofi, Alstom, toutes les grandes entreprises françaises veulent désormais en être, après s'est frottées pendant des années à la rudesse d'une économie algérienne largement administrée par un Etat refroidissant plus d'une ambition.

Une centaine d'investissements français d'un montant global de plus de 2 milliards d'euros ont été réalisés en Algérie durant les dix dernières années, selon le Directeur général  de l'Agence nationale de développement de l'investissement (ANDI), Abdelkrim  Mansouri.  

Par ailleurs, la France pousse l'Algérie à développer le gaz de schiste en lui marchandant son savoir-faire dans le travail de prospection, "faisant ainsi baisser par la même occasion le prix du pétrole et du gaz, plus rentable pour la France", souligne Naoufel Brahimi El Mili avant d'ajouter, railleur : "En échange, la France prend médicalement en charge les dirigeants algériens prêts à payer cher pour se faire soigner dans les cliniques françaises."

Cependant, dans cette relation, l'Algérie est également en demande en raison de l'urgence de diversifier son économie, encore beaucoup trop dépendante des ses matières premières. 

Bien sûr, la relation franco-algérienne n'est pas qu'à sens-unique, mais pour Naoufel Brahimi El Mili, "'l'Algérie n'aura besoin de la France que lorsqu'elle commencera à devenir moins riche. Avec ses ressources pétrolières, l'Algérie s'est vautrée dans un discours de vanité. Mais cela risque d'être de moins en moins vrai en raison du tarissement de ses matières premières". 

Source Le Nouvel Observateur Sarah Diffalah

Le Pèlerin

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 17:10

Algérie -Le tueur du temps a encore frappé

L’Algérie au lendemain des élections tunisiennes

« Vous allez le ramener et vous n'allez plus pouvoir vous en débarrasser». Extrait d'une conversation légendaire entre «Décideurs» premiers mois de 1999. A l'époque où les «décideurs» n'étaient pas de vieux malades inquiets et lassés comme des vétérans, assis, éparpillés et réduits en pleureuses sur les années 90. Donc, aujourd'hui, Bouteflika est là. Et demain. Et après-demain. Dans le long feuilleton de «comment survivre à une menace de printemps ?», on a le dernier épisode de «révision prochaine de la Constitution» sous mode de futur indéfini. Une sorte d'os jeté dans la cour pour répondre aux insistances externes et à celles de l'opposition pour organiser une présidentielle anticipée. C'est que l'homme est rusé, dur à la négociation, résistant et ne cède sur rien, même avec un seul orteil vivant. Il va gagner du temps. Encore. 
Ceci pour l'os de la semaine. Sinon la monarchie va bien, chacun s'y occupe un peu de son fief dans le royaume: le DGSN vient de réaliser une purge chez les policiers mutins. Le patron du FCE/RADP a réussi son Conseil des ministres de son gouvernement dans son pays parmi ses chantiers. Le kabuki défend son seigneur en se faisant menaçant contre les enquêteurs de l'Union européenne venus comprendre comment fonctionne un pays voisin sans président. 
…Ceci pour la chronique politique. 
Pour la chronique sociale, le pays s'islamise lentement. Debout dans la ruelle de son village, sous le mur d'une école primaire, le chroniqueur a fini par ramasser dans l'oreille quelques phrases d'une enseignante qui criait dans la salle proche: «Celui qui ne prie pas ira où ?» Les écoliers répondant en chœur: «En enfer, le feu, maîtresse». C'est ainsi. Entre Chourouk, Ennahar, imams, fatwa, Chemsou le clown et les satellites d'Arabie, le pays, si beau quand on l'attendait depuis mille ans, s'enfonce dans une sorte de moyen-âge. On le sait tous et on le répète en vain. Mais ce que le chroniqueur ne comprend pas, c'est l'indifférence du régime à ce phénomène: il en va bien de son avenir à lui quand même ? De ses robinets ? Car il faut bien un pays quand même quand on veut être un régime ? C'est alimentaire. Comment reste-t-on, du point de vue de la stratégie de domination, insensible à ce siphonnage de la nation par un califat rampant ? 
Colère. Envie de faire irruption dans cette école, de fermer sa bouche à cette enseignante et de libérer ces enfants que l'on destine à la protestation au lieu de la gloire et de la conquête et de les sauver de la cendre. 
Mais n'est pas Kemal Atatürk qui veut. Il faut un courage immense désormais, un maquis, une action directe pour sauver les enfants à venir. Mais même là, ce n'est pas toujours gagné, la Turquie, si grande quand elle était libre, s'enfonce elle aussi dans le califat, son dictateur vient de définir la place des femmes: utérus et pondaison. Avec interdiction de rire en public. 
Que regarder alors pour se changer les idées ? La Tunisie, là au moins on a le début d'un rêve: on y voit le recul des islamistes, des présidentielles saines, des candidats vivants et mobiles, du choeur et du cœur, des joutes et des élections. De la science-fiction pour nous autres.
Source Le Quotidien d'Oran Kamel Daoud

Le Pèlerin

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