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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 21:52

Un peu d’histoire pour enrichir votre culture mais tout son sel se trouve au delà du milieu

Louis XIV

Louis XIV

Elisabeth II

Elisabeth II

Tout commence en janvier 1686, où Louis XIV tombe subitement malade.
Il semble qu'il se soit piqué en s'asseyant sur une plume des coussins qui garnissaient son carrosse déclenchant un abcès à l'anus, qu'il aurait fallu immédiatement inciser pour éviter que la blessure ne s'infecte. Mais les médecins du roi, épouvantés à l'idée de porter la main sur le fondement de la monarchie, optèrent pour des médecines douces, type onguents. Ces méthodes ne donnèrent aucun résultat.
Tout cela dura près de 4 mois et les douleurs royales ne cessaient pas !
Brusquement, vers le 15 mai, les chirurgiens, verts de peur, soupçonnèrent l'existence d'une fistule. Ce fut l'affolement général. Finalement, le 1er chirurgien Félix de Tassy (appelé simplement FELIX) décide d'inciser et "invente" un petit couteau spécial, véritable pièce d'orfèvrerie dont la lame était recouverte d'une chape d'argent.
Mais il fallut encore 5 mois pour fabriquer ce petit bijou..
Il faudra encore 2 autres incisions (la plaie ayant du mal à se refermer pour cicatriser) pour qu'enfin à la Noël 1686, on puisse déclarer que le roi était définitivement sorti d'affaire..et mettre fin aux rumeurs qui, à l'étranger, se propageaient disant que Louis XIV était à l'agonie.
Dès l'heureuse issue de l'intervention connue, des prières furent dites dans le royaume et les dames de Saint Cyr (création de Mme deMaintenon devenue épouse morganatique) décidèrent de composer un cantique pour célébrer la guérison du roi.
La supérieure, Mme de Brinon (nièce de Mme de Maintenon) écrivit alors quelques vers assez anodins qu'elle donna à mettre en musique à Jean-Baptiste Lully :

Grand Dieu sauve le roi !
Longs jours à notre roi !
Vive le roi . A lui victoire,
Bonheur et gloire !
Qu'il ait un règne heureux
Et l'appui des cieux !

Les demoiselles de Saint Cyr prirent l'habitude de chanter ce petit cantique de circonstance chaque fois que le roi venait visiter leur école.
C'est ainsi qu'un jour de 1714, le compositeur Georg Friedrich Haendel, de passage à Versailles, entendit ce cantique qu'il trouva si beau qu' il en nota aussitôt les paroles et la musique. Après quoi, il se rendit à Londres où il demanda à un clergyman nommé Carrey de lui traduire le petit couplet de Mme de Brinon.
Le brave prêtre s'exécuta sur le champ et écrivit ces paroles qui allaient faire le tour du monde :

God save our gracious King,
Long life our noble King,
God save the King!
Send him victorious
Happy and glorious
Long to reign over us,
God save the King !

Haendel remercia et alla immédiatement à la cour où il offrit au roi - comme étant son œuvre - le cantique des demoiselles de Saint Cyr.
Très flatté, George 1er félicita le compositeur et déclara que, dorénavant, le "God save the King" serait exécuté lors des cérémonies officielles.
Et c'est ainsi que cet hymne, qui nous paraît profondément britannique, est né de la collaboration :
- d'une Française (Mme de Brinon),
- d'un Italien (Jean-Baptiste Lully -ou Lulli-) naturalisé français,
- d'un Anglais (Carrey),
- d'un Allemand (Georg Friedrich Händel -ou Haendel-) naturalisé britannique, et .....
- d'un trou du cul Français, celui de sa Majesté Louis XIV.
Un hymne européen, en fait !
Si Louis XIV ne s'était pas mis, par mégarde, une plume dans le « derrière », quel serait aujourd'hui l'hymne britannique ?...

Pourrez-vous désormais écouter "God save the Queen" sans penser à cette petite plume !!!!!

Le Pèlerin

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 11:18

Buzz planétaire : la chanson « Ave Maria Salam Shalom » est partie de Toulouse et du Lot

Culture - Ave Maria Salam Shalom

Avec 1,4 millions de vues, la chanson « Ave Maria Salam Shalom » fait le buzz sur internet depuis le mois de juillet. Un phénomène qui est parti de Toulouse et du Lot.

Buzz planétaire

Le clip musical « Ave Maria Salam Shalom » est une chanson sur la tolérance et la paix entre les hommes.

Elle est interprétée par 3 artistes de confessions différentes : Yuliana, une chanteuse Russe, Rodjo (un rappeur israëlite) et VStech (un rappeur de confession musulmane). Rencontrés sur Internet, ils se sont associés pour véhiculer un message de paix. Chaque morceau a été enregistré et filmé chacun dans leur pays (Paris, Moscou et Tel Aviv). Une initiative plein d’espoir malgré une réalisation légèrement amateur. 

La vidéo totalise aujourd’hui plus de 1,4 millions de vues sur Facebook. Des centaines de milliers de clic sur YouTube sans compter les nombreuses reprises sur Internet.

Écrite au lendemain des tueries de Toulouse et Montauban par Merah

Au départ, la chanson a été écrite par le compositeur Mario Santangeli au moment des attentats de mars 2012, commis par Mohamed Merah à Toulouse et Montauban. La chanson avait ainsi diffusée sur Europe 1 dans l’émission « Samedi Roumanoff ». Après les événements de Charlie Hebdo, le message « Ave Maria Salam Shalom » reste d’actualité. 

Mise en ligne à Castelnau-Montratier dans le Lot

Mario Santangeli a également co-produit cette nouvelle version. Son objectif était de la présenter à des producteurs. Mais « ils l’ont refusé » nous raconte son ami lotois Jérôme Garrigues. Ce dernier lui propose alors de la mettre en ligne sur Internet. Webmaster en free lance entre Castelnau-Monrtratier et Paris, Jérôme Garrigues poste le clip le 8 juillet sur Facebook et YouTube. Le succès est aussitôt au rendez-vous.

Le Pèlerin

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 14:05

L’énigme des trous noirs expliquée au commun des Mortels

Les trous noirs pour les nuls

Bonjour,

On parle souvent de "trous noirs", ce truc étrange dans l'espace mais de toute évidence son emploi dans la culture populaire est différent de ce qu'il pourrait être en réalité.

Cet article veut expliquer très simplement (et en vulgarisant un peu) à n'importe qui ce qu'est un trou noir, de façon à ce que vous puissiez comprendre quand est-ce que les gens disent n'importe quoi.

Une mini-anecdote préalable à cette histoire. Dans "Indépendance Day", une invasion alien est repoussée par un virus informatique qui infecte son système. Plus ridicule encore, l'idée du virus vient au scientifique-héros de l'histoire quand il s'aperçoit qu'un autre personnage a chopé un rhume.

Aujourd'hui, aucun scénariste n'oserait présenter cet enchaînement d'histoire (sauf pour faire rire) parce que "tout le monde sait" qu'un virus informatique et un virus biologique sont deux choses différentes et que vu que Apple et Android (ou Xbox et Playstation) sont déjà pas compatibles, on a du mal à imaginer un virus conçu par un humain compatible avec une "informatique" extraterrestre.
Et bien dans le dernier Superman - Man of Steel, il y a une scène pseudo-scientifique assez hallucinante où le héros dit "on a qu'à faire fusionner les deux réacteurs phantom..." et le scientifique-héros répond d'un ton rêveur, avec un soupçon d'évidence : "et nous créerons un trou noir !"
Qu'est-ce qu'un trou noir ?
Pour comprendre dans son intimité ce type de phénomène, il faut admettre deux choses :
a) Rien dans l'univers ne peut aller plus vite que la vitesse de la lumière (rien, ok ?)
et

b) Les masses s'attirent entre elles (c'est la gravité).
Donc, vous savez que vous êtes attiré par la terre, c'est pour cela que les pommes tombent vers le sol.

Ce que vous avez peut-être constaté, c'est que sur la lune, les pommes tombent aussi, mais moins fort. Les astronautes font des bonds de géant (dit "lunaires") car l'attraction de la lune est moins forte que sur la terre.

C'est parce que la lune est plus petite.

Elle pourrait être moins dense aussi.

Inversement, si vous allez sur une planète plus grosse ou plus dense, vous allez être écrasés au sol par la gravitation, comme si vous étiez dans un grand huit en permanence.

On peut imaginer des planètes de plus en plus grosses ou de plus en plus denses qui donc plaquent sur le sol de façon de plus en plus forte ce qui est dessus.

Il est difficile d'y respirer...et d'en partir !

Pour échapper à la gravitation terrestre, il faut "voler" à une vitesse minimum (de 11 km/s). Ce qui est intéressant, c'est que vous pouvez voler dans toutes les directions, à 11km/s vous êtes sûr d'arriver à un moment loin dans l'espace.  C'est la vitesse de libération.

Bref. Cette vitesse minimum, celle des fusées qui permettent d'envoyer des sondes, est plus importante si la planète est plus grosse.

La vitesse nécessaire pour s'en échapper soit supérieure à celle de la vitesse de lumière.Or, Cela veut dire que vous serez prisonnier de cet endroit.

Vous ne pourrez pas vous en échapper.

Pas même la lumière. C'est pour cela que tout est noir dedans et autour de cette chose, que l'on appelle un trou noir, mais ce n'est pas un trou, il y a bien quelque chose en dur, comme une planète noire (peut-être qu'elle a une autre couleur, personne ne sait ce qu'il y a au travers du voile noir), dedans.

Et ainsi le trou noir "avale" et plaque sur son "sol" toute chose qui traîne à coté. Inutile de dire que si vous créez un trou noir près de la terre, on en a pas pour longtemps...

De même, les trous noirs, vu qu'ils ne sont pas des trous, ne sont pas ces fameux trous de la SF dans lesquels les vaisseaux peuvent plonger pour ré-émerger de l'autre coté de la galaxie, dans d'hypothétiques "trous blancs" donc l'existence est totalement théorique.

Je reviendrais prochainement sur la nature des trous noirs et notamment le fait qu'on peut voir cette "planète" comme un "trou" dans l'espace-temps. A proximité du trou noir le temps effectivement s'allonge et c'est un voyage qui devient éternel selon le point de vue.

Pour ceux qui veulent creuser le sujet, en fait créer un trou noir à partir d'une explosion massive comme le font les héros dans le film Man of Steel n'est pas impossible théoriquement. En effet, il suffit de concentrer une certaine masse dans un endroit précis pour créer un phénomène de trou noir, mais comme il existe une équivalence masse énergie (E=mc²) il suffit aussi de concentrer l'équivalent en énergie pour créer un trou noir d'énergie pure, appelé ainsi KugelBlitz. Nous ignorons aujourd'hui si les Kugelblitz existent réellement car rien ne permet de distinguer l'origine d'un trou noir en l'observant.

Publié par FibreTigre

Le Pèlerin

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 13:08

L'écrivain algérien Boualem Sansal imagine l’islamisme au pouvoir en 2084

Boualem Sansal, chez lui à Boumerdès, en Algérie

Boualem Sansal, chez lui à Boumerdès, en Algérie

Le nouveau roman de Boualem Sansal, "2084" sort jeudi dans les librairies françaises. L’écrivain algérien y dépeint un monde dans lequel une mondialisation excessive a conduit l'islamisme au pouvoir.

Inspiré de "1984", le chef d'œuvre de George Orwell, le nouveau roman de Boualem Sansal, "2084", sort le jeudi 20 août en librairie. Il y décrit un pays, l'Abistan, soumis à la cruelle loi d'un Dieu qu'on prie neuf fois par jour et où les principales activités sont d'interminables pèlerinages et le spectacle de châtiments publics.

Selon l'écrivain de 66 ans qui réside dans la petite ville côtière de Boumerdès, à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Alger, "les trois totalitarismes imaginés par Orwell [l'Océania, l'Eurasia et l'Estasia] se confondent aujourd'hui dans un seul système totalitaire qu'on peut appeler la mondialisation". "Nous sommes gouvernés par Wall Street", résume Boualem Sansal.

Mais "ce système totalitaire qui a écrasé toutes les cultures sur son chemin a rencontré quelque chose de totalement inattendu : la résurrection de l'islam", analyse l'écrivain qui se dit "non croyant".

Source France 24

Le Pèlerin

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 16:45

La France, invitée d'honneur du 20e salon du livre d'Alger

La Culture en Algérie

Le Salon international du livre d'Alger (Sila) a ouvert ses portes, mercredi, pour la 20e année. Plus de 900 maisons d'édition, dont 290 algériennes, participent à ce rendez-vous littéraire qui met cette année la France à l’honneur.

Le Salon international du livre d'Alger (Sila) s'est ouvert, aux professionnels, mercredi 28 octobre, en présence du Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, et de la ministre de la Culture et de la Communication française, Fleur Pellerin. La France est l'invitée d’honneur de cette 20e édition du salon littéraire, où une centaine d’écrivains français ont fait spécialement le déplacement, mais où certains auteurs algériens, comme Boualem Sansal, n'ont pas été invités.

"Je suis ravie d’être présente avec une délégation importante d’auteurs et d’éditeurs français de très bon niveau, peut-être même quelques prix Goncourt ! En tous cas des candidats sérieux…C’est un beau moment dans l’amitié franco-algérienne", confie Fleur Pellerin au micro de France 24.

Lors de la conférence de presse inaugurale, le commissaire du Sila, Hamidou Messaoudi, a estimé pour sa part que le choix de la France était "motivé par les bonnes relations culturelles entre les deux pays", rappelant que l'Algérie avait été invitée d'honneur en France pendant toute l'année 2013. Seront présents 910 maisons d'édition de 53 pays, dont 290 algériennes.

>> À lire sur France 24 : "'Meursault, contre-enquête', une variation camusienne"
La priorité du Sila reste néanmoins la littérature arabe et africaine, mise en avant parmi les près de 30 000 ouvrages présentés, allant de la littérature scientifique et universitaire aux livres pour enfants ou la poésie.

"Réserves" ou censure? 

Parmi ces titres, 106 livres ont néanmoins été interdits. Pour le directeur du Sila, Mohamed Iguer, il ne s’agit cependant pas "de censure". "Il y a des titres sur lesquels on émet des réserves, comme ceux qui font l’apologie de l’islamisme et de l’intégrisme ou ceux qui portent atteinte à l’unité nationale", a-t-il expliqué le 28 octobre sur la radio algérienne francophone Chaîne III.

>> À lire sur France 24 : "Un roman sur l’addiction sexuelle féminine récompensé au Maroc"

C’est une commission de lecture, composée de représentants des ministères de la Culture, de l’Intérieur, de la Défense et de l’Éducation nationale, qui valide les ouvrages. "Ce sont des personnes compétentes, qui sont en mesure de faire un traitement des livres", a ajouté Mohamed Iguer, évoquant un livre sur le "printemps arabe" avec en couverture un drapeau algérien, "une couverture provocatrice d’anciennes personnes à l’origine des massacres".

Signe d’ouverture, les ouvrages du grand auteur algérien Boualem Sansal, fervent critique du régime de Bouteflika, sont notamment disponibles. Son dernier roman "2084"  est une fable blasphématoire sur l’extrémisme religieux et indirectement sur l’état de son pays. Mais Boualem Sansal, lui, n’a pas été invité.

Source France 24

Le Pèlerin

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 20:18

Rachid Arhab : "J'espère créer un Arte franco-algérien"

Rachid Arhab pense à « Arte » franco algérien

Après six ans passés au CSA, le journaliste, qui signe "Pourquoi on ne vous voit plus ?" (Michel Lafon), réfléchit aux vicissitudes du métier. Et s’interroge sur les raisons de ses échecs.

TéléObs. – Il y a un mois, le CSA propulsait Delphine Ernotte, directrice générale d’Orange, à la présidence de France Télévisions. Auriez-vous voté pour elle ou pour son challenger, Pascal Josèphe, ex-dirigeant de France 2 et France 3 ?

Rachid Arhab. – Pour Pascal Josèphe. Je crains que la télévision publique ne soit aujourd’hui en voie de banalisation. On essaie d’en faire une industrie comme une autre. Or la télévision reste un métier différent. Et France Télévisions n’est pas une entreprise comme les autres. Il ne suffit pas d’avoir un projet comptable ou un plan d’avenir pour le numérique. Mon choix se serait donc porté vers une personnalité qui connaît viscéralement le secteur et l’entreprise.

“ L’audiovisuel est une machine infernale qui broie les personnalités ”, écrivez-vous. Vos trente années dans l’audiovisuel vous ont-elles “ broyé ” ?

J’aurais pu l’être. Ceux qui ont soif de lumière passent d’ailleurs sous la broyeuse, c’est inévitable. Mais je pense avoir pris très tôt conscience de ce risque. C’est ce qui m’a poussé à accepter les “ placards ”. Des “ placards ” qui m’ont davantage construit qu’ils ne m’ont détruit. En 1992, je suis évincé de la tête du service politique de France 2. Paul Nahon et Bernard Benyamin me récupèrent et me confient, pour “ Envoyé spécial ”, un reportage sur les mormons de Salt Lake City. Très vite, je me rends compte que la machine fonctionne très bien sans moi. Même constat en 2000 quand Michèle Cotta me vire du 13-heures de France 2 pour installer Gérard Holtz. Les starlettes de l’info ont trop souvent le sentiment d’être le rouage essentiel d’une mécanique. En réalité, elles ne sont qu’un rouage parmi d’autres.

Qu’est-ce qui coince ? Ma personnalité ? Mon tempérament ?

Mes origines ?

Vos origines algériennes expliquent-elles, à vos yeux, ces mises au “ placard ” ?

Je me suis longtemps posé la question. Notamment en 1992. A l’époque, j’ai le sentiment d’avoir fait mon boulot, d’avoir bien dirigé les équipes. Je me suis donc interrogé sur les raisons de cette éviction. Mais je ne crois pas qu’il faille chercher dans ses origines les raisons de ses échecs. Il faut éviter la victimisation. Néanmoins, aujourd’hui, il m’arrive de me poser à nouveau la question. Quand je suis écarté de la course à la présidence de Public Sénat – alors que mon dossier était solide et que j’avais un vrai projet pour la chaîne –, je m’interroge. Idem pour ma candidature à la présidence de l’INA. On m’a traité comme si je n’existais pas.

Alors oui, je me pose des questions. Qu’est-ce qui coince ? Ma personnalité ? Mon tempérament ? Mes origines ?

La structure audiovisuelle reste dans une forme de consanguinité et les gens comme moi ne sont pas les bienvenus

Et votre sentiment sur l’INA : qu’est-ce qui a “ coincé ” ?

Le dossier a été traité dans un silence absolu. Suite au dépôt de ma candidature, je n’ai jamais reçu un seul coup de téléphone ni un courrier du ministre de la Culture et de la Communication. Etonnamment, des rumeurs faisaient état de mon audition. J’ai le sentiment qu’on s’est servi de ma candidature pour dire : “ Regardez comme nos candidatures sont variées ! ” Alors qu’en réalité, tout était déjà écrit (Agnès Saal, qui a démissionné le mois dernier, avait été nommée en avril 2014 par la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, NDLR). Les dirigeants de l’audiovisuel public ont souvent le même profil : ils sont passés par des cabinets ministériels, ils ont fait l’ENA. Moi, j’ai l’impression ne pas être sur la bonne autoroute. Professionnellement, on ne peut pas me reprocher grand-chose. On ne peut pas non plus me reprocher une attitude qui manque de citoyenneté. La structure audiovisuelle reste dans une forme de consanguinité et les gens comme moi ne sont pas les bienvenus.

Le CSA est un peu comme la démocratie : le pire système à l'exception de tous les autres !

Votre passage au CSA, dont vous étiez membre jusqu’en 2013, vous interdit de travailler à la télé avant janvier 2016. Si vous ne respectez pas la loi...

... je suis passible de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Un patron de chaîne m’a récemment proposé de passer en force. Ça n’en vaut pas la peine. Je suis donc toujours inscrit à Pôle Emploi. Initialement, je pensais pouvoir retravailler dès 2014.

Si c’était à refaire ?

Je le referais. Le CSA est un peu comme la démocratie : le pire système de régulation audiovisuelle à l’exception de tous les autres ! Malgré ses défauts, c’est une institution respectable. A mes yeux, il est bon qu’un journaliste se coltine l’autre versant du métier. J’ai été heureux, par exemple, de me frotter à des problématiques de temps de parole, de déontologie, de diversité, de droits sportifs. Je me suis aussi plongé avec intérêt dans des dossiers très techniques comme la radio numérique terrestre (RNT) qui m’ont coûté cher en Doliprane.

Au CSA, nous sommes payés 9 000 euros par mois. Nous avons donc des obligations. C’est un vrai job. Tous les Sages ne partagent pas cette vision-là.

Vous décrivez la “ paresse intellectuelle ” de vos ex-camarades du CSA.

J’ai observé lors de mon passage chez les sages un certain nombre de comportements très éloignés de la mission qu’on nous confie. Moi, pendant six ans, la République m’a dit : “ Tiens, voilà une feuille de route, voilà le boulot que tu dois faire. ” Nous sommes bien payés pour ça – 9 000 euros par mois –, nous avons donc des obligations. C’est un vrai job. Nous ne sommes pas là pour faire uniquement de la représentation. Tous les membres du CSA ne partagent visiblement pas cette vision-là. Certains n’hésitent pas à venir uniquement une seule fois par semaine, pour la séance plénière.

Vous avez eu une “ attirance intellectuelle pour le rocardisme ” au début des années 1990. Vous retrouvez-vous aujourd’hui dans la social-démocratie de François Hollande ?

Je suis comme beaucoup de Français : complètement perdu. Michel Rocard s’inscrivait dans la lignée de Mendès. Alors oui, j’ai aimé sa manière concrète de faire de la politique. Notamment lorsqu’il a mis en place le RMI. Mais ce qui m’intéressait par-dessus tout, au-delà de son positionnement politique, c’était le fonctionnement de l’homme. Sa mécanique intellectuelle.

Les chaînes info, il faut les consommer avec modération

BFMTV, iTélé... Ce “ délire d’info non-stop est un danger pour la santé mentale des téléspectateurs ”, affirmez-vous. A ce point-là ?

Certains psys commencent à assister à une forme d’addiction aux chaînes info. Celle-ci touche des gens seuls qui voient le monde uniquement à travers leur prisme. Leur monde est donc forcément négatif. De leur côté, les chaînes se défendent, arguant qu’elles existent pour être regardées par tranche de quinze minutes. Il n’empêche, ce phénomène est inquiétant. 

Moi, j’adore fumer un cigare et boire un bon verre de vin. Si vous en faites une consommation excessive, c’est très mauvais. Les chaînes info, c’est pareil. Il faut les consommer avec modération.

Quels sont vos projets ?

J’aimerais mettre sur pied un Arte franco-algérien. J’ai regardé attentivement l’histoire de cette chaîne. Et je trouve formidable que la télévision puisse servir à régler une partie de l’Histoire. Par trois fois en un siècle, la France et l’Allemagne se sont fait la guerre. Elles ont aujourd’hui une chaîne commune. Je suis très troublé par ce qui se passe dans mon pays natal, l’Algérie, et dans mon pays d’adoption, la France, autour des thèmes de la culture maghrébine et de l’islam. Ce projet pourrait permettre l’éclosion de nouveaux visages et de nouvelles productions. J’y travaille. C’est presque un projet politique. Je suis en quête de soutiens financiers des deux côtés de la Méditerranée.

Source Le Nouvel Observateur

Propos recueillis par Alexandre Le Drollec

Le Pèlerin

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 17:38

Le jury du Goncourt du Premier roman a récompensé mardi l'écrivain algérien Kamel Daoud pour son livre "Meursault, contre enquête". Le romancier est visé par une fatwa en Algérie pour ses propos critiques contre l'islam radical.

L'Algérien Kamel Daoud lauréat du Goncourt du premier roman

Kamel Daoud n’osait plus trop y croire. Et pourtant, l’écrivain algérien a reçu le Goncourt du Premier roman pour "Meursault, contre enquête" (Actes Sud), a annoncé mardi 5 mai le jury littéraire.

Son livre, écrit en miroir du célèbre roman d'Albert Camus "L'Étranger" (1942), suggère une méditation sur l'identité algérienne contemporaine. "Je voulais, j'ai rêvé d'une suite à ‘L'Étranger’ pour parler de ma condition par le biais d'un personnage. Pas pour régler un compte", explique l'auteur de 44 ans, crâne rasé et regard brun profond. "Tous s'attendent à ce qu'on parle de Camus ou de Meursault pour en faire le procès ou pour s'en faire l'avocat".

Et d’ajouter, "je rêve aussi d'être jugé, par les miens, parce que d'une certaine manière, je me sens beaucoup plus proche de Meursault que de sa victime", dit-il.

Le romancier a vu les récompenses se multiplier ces derniers jours. Il a aussi reçu le Prix des cinq continents de la francophonie et le prix François Mauriac.

La langue de la liberté

Il écrit ses livres en français, qui reste pour lui la langue de la liberté. "La langue arabe est piégée par le sacré, par les idéologies dominantes" confiait-il au "Figaro". Ses articles sont régulièrement repris dans la presse hexagonale.

En janvier, après l'attentat contre la rédaction de "Charlie Hebdo", à Paris, l'auteur se déclarait "effondré, cassé, brisé" sur France Culture, ces attentats lui rappelant "les années terribles de la guerre civile en Algérie".

Il tient également depuis une quinzaine d'années la chronique quotidienne la plus lue d'Algérie. Des articles au vitriol publiés chaque jour (sauf le vendredi) dans "Le Quotidien d'Oran".

Critique acerbe d'un régime qui n'en finit pas, il a notamment forgé deux néologismes à partir du nom du président Abdelaziz Bouteflika, "bouteflikiens" ou "bouteflikistes".

"J'ai peur qu'on perde face à ces gens-là"

Pour lui, il y a la censure officielle mais aussi les courriers anonymes des islamistes qui lui reprochent d'être un apostat, passible de la peine de mort selon l'islam.

Un activiste salafiste a appelé en décembre sur les réseaux sociaux les autorités algériennes à le condamner à la peine capitale et à l'exécuter. Une initiative interprétée comme une fatwa dans les milieux politiques et intellectuels algériens même si son auteur n'a ni la légitimité ni l'autorité requises.

Kamel Daoud a déposé plainte fin 2014 contre cet activiste. "J'ai peur qu'on perde face à ces gens-là, j'ai peur qu'ils finissent par gagner" disait-il en dénonçant les auteurs de l'attentat, "qu'ils arrivent à couper le monde en deux, à provoquer des guerres".

Source France 24 / AFP

Le Pèlerin.

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 19:33

Quelle extraordinaire et belle comparaison entre le verbe "Avoir" et le verbe "« Être" 

Yves Duteil

Yves Duteil

Le tout en poème.

Il faut pour si bien réussir une telle présentation être un expert de la langue "française"...................................

"Chapeau"

              

Loin des vieux livres de grammaire,

Écoutez comment un beau soir,

Ma mère m'enseigna les mystères

Du verbe être et du verbe avoir.

 

Parmi mes meilleurs auxiliaires,

Il est deux verbes originaux.

Avoir et Être étaient deux frères

Que j'ai connus dès le berceau.

 

Bien qu'opposés de caractère,

On pouvait les croire jumeaux,

Tant leur histoire est singulière.

Mais ces deux frères étaient rivaux.

 

Ce qu'Avoir aurait voulu être

Être voulait toujours l'avoir.

À ne vouloir ni dieu ni maître,

Le verbe Être s'est fait avoir.

 

Son frère Avoir était en banque

Et faisait un grand numéro,

Alors qu'Être, toujours en manque.

Souffrait beaucoup dans son ego.

 

Pendant qu'Être apprenait à lire

Et faisait ses humanités,

De son côté sans rien lui dire

Avoir apprenait à compter.

 

Et il amassait des fortunes

En avoirs, en liquidités,

Pendant qu'Être, un peu dans la lune

S'était laissé déposséder.

 

Avoir était ostentatoire

Lorsqu'il se montrait généreux,

Être en revanche, et c'est notoire,

Est bien souvent présomptueux.

 

Avoir voyage en classe Affaires.

Il met tous ses titres à l'abri.

Alors qu'Être est plus débonnaire,

Il ne gardera rien pour lui.

 

Sa richesse est tout intérieure,

Ce sont les choses de l'esprit.

Le verbe Être est tout en pudeur,

Et sa noblesse est à ce prix.

 

Un jour à force de chimères

Pour parvenir à un accord,

Entre verbes ça peut se faire,

Ils conjuguèrent leurs efforts.

 

Et pour ne pas perdre la face

Au milieu des mots rassemblés,

Ils se sont répartis les tâches

Pour enfin se réconcilier.

 

Le verbe Avoir a besoin d'Être

Parce qu'être, c'est exister.

Le verbe Être a besoin d'avoirs

Pour enrichir ses bons côtés.

 

Et de palabres interminables

En arguties alambiquées,

Nos deux frères inséparables

Ont pu être et avoir été.

 

Oublie ton passé,

Qu`il soit simple ou composé,

Participe à ton Présent pour que …

Ton Futur soit Plus-que-parfait.....

 

Yves Duteil

Le Pèlerin

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 11:26

Jacques Chancel, le Pyrénéen

Culture – Jacques Chancel, ce Pyrénéen que nous ne l’oublierons jamais

Abel Latapie pointe la maison à côté de l'église. «Il était né là, à Ost, le 2 juillet 1928», rappelle-t-il, l'index magistral. «Et son père, escaliériste, avait l'atelier juste à côté de chez nous. On allait à l'école ensemble, il avait trois ans de plus que moi. Après, il a fait le séminaire à Saint-Pé, le lycée à Bagnères et puis il s'est engagé pour l'Indochine à 17 ou 18 ans et il a fait deux campagnes. Il était costaud et courageux, bon en classe. Je ne sais pas si vous savez, mais son père, Auguste, est mort en écoutant radioscopie», poursuit-il…

Hier à Ayzac-Ost, en vallée d'Argelès, au pied du Pibeste. Ici, «ceux de la classe» l'appelaient Joseph, les plus hardis «Jojo», le jeune Joseph Crampes. «Mais Jacques Chancel, c'était notre fierté au village et pour nous tous à l'école qui étions avec lui», reprend Abel. «Il aimait tant sa Bigorre, ses Pyrénées…

Ces Hautes Pyrénées chères à Jacques Chancel

Ces Hautes Pyrénées chères à Jacques Chancel

Dans les années 60-70, il a fait vivre Argelès pendant dix ans avec son rallye des Gaves où, grâce à lui ne venaient que des vedettes», souligne alors Daniel Moulié, l'autre voisin du village natal.

Jacques Chancel… Voix historique de la radio et de la télévision françaises qui s'est donc éteinte dans la nuit de lundi à mardi, à 86 ans. En plus de 6 000 Radioscopies et combien de Grand Echiquiers de janvier 1972 à décembre 1989, pour des millions de Français, elle avait fini par se confondre avec celle de l'ami courtois et cultivé qui venait s'asseoir en toute simplicité à la cuisine, au salon, avec… Karajan, Rubinstein, Menuhin, Lodéon, Brassens, Brel, Cora Vaucaire, Barbara, Juliette Gréco ou Isabelle Adjani. Mais aussi avec l'écrivain tarbais David Mata pour son Mirador Aragonais ou Evelyne-Jean Baylet, la «patronne» de La Dépêche, devant son micro, pour faire découvrir, par amitié, par fidélité…

Chancel le passeur ? Lui se référait volontiers à Pierre Desgraupes : «Je ne veux pas donner aux téléspectateurs ce qu'ils aiment, mais ce qu'ils pourraient aimer. Je veux leur donner l'envie d'aimer et leur offrir». De l'ancienne école, il respectait donc l'intelligence qu'il prêtait à autrui et qu'autrui lui rendait, reconnaissant, avec intérêt… Et l'exceptionnel franchissait alors l'espace, le halo de l'écran pour s'installer voire passer à table en toute simplicité. Au fil des questions complices, précises ou incisives, Chancel révélait alors l'humain dans le génie. Jusqu'à devenir une référence de l'interview… «Savez-vous que 10 ans après la fin du Grand Echiquier, je reçois encore 10 à 30 lettres par jour me demandant de reprendre», nous confiait-il ainsi, en 1998. à la fois flatté, amusé et un brin… agacé d'être résumé à ces deux émissions phares.

Parce que Jacques Chancel, c'était aussi l'écriture, quantité de livres et bien d'autres productions ou chaînes portées sur les fonts baptismaux, un directeur général, un conseiller. Un sacré parcours, aussi, qui avait vu passer le jeune Bigourdan de sa vallée d'Argelès aux rizières d'Extrême-Orient, opérateur radio à Saïgon, puis correspondant de guerre pour Paris-Match avant de devenir journaliste à Paris-Jour. Boulimie de vie, d'art, de connaissance, curiosité insatiable, toujours en mouvement, la flamme à l'œil, «un livre par jour, c'est une question d'hygiène» – disait-il, avec un seul grand regret, avoir «raté Picasso», cloué au lit par la fièvre alors que le peintre l'attendait en studio…

Sur la fenêtre au-dessus de l'entrée de son manoir de Miramont (ayant également vu passer Nicolas Sarkozy) dans les Hautes-Pyrénées, belvédère donnant sur le Pibeste et Hautacam acheté au début des années 70 à côté de Saint-Savin, une moderne statuette et des piles d'ouvrages le rappelaient, aussi, hier. Longue allée, pièce d'eau frissonnant sous deux ou trois colverts, demeure aux harmonies classiques entourée d'un haut parc à l'anglaise… de là il arpentait inlassablement ses lieux d'enfance et, bien sûr, partait pour ne rater aucun Tour de France – sa belle et forte passion.

Sur la route surplombant le domaine, un monument à la mémoire de Despourrin (1698-1749) dit : «C'est auprès de ce site enchanteur que le poète populaire des Pyrénées, inspiré par la nature qui l'entourait, a composé ses poésies les plus gracieuses». Le refuge de Jacques Chancel pouvait-il être ailleurs ? «On le voyait à toutes les vacances, il écrivait ici, mais, cet été, il était reparti plus tôt à cause de la maladie», se souvient Sophie Cazajous, la sœur de Nicolas, le gardien. «La seule chose que je peux vous dire, c'est que Monsieur Chancel reviendra dans les Hautes-Pyrénées», confie ce dernier. La chapelle, le parc ? Cela reste à déterminer et ce ne sera pas dans l'immédiat. Mais ce sera. «Parce qu'il l'a toujours voulu ainsi». Miramont l'attend désormais, face à ses Pyrénées et pour l'éternité.

«La seule chose que je peux vous dire, c'est que Monsieur Chancel reviendra dans les Hautes-Pyrénées»

Source La Dépêche du Midi Pierre Challier

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 21:42

Algérie - "Meursault, contre-enquête", une variation camusienne

Kamel Daoud

Kamel Daoud

Kamel Daoud est journaliste au "Quotidien d'Oran". Sa chronique est l'une des plus lues d'Algérie.

Pressenti pour le prix Goncourt 2014, l'auteur algérien Kamel Daoud n'a finalement pas obtenu la récompense. Par un jeu de miroirs habile, "Meursault, contre-enquête", son premier roman, éclaire d'un jour nouveau "L'étranger" d'Albert Camus.

Culotté. Audacieux. S'attaquer à un monstre de la littérature française du XXe siècle, Albert Camus, n’est pas une chose aisée. Dans son premier roman "Meursault, contre-enquête", paru aux éditions Actes Sud en mai 2014, Kamel Daoud revisite "L'étranger" pour donner "sa propre vision du salut et du sens", confie-t-il dans une interview à "L’Humanité". Ainsi, loin de singer le prix Nobel de Littérature de 1957, l’auteur se qualifie lui-même de "réécrivain" car il "comble les blancs des textes" qu’il "n’a pas pu lire".

L'étranger c'est Meursault, un homme jugé pour avoir tué, froidement et sans raison, un Arabe sur une plage, près d'Alger, à l'été 1942. Meursault n'est finalement pas condamné pour avoir tiré cinq fois sur un homme mais pour n'avoir pas pleuré à l'enterrement de sa mère, être allé au cinéma voir un film de Fernandel le lendemain. C'est son inhumanité qui scelle son destin, pas l'assassinat d'un homme.

Kamel Daoud offre ici un contre-point à cette histoire. Il donne vie à l'Arabe, le "détail" du chef-d’œuvre de Camus. Il le réhabilite. "Je te le dis d'emblée : le second mort, celui qui a été assassiné, est mon frère. Il n'en reste rien. Il ne reste que moi pour parler à sa place, assis dans ce bar, à attendre des condoléances que jamais personne ne me présentera", lance Haroun, le narrateur de "Meursault, contre-enquête". Ce héros bien malgré lui, est le frère de l'Arabe. Assis dans un bar d’Oran, Le Titanic, le vieil homme raconte sa vie, dans un tourbillon d'ivresse et de mots. Le roman donne le vertige. La narration est volontairement chaotique. Le style parlé côtoie les phrases ciselées et fait habilement vivre cette colère sourde qui anime encore le vieil Haroun au crépuscule de sa vie. Le lecteur apprend ainsi au fil des ellipses, des retours vers le passé, comment l'assassinat de Moussa ouled el-Assasse - le fils du gardien - a été le tournant de sa vie de petit garçon alors âgé de 7 ans.

Comment grandir dans l'ombre de l'absent ? D'une mère brisée par le chagrin ? D'une injustice ? Toute sa vie, Haroun a été le frère du mort, coupable d'être vivant, coupable de rappeler à sa mère, avec qui il forme désormais un couple, l'enfant perdu. "Je me sentais à la fois coupable d’être vivant mais aussi responsable d’une vie qui n’était pas la mienne", regrette le narrateur dans les premières pages du roman. Sa mère, M’ma (maman en arabe dialectal) lui fait porter les "habits du défunt – ses tricots de peau, ses chemises, ses chaussures - et ce jusqu’à l’usure". Moussa n’est pas ici le provocateur de Meursault, l’indigène proxénète, mais la victime d’un meurtre purement absurde. Haroun crie la douleur d’avoir été privé de dépouille, de funérailles mais surtout de mémoire. Mais, bien qu'il lui donne une identité, le narrateur éclipse une fois de plus Moussa du récit. Pourquoi a-t-il été tué ? À la fin des 153 pages, son mystère reste presque entier.

Haroun, Meursault, deux étrangers face à l’absurde

Dans sa diatribe contre Meursault et la négation de l'existence de sa victime, Haroun est ainsi lui aussi coupable d'être étranger, inhumain. Étranger à sa vie, à la société dont il a été exclu par sa mère, étranger au meurtre qu'il commet lui-même pour venger Moussa. Un crime gratuit, celui d’un "Roumi", un Français, commis le 5 juillet 1962, jour de l’Indépendance. Une victime expiatoire, offerte à une mère froide et indifférente. "Oui, j’ai tué Joseph parce qu’il fallait faire contrepoids à l’absurde de notre situation." Haroun est le miroir de Meursault. Tous les reproches que le narrateur adresse au héros de Camus, il finit par les incarner. L'absurde. Toujours et encore. C’est la loi du talion. Il tue pour venger son frère mais où est la justice ? Quel réconfort cela lui apporte-t-il ? Visiblement aucun.

L’effet miroir avec "L’étranger" est saisissant. Il est d’autant plus palpable, visible, que l’auteur intègre des extraits du texte original par le biais de citations en italique. Kamel Daoud a poussé l’exercice littéraire jusqu’à avoir presque le même nombre de mots que Camus. Certaines scènes ou traits de caractère se répondent dans les deux œuvres. Meursault s’ennuie le dimanche, Haroun le vendredi. Salamano passe toute la journée à hurler sur son chien dans "L’étranger", le voisin de Haroun récite le Coran à tue-tête toute la nuit, etc. Lorsque Haroun est arrêté pour le meurtre du Français, il est confronté à un colonel, qui lui reproche non pas d’avoir tué un Français mais de ne pas avoir participé à la Révolution. Dans "L’étranger", Meursault ne répond pas du meurtre de l’Arabe mais du fait de ne pas avoir pleuré à l’enterrement de sa mère. Un jeu de miroirs habile qui brouille, puis embarque, toujours de manière plaisante, le lecteur.

Salué par la critique, distingué par le prix François Mauriac ainsi que le Prix littéraire des 5 Continents décerné par l'Organisation internationale de la Francophonie, ce premier roman de Kamel Daoud a le mérite de dépasser le cadre binaire des relations entre la France et l’Algérie, le colonisateur et le colonisé, des camusiens et de ses détracteurs. La langue française est pour Kamel Daoud, né en Algérie post-coloniale et arabophone, un moyen d’évasion, de "dissidence".

"Pour moi, la langue française est beaucoup plus un bien vacant, un bien sans maître. Je me la suis approprié, mais ni par violence ni par la guerre. J'ai un rapport pacifié au français", analyse t-il dans "Le Point". Autodidacte, journaliste et éditorialiste au journal "Le quotidien d’Oran", Kamel Daoud utilise les mots comme une arme. Il dénonce, égratigne le pouvoir mais aussi la société algérienne. "Le français est une langue d'infraction, de dissidence, d'imaginaire et de libération.", confiait-il encore, mardi 4 novembre, sur France Inter. Dans son premier roman, cette musique des mots est mise en partition pour donner une vision crue de l’Algérie post-indépendance. Kamel Daoud livre une réflexion sur l’inhumanité, l’indifférence dans le rapport à l’autre, au monde et à Dieu. Un bel hommage à Camus.

Source AFP Bertrand Langlois

Le Pèlerin

L'Etranger

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