Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
  • Contact

De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

Recherche

9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 23:49

Avis d’un Internaute au sujet de Djanet

L’an prochain, je m’y rends
 
Nous avons apprécié
Les contacts avec nos hôtes, les Touaregs, leur calme, leur sagesse, leurs connaissances du milieu mais aussi en astronomie, leur accueil chaleureux dans ce milieu naturel hostile.
Le soir autour du feu avec nos hôtes et nos camarades voir la préparation du thé,  déguster les trois verres, écouter les récits, les devinettes des touaregs. Se coucher sur le dos, admirer la voûte céleste étoilée et ne penser à rien, grand bonheur!
Nous n’avons pas aimé
Les formalités de polices et de douane à l'aéroport de Djanet à l'aller comme au retour, plus de TROIS heures d'attente dans des locaux exigus. Paperasserie tatillonne d'un autre temps, aucun ordinateur. Arrivée 2h30 sortie 6H!
Itinéraire
Au moins 8 jours dans le désert et pas plus de dix jours (fatigue, chaleur, hygiène).
Les roches rouges de la Tadddrart avec les sites de Timinzouga (dunes et défilés), les peintures rupestres, surtout des herbivores
A faire / à ne pas faire
Être en forme, aimer marcher au moins 6h par jour, prendre GRAND soin de ses pieds!!, chaussures légères j'ai utilisé des spartiates pour randonnée, se protéger du soleil, le mieux c'est le Chech comme les Touaregs à se procurer sur place ou avant de partir. Pastilles pour l'eau. Nuits fraîches même début mars, on a dormi sous tente
Tradition
La sagesse des Touaregs, leur philosophie, leurs connaissances "tu cherches tu trouves !", la propreté du désert.
L'oasis de Djanet est agréable mais sale, trop de déchets dans l'oued asséché. Aucun problème avec la population (on y est resté trois heures
Source l’Internaute
Le Pèlerin
Partager cet article
Repost0
7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 23:48

Une autarcie oasienne de l’ère coloniale

Les premières fractions issue du saccage de la , en novembre 1849 par l’armée d’Afrique, étaient au nombre de sept (7); le clan des Ouled Hamida en fait partie. 

En bonne place dans le tissu urbain de ce qui était encore une bourgade du nom de Bou-Saâda, cette fraction a constitué la ligne de démarcation entre la médina et le quartier dit « européen ». Une première caserne de cavalerie était installée sur les lieux, là où sont érigées actuellement la Banque de Développement Local et la nouvelle mosquée en construction. La poste coloniale et le terminus des attelages ralliant Alger, s’incrustaient dans ce qu’on appelle encore la Ramlaya. Large place publique qui recevait par le passé, les caravanes camelines. C’était la place des négociants et des cafés maures; point de tables ni de chaises, des nattes d’alfa à même le sol en faisaient office. On y trouvait des tailleurs, des barbiers et autres savetiers. La première boulangerie à foyer de bois ouvrait ses portes à l’orée des années cinquante. Quelques boutiques et manufactures d’articles artisanaux y étaient implantées, telles celles que tenaient Lemceyah et Abdalâdim. Sur les éventails en fibre de palmes confectionnés à la main, le chameau et le palmier brodés devenaient les symboles de la cité. L’animal et la plante rappelaient au voyageur qu’il était dans une oasis présaharienne. Le quartier est longé du côté Nord par une ruelle qui part du « Café d’Alger » jusqu’à Harat Echorfa, celle-ci ne compte pas moins de trois hammams, « Lahouel », « Sidi-Ziane » et du « Palmier », et quelques fondouks (gîtes et écuries). Le moulin à grain des Kerfali était à la jonction avec la fraction Zoqom. Il était limité du côté Sud par l’oued et sa palmeraie luxuriante accessible par les gués de Aïn-Bensalem et Araga.

undefined

L’ascétisme religieux de cette communauté fut réduit, avec l’intention délibérée d’humilier les valeurs ancestrales qui ont prévalu, lors de la résistance à l’occupant. Il créait le premier lieu de débauche pour la soldatesque, appelé Tabeg El-Kelb (l’épaule du chien) par péjoration à la fonction du lieu et plus tard Haouch Lihoudi. La première appellation explicite, on ne peut mieux, dans quelle catégorie était placé dans l’imaginaire collectif, ce lieu licencieux. Nullement innocente, cette implantation se faisait entre les deux sanctuaires maraboutiques, de Sidi-Hamida et de Sidi M’hamed Ben Brahim. Le quartier fut contraint de murer sa porte latérale Nord, jusqu’au recouvrement de l’Indépendance.
L’architecture des logis ne dépassait guère l’étage, qu’on appelait « ghorfa ». Le mortier de terre cuite ou le sable chaulé et la pierre, étaient les seuls intrants dans l’édification du bâti. Les « agued » ou poutres de bois tirées du genévrier, suppléaient au soutènement ou au coffrage des plafonds. Constituée de deux ou trois chambres, la maison disposait d’une grande cuisine appelée « dar el yal ». Celle-ci était nécessairement équipée d’un âtre dont le foyer permettait et la cuisson et le chauffage, pour se prémunir des rigueurs de l’hiver. Dans un corridor souvent aveugle, la pièce des convives se trouve toujours à l’entrée. La cour obligatoire, si petite soit-elle, servait d’espace strictement familial, la terrasse discrète, ceinte d’un mur à hauteur d’homme, servait de dortoir lors des torrides nuits d’été. Le quartier était ceint d’un chemin de ronde périphérique, contrôlé par deux portes principales, dont l’une était fermée la nuit tombée. Celle qui débouche sur la palmeraie fut murée, lors de la guerre de libération nationale. L’accès principal était gardé par un tour de garde; le vigile disposait d’une grande caisse en bois, pour se protéger des gelées hivernales.
De forme quadrilatérale, de dimensions presque égales, la « hara » n’avait pas moins de six venelles en cul-de-sac, chacune d’elles abritait une à deux familles, généalogiquement proches. Le quartier est centré par une petite placette, « Rahba », où trônait une fontaine publique même si les foyers disposèrent plus tard de l’eau courante. Cet espace avait ses multiples usages, réunions et fêtes communautaires entre autres. M’Had Tayeb Khatibi et ses Khouane y animaient les soirées religieuses. Elle servait aussi au tirage du tissage avant sa fixation sur le métier et de point giratoire pour les attelages hippomobiles ou les véhicules modernes. Il demeure surprenant qu’aucun des habitants n’a grignoté sur les espaces communs; cet usage a perduré en dépit de règles urbanistiques non écrites.
Cette petite communauté eut un illustre fils. Il s’agit de Chouikh Salah, surnommé « Ghandi », qui avait eu comme maître un érudit venu de sa lointaine île de Brunei qui lui apprenait les préceptes de la Chari’â islamique et la récitation du Coran. Il a été parmi les fondateurs de l’Etoile Nord-Africaine et plus tard du P.P.A. (1). Il y a lieu ici, de rappeler que le jeune Emir Khaled habitait avec sa famille au quartier mitoyen des Ech-Chorfa. Après sa mort, le corps de Salah Ghandi fut rapatrié en 1964, par les soins de son ami parisien Gaston. Son cercueil portait celle simple inscription : « Rahbat - Ouled-Hamida ». Le clan inhumait son enfant prodige dans le strict recueillement d’une humble cérémonie funèbre.
Les anciennes familles, au nombre d’une quinzaine, ont presque toutes quitté les lieux. Les Benaïssa, plus nombreux, sont la descendance de M’Had Ben Aïssa, patriarche résistant, surnommé à tort « Lemtaourène » pour avoir abdiqué après la défaite d’El-Mokrani qui avait de puissants alliés dans le Hodna. Il n’avait pas moins de 25 filles et garçons. Il prenait femme dans plusieurs tribus, pour consacrer des alliances. Deux de ses garçons s’exilaient, l’un en Turquie et l’autre au Nejd d’Arabie Saoudite. A la mort de leurs maris, deux de ses filles, Fatna et Saâdia, transhumaient avec leur « smala ». Fatna l’aînée, surnommée « Hanna », portait botte, ceinturon et fusil en bandoulière, m’a-t-on raconté. Les Lograda, précédemment Khalifa, sont cette autre grande famille qui eut deux érudits en théologie, Hadj Si Mohamed Zerrouk et Si Mohamed Belaïdi. Condisciples de Cheikh Nouaïm Naïmi de l’Association des Ouléma, ils luttaient contre l’obscurantisme et l’illettrisme. Son ancien d’Indochine, Lograda Belgacem, le « lion de Gouaygaâ », mourait dans les monts des Ouled Naïls. Son frère Nacer Eddine qui l’avait précédé au maquis, a, quant à lui, survécu. Les Brahimi étaient scindés par l’état civil colonial en plusieurs branches, dont les Zahi et les Thamri. Les Henni, Boudia, Bella, Zemit, Kaïs, Hadji et Mekhenane font partie du clan. Ce clan eut des hommes remarquables tels que Lamri Brahimi, un ancien de la Seconde Guerre mondiale en Alsace. Il hantait pendant longtemps les immensités désertiques entre Messâad et Touggourt, pour ravitailler avec son camion « Citroën type 45 », l’Armée de Libération Nationale. Il mourait sans reconnaissance de sa qualité de moussebel. Les Zahi, petite branche des Brahimi, consentait deux chouhada, El Hadj Benaïssa dit « chergui » était assassiné à Aflou en 1957, et Ahmed, âgé de 23 ans, mourait en octobre 1961. Les Terfaya, issus de Benyahia le patriarche, sont cette famille d’intellectuels. Abdelhamid, l’aîné, eut une nombreuse descendance dont Ahmed Lamine, lauréat d’une grande école de Strasbourg, qui devenait député et vice-président de l’Assemblée Populaire Nationale. Les Adelatif ou Benhaïdèche eurent d’illustres personnages, tel que Mokhtar, compagnon de Amara Rachid et chahid de la cause nationale. Cheikh, l’un des premiers pharmaciens algériens qui occupa plusieurs fonctions électives, eut pour fils l’un des premiers commandants de bord d’Air Algérie. Les Djoua, dont Ahmed, l’aïeul, aurait été assassiné à Fez lors de la guerre du Rif, avaient eu pour fils Slimane, militant du mouvement national. Les Meftah gardent toujours le « M’chebek », terre ingrate et inhospitalière, fidèle à Lakhdar Ben Tahar leur père, l’homme à la calèche. Leur poète bilingue Bachir est le chantre local incontesté du clan. Les Goutaï, dont l’aîné Amor militait pour la construction de la Médersa libre, offrait son aîné à l’armée des frontières au Maroc. Les Hattab, dont l’aïeul Lakhdar construisait sa propre mosquée, au coeur même du quartier européen, enrôlaient Salem, leur fils, dans les rangs de l’ALN. Il était reconnu comme le T’bib de H’mar undefinedrestaurateur, et Mustapha, le loueur de cycles du quartier qui gardait les burnous en guise de cautionnement. Saïd Bakraoui, dit Belaïchi, regagnait le maquis à l’âge de 17 ans. Les Tahari, les Chenaf et autres Benrâad, eurent des pédagogues de renom. Si Djelloul et Si Abdelkader, illustres médersiens, faisaient partie de cette communauté. Les Lamara ont eu Ahmed, surnommé « Rafale », en rapport avec sa qualité de résistant. Malki Amar Ben Aïssa, était ce chahid miraculé, qui se jetait d’une jeep de parachutistes français. Les Smaoui, famille commerçante d’El-Atteuf (M’zab) qui a eu plusieurs générations dans le quartier. Messaoud Ben Ziane et Ahmed Ben Ameur, artisans maçons, réussissaient à élever le premier minaret sur près de 18 mètres, sans raidisseurs. Défi technologique, s’il en fut, pour les années quarante. La mosquée avec son minaret octogonal a été pendant longtemps la fierté du quartier et de la ville. Les mouadhines Wahab et Lach’hab malvoyants, étaient sciemment choisis par la Djemaâ, pour l’appel à la prière du haut du minaret. Leur infirmité préservait l’intimité des foyers que le minaret surplombait. Les marches en colimaçon du minaret, donnaient le tournis aux non-initiés. Ce petit lieu du culte disposait d’une terrasse où l’on pratiquait les prières du Maghreb et d’El Icha’a en été. La salle d’ablutions, en sous-sol, était centrée d’un bassin circulaire et d’un banc faïencé de même forme. On puisait l’eau dans le creux de la main pour s’ablutionner. L’intérieur de la salle de prières comportait quatre rangées de colonnes qui sustentaient les arceaux. Le fond clair-obscur, où serait enterré le patriarche des Néchnèch, offrait aux lecteurs un espace de recueillement. Immédiatement au-dessus, une sedda (mezzanine) toute de bois, sert de salle de prières pour les femmes. Celles-ci y accédaient par un accès dérobé, à partir de l’école coranique. Le mihrab et le minbar, étaient sertis de belles ciselures en émail. Cette école coranique gérée par la communauté, eut des maîtres de renom, de cheikh Zerrouk qui y organisait la première médersa mixte et dont huit de ses élèves prirent le maquis de la Révolution, au cheikh El-Moghrabi, venu de son lointain Tafilelt. Le Taleb (maître coranique) était totalement pris en charge par la communauté. Si Belkacem Chemissa et Si Lahrèche Cheikh, l’homme au tricycle, avaient succédé aux premiers nommés, ils excellaient, tous les deux, dans la langue de Molière aussi bien que dans la « falaka ».
On peut accéder à partir du parvis de la mosquée, soit vers l’oued et à la palmeraie qu’on appelle « Jenna », ou à l’esplanade de « Lemsayrah ». Cette aire servait pour longtemps aux randonnées camelines touristiques de Mohamed « El-Guizaoui » et de Benaïssa « El Hemdi ». Deux Européennes, une Suissesse et une Anglaise, y élisaient domicile en épousant deux autochtones.
Où s’arrêtent les Ouled-Hamida ? D’aucuns disent que le quartier va jusqu’à l’hôtel Abdallah Lograda. Ceci est fort probable, du fait de l’appartenance des habitants en contrebas de l’hôtel « Transat ». Il s’agit des Asloun, Brahimi dont Si Ahmed, l’Imam attitré de la communauté, Benraâd et autres. L’hôtel Lograda est en fait une grande demeure à un seul étage. De construction mauresque raffinée, elle dispose d’un jardin suspendu sur sa façade postérieure. Planté sur un espace surélevé par des murs de soutènement fait de moellons de pierre, le jardin était agrémenté de plusieurs essences, dont le citronnier. La Djemaâ se retrouvait toujours après la dernière prière du soir. Elle se regroupait à l’angle de la rue menant à la mosquée et la pénétrante du quartier. Ce point stratégique contrôlait l’entrée principale de la « Hara ». On l’appelait « Dhaouya », en référence à la lampe de l’éclairage public, il y en avait en tout et pour tout, trois points lumineux. Le réseau électrique s’installait dès l’année 1938. Les leaders palabraient de tout. Ils géraient la vie courante de la communauté. A la veille de l’Indépendance, Si Messaoud Ben Ali Ben Slimane (Brahimi) était son dernier chef de fraction. On remarquera que le nom de famille, imposé par la colonisation, n’a pas pu violer le coutumier.
Badredine Mohamed, assassiné à Haouch Naas, était le relais du colonel Ouamrane; il recrutait pour le maquis naissant de Palestro. Les Guéouèche s’enorgueillissent d’avoir généré Boualem l’intrépide, dont l’arme de poing de fidaï, abattait plusieurs collaborateurs et militaires français. Les Ouled Hamida ont eu leurs hôteliers et restaurateurs de renom, Lakhdar « Mirage » et son frère Mohamed, Messaoud Metiche et Belkacem dit Touha. Ce dernier est l’unique survivant de cette belle lignée. Mohamed Rachid, géomètre, Ali Harkat, défenseur de justice, Menadi Makhalet, écrivain public, faisaient la jonction avec l’administration coloniale, pour éviter à leurs congénères les vexations de l’humiliation. Le moulin des Mozabites, tenu par Abdallah Bensaâdoun, pourvoyait la communauté en mouture de grain. Amar Ben Sakhri était le grimpeur de palmier attitré, pour les opérations de pollinisation ou de récolte de dattes. Lors de la campagne, les enfants, amusés, recevaient sur la tête, tels des grêlons, les dattes qui tombent du palmier ébroué avant la taille des régimes. D’où tirait cette autarcie, ses maigres ressources ? L’épandage des eaux de crue au Madher permettait de récolter quelques décalitres (S’aâ) de blé dur. Les jardins offraient les produits maraîchers de subsistance. La tomate, l’abricot et le piment, en surabondance, étaient séchés sur la terrasse, ils serviront dès l’arrière-saison. Les quelques moutons confiés au pasteur, produisaient la laine et le beurre de brebis. La toison fournissait la matière d’oeuvre pour les infatigables tisseuses. La moyenne annuelle de production allait jusqu’à dix burnous et quelques haïks et tapis. La vente en était assurée par Slimane Ghomras et Hama Hadji. Le lait matinal provenait des chèvres domestiques. Conduites par un berger payé au mois, elles paissaient sur le piémont du Kerdada, pour ne revenir que le soir. De retour au bercail, chacune d’elles se détache du troupeau pour donner un coup de tête à la porte familière, annonçant ainsi son retour. Les maisons qui ne disposaient pas du « tout-à-l’égout », faisaient vidanger leurs fosses une fois l’an. Les produits organiques transportés à dos de baudet, faisaient l’objet d’épandage de fertilisation dans la palmeraie. La datte commune, récoltée selon un rituel, constituait l’aliment énergétique de base de la cellule familiale. La poche pleine de dattes sèches, les enfants partaient, tôt le matin, à l’école coranique pour rejoindre ensuite l’école publique.
La Ramlaya recevait le ciné-bus. Le mur du garage des autocars « SATAC » où la communauté avait El-Guerri Ben Amar comme relais, servait d’écran de projection. Cette place a été le théâtre de plusieurs actions de fidaïyine. En représailles à l’une de ces actions, l’armée coloniale y assassinait nuitamment en 1957, cinq (5) détenus, sur lesquels elle faisait passer un half-track. Cette place portera le nom de « La Victoire » et bien plus tard celui de l’Emir Abdelkader. Le chahid Hamida Abdelkader, militant de l’UDMA et compagnon de Ferhat Abbas, y tenait un commerce de « gramophones » et de disques d’ardoise. Mélomane, probablement par nécessité pour dissimuler son activisme, il adulait Mohamed Abdelouahab qu’il rencontrait d’ailleurs au Caire, lors d’un retour de pèlerinage à la Mecque. Cette même place servira au tournage de « Septembre noir », « Silène » et « Décembre » en post-Indépendance. Le syndicat d’initiative de tourisme, abrité dans un minuscule réduit surmonté d’une koubba, était tenu par Dib El-Khadir. A barbe blanche, enturbanné à l’ancienne, pantalon ample et gilet à col d’officier, il était l’archétype sémitique de l’Arabe. On dit que son buste serait exposé au musée de l’Homme à New-York. Ce personnage pittoresque fut pendant longtemps le « clou » de la cité. Il assumait les fonctions de crieur public et faisait précéder ses « Avis » par un roulement de tambour. Il annonçait aussi le programme de l’unique salle de cinéma, appelée « Odéon », tenue par Hadj Ahmed Bensiradj. Le mythique café d’Alger était le point de ralliement de l’intelligentsia autochtone et le point de départ des autocars au nombre de trois (3) qui ralliaient journellement la capitale et vice versa. Les quotidiens « L’ Echo d’Alger » et « La Dépêche de Constantine » étaient livrés à Ali Ben Saïd aux environs de midi. Ce tableau, à la limite de la couleur locale, n’appelle aucun commentaire, sinon de dire : c’est dans l’adversité que germent les grands desseins.
Source Le Quotidien d’Oran
Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 23:47

Remontée des eaux dans la vallée du Souf

Du mythe de l’Atlantide à la prophétie d’une mer au Sahara

 

 

Le phénomène de la remontée des eaux dans la wilaya d’El Oued a de nouveau été évoqué, et le ministère des Ressources en eau a annoncé la réalisation d’un mégaprojet de 22 milliards de dinars pour mettre fin à ce problème, notamment la propagation des eaux usées dans les nappes phréatiques les rendant impropres à la consommation et à l’irrigation.
La ville aux Mille coupoles se trouve noyée sous d’autres chiffres moins enchanteurs : plus de 50 000 fosses septiques, plus de 2000 ghots, 1,5 million de palmiers noyés,... El Oued comme son nom l’indique veut dire la rivière. Et si c’était une prédestination inéluctable ? Cette remontée des eaux ravive les mémoires, les mythes et les légendes que l’on trouve dans les bibliothèques des érudits. Les Algériens se souviennent certainement d’un truculent Constantinois dénommé Bencherif qui créa un parti politique, en 1989, et évoqua le projet fantasmagorique de « mer intérieure ». On se moqua de lui dans la presse et les discussions de café. Par ignorance. Ce projet existe bel et bien et se réveille à l’attention de quelques rêveurs, pratiquement à chaque décennie. La vallée du Souf et de ses chotts aurait été dans des temps immémoriaux une mer intérieure donnant sur le golfe de Gabès en Tunisie. Les chotts sont les lacs salés collectant les eaux de surface. Les plus grands sont le chott Melhrir en Algérie et le chott El Djerid en Tunisie. Le bassin hydrographique du chott Melhrir est connu pour être le point le plus bas, moins de 40 m en dessous du niveau de la mer, recensé sur tout le territoire algérien. Il s’étend sur 8 wilayas (Biskra, Tébessa, Khenchela, Laghouat, Batna, M’sila, Djelfa et El Oued) et se distingue par un important cours d’eau, l’oued Djedi, avec de nombreux affluents dont les crues peuvent être dévastatrices. Le lit du chott Melhrir communique à l’est avec celui du chott Sellem. De celui-ci jusqu’au golfe de Gabès, situé à 320 km à l’est, on trouve une série de bas-fonds semblables, dont les plus importants sont les chotts Rarsa et El Djerid. Le bord oriental de ce denier n’est distant de la Méditerranée que d’environ 18 km. Creuser un canal qui permettrait à la mer de se déverser dans les chotts, pour y constituer (ou restituer) une mer intérieure « une Baltique de la Méditerranée », est une idée qui hanta plus d’un bâtisseur. Le projet le plus élabo ré fut celui d’Elie Roudaire, officier français à l’époque coloniale, qui reçut le soutien peu connu de Jules Verne, le prophète visionnaire du modernisme.

Jules Verne et le projet Roudaire

A partir de 1864, l’officier Elie Roudaire participa à l’élaboration de travaux cartographiques de l’armée coloniale. Chargé des nivellements géodésiques dans la région de Biskra, il formule alors l’hypothèse d’une mer saharienne qui aurait recouvert une grande partie du Nord-Sahara depuis le Sud des Aurès jusqu’au golfe de Gabès. Les « restes » de cette mer étant, selon lui, les chotts qui occupent cette région. Roudaire appuyé par un certain nombre de politiciens, de scientifiques et surtout par Ferdinand de Lesseps, le réalisateur du Canal de Suez, démontra :
La présence en ces régions d’importantes concentrations salines formant des croûtes ou, quand il y a de l’eau, des boues salées ;
La découverte de coquillages formant de véritables amas coquilliers autour des chotts et dans nombre de sebkhas 
L’altimétrie négative de nombreux points situés dans ces chotts ;
Le niveau des eaux aurait graduellement baissé sous l’effet de la sécheresse et de l’évaporation à une époque indéterminée. Selon Roudaire et ses défenseurs, le fameux lacus ou palus Tritonis mentionné par de nombreux auteurs tels Scyllax, Ptolémée, Pomponius Mêla et Hérodote n’était autre que cette « mer saharienne » aujourd’hui disparue. Avant Roudaire, bien d’autres avaient émis cette hypothèse d’une mer saharienne. Dès le XVIIIe siècle, l’Anglais Shaw avançait que la zone des chotts correspondait au lac Triton des anciens, sur lequel fut jeté le vaisseau des Argonautes. Par la suite, avec l’arrivée française dans cette région (prise de Biskra en 1844) et la découverte que le chott Melhrir est situé au-dessous du niveau de la mer, cette thèse sera défendue par de nombreux chercheurs. Au moment où l’on s’apprête à célébrer en 2005 le centenaire de la mort de Jules Verne dans les villes qui l’ont vu naître (Nantes en 1828) et mourir (Amiens en 1905), il est utile de savoir que L’invasion de la mer, inspiré du projet Roudaire, est le dernier manuscrit que Jules Verne a confié en octobre 1904, peu de temps avant sa mort, à son éditeur Hetzel et ne figure pas parmi ses romans les plus célèbres. Ce manuscrit n’est cité dans aucune de ses nombreuses biographies. Aujourd’hui encore, hormis quelques spécialistes, peu de personnes on lu L’invasion de la mer, un titre prémonitoire. Dans la plupart de ses œuvres, Jules Verne fut un prophète comme il le disait lui-même : « Ce que j’ai écrit sera réalisé à la fin du siècle. » Du ballon (Cinq semaines en ballon) à la fusée (De la Terre à la Lune), au sous-marin (Vingt mille lieues sous les mers) à la spéléologie (Voyage au centre de la Terre), à la notion de vitesse (Le tour du monde en 80 jours), cet auteur apparaît dans l’imagerie commune comme un visionnaire scientifique, comme celui qui « rend perpétuellement l’irréel croyable ».

Le mythe de l’Atlantide

Bien avant le projet Roudaire, il y eut le mythe de l’Atlantide qui fascina tant d’auteurs. Platon fut le premier à « découvrir » l’Atlantide, sans situer exactement son emplacement. Ce n’est que plus tard qu’il fut déduit que le Sahara fut une sorte de paradis terrestre, car il avait tout pour être une contrée florissante en ces temps reculés. On trouve dans le Sahara de grandes vallées d’érosion et des traces de végétation, ainsi que des traces de troncs pétrifiés et de végétaux arborescents. On trouve également la trace d’une mer intérieure au sud de l’Algérie et de la Tunisie. Cette mer de 400 km de long aurait été alimentée par une série de quatre fleuves : le Souf, l’Ighargar, l’oued Miya et l’oued Djedi qui sont en réalité les quatre fils du Nil. Les vestiges de la civilisation montrent que la flore y était des plus abondantes. On y trouve des dessins primitifs sur la pierre desséchée représentant des lions, des rhinocéros, des gazelles, des hippopotames et des caïmans. On peut trouver aussi en abondance des silex taillés sur les bords de ces anciens fleuves. Il y a aussi des traces de construction d’anciens canaux. A Mertoutek, dans le Sahara central à 2000 m d’altitude, on a trouvé des peintures rupestres représentant des hommes et des troupeaux de bœufs ; ces peintures sont comparables à celles que l’on trouve en Egypte. Ce qui tendrait à prouver une civilisation d’il y a plusieurs millénaires dans cette partie d’Afrique centrale. Elle fut sans doute l’ancêtre de la civilisation égyptienne dont le berceau fut le Hoggar, où des fouilles ont révélé l’emplacement de la tombe de la mystérieuse reine Tin-Hinan (Antinéa dans la littérature de l’Atlantide) toujours vénérée par les Touareg. On y a découvert, près du squelette féminin, de nombreux bijoux, colliers et bracelets d’or et une statue du style aurignacien. Ce squelette montrait une ressemblance avec la race Cro-Magnon, ce qui laisserait supposer que les habitants de l’époque de cette région étaient de grande taille, à peau blanche, aux cheveux blonds et aux yeux clairs, ce qui ne correspond en rien à des races africaines de la même latitude. Ils y seraient venus avant la séparation de l’Europe et de l’Afrique. En raison de tous ces avantages climatiques que ces végétations luxuriantes, ce pays fut donc considéré comme un eden, et c’est pour cela que l’Atlantide a toujours été considéré comme le pays idyllique. Les conteurs parlent souvent des contrées jadis florissantes, couvertes de cultures abondantes et de palmeraies entourant d’importantes villes. Il est possible qu’un mouvement tellurique ait dévié le cours du Nil de son ancien lit à celui qu’il a actuellement. De ce fait, le manque d’irrigation de cette partie de l’Afrique du Nord a désertifié toute la région et le Sahara est devenu le désert que nous connaissons maintenant. Deux récents ouvrages incitent à réexaminer le projet de cette mer intérieure, à la lumière des nouvelles connaissances scientifiques en la matière. Le réchauffement de la planète et la fonte des glaces polaires entraînent une montée graduelle du niveau des mers et océans. L’organisation d’un colloque de scientifiques et spécialistes algéro-tunisiens à El Oued ou à Tozeur sur l’éventualité d’une résurgence d’une mer au Sahara et ses implications géo-économiques serait la bienvenue
Bibliographie à consulter
Aumassip G., 1991, Autour de la mer saharienne, Awal. Balland A., 1995, La mer oubliée. Paris, Grasset. Broc N., 1987, Les Français face à l’inconnue saharienne : géographes, explorateurs, ingénieurs (1830-1881) », Annales de géographie. Charles-Roux F. Goby J., 1957, « Ferdinand de Lesseps et le projet de mer intérieure africaine », revue des Deux Mondes. Coque R., 1990, « Les vicissitudes d’un mythe : la mer saharienne quaternaire », Sahara. Heffernan M.J., 1988, « A French colonial controversy : Captain Roudaire and the saharan sea (1872-1883) », The Maghreb review. Le Tolle R., Bendjoudi H., 1997, Histoires d’une mer au Sahara. Utopies et politiques. Paris, l’Harmattan. Marcot J.L., 2003, Une mer au Sahara, Ed. la différence, collection outre-mers Martins C., 1864, « Le Sahara. Souvenirs d’un voyage d’hiver », Revue des Deux Mondes. Roudaire E., 1874, « Une mer intérieure en Algérie », Revue des Deux Mondes. Roudaire E., 1877, Rapport à M. le ministre de l’Instruction publique sur la mission des chotts- Etudes relatives au projet de mer intérieure. Paris, imprimerie nationale. Valete J., 1977, « Le projet de mer intérieure du colonel Roudaire et la politique coloniale de la IIIe République », revue d’histoire maghrébine.
Source El Watan 
Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 23:46
Art rupestre dans les Tassilis :aux sources de l'animisme africain
 Tassili-N-ajjer---gazelle-couchee-a-Tin-Taghrit-.jpg
Avec sa pensée empirico-logique, l'Occident parviendra-t-il un jour à déceler le sens premier et la fonction de peintures ou de gravures jugées irrationnelles, si d'autres systèmes de pensée lui demeurent étrangers ou inaccessibles ? Si Homo sapiens sapiens, ce mammifère au cerveau non programmé, est bien destiné à ordonner son propre désordre individuel et collectif, on doit regarder l'art, depuis les origines, il y a 40 000 ans, comme l'expression universelle de l'acceptation de la condition humaine, comme le besoin d'organiser la vie, d'apprivoiser la mort et d'établir des correspondances entre la nature et le psychisme, en reliant le visible et l'invisible… C'est dans cette perspective que François Soleilhavoup, qui étudie depuis plus de vingt ans les peintures et gravures tassiliennes, a publié aux éditions Transboréal Sahara. Visions d'un explorateur de la mémoire rupestre.
 
Où qu'il se trouve, l'art rupestre préhistorique est porteur de messages et d'interrogations sur la place de notre espèce dans la nature et sur les moyens de rendre supportable notre brève existence terrestre. Selon les lieux, les époques et les cultures, sa signification nous apparaît d'autant plus impénétrable qu'à la différence des arts historiques, il est définitivement coupé du discours. En classant dans le temps et en étudiant les manifestations de cet art d'avant l'écriture, nous recherchons l'énigme de la singularité de notre espèce, de l'unicité des origines de notre pensée symbolisante, de la diversité foisonnante des racines culturelles. Signes, symboles, figurations précises de l'homme et de l'animal voisinent avec des représentations d'êtres chimériques ou irréels : le champ graphique de l'humanité préhistorique est immense.
 
L'art des « Têtes rondes »
 
S'il est un style de l'art saharien ancien qui résiste le plus à toute tentative d'interprétation sémiologique et même palethnologique, c'est bien celui qu'on a pris l'habitude de qualifier ainsi de façon lapidaire, à cause de la présence de personnages peints avec une tête discoïde, munie ou non d'appendices externes ou de décors internes géométrisés. Ces peintures anthropomorphes très particulières, souvent accompagnées d'animaux réels ou fantasmagoriques, se trouvent en réalité circonscrites dans une aire géographique relativement réduite du Sahara central : dans la zone centrale du Tassili-n-Ajjer (Algérie), au nord-est du massif de l'Ahaggar (Hoggar), au cœur de grands sites ruiniformes comme Séfar ou Jabbaren, dans la partie centrale et méridionale, du massif tassilien voisin de l'Akakus (Libye) et – les explorations en cours sont en train de le révéler – dans la région de l'Aramat, aux confins nord-orientaux du Tassili, dans le sud-ouest libyen.
Bien que controversée, la position de cet art, dans la séquence chronologique générale du Sahara, est ancienne, peut-être vers 6000 ans avant nos jours. Par ses caractères iconiques hautement spécifiques, par l'apparence négroïde d'un certain nombre de ses représentations humaines, par la théâtralité des rituels mis en scène et l'atmosphère de magie ou de possession qui en émane, il pourrait ne refléter qu'une tradition socio-religieuse locale à l'intérieur d'une culture paléoafricaine d'essence animiste plus largement répandue dans le centre du Sahara, au temps où les conditions climatiques étaient moins arides. D'après les superpositions de figures, Henri Lhote (À la découverte des fresques du Tassili-1973) a distingué sept « styles » différents dans cette « école ». On devrait plutôt y voir des genres distincts qui expriment diverses thématiques dans une même période culturelle.
Depuis deux ans, six abris sous roche ont été découverts, dont les parois portent des peintures qu'on peut attribuer à ce chronostyle, lato sensu. Loin d'apporter des réponses, ces nouvelles images élargissent encore nos interrogations sur les finalités de leur réalisation et sur leur portée culturelle. Cependant, dans cette région comme dans d'autres centres rupestres, plusieurs indices concordent…
 
L'hypothèse de pratiques « chamaniques »
 
Considéré comme « l'un des grands systèmes imaginés par l'esprit humain, dans diverses régions du monde, pour donner sens aux événements et pour agir sur eux » (Michel Perrin - Que sais-je ? 1988), le chamanisme peut revêtir des aspects fort différents selon les lieux et les cultures. Il possède cependant un trait commun, fondamental, le « commerce » entretenu avec les esprits par un personnage hors du commun, le chaman, qui, par divers moyens et techniques, par exemple la transe, peut modifier « à volonté » ses états de conscience pour accéder au monde invisible, pour « négocier » avec les esprits et rétablir des équilibres rompus dans sa communauté, individuellement ou collectivement. Le chaman, à la fois psychologue et thérapeute, est en même temps un homme (ou une femme) de pouvoir, au moins spirituel.
Le chamanisme repose sur une conception animiste, bipolaire, en ce qu'il considère que dans la nature, dont l'homme n'est qu'un des éléments, tous les êtres et les choses possèdent des « âmes » et que les manifestations et le sens de ce monde-ci sont donnés par le monde-autre, celui des esprits.
Selon cette conception, de nombreuses représentations dans le style des « Têtes rondes » exprimeraient la relation avec le monde des esprits personnifiés ou métaphorisés par des êtres humains ou animaux, ou bien l'accès au monde invisible par le « voyage chamanique », ou encore les rituels collectifs qui lui sont associés et même les attributs ou instruments du chaman.
 
Un système symbolique aux codes précis et récurrents
 
Dans l'abri 1 du wadi Aramat, parmi de nombreuses peintures du néolithique pastoral, ou protohistoriques (période du cheval), un ensemble de points à l'ocre rouge, sur le plafond et sur la paroi, groupés en structures géométriques à éléments de symétrie, en lignes doubles qui pénètrent dans une anfractuosité, ou partant de plages d'altérations naturelles de la roche, pourrait correspondre aux manifestations graphiques de relations entre ce monde-ci et l'autre, présent dans la roche ou derrière. De tels dispositifs pariétaux existent en Europe dans des cavernes du paléolithique.
Les célèbres personnages « flottants » dans un abri de Ti-n-Tazarift, au Tassili-n-Ajjer, maintes fois décrits et illustrant nombre de publications, peuvent évoquer la sortie du corps du chaman, sa lévitation ou « voyage » vers le monde-autre.
À Séfar, une scène complexe associe un grand animal mythique, des personnages en posture d'orants et d'autres à tête (masque ?) bilobée, des formes circulaires munies de franges qu'on pourrait rapprocher des tambours chamaniques à peaux décorées, instruments utilisés comme moyens d'accès à la transe et véhicule symbolique du chaman.
La fresque du grand abri de Ta-n-Zoumaïtak rassemble des caractéristiques semblables. En dépit de la diversité des sujets qu'on y voit, animaux, humains et formes d'apparences non figuratives, l'unité stylistique de l'ensemble est remarquable. L'un des thèmes récurrents dans l'art des « Têtes rondes », le mouflon, est ici associé à un animal chimérique, peut-être une métaphore de l'Esprit du mouflon, et à une forme ovale qui évoque, là encore, un tambour chamanique. Dans cette hypothèse, les motifs en chevrons sur la peau résonnante, ainsi que les lanières qui pendent, sont comparables aux instruments utilisés de nos jours, ou à ceux qu'on peut voir dans les musées d'Asie centrale, par exemple à Minusinsk.
Considérées dans leur ensemble, plusieurs fresques dans le style des « Têtes rondes » rassemblent des mythèmes, c'est-à-dire des assemblages d'images qui peuvent revêtir des formes ou aspects divers, sans pour autant changer de signification (transformations métonymiques) – ce qui ne contredirait pas l'idée de pratiques chamaniques dans des communautés animistes où le rêve est à la fois support et moteur de la dynamique sociale. Ainsi, vus comme un « art du rêve institutionnalisé », ces mythèmes pourraient correspondre à une construction logique de l'irrationnel dans un système de pensée magico-religieuse et à fins thérapeutiques.
Depuis un demi-siècle, il a beaucoup été écrit sur cette période de l'art préhistorique du Sahara, encore bien énigmatique. Une « relecture » élargie, sans cartésianisme excessif, ne pourrait cependant que nous aider à mieux comprendre l'organisation mentale, sociale, culturelle des populations sahariennes du passé et sans doute de mieux situer leur art dans le continuum spatio-temporel des sociétés chamaniques traditionnelles…
 
Source Clio.fr
 
Le Pèlerin
Partager cet article
Repost0
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 23:45

 Lumineuse Algérie -  Sahara

Près de la frontière marocaine, la vallée de la Saoura égrène, de Taghit à Timimoun, un chapelet d'oasis.

taghit.jpg

 

Envoûtant. Le temps a éclaté avec la nuit. Dans un fracas de détonations et d'odeurs de poudre. Du fond de la palmeraie qui s'enroule autour des méan­dres de la Saoura, montent les psalmodies lancinantes de la fête du Mouloud. L'anniversaire de la naissance du prophète, célébré par des grappes de chasseurs en gandhouras immaculées. Des hommes de tous âges tournoient tels des derviches, fusils en main, dans une ronde hypnotique, avant de lâcher les salves crépi­tantes du « baroud ».   

Dehors, les dunes dan­sent au gré des heures une folle sarabande d'ombres et de lumières d'or.   

Un nouveau jour se lève sur Béni Abbés, la ville Scorpion, lovée dans un immense cirque de sa­ble. Le début du grand erg saha­rien qui vient jeter ses dernières vagues dans le sud-ouest algé­rien. Les portes d'un autre monde où s'égrènent de loin en loin des oasis nimbées de vapeurs polychromes. De Taghit à Timi­moun.

Ci dessous photos de Taghit   Timimoun.jpg

Ici, le bleu du ciel et le vert des pal­miers répondent aux palettes in­finies des ocres de sable et de terre. Celle qui a façonné l'habi­tat de torchis niché au creux des Ksours. Ces vieux villages forti­fiés aux profondeurs insonda­bles. Un labyrinthe de fraîcheur millénaire où les rais de soleil de­viennent matière. 

Dehors, les dunes dansent au gré des heures une folle sarabande d'ombres et de lumières d'or. In­saisissables. Un petit bout d'éter­nité propice au mysticisme. Rien d'étonnant à ce que Char­les de Foucauld, prêtre aventu­rier, ait planté là son ermitage au début du siècle dernier. Il y a re­trouvé la foi, mais aussi les hommes. Dans ces contrées arides où le pain se cuit dans le sable, des métissages subtils ont brassé les fils d'esclaves noirs avec les Ber­bères et les Arabes. Loin de la fu­reur des nouvelles guerres de re­ligion qui ont embrasé le nord. Qu'importé, à Béni Abbés, le Nord c'estdéjà le Sud. Un par­fum d'orangers flotte dans l'air et les grenadiers tanguent sous leurs fleurs éclatantes. Dans les parcelles irriguées de la palme­raie, les fèves sont déjà bien char­nues et les oignons sont montés en graine. Un petit miracle agri­cole.  

Sous le sol brûlé de soleil, l'eau est partout. Dattes, figues, lait de chèvre... L'oasis est un jardin ex­traordinaire. Seules quelques tra­ces de sel affleurant ici et là révè­lent une salinité maligne sur la­quelle se penchent des universitaires en guerre contre les avancées de la désertification. La menace est encore virtuelle, mais sérieuse.

Monté par deux gamins sou­riants auxyeux de braise, un pe­tit âne trottine sagement. Indif­férent aux passions humaines et aux larmes de visiteurs qui por­tent encore leurs souvenirs à fleur de peau. D'autres histoires. C'est vers l'avenir que l'Algérie veut résolument se tourner. Pour s'ouvrir au monde et chasser ses vieux fantômes. Les années de plomb, le terrorisme, sont forcé­ment solubles dans la diversité des corps et des âmes. Les caravanes touaregs avec leurs dromadaires chargés d'épices ont tracé depuis longtemps le chemin des échanges et de la li-berté.En fermant les yeux, on les devine encore allonger leurs sil­houettes fossiles sur le sable sur­chauffé.  

Mais le soir est déjà|à. Des précipités vertigineux, dégradés de pourpre, embrasent le ciel. Vé­nus a tout juste devancé l'éclat d'Orion. Dans le crépuscule, tout en haut de la dune, face à l'im­mensité du désert, une guitare imprévue distille les notes cise­lées d'un vieux flamant rosé : « Wish you where here». Une tranquille et évidente invitation au monde. Oui, Nourdine, j'ai­merais que tu sois là.

J'ai aimé...

Pas du tout. 

Les poches plastique qui jonchent parfois le désert. Le développement durable n'est pas pour demain. 

Beaucoup. 

La sorba, la soupe lo­cale, parfumée de coriandre et re-haussée d'une pointe de harissa. 

Passionnément. La curiosité et l'hospitalité naturelle des Algé­riens. De belles rencontres. 

À la folie. Le lever et le coucher du soleil en haut des dunes de Taghit ou Béni Abbés. 

Jeune et colorée, l'Algérie veut s'ouvrir au inonde en privilégiant un tourisme de qualité

Source la Dépêche du Midi

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 23:44

Sud algérien - Illizi - Le mariage au Tassili N'Ajjer

Le-mariage-au-Tassili-N-Ajjer.jpg

Les Touareg du Tassili N'Ajjer s'attachent de plus en plus à leurs traditions ancestrales, à travers le raffermissement des liens sociaux dont le mariage, considéré comme le plus «sacré».

Bien que les cérémonials diffèrent d'une tribu à une autre ou d'un groupement rural à un autre, les festivités nuptiales sont soumises aux mêmes rituels puisés du patrimoine culturel ancestral encore préservé par la société du Tassili N'Ajjer, constate entre autres le président de l'association «Lien conjugal» d'Illizi.

Hadj Moulay Djeriri, notable de la région, qualifie cette union de pratiquement communautaire, dans le sens où elle lie des tribus de la même société targuie qui s'attelle à sacraliser cette union, selon un rite maintenu intact par la population touarègue et transmis de génération en génération. Cette relation se manifeste en premier lieu par un rapprochement des familles des fiancés qui œuvrent à trouver un terrain d'accord pour tisser un nouveau lien tribal, avec l'aval des chefs de tribus dont le droit coutumier leur confère la possibilité d'approuver ou de désapprouver cette future union.
Les chefs de tribus s'associent au plébiscite de ce rapprochement familial par la fixation du montant de la dot et l'établissement des conditions d'organisation de la cérémonie nuptiale, en tenant compte des moyens dont disposent les tribus. Selon le président de l'association «Emni», une fois la demande d'alliance formulée, la famille du futur époux s'emploie à fournir les obligations, dont l'offre du «Kaya», partie des charges à fournir par l'époux consistant en un écrin de bijoux d'argent.

Les cérémonies officielles du mariage targui se poursuivront une semaine durant par des festivités riches en couleurs où s'exécutent des chants et des danses au rythme du Tindi, Imzad et d'autres instruments de musique du terroir. Accompagnée d'une dauphine, appelée «Wazir», la mariée est coiffée par un groupe de femmes vêtues de leurs plus belles robes. Les cheveux de l'heureuse élue sont tressés selon une forme rituelle nommée «Imissi».
La mariée doit être, comme toute femme targuie, fardée de produits d'un «make-up» local et parée de bijoux d'or et d'argent assortis des plus belles confections. La cérémonie nuptiale, où dominent chants et danses, donne lieu également à l'organisation de courses de méhari au rythme des tambours, dans des joutes auxquelles prennent part toutes les tribus invitées. Comme à l'accoutumée, le repas (Talebdjat) servi aux convives est composé de viande cameline hachée, suivi du thé préparé au feu de braise.

A ce plat vient s'ajouter le sacrifice, dans la liesse générale, de caprins que l'on propose durant les sept jours de fête, en plus de la distribution d'un autre mets composé d'extrait de dattes et de lait. Entre autres traditions, le marié devra remettre à sa nouvelle «reine» une paire de chaussures en cuir véritable appelées «Agatimène» ainsi qu'une somme symbolique d'argent.

Source Infosoir R.L. / APS

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 23:43

Sud algérien - Biskra. Le Sahara, terre d’avenir

biskra

 

L’Algérie et les pays du Sahel ont en commun des régions désertiques, arides ou semi-arides, pour lesquelles ont été développées des techniques agricoles et pastorales spécifiques.

Ces techniques méritent d’être connues du plus grand nombre possible de décideurs, d’investisseurs et d’agriculteurs ; l’échange de savoir-faire et d’expériences réussies est à encourager entre tous les intervenants. C’est ce que nous voulons promouvoir dans la 7ème édition du Sudagral dont la devise est ‘Sahara terre d’avenir’, et qui se tiendra du 19 au 21 décembre à El Alia,, derrière l’UMK Biskra , précisément dans l’enceinte  du complexe sportif Larbi Benmhidi de Biskra.» C’est en ces termes que le patron de Krizalid communication, Mustapha Chaouche, s’est adressé aux journalistes lors d’un point de presse organisé dernièrement dans la salle de conférences de l’hôtel du complexe sportif.

Le responsable de ce salon a ajouté que s’instaurant désormais comme une tradition incontournable précédant chaque nouvelle année,  Sudagral qui a gagné en notoriété au fil des ans, accueille cette semaine  quatre catégories d’exposants, à savoir les organismes institutionnels, les exposants des services d’outillage et de produits, les médias, Agroligne, GreenAlgérie, Actuel, Salama, etc., qui couvriront l’événement parrainé par le ministre de l’Agriculture. Bien sûr, les agriculteurs, les exportateurs ainsi que les simples visiteurs profiteront de cette occasion pour connaître les dispositifs mis en place par l’Etat en faveur de l’agriculture.          
Source El Watan Bachir Mebarek

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 23:41
Ressources en eau au Sahara septentrional
L’Algérie, la Tunisie et la Libye liées par le SASS
Ressources-en-eau-au-Sahara-septentrional.jpg
Les ressources en eaux souterraines du Sahara septentrional sont contenues dans deux immenses aquifères qui sont le continental intercalaire (CI) et le complexe terminal (CT).
 
Le premier est un réservoir d’eau qui s’étend sur 600 000 km2, sa température dépasse les 60°C, son alimentation est relativement faible et se fait par ruissellement à la périphérie du réservoir. Le complexe terminal se localise, quant à lui, dans le Sahara occidental et s’étend sur une superficie de 350 000 km2. Les potentialités en eau de ces aquifères sont de l’ordre de 156 m3/s, soit environ 5 milliards de m3 par an jusqu’à l’horizon 2040, selon le modèle ERESS 1985. La situation est montre que l’exploitation de ces aquifères atteint un seuil alarmant et constitue un risque majeur, non seulement pour le Sahara algérien mais aussi pour plusieurs pays voisins. Selon les constatations du plan directeur général des régions sahariennes, l’évolution des différents termes du bilan en eau de la nappe sur la période 1957-1998 montre que, pour faire face à l’augmentation des prélèvements, la nappe réduit le débit de ses sorties naturelles mais surtout déstocke énormément avec une tendance à la réduction progressive du débit des foggaras. C’est pour remédier à cette situation que l’Algérie, la Tunisie et la Libye ont mis en place dernièrement un modèle mathématique appelé Système aquifère du Sahara septentrional (SAS), qui a commencé à fonctionner en 2006. Ce système a été mis au point par un ingénieur de l’Agence nationale des ressources hydriques (ANRH) au niveau de l’Organisme sahélo-sahélien (OSS). Basé à Tunis, ce système mathématique a pour objectif de contrôler les prélèvements excessifs de la nappe phréatique située entre les frontières de ces trois pays, prévenir toute atteinte au continental intercalaire et créer une base de données complète et aisément accessible sur le système aquifère et les utilisations de l’eau au Sahara, afin de permettre à long terme d’améliorer les connaissances acquises par l’entretien et l’actualisation des modèles, le pilotage de programmes de recherches, la proposition de sujets de thèse, la publication des résultats obtenus et l’organisation de colloques, etc. Outre le lancement du SASS auquel l’Algérie participe activement, la protection des nappes du Sahara septentrional du gaspillage et de la pollution due aux rejets des eaux résiduelles, prend la forme de deux projets de réhabilitation des réseaux d’assainissement et de lutte contre la remontée des eaux dans les wilayas de Ouargla et d’El Oued qui enregistrent d’importants prélèvements et déperditions en réseau depuis plusieurs années, ce qui a fait de la remontée des eaux un phénomène écologique spectaculaire et un danger, autant pour l’environnement que pour la santé des habitants et l’économie locale, notamment l’agriculture.
Source Horizons
Le Pèlerin
 
 
Partager cet article
Repost0
21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 04:47

La réalisation confiée à deux groupements espagnol et français

tramway-de-Ouargla.jpg

 

La réalisation du tramway de Ouargla est confiée aux groupements espagnol Rover Alcia/Assignia Elecnor et français Alstom pour plus de 32 milliards de dinars (plus de 420 millions de dollars), a annoncé, ce lundi 20 mai, l’Entreprise du métro d’Alger (EMA).

Le groupement espagnol a obtenu la construction des infrastructures et des bâtiments pour près de 23,85 milliards de dinars (plus de 310 millions de dollars) et Alstom s’occupera de la partie système (caténaire) pour plus de 8,3 milliards de dinars (près de 110 millions de dollars). Le délai de réalisation de ce tramway est fixé à 37 mois à partir de l’attribution définitive des contrats par la commission des marchés spécialisée. C’est le quatrième tramway qui sera équipé par Alstom, après ceux d’Alger, de Constantine et d’Oran.

Le groupe français est l’un des plus grands bénéficiaires des projets algériens de réalisation de tramways.

Le gouvernement a décidé d’investir plus de six milliards de dollars pour la réalisation de 14 tramways dans les grandes villes du pays, dans le cadre de sa politique de modernisation du réseau de transport public. Une partie du tramway d’Alger est déjà fonctionnelle et celui d’Oran (Ouest) vient d’être mis en service. Le tramway de Constantine (Est) est en chantier. Des tramways seront réalisés à Sétif, Sidi Bel-Abbès, Annaba, Béjaïa, Mostaganem, Béchar et Batna.     

Source Le Jour d’Algérie Samia Gh.

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 04:38

Au cœur de grottes centenaires

ouargla.jpg 

Un village touristique est en cours de restauration à Ouargla. Il s’agit d’un projet original dans un endroit paradisiaque : des grottes datant de 200 ans au cœur d’une palmeraie luxuriante. Il sera ouvert d’ici la fin de cette année. Le propriétaire n’attend que l’autorisation pour son exploitation.

« Le Secrétaire d’Etat chargé du tourisme, Hadj Saïd s’est fortement épris de ce projet lorsqu’il l’a visité en mars. D’ailleurs, il a affirmé que le Sud n’avait pas besoin d’hôtel de luxe mais de formules valorisant le tourisme local », rapporte le propriétaire de ce village, Abdelkader Halimi, qui attend toujours l’agrément. Le lieu a vu également la visite de l’ambassadeur des Etats-Unis en Algérie. « Il a été impressionné au point de prolonger son séjour », ajoute M. Halimi. Ce projet portant une dénomination amazigh, « Idjdagh Tour », sera partiellement opérationnel d’ici à la fin de l’année en cours. Situé dans la palmeraie de Hassi Miloud, à 30 km de la wilaya de Ouargla, le village s’étale sur une superficie de près de 5 hectares. A l’entrée, une caverne a été aménagée en musée d’antiquité.  « Cette grotte a été creusée à même la la roche. Elle date de 200 ans, selon les experts », précise Abdelkader Halimi. En fait, les grottes étaient utilisées par les caravanes commerciales venant du nord du Maghreb en direction du Mali et du Niger. A l’époque, Ouargla, qui englobait les oasis d’El-Oued, Ghardaïa, Biskra, Tamanrasset, Illizi et Laghouat, était aussi une région importante de transit pour les caravanes commerciales. Les grottes de Hassi Miloud ont été transformées en Ikoumar (chambres en langue tamazight locale) et salons, selon l’architecture de la région. Le village compte 25 chambres et 5 suites. La spécificité est que chaque Ikoumar porte non pas un numéro mais un nom amazigh local. Les tunnels qui y mènent, transformés en ruelles, porteront également les noms des ksour de la région. Des chambres ont été également aménagées pour les couples mariés Une vraie symbiose entre traditions et modernité. Les meubles ont été importés de Tunisie. Le tapis traditionnel est de Ouargla. Les chambres ont été dotées d’une lumière tamisée qui met en valeur la couleur du sable. Le lieu n’est pas climatisé. Et pour cause, la fraîcheur est naturelle malgré une chaleur extérieure étouffante. « Cette palmeraie sera un vrai lieu de détente pour les familles des ksour qui se déplaçaient dès le début du mois de mai qui coïncide avec la cueillette des dattes, mais c’était une occasion aussi pour fuir la chaleur », observe M. Halimi. Le propriétaire a également prévu la réalisation d’une piscine. En outre, une grande « kheïma » (tente), installée dans la cour, a été aménagée en grand salon avec un grand tapis traditionnel en rouge et noir. Outre ces commodités, les repas proposés sont naturels. « C’est une nourriture 100 % bio », affirme-t-il. Dans la palmeraie, on y trouve un grand potager où sont cultivés pomme de terre, carotte, tomate, poivron mais aussi des fruits à l’exemple de la pastèque ». Le propriétaire élève aussi des vaches, des moutons et des lapins, et même des poissons. « La plupart des visiteurs du lieu ont apprécié nos plats. On a de jeunes cuisiniers, de vrais cordons bleus », lance Abdelkader Halimi.

Source Horizons N.B.

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0