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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 10:58

La Mère de la loi sur l’IVG est morte ce vendredi à l’âge de 89 ans…

Merci, d’avoir traversé notre vie – Vous êtes un exemple pour la majorité d’entre nous.

Vous êtes une Dame de conviction qui a lutté contre les préjugés, sans jamais vous résigner.

Vous avez contribué à changer durablement les mœurs de la société française, contre les préjugés masculins, les conservatismes de tous bords, parfois même contre vos propres alliés.

Vous avez su convaincre, dans une lutte menée pied à pied, avec la classe d'une Femme d'Etat.

Vous resterez à jamais, présente dans nos mémoires.

Simone Veil, lors de sa bataille à l’Assemblée Nationale française le 26 novembre 1974

Simone Veil, lors de sa bataille à l’Assemblée Nationale française le 26 novembre 1974

Une femme au chignon bien ordonné, dans un chemisier bleu nuit, un collier de perles autour du cou, s’exprime dans l’écrin de velours qu’est l’hémicycle du Palais-Bourbon.

Nous sommes en novembre 1974 et Simone Veil défend avec sa « conviction de femme », devant cette « assemblée presque exclusivement composée d’hommes », sa loi dépénalisant l’IVG.

S’il est une image qu’on retiendra de Simone Veil, décédée ce vendredi à 89 ans, c’est bien celle-là : une femme portant à bout de bras une des réformes de société les plus importantes de la Ve République.

Rescapée des camps de concentration

Avec sa loi, finalement adoptée en janvier 1975, elle écrit sa part d’histoire de France, trente ans après l’avoir traversée de la plus cauchemardesque des façons. En 1944, Simone Jacob a 16 ans quand elle se fait arrêter, à Nice, par la Gestapo.

Elle est déportée à Drancy puis à Auschwitz-Birkenau, où elle reçoit le matricule 78651. A la Libération, Simone Jacob a perdu la moitié de sa famille : seules ses sœurs Madeleine, rescapée comme elle des camps, et Denise, résistante, ont survécu. Sa mère, son père et son frère ne sont jamais revenus de déportation.

Après des études de droit, Simone Jacob, qui a épousé en 1946 Antoine Veil, rencontré à Sciences Po, entame une carrière de magistrate. En 1974, le Premier ministre Jacques Chirac insiste pour que Valéry Giscard d’Estaing fasse d’elle sa ministre de la Santé. C’est ainsi qu’elle fera passer, au terme d’orageux débats, la loi dépénalisant l’IVG, avant de quitter le gouvernement en 1979, date à laquelle elle est élue députée européenne. Première femme présidente du Parlement européen (1979-1982) puis première femme ministre d’Etat (1993-1995), Simone Veil place le féminisme au cœur de son engagement.

Immortelle depuis 2007

Elle est nommée membre du Conseil constitutionnel en 1998, où elle siège jusqu’en 2007;

Cette même année, paraît son autobiographie, Une vie, où elle livre pour la première fois les ressorts de ses engagements, pour l’Europe, la paix, l’égalité entre les sexes. « Avec l’âge, je suis devenue de plus en plus militante de la cause des femmes », écrit-elle. « Paradoxalement peut-être, là aussi, je m’y sens d’autant plus portée que, ce que j’ai obtenu dans la vie, je l’ai souvent obtenu précisément parce que j’étais une femme. »

Retirée de la vie politique, ses apparitions publiques se raréfient. Elle quitte la vie publique après le décès de son mari en avril 2013. Elle qui caracole en tête dans les enquêtes de popularité depuis des années est aussi une Immortelle. 

Elue à l’Académie française en 2008, elle a reçu deux ans plus tard son épée d’académicienne, dont la lame est gravée de son numéro de déportée. 

Le Pèlerin

 

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 22:26

Vivre sans électricité c'est très pénible....Surtout en Afrique. 

Électricité: l'Afrique veut sa part de lumière

Jean-Louis Borloo (c), qui a créé en mars une fondation "Energies pour l'Afrique", salue le maire de Kinshasa, Guy Matondo (g) et le maire de Niamey, Assane Seidou, à la mairie de Paris le 17 avril 2015 - FRANCOIS GUILLOT AFP

Cuisiner, étudier ou accoucher dans la pénombre, faute d'électricité. Face à cette réalité quotidienne qui concerne deux Africains sur trois, des maires du continent ont appelé vendredi la communauté internationale à investir «massivement» dans l'électrification de l'Afrique.

«Vivre sans électricité c'est très pénible. Vous ne pouvez pas avoir de réfrigérateur, vous êtes obligés de tout sécher ou fumer. Si vous êtes sur la table d'accouchement et que la lumière s'éteint, il faut accoucher à la bougie», souligne Marie-Pascale Mbock Mioumnde, maire de Nguibassal, au Cameroun.

En raison d'un manque total d'infrastructures, notamment dans les zones rurales, 600 millions d'Africains sont condamnés à vivre dans l'obscurité, dès la tombée de la nuit. Même les grandes capitales, de Johannesburg à Accra, pourtant mieux loties, n'échappent pas à de fréquentes coupures de courant, impromptues ou programmées. Les réseaux sont vétustes et peinent à suivre l'envolée de la demande, au rythme de la croissance démographique.

Avec une cascade de conséquences: difficile d'apprendre ses leçons à la lueur jaunâtre de la lampe à pétrole ou de travailler dans une usine plongée dans le noir.

«L'énergie, c'est la vie, l'accès à l'eau, à la lumière, à l'emploi, bref l'accès au développement», a lancé l'ancien ministre français de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, devant une trentaine de maires de villes d'Afrique francophone réunis vendredi à Paris.

Quelques mois avant la tenue dans la capitale française de la Conférence internationale sur le climat (COP21), ces édiles avaient été conviés par la maire de Paris Anne Hidalgo, présidente de l'Association internationales des maires francophones (AIMF), et M. Borloo, qui a créé en mars une fondation «Energies pour l'Afrique».

Cet électron libre de la politique française s'est lancé un nouveau défi: convaincre qu'il est possible d'électrifier toute l'Afrique, en moins de dix ans. Il plaide sous une immense carte de la Terre vue du ciel, où l'Europe scintille de lumières mais seuls quelques points lumineux émergent d'un continent africain couleur bleu nuit.

L'idée n'est pas de lui mais de dirigeants africains, qui l'avaient évoquée lors de la conférence sur le climat de Copenhague en 2009, a-t-il assuré vendredi, soucieux de se démarquer de toute accusation de «néocolonialisme». S'il se veut aiguillon, facilitateur, «c'est évidemment une affaire africaine», a-t-il insisté.

- Qui paiera la facture? -

Dans un «Appel de Paris» voté vendredi à l'unanimité, ces maires de capitales ou de grandes villes - dont Dakar (Sénégal), Niamey (Niger), Douala (Cameroun) ou Casablanca (Maroc)- lui ont embrayé le pas: ils ont appelé acteurs publics et privés à «investir massivement dans l'électrification» du continent, en privilégiant les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, biomasse).

L'idée serait de créer une Agence intergouvernementale africaine, dirigée par des Africains, pour gérer ces financements et piloter les projets.

Electrifier l'Afrique, «c'est à notre portée», a assuré le maire de Casablanca, Mohammed Sajid, donnant l'exemple de son pays où le pourcentage de ménages connectés a grimpé de 15 à 90% en dix ans, entre 1995 et 2005. Un succès rendu possible par une «démarche participative», associant un financement de l'Etat, des collectivités locales et des bénéficiaires eux-mêmes, a-t-il expliqué.

Pour les experts du secteur, il faut aussi cesser de se limiter aux grands projets qui patinent parfois, tel le barrage d'Inga en République démocratique du Congo, plusieurs fois retardé. Dans des pays où le soleil brille presque toute l'année, des panneaux solaires permettent par exemple d'électrifier des villages isolés à moindre coût.

Qui paiera la facture, estimée à 200 milliards d'euros sur 10 ans par Jean-Louis Borloo ? Si un quart de la somme était apportée par des bailleurs publics, les investisseurs privés pourraient financer le reste assure le ministre. A condition de convaincre tous les acteurs, reconnaît M. Borloo, qui a rencontré 37 chefs d'Etat africains ces derniers mois, dont Robert Mugabe, actuel président de l'Union africaine, cette semaine.

«Le mode de financement sera le problème, parce que l'Europe et le monde sont en crise», estime toutefois le maire de Dakar, Khalifa Sall. Pour lui, les Africains «doivent se donner les capacités de conduire leur développement».

Source 20minutes.fr

Le Pèlerin

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Published by Le Pèlerin - dans Les Acteurs de la Paix
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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 10:49
50 vérités sur Nelson Mandela
Nelson-Mandela-est-mort 
La majeure partie des grandes puissances occidentales s’opposent jusqu’à la fin à la lutte de Mandela et appuyèrent le racisme de Pretoria
Le héros de la lutte contre l’Apartheid a marqué à jamais l’histoire de l’Afrique. Au crépuscule de son existence, Nelson Mandela est vénéré par tous. Cependant, les grandes puissances occidentales se sont opposées jusqu’aux ultimes instants à son combat pour l’émancipation humaine et ont soutenu le régime raciste de Pretoria.
1. Né le 18 juillet 1918, Nelson Rolihlahla Mandela, surnommé Madiba, est le symbole par excellence de la résistance à l’oppression et au racisme et de la lutte pour la justice et l’émancipation humaine.
2. Issu d’une famille royale de treize enfants, Mandela est le premier à fréquenter une école méthodiste et étudie le droit à l’Université de Fort Hare, la seule à accepter alors les gens de couleur dans le régime ségrégationniste de l’Apartheid.
3. En 1944, il adhère au Congrès national africain (ANC) et notamment à sa Ligue de jeunesse d’obédience radicale.
4. L’Apartheid, mis en place de 1948 avec la victoire du Parti National Purifié, instaurait la doctrine de la supériorité de la race blanche et divisait la population sud-africaine en quatre groupes distincts : les Blancs (20%), les Indiens (3%), les Métis (10%) et les Noirs (67%). Ce système ségrégationniste ostracisait ainsi les 4/5 de la population du pays.
5. Des bantoustans, réserves territoriales destinées aux gens de couleurs, ont été créés afin de parquer les populations non blanches. Ainsi, 80% de la population était obligée de vivre sur 13% du territoire national, souvent dépourvu de ressources naturelles ou de secteur industriel, dans la plus grande indigence.
6. En 1951, Nelson Mandela devient le premier avocat noir de Johannesburg et prend la tête de l’ANC de la province du Transvaal un an plus tard. Il est également nommé vice-président national.
7. A la tête de l’ANC, il lance la defiance campaign contre le régime raciste de l’Apartheid et utilise la désobéissance civile contre les lois ségrégationnistes. Lors de la manifestation du 6 avril 1952, date marquant le 300ème anniversaire de la colonisation de l’Afrique du Sud par les Blancs, Mandela est arrêté et condamné à près d’un an de prison. Depuis sa résidence surveillée de Johannesburg, il met en place des cellules clandestines de l’ANC.
8. Au nom de la lutte contre l’Apartheid, Mandela prône l’alliance entre l’ANC et le Parti communiste sud-africain. Selon lui, « l’ANC n’est pas un parti communiste mais un ample mouvement de libération qui inclut parmi ses membres des communistes et des non-communistes. Toute personne qui est un membre loyal de l’ANC et qui accepte la discipline et les principes de l’organisation a le droit d’appartenir à ses rangs.Notre relation avec le Parti communiste sud-africain en tant qu’organisation se base sur le respect mutuel. Nous nous unissons au Parti communiste sud-africain autour de ces objectifs qui nous sont communs, mais nous respectons l’indépendance de chacun et son identité individuelle. Il n’y a eu aucune tentative de la part du Parti communiste sud-africain de subvertir l’ANC. Au contraire, notre force vient de cette alliance. »
9. En décembre 1956, Mandela est arrêté et accusé de trahison avec plus d’une centaine de militants anti-apartheid. Après un procès de près de quatre ans, il est acquitté par les tribunaux.
10. En mars 1960, suite au massacre de Sharpeville réalisé par la police contre les manifestants anti-ségrégation et qui a coûté la vie à 69 personnes, le régime de l’Apartheid interdit l’ANC.
11. Mandela fonde alors l’Umkhonto we Sizwe (MK) en 1961 et prône la lutte armée contre le régime raciste sud-africain. Avant d’opter pour la doctrine de la violence légitime et nécessaire, Mandela a fortement été inspiré par la philosophie de la non-violence de Gandhi : « Bien que nous ayons pris les armes, ce n’était pas notre option préférée. C’est le régime de l’Apartheid qui nous a obligés à prendre les armes. Notre option préférée aurait été de trouver une solution pacifique au conflit de l’Apartheid. »
12. Le MK multiplie alors les actes de sabotage contre les symboles et les institutions de l’Apartheid tout en préservant les vies humaines, lance avec succès une grève générale et prépare le terrain de la lutte armée avec un entrainement militaire de ses membres.
13. Lors de son séjour en Algérie en 1962 suite à l’invitation du Président Ahmed Ben Bella, Mandela en profite pour parfaire ses connaissances sur la guerre de guérilla. Alger met à la disposition de l’ANC des camps d’entrainement et soutient financièrement les résistants anti-apartheid. Mandela y reçoit une formation militaire. Il est profondément inspiré par la guerre de libération nationale du peuple algérien contre le colonialisme français. Après sa libération, Mandela réservera son premier déplacement à l’étranger à l’Algérie en mai 1990 et rendra hommage au peuple algérien : « C’est l’Algérie qui a fait de moi un homme. Je suis algérien, je suis arabe, je suis musulman ! Quand je suis rentré dans mon pays pour affronter l’Apartheid, je me suis senti plus fort ». Il rappellera qu’il a été « le premier Sud-Africain à avoir été entraîné militairement en Algérie. »
14. Mandela étudie minutieusement les écrits de Mao et de Che Guevara. Il devient un grand admirateur du guérillero cubano-argentin. A sa libération, il déclarera : « Les prouesses révolutionnaires [de Che Guevara] – y compris sur notre continent – furent d’une telle ampleur qu’aucun fonctionnaire chargé de censure dans notre prison ne put les occulter. La vie du Che est une inspiration pour tout être humain qui aime la liberté. Nous honorerons éternellement sa mémoire. »
15. Cuba a été l’une des premières nations à apporter son aide à l’ANC. A ce propos, Nelson Mandela soulignera : « Où se trouve le pays ayant sollicité une aide de Cuba qui lui a été refusée ? Combien de pays menacés par l’impérialisme ou qui luttent pour leur libération nationale ont pu compter sur le soutien de Cuba ? Je dois dire que quand nous avons voulu prendre les armes, nous nous sommes approchés de nombreux gouvernements occidentaux à la recherche d’aide, et nous avons seulement obtenu des audiences avec des ministres de rang subalterne. Quand nous avons rendu visite à Cuba, nous avons été reçus par les plus hauts fonctionnaires, lesquels nous ont immédiatement offert tout ce que nous souhaitions et tout ce dont nous avions besoin. Ce fut notre première expérience avec l’internationalisme de Cuba. »
16. Le 5 août 1962, après 17 mois de vie clandestine, Mandela est arrêté et emprisonné à Johannesburg, grâce à la collaboration des services secrets des Etats-Unis avec le régime de Pretoria. La CIA a fourni aux forces répressives de l’Apartheid les informations nécessaires à la capture du leader de la résistance sud-africaine.
17. Accusé d’être l’organisateur de la grève générale de 1961 et de sortie illégale du territoire national, il est condamné à 5 ans de prison.
18. En juillet 1963, le régime procède à l’arrestation de 11 dirigeants de l’ANC à Rivonia, près de Johannesburg, siège de la direction du MK. Tous sont accusés de trahison, sabotage, de conspiration avec le Parti communiste et de complot destiné à renverser le gouvernement. Alors qu’il se trouve en prison, Mandela est accusé des mêmes charges.
19. Le 9 octobre 1963 débute le célèbre procès de Rivonia devant la Cour suprême de Pretoria. Le 20 avril 1964, face au juge afrikaner Quartus de Wet, Mandela développe son vibrant plaidoyer et souligne que face à l’échec de la désobéissance civile comme méthode de combat pour obtenir la liberté, l’égalité et la justice, face aux massacres de Sharpeville et l’interdiction de son organisation, l’ANC n’a au d’autre choix que de recourir à la lutte armée pour résister à l’oppression.
20. Le 12 juin 1964, Mandela et ses compagnons sont jugés coupables de sédition et condamnés à la prison à vie.
21. Le Conseil de sécurité des Nations unies dénonce le procès politique de Rivonia. En août 1963, il condamne le régime de l’Apartheid et appelle les nations du monde à suspendre leurs livraisons d’armes à l’Afrique du Sud.
22. Les grandes nations telles que les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France, loin de respecter la Résolution du Conseil de sécurité, ont soutenu le régime raciste sud-africain et poursuivent leurs livraisons d’armes.
23. De De Gaulle au gouvernement de Giscard, la France a été un allié fidèle du pouvoir raciste de Pretoria et a systématiquement refusé d’apporter son aide à l’ANC dans son combat pour l’égalité et la justice.
24. Paris, qui n’a cessé d’approvisionner Pretoria en matériel militaire, a même livré à l’Afrique du Sud sa première centrale nucléaire en 1976. Sous les gouvernements de De Gaulle et de Pompidou, l’Afrique du Sud était le 3ème client de la France en matière d’armement.
25. En 1975, le Centre Français du Commerce Extérieur (CFCE) note que « La France est considérée comme le seul véritable soutien de l’Afrique du Sud parmi les grands pays occidentaux. Non seulement elle lui fournit l’essentiel des armements nécessaires à sa défense, mais elle s’est montrée bienveillante, sinon un allié, dans les débats et les votes des organisations internationales ».
26. Emprisonné à Robben Island, sous le matricule 466/64, Mandela y passe 18 années de son existence dans des conditions d’une extrême dureté. Il ne peut recevoir que deux lettres et deux visites par an et sera séparé de sa femme Winnie – interdite de visite – pendant 15 ans. Il est condamné aux travaux forcés, ce qui affecte sérieusement son état de santé physique sans jamais réussir à briser la force morale qui l’anime. Il dispense des cours de politique, de littérature et de poésie à ses camarades de fortune et appelle à la résistance. Mandela aime à réciter le poème Invictus de William Ernest Henley : “It matters not how strait the gate,/How charged with punishments the scroll./I am the master of my fate :/I am the captain of my soul.”
27. Le 6 décembre 1971, l’Assemblée générale des Nations unies qualifie l’Apartheid de crime contre l’humanité et exige la libération de Nelson Mandela.
28. En 1976, le gouvernement sud-africain propose à Mandela une libération à condition qu’il renonce à son combat. Madiba rejette fermement l’offre du régime ségrégationniste.
Agência Efe
29. En novembre 1976, suite aux émeutes de Soweto et à la sanglante répression déclenchée par le régime de l’Apartheid, le Conseil de sécurité des Nations unies impose un embargo sur les armes à destination de l’Afrique du Sud.
30. En 1982, Mandela est transféré à la prison de Pollsmoor, près du Cap.
31. En 1985, Pieter Willen Botha, président de facto de la nation, propose une libération à Mandela si en échange il s’engage à renoncer à la lutte armée. Le leader de la lutte anti-apartheid rejette l’offre et exige la démocratie pour tous : « Un homme, une voix. »
32. Face à la recrudescence des opérations de guérilla du MK, le régime ségrégationniste crée des escadrons de la mort afin d’éliminer les militants de l’ANC en Afrique du Sud et à l’étranger. Le cas le plus célèbre reste celui de Dulcie September assassinée à Paris, le 29 mars 1988.
33. La mobilisation internationale en faveur de la libération de Nelson Mandela culmine avec un concert télévisé à Wembley en juin 1988 en hommage aux 70 ans du résistant sud-africain, qui est suivi par un demi-milliard de personnes à travers le monde.
34. L’élément décisif qui a mis fin à l’Apartheid a été la cuisante défaite militaire de l’armée sud-africaine à Cuito Cuanavale dans le Sud-Est de l’Angola contre les troupes cubaines en janvier 1988. Fidel Castro avait en effet dépêché ses meilleurs soldats en Angola suite à l’invasion du pays par le régime de Pretoria soutenu par les Etats-Unis. La victoire de Cuito Cuanavale a également permis à la Namibie, alors occupée par l’Afrique du Sud, d’obtenir son indépendance.
35. Dans un article intitulé « Cuito Cuanavale : la bataille qui mit fin à l’Apartheid », l’historien Piero Gleijeses, professeur à l’Université Johns Hopkins de Washington, spécialiste de la politique africaine de Cuba, note que « la prouesse des Cubains sur le champ de bataille et leur virtuosité à la table des négociations s’avérèrent décisives pour contraindre l’Afrique du Sud à accepter l’indépendance de la Namibie. Leur défense victorieuse de Cuito Cuanavale fut le prélude d’une campagne qui obligea la SDAF (Armée sud-africaine) à quitter l’Angola. Cette victoire eut des répercussions au-delà des frontières de la Namibie. »
36. Nelson Mandela, lors de sa visite historique à Cuba en juillet 1991, rappellera cet épisode : « Votre présence et le renfort envoyé pour la bataille de Cuito Cuanavale revêtent une importance vraiment historique ! L’écrasante déroute de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a constitué une victoire pour toute l’Afrique ! Cette défaite indiscutable de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a donné la possibilité à l’Angola de profiter de la paix et de consolider sa propre souveraineté ! La déroute de l’armée raciste a permis au peuple combattant de Namibie de conquérir enfin son indépendance ! La défaite décisive des forces agressives de l’Apartheid a détruit le mythe de l’invincibilité de l’oppresseur blanc ! La déroute de l’armée de l’Apartheid a servi d’inspiration au peuple combattant d’Afrique du Sud ! Sans la défaite infligée à Cuito Cuanavale nos organisations n’auraient pas été légalisées ! La défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale explique qu’aujourd’hui je puisse me trouver parmi vous ! Cuito Cuanavale est un évènement marquant dans l’histoire de la lutte pour la libération de l’Afrique australe ! Cuito Cuanavale marque un virage dans la lutte pour libérer le continent et notre pays du fléau de l’Apartheid ! La défaite décisive infligée à Cuito Cuanavale a altéré la corrélation de forces dans la région et a réduit considérablement la capacité du régime de Pretoria à déstabiliser ses voisins. Ce fait, conjugué à la lutte de notre peuple à l’intérieur du pays, a été crucial pour faire comprendre à Pretoria qu’il devait s’asseoir à la table des négociations. »
37. Le 2 février 1990, le régime ségrégationniste, moribond après la déroute de Cuito Cuanavale, est contraint de légaliser l’ANC et d’accepter des négociations.
38. Le 11 février 1990, Nelson Mandela est enfin libre après avoir passé 27 ans en prison.
39. En juin 1990, les dernières lois ségrégationnistes sont abolies suite à la pression imposée par Nelson Mandela, l’ANC et le peuple.
40. Elu président de l’ANC en juillet 1991, Mandela rappelle ses objectifs : « Nous, à l’ANC, serons toujours du côté des pauvres et des sans-droits. Non seulement nous serons à leurs côtés, mais nous allons faire en sorte que tôt ou tard les pauvres et sans-droits contrôlent la terre sur laquelle ils sont nés et que – comme le stipule la Charte de la Liberté – ce soit le peuple qui gouverne. »
41. Fortement critiqué pour son alliance avec le Parti communiste sud-africain lors du processus de paix par les puissances occidentales qui soutenaient encore le régime de l’Apartheid, Mandela a répliqué de manière cinglante : « Nous n’avons pas la moindre intention d’accorder un quelconque crédit à ceux qui nous conseillent de rompre cette alliance [avec le Parti communiste]. Qui sont ceux qui offrent ces conseils non sollicités ? Ils proviennent majoritairement de ceux qui ne nous ont jamais offert la moindre aide. Aucun de ces conseillers n’a jamais fait les sacrifices qu’ont faits les communistes pour notre lutte. Cette alliance nous a renforcés et nous la poursuivrons davantage. »
42. En 1991, Mandela condamne le soutien persistant des Etats-Unis au régime de l’Apartheid : « Nous sommes profondément inquiets de l’attitude adoptée par l’administration Bush à ce sujet. Ce fut l’un des rares gouvernements qui a été en contact régulier avec nous pour examiner la question des sanctions et nous lui avons clairement montré qu’il était prématuré de les supprimer. Cependant, cette administration, sans même nous consulter, nous a simplement informés que les sanctions nord-américaines allaient être annulées. Nous considérons que cela est totalement inacceptable. »
43. En 1993, Mandela reçoit le prix Nobel de la paix pour son œuvre en faveur de la réconciliation nationale.
44. Lors du premier scrutin démocratique de l’histoire de l’Afrique du Sud du 27 avril 1994, Nelson Mandela, âgé de 77 ans, est élu Président de la République avec plus de 60% des voix et gouverne jusqu’en 1999.
45. Le 1er décembre 2009, l’Assemblée générale des Nations unies vote à l’unanimité de ses 192 membres une résolution décrétant le 18 juillet journée internationale Nelson Mandela, en hommage au combat du héros sud-africain contre toutes les injustices.
46. Si aujourd’hui, Mandela est salué par tous, durant des décennies, les puissances occidentales l’ont considéré comme un homme dangereux et l’ont combattu en soutenant le régime de l’Apartheid.
47. Les Etats-Unis et la Grande Bretagne ont été les principaux alliés du régime de l’Apartheid, qu’ils ont soutenu jusqu’aux derniers instants.
48. Si les Etats-Unis vénèrent aujourd’hui Nelson Mandela, de Clinton en passant par Bush et Obama, il convient de rappeler qu’ils l’ont maintenu sur la liste des membres d’organisations terroristes jusqu’au 1er janvier 2008.
49. Nelson Mandela a maintes fois rappelé les liens indéfectibles qui liaient l’Afrique du Sud à Cuba : « Dès l’origine, la Révolution cubaine a été une source d’inspiration pour tous les peuples épris de liberté. Le peuple cubain occupe une place spéciale dans le cœur des peuples de l’Afrique. Les internationalistes cubains ont effectué une contribution à l’indépendance, à la liberté et à la justice en Afrique qui n’a pas d’équivalent par les principes et le désintéressement qui la caractérisent. Nous pouvons apprendre beaucoup de choses de son expérience. Nous sommes particulièrement émus par l’affirmation du lien historique avec le continent africain et ses peuples. Son engagement immuable à l’éradication systématique du racisme n’a pas de parallèle. Nous sommes […] conscients de la grande dette que nous avons à l’égard du peuple de Cuba. Quel autre pays pourrait prétendre à plus d’altruisme que celui que Cuba a appliqué dans ses relations avec l’Afrique ? »
50. Thenjiwe Mtintso, alors ambassadrice d’Afrique du Sud à Cuba, a rappelé la vérité historique à propos de l’engagement de Cuba en Afrique : « Aujourd’hui l’Afrique du Sud a de nombreux nouveaux amis. Hier, ces amis parlaient de nos dirigeants et de nos combattants comme des terroristes, et ils nous harcelaient depuis leurs pays tout en appuyant l’Afrique du Sud de l’apartheid. Aujourd’hui, ces mêmes amis veulent que nous accusions et isolions Cuba. Notre réponse est très simple : c’est le sang des héros cubains et non pas celui de ces amis qui irrigue profondément la terre africaine et revivifie l’arbre de la liberté dans notre Patrie ».
Source : mondialisation Salim Lamrani
Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.
Le Pèlerin
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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 04:34

 

Portrait de Nelson Mandela, icône de la liberté

Nelson-Mandela-est-mort.jpgNelsonMandela a été le prisonnier politique le plus célèbre de la planète. Il est aujourd'hui devenu un héros quasi mythique.  

Figure majeure du militantisme anti-apartheid, prisonnier politique le plus célèbre du monde et premier président noir de l'Afrique du Sud, c'est tout autant le père de la nation arc-en-ciel qu'un héros mondial qui s'est éteint le jeudi 5 décembre, à l'âge de 95 ans.

L'enfance heureuse

Nelson Rolihlahla Mandela est né le 18 juillet 1918 dans le petit village de Mvezo, dans le Transkei (sud-est) au sein du clan royal des Thembu, de l'ethnie xhosa. Mais c'est dans le village voisin de Qunu, qu'il passera son enfance et, dira-t-il plus tard, ses "années les plus heureuses". Il reçoit une éducation en anglais dans une école tenue par des missionnaires protestants où son institutrice lui donne le prénom britannique de "Nelson".

Son père l'avait quant à lui appelé "Rolihlahla", qui signifie en xhosa "fauteur de troubles". Mandela va très vite montrer son aptitude à la rébellion. Il poursuit ses études à l'université de Fort Hare (sud) jusqu'au moment où il est exclu pour cause de conflit sur l'élection de représentants étudiants. Apprenant alors que sa famille le promet à un mariage arrangé, Nelson Mandela s'enfuit, à 22 ans, à Johannesburg.

Le jeune loup de l'ANC

C'est là que le jeune homme, amateur de femmes et de boxe, découvre ce qu'est véritablement la ségrégation dont sont victimes "les gens de couleurs". Il y rencontre le militant anti-apartheid Walter Sisulu, qui devient son mentor et le fait entrer en 1944 au Congrès national africain, l'ANC. Il travaille alors comme jeune clerc dans un cabinet d’avocats et épouse, la même année, Evelyn Mase.

Avec Walter Sisulu, Oliver Tambo et d'autres jeunes loups, il fonde la Ligue de la jeunesse de l'ANC, plus radicale que le parti face à un régime qui a institutionnalisé l'apartheid en 1948. Il est encore un nationaliste africain pur jus qui ne veut plus de Blancs en Afrique du Sud. Pour Verne Harris, responsable du programme de mémoire de la Fondation Mandela, c'est au début des années 1950 qu'"il est passé d'une position africaniste, où les Blancs n'auraient aucun rôle à jouer dans la lutte de libération, à une approche multiraciale." "C'est venu des expériences difficiles des actions de protestation du début des années 1950" qui visaient à s'opposer à la systématisation de la ségrégation, explique-t-il à l'AFP.

La lutte armée

 Mais une autre rupture attend Nelson Mandela. Alors que l'ANC a fait sien, depuis sa création en 1912 (alors sous le nom de Congrès indigène national sud-africain, SANNC), le principe de la non-violence cher à Gandhi, le massacre de Shaperville le 21 mars 1960, répression sanglante d'une manifestation dans un township, et l'interdiction de l'ANC la même année, font basculer la résistance dans la clandestinité. Abandonnant la non-violence, Nelson Mandela plaide alors pour le recours à la lutte armée. "Pendant 50 ans, l'ANC avait considéré la non-violence comme un principe central. Désormais, l'ANC serait une organisation d'un genre différent. Nous nous engagions dans une voie nouvelle et plus dangereuse, la voie de la violence organisée", a-t-il écrit dans ses mémoires.

En juin 1961, il fonde la branche armée de l’ANC, "Umkhonto we Sizwe" ("le fer de lance de la nation" en zoulou, abrégé en MK). Il sillonne l’Afrique du Sud, va chercher du soutien auprès des "pays frères", en Afrique et dans le bloc soviétique, en changeant régulièrement de points de chute et de couverture. Les premiers attentats à la bombe, très artisanaux, sont perpétrés à Durban, Port Elizabeth et Johannesburg à la fin de l'année 1961. Ils visent surtout des centrales électriques et des centres de délivrance des laissez-passer aux Noirs.

Le détenu 46664

 Arrêté à plusieurs reprises, il fait partie, en 1962, des membres de l’état-major d’Umkhonto we Sizwe raflés à Rivonia, près de Johannesburg. Jugé pour "sabotage" et "tentative de coup d’Etat" – des crimes passibles de la peine de mort –, Nelson Mandela est condamné à vie. Il fait, le jour du verdict, le 12 juin 1964, un plaidoyer historique : "J'ai lutté contre la domination blanche et j'ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie avec des chances égales. J'espère vivre assez longtemps pour l'atteindre. Mais si cela est nécessaire, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir." Son nom restera inscrit sur la liste des terroristes aux Etats-Unis jusqu'en 2008 !

Il passe 18 de ses 27 années de prison dans le bagne de Robben Island, une petite île au large du Cap. Soumis à un régime de détention draconien, Nelson Mandela ne répond plus qu'au matricule 46664. Son nom, son visage sont bannis d'Afrique du Sud. Derrière les barreaux, il devient le symbole de l'oppression de son peuple, tandis que le monde entier appelle à sa libération. Alors que le régime de l'apartheid, mis au ban de la communauté internationale, asphyxié par les sanctions, est aux abois, le prisonnier entame secrètement des négociations en 1986 avec ses geôliers. "Je n'étais pas disposé à abandonner la violence sur le champ, mais je leur ai affirmé que la violence ne pourrait jamais être la solution définitive à la situation en Afrique du Sud", a-t-il écrit dans ses mémoires.

Le "détenu 46664" est finalement libéré le 11 février 1990. La photo de sa sortie de prison aux côtés de sa seconde épouse Winnie, devenue égérie de la résistance au régime, fait le tour du monde.

Le Président

L'Afrique du Sud menace alors de sombrer dans les règlements de compte et la guerre civile. Mais celui qui a appris en prison à comprendre ses adversaires, à leur pardonner et à travailler avec eux, parvient à éviter le pire. Avec son ennemi d'hier, le dernier président de l'apartheid, Frederik De Klerk, il réussit à s'entendre pour organiser les premières élections démocratiques multiraciales le 27 avril 1994. Pour avoir ainsi su dépasser leurs antagonismes et mené leur pays à la réconciliation, les deux hommes partageront le prix Nobel de la paix en 1993.

L'ANC remporte haut la main ce premier scrutin qui ouvre l'ère post-apartheid. Et c'est sous les couleurs de ce parti que Mandela devient le premier président de la nouvelle nation arc-en-ciel. Le bilan de sa présidence est indéniable : lorsqu'il cède le pouvoir, à 81 ans, à son successeur, Thabo Mbeki, en 1999, le pays est pacifié, la nouvelle constitution est saluée pour son progressisme, la Commission vérité et réconciliation (TRC), présidée par l’archevêque Desmond Tutu, a entendu de 1995 à 1998 les victimes et pardonné aux bourreaux, l'Afrique du Sud a réintégré le concert des Nations et son économie s’est ouverte.

Ce dernier point lui sera cependant reproché. "Les cadres et références marxistes ou socialistes profonds dans sa pensée ont alors étés abandonnés, et une nouvelle sorte de cadre presque libéral a émergé", analyse Verne Harris de la Fondation Mandela. Dans une tribune publiée le 24 juin 2013 dans "The Guardian", le politicien sud-africain Ronnie Kasrils, qui fut membre de l'ANC de 1987 à 2007, revient sur ce qu'il appelle le "pacte faustien" de l'ANC, le prêt contracté par l'Afrique du Sud auprès du Fonds monétaire international. "De 1991 à 1996, la bataille pour l'âme de l'ANC fut engagée et en fin de compte gagnée par les grandes groupes économiques. Nous nous sommes fait piéger par l'économie libérale", regrette-t-il.

Président, Nelson Mandela s'est aussi attiré des critiques pour son traitement de l'épidémie du sida dans les années 90, qu'il ne prit alors pas assez au sérieux - il s'en est excusé ensuite, alors que Thabo Mbeki se discréditait totalement sur ce dossier en remettant en cause le lien entre VIH et sida puis en refusant, jusqu’en 2003, l’accès aux antirétroviraux. En refusant de faire un deuxième mandat, en laissant le pouvoir à Thabo Mbeki, en 1999, Nelson Mandela avait d'ailleurs tout autant suscité l'admiration que la réprobation. Nombreux sont ceux qui estiment que l'Afrique du Sud aurait eu besoin de le garder à sa tête un peu plus longtemps...

Le héros mythique

"Icône mondiale de la réconciliation" selon les termes de Desmond Tutu, adulé par les Noirs, respecté par les Blancs, Nelson Mandela est devenu pour toute l'Afrique du Sud "Madiba", son nom de clan transformé en surnom affectueux. Depuis qu'il avait pris sa retraite en 1999, après avoir épousé, en 1998, en troisièmes noces, Graça Machel, il s'était retiré de la vie publique, partageant son temps entre Johannesburg et Qunu. Hospitalisé à plusieurs reprises pour une infection pulmonaire probablement liée à une tuberculose contractée en prison, il n'avait pas fait d'apparition en public depuis 2010, s'enveloppant peu à peu dans une aura de héros mythique.

Message personnel

J'avais en son temps rendu hommage à cet être d'exception:

"Et si l'Algérie avait eu son Nelson Mandéla.."

"Les Acteurs de la paix - Mandela est entré dans l'histoire" 

Lire ces articles dans la rubrique "Les Acteurs de la Paix" 

Source Le Nouvel Observateur Sarah Halifa-Legrand

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 09:18
100.000 signatures, femme de l'année : Christiane Taubira superstar
Christiane-Taubira.jpg 
Le magazine "Elle" a élu la garde des Sceaux femme de l'année. Une pétition de soutien lancée par une vingtaine de personnalités, a recueilli 100.000 signatures.
C'est un bon jour pour Christiane Taubira. Josiane Balasko, Jane Birkin et une vingtaine d'autres personnalités ont remis, ce jeudi 21 novembre, à la ministre de la Justice une pétition de soutien qui a recueilli plus de 100.000 signatures, après les attaques racistes dont elle a été la cible ces dernières semaines.
Tu réclamais ces belles voix. Aujourd'hui, elles se sont exprimées", a lancé l'initiateur de la pétition, l'adjoint au maire écologiste de Brétigny-sur-Orge (Essonne), Steevy Gustave, à l'adresse de Christiane Taubira. "On est des pompiers qui allons éteindre la flamme de la haine".
Source Le Nouvel Observateur
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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 11:30

L’Amérique se recueille

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Il y a 50 ans, le 28 août 1963, le pasteur Martin Luther King prononçait un discours à Washington, «J’ai fait un rêve», qui devait marquer profondément la société américaine et le mouvement des droits civiques.

Les Etats-Unis, comme souvent, ont fait les choses en grand : ce n’est pas une seule journée que les héritiers du pasteur noir consacrent à l’anniversaire de l’événement, mais près d’une semaine. Aujourd’hui, 150 000 personnes sont attendues sur le National Mall, la grande pelouse qui relie le Congrès au mémorial où une immense statue d’Abraham Lincoln toise le visiteur. C’est aussi le lieu d’où le révérend King avait lancé par une journée de fin d’été de 1963 la formule qui a accompagné le combat des Noirs américains pour la reconnaissance de leurs droits dans ces turbulentes années 60, tout autant marquées par la guerre du Vietnam, l’assassinat de John F. Kennedy que celui de Martin Luther King lui-même, en avril 1968. Quatre jours plus tard, mercredi, soit le jour anniversaire, les cloches des églises se mettront à sonner à travers les Etats-Unis au moment où Barack Obama, le premier président noir du pays, prononcera un discours depuis les marches du Mémorial Lincoln.

Bien évidemment, une pléthore d’événements, de débats et de discussions permettront aux Américains de s’interroger sur l’état des relations entre les différentes communautés qui composent les Etats-Unis. «J’ai toujours dit que nous avions accompli d’énormes progrès dans ce pays. Ceci dit, croire que le travail est fini c’est, au mieux, faire preuve de bêtise et de naïveté», déclare Al Sharpton, un militant de longue date de la cause noire et co-organisateur de la manifestation de samedi. Il se tiendra aux côtés de Martin Luther King III, le fils du révérend, du ministre de la Justice, Eric Holder, et de la famille de Trayvon Martin, l’adolescent noir tué l’an dernier en Floride par un vigile de quartier.

«L’égalité maintenant !»

Le 28 août 1963, environ 250 000 personnes, toutes origines et ethnies confondues, s’étaient déplacées jusque sur le National Mall, entonnant le slogan L’égalité maintenant ! et chantant We shall overcome (Nous vaincrons), lors de cette marche dont l’intitulé originel était Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté. Parmi les millions d’Américains scotchés à leur téléviseur, John F. Kennedy, le Président démocrate qui, jusqu’à ce jour torride d’août, renâclait à l’heure de faire voter des lois audacieuses mettant un terme à la ségrégation dans les Etats du «vieux» Sud. Ce jour-là, Martin Luther King, 34 ans, était le dernier orateur. Et c’est en s’écartant du texte qu’il avait sous les yeux qu’il lança son célèbre : «J’ai fait un rêve, celui qu’un jour cette nation se lèvera et se mettra à vivre pleinement son credo. Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux.»
«I Have a Dream» est aujourd’hui gravé sur les marches du monument, à l’endroit précis où Martin Luther King a prononcé son discours, à l’orée de la promulgation des lois sur les droits civiques par le président Lyndon B. Johnson en 1964 et 1965.

Source El Watan

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 07:10

Pour la dignité humaine et la justice

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Un symbole pour l'humanité, toute entière

 

«Si on veut avoir un exemple d'un homme absolument intègre, cet homme, cet exemple est Mandela. Si on veut avoir un exemple d'un homme inébranlablement ferme, vaillant, héroïque, serein, intelligent, capable, cet exemple et cet homme est Mandela» Fidel Castro 26 juillet 1991

Ces jours-ci la presse et les médias du monde entier se pressent en Afrique du Sud, Mandela est très malade. La fille de ce dernier les a traités de vautours. Il est vrai que Nelson Mandela a été placé sous assistance respiratoire, le 26 juin. Nous lisons Le Monde: «Devant une armée de journalistes venus du monde entier, de nombreux anonymes se sont pressés toute la journée et jusqu'à tard dans la soirée devant un mémorial improvisé sur le mur du Mediclinic Heart Hospital de Pretoria où a été admis celui que la plupart des Sud-Africains appellent affectueusement Madiba. Les problèmes pulmonaires à répétition du ´´père´´ de la nation sud-africaine, sont probablement liés aux séquelles d'une tuberculose contractée pendant son séjour sur l'île-prison de Robben Island, au large du Cap. Il y a passé dix-huit de ses vingt-sept années de détention dans les geôles du régime raciste de l'apartheid. Libéré en 1990, Mandela a reçu en 1993 le prix Nobel de la paix pour avoir su mener à bien les négociations en vue d'installer une démocratie multiraciale en Afrique du Sud, conjointement avec le dernier président du régime de l'apartheid, Frederik de Klerk. Mandela a été de 1994 à 1999 le premier président noir de son pays, un dirigeant de consensus qui a su gagner le coeur de la minorité blanche dont il avait combattu la mainmise sur le pouvoir.»(1)
Quelques rappels de la longue marche vers la liberté
La maladie du héros national a déclenché une multitude de voeux de rétablissements et d'hommages. Les médias occidentaux parlent du modèle exemplaire de l'Afrique du Sud qui a réussi l'intégration et à créer, selon le bon mot de Mandela, une «nation arc-en-ciel» Souvenons-nous «l'ex-président sud-africain Nelson Mandela et son parti politique, le Congrès national africain, étaient sur la liste noire des organisations que les Etats-Unis considèrent comme terroristes». Durant tout son mandat en tant que président élu de l'Afrique du Sud, il ne fut pas reconnu et jusqu'en 2008, il était toujours sur la liste des terroristes ainsi que tous les dirigeants de l'ANC. Il a fallu attendre le 1er juillet 2008 pour que le président américain George W.Bush signe une loi en vue de retirer l'ancien président sud-africain Nelson Mandela ainsi que son parti d'une liste américaine répertoriant des terroristes. La détention de Mandela pendant 10.000 jours fut l'objet d'un processus qui s'est accéléré en 1989. Le 2 février 1990, De Klerk annonce la libération de Mandela. Le 11 février, ce dernier franchit à pied les derniers mètres de sa «longue marche vers la liberté». Ce que nous retenons de Mandela, c'est aussi ses prises de position courageuses contre l'ordre occidental, contre la guerre en Irak et son soutien sans faille à la cause palestinienne. 20 février 2010, après vingt-sept années d'emprisonnement dans des conditions souvent très dures, Mandela est relâché le 11 février 1990, et soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk. Nelson Mandela devient le premier président noir d'Afrique du Sud en 1994. Il mène une politique de réconciliation nationale entre Noirs et Blancs. Après un unique mandat, il se retire de la vie politique active, mais continue à soutenir publiquement le Congrès national africain tout en condamnant ses dérives. Elevé au rang de patrimoine commun de l'humanité1, il demeure une personnalité mondialement écoutée au sujet des droits de l'homme et est salué comme le père d'une Afrique du Sud multiraciale et pleinement démocratique, qualifiée de «nation arc-en-ciel», même si le pays reste confronté à de graves problèmes d'inégalités économiques, de tensions sociales et de replis communautaires.
En 1963, il suit une formation militaire en Algérie nouvellement indépendante et étudie Carl von Clausewitz, Mao Zedong, Che Guevara et les spécialistes de la Seconde Guerre des Boers. Il est arrêté jugé et condamné à la prison à vie. Le 2 février 1990, le président de Klerk annonce la levée de l'interdiction de l'ANC et de plusieurs autres organisations anti-apartheid, ainsi que la libération prochaine et sans condition de Nelson Mandela après vingt-sept ans de prison. Le jour de sa libération, Nelson Mandela fait un discours depuis le balcon de l'hôtel de ville du Cap. «Je suis là devant vous non pas comme un prophète, mais comme un humble serviteur du peuple» (...) Les premières élections nationales non raciales du pays à la date son fixées à la date du 27 avril 1994, Nelson Mandela est élu président de la République d'Afrique du Sud. Lors d'un discours le 2 mai, il prononce le «free at last - enfin libre» de Martin Luther King (2)
Conformément aux négociations de la période de transition, une commission de la vérité et de la réconciliation, présidée par l'archevêque anglican et prix Nobel de la Paix Desmond Tutu, est créée pour recueillir le récit des exactions et des crimes commis sous l'apartheid par le gouvernement, les forces de sécurité, mais également par les mouvements de libération comme l'ANC Pour Desmond Tutu, «sans pardon, il n'y a pas d'avenir, mais sans confessions, il ne peut y avoir de pardon». Les coupables de violence sont encouragés à se confesser, une amnistie étant offerte en cas d'aveux. En l'absence de confession ou de refus de se présenter devant la commission, des poursuites judiciaires peuvent être engagées si les autorités ont suffisamment de preuves pour engager une procédure. (2)
Nelson Mandela ne manque jamais de saluer les pays qui ont soutenu la lutte contre l'apartheid comme la Libye du colonel Kadhafi qu'il qualifie de «leader moral» et auquel il décerne l'ordre de Bonne Espérance en 1997, la plus haute distinction du pays En juillet 2002, le président George W. Bush l'avait décoré de la Médaille présidentielle de la liberté, l'appelant «l'homme d'État le plus révéré de notre temps». Mandela s'oppose fermement à l'attaque des États-Unis et de leurs alliés contre l'Irak, déclenchant la guerre du même nom sans l'aval des Nations unies. Il accuse le président George W.Bush de vouloir «plonger le monde dans l'holocauste l'accusant d'arrogance et de manque de vision et d'intelligence. Mandela, est un héros pour Obama. Les deux hommes ne se sont rencontrés qu'une seule fois en 2005, mais le grand leader sud-africain a toujours eu une place à part dans le panthéon du président américain. (3)
Usure du pouvoir et les bienfaits de l'alternance
On sait qu'à partir de 1996, Mandela laisse à Thabo Mbeki la gestion quotidienne du pays et en décembre 1997 il quitte la présidence de l'ANC, ce qui permet une passation des pouvoirs en douceur et contribue à la stabilité politique du pays et à conserver sa bonne image au niveau international. Pour Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture au Mali, «Mandela est un grand homme. Un homme de conviction et de courage qui a su libérer son pays. Nelson Mandela est aussi un grand homme qui a su quitter le pouvoir au moment opportun. Cela est important, parce que les héros des luttes de libération nationale qui s'accrochent à leur projet finissent comme Mugabe.» (4)
Justement, en 1998, peu avant la fin de son mandat, Nelson Mandela, dressait un premier bilan de son action lors d'un entretien accordé à un mensuel sud-africain. (...) Sans nier les problèmes que traverse son pays, en particulier l'écart croissant entre les riches et les pauvres, Mandela croit en l'avenir - celui de l'Afrique du Sud comme celui du continent tout entier. Il l'explique dans un entretien qu'il a accordé à Leadership, une revue sud-africaine: «Chaque jour, écrivent les journalistes, le Président se lève vers 4 heures à son domicile de Johannesburg, Mandela s'est rendu en voiture à la Presidential Guest House à Bryntirion, le quartier où résident les principaux membres du gouvernement. La grande bâtisse dressée sur la colline de Magaliesberg, est restée à peu près en l'état - à l'exception du portrait de Mandela suspendu dans l'entrée. La belle collection d'oeuvres de Pierneef, de Gwelo Goodman et de Maggie Laubser, entre autres artistes connus, couvre toujours les murs entre les précieuses armoires et tables africaines. On est loin de ce qui se passe dans d'autres pays, comme le Zimbabwe ou la Zambie, qui ont, après l'indépendance, dépouillé la plupart des bureaux et résidences officiels de tout ce qui rappelait le passé.» (5)
«A une question sur le rôle extraordinaire qu'il a joué et aux craintes de l'après-Mandela, mettant en valeur ses ministres, il leur attribue toute la réussite: «Prenez, déclare-t-il, le ministre de l'Eau, le Pr Kader Asmal: à aucun moment de notre histoire, ce portefeuille n'a eu autant d'importance qu'aujourd'hui. Nous avons fourni de l'eau potable à 2,6 millions de personnes. Ce n'est pas Mandela qui l'a fait, c'est Kader Asmal. Prenez encore Trevor Manuel [le ministre des Finances]: il a su gagner la confiance des économistes et des institutions financières de ce pays et du monde entier. Ce n'est pas Mandela qui a réussi cela, c'est Trevor Manuel. Voyez Alec Irwin au Commerce et à l'Industrie: où qu'il aille, il reçoit un accueil chaleureux en raison de son action.» (5)
S'agissant plus précisément de la relève, Mandela n'est pas inquiet pour avoir mis en place les mécanismes de la transition et les hommes capables de poursuivre la longue marche: «Voyez le vice-président Thabo Mbeki: nous avons là un homme extrêmement talentueux, c'est un réel atout pour nous, il est aujourd'hui respecté, aussi bien ici, qu'à l'étranger et il joue un rôle très important sur ce continent et dans d'autres régions du monde. La question de l'après-Mandela ne se pose absolument plus. Je pense que les louanges sont davantage une marque de respect pour un vieil homme qu'autre chose.» (5)
«Comment, sur le plan émotionnel, faites-vous face à une telle adulation? Comment peut-on encore garder une certaine humilité?», déclarent les journalistes qui l'ont interviewé. Il répond d'une façon élégante: «C'est un hommage rendu non pas à une personne en particulier, mais à l'ensemble du peuple sud-africain. Nous n'avons jamais été formés à gouverner. On nous a littéralement sortis de la brousse pour nous confier la tâche d'administrer un pays avancé. Si on prend tout cela en compte, nous avons fait du très bon travail, comparé au gouvernement précédent.» (5)
Cet aveu donne la dimension réelle du personnage qui fait preuve d'humilité et qui est là pour apprendre armé seulement de son honnêteté et de son bon sens paysan.
S'agissant de la presse, les deux journalistes interrogent Mandela sur l'indépendance de la justice. Il répond d'une façon tout à fait naturelle: «Nous avons laissé clairement entendre avant les élections de 1994 que nous voulions une presse indépendante et forte, une presse critique - et certainement pas une presse ´´godillot´´. Nous ne sommes pas intervenus.(...) Nous ne l'avons pas fait parce que, comme je l'ai expliqué maintes et maintes fois, nous voulons utiliser la presse comme un miroir, où nous pouvons mesurer les résultats de notre action». (5)
«S'agissant de certains Blancs qui ont quitté le pays, avec l'avènement du nouveau pouvoir, Mandela déclare qu'ils ont toute leur place: «(...) Dans tous les pays colonisés, lorsque des changements démocratiques surviennent, l'ancienne classe dirigeante préfère partir. Les minorités ont très peur et quittent le pays. C'est ce qui est arrivé en Afrique et en Asie. Mais, une fois que ces gens s'aperçoivent que tout se passe normalement, que leurs craintes sont infondées, ils reviennent(...) Il faut écouter les déclarations qui ont été faites par l'un des porte-parole des milieux agricoles. Il a dit: c'est mon pays; quelles que soient mes inquiétudes concernant la criminalité, c'est mon pays; j'y reste, je ne vais nulle part ailleurs. Quand on voit ceux qui sont fermement décidés à rester dans leur pays, on voit que ceux qui l'ont quitté ne représentent qu'une infime minorité. Néanmoins, nous voulons qu'ils reviennent avec leurs compétences.» (5) On le voit, Mandela a réussi à apaiser ses adversaires d'avant, lui qui a souffert plus que tout homme de l'apartheid. Pour bâtir une nouvelle nation «arc-en-ciel» il a eu besoin de tous les Sud-Africains, Noirs et Blancs.
Justement, d'après un rapport publié par l'Institut sud-africain des relations entre les races, les Blancs s'en sortent bien mieux que prévu depuis la fin de l'apartheid. Les Blancs se demandent donc avec angoisse ce qui va se passer quand il mourra. (...).» (6)
Le parti de Mandela jouit toujours d'une forte emprise sur la plupart des Noirs sud-africains et d'un respect de leur part. Malgré ses insuffisances, il est toujours considéré par beaucoup comme la seule organisation capable de restructurer fondamentalement la politique économique de l'Afrique du Sud. On le voit, l'usure du pouvoir touche aussi les partis qui n'ont pas su faire leur mue pour rentrer dans le XXIe siècle. A bien des égards, nous rêvons d'un Mandela algérien qui aurait pu donner à l'Algérie une autre dimension, celle de dirigeants fascinés par l'avenir, qui prônent et préparent l'alternance qui ne font pas dans l'exclusion au contraire. Des dirigeants capables de réconcilier les Algériens avec eux-mêmes et avec leur histoire.
Ce que l'on retiendra de Nelson Mandela, c'est son capital humain et son extraordinaire personnalité qui lui a permis de résister à la haine pendant 27 ans de privations, de déni de dignité et comment il a converti sa haine en empathie pour devenir un homme de paix, lui qui a combattu l'anti-apartheid pendant plus de trente ans. Il a fait honneur à l'Afrique et à l'humanité. Il n'existe pas de personnages qui aient marqué leur époque au XXe siècle comme le Mahatma Gandhi ou son héritier spirituel, Nelson Mandela. Au XIXe siècle, il y eut un grand consensus pour désigner l'Emir Abdelkader comme l'une des personnes ressources de l'humanité. Curieusement, l'Occident si prompt à donner des leçons de droits de l'homme, n'a pas vu émerger en son sein des hommes de la trempe de ces géants qui nous font espérer en la condition humaine.
1. Le Monde.fr avec AFP | 27.06.2013
2. Chems Eddine Chitour http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mandela-la-legende-du-matricule? utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm campaign= Feed% 3A%20agoravox%2FgEOF%20(AgoraVox%20-%20le%20journal%20citoyen) 20 02 2010
3. Nelson Mandela: Encyclopédie Wikipédia
4. Aminata Traoré: Et si Mandela... http://www.alterinter.org/article23... 22 juillet 2008
5. Hugh Murray et Paul Bell: On nous a sorti de la brousse pour nous confier le pays 3 Leadership 3 Décembre 1998
6. Sean Jacobs Mandela: un héritage en question The Nation 26 juin 2013

Source L’Expression Pr Chems Eddine Chitour

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 13:03

Nelson Mandela - Prix Nobel en 1993

Nelson Mandela lutte actuellement….Sa vie ne tient qu’à un fil ….A l’âge de 95 ans, il semble affronter l’un de ses derniers combats, puisque son état est jugé « critique » par l’entourage médical qui le conduit au cours de ce combat qui semble être pour lui le dernier….

Nelson Mandela a toujours lutté pour les droits de l’homme en Afrique du Sud; mais ce que j’ai le plus admiré en lui c’est la manière avec laquelle il a «géré» l’avènement de l’indépendance de son pays sans heurt majeur. J’ai regretté qu’il n’en fût de même en Algérie…tout le monde y aurait gagné….Dommage 
Biographie
Fils d'un chef Thembu, Mandela est né en 1918 dans la province sud-africaine de l’Umtata. Il étudie à Fort Hare, d'où il est renvoyé pour avoir participé à une manifestation d'étudiants, et à l'université de Witwatersrand, où il obtient un diplôme en droit en 1942. En 1944, Mandela adhère au Congrès national africain (ANC). Lorsque le « Parti national » arrive au pouvoir, en 1948, et introduit l'apartheid, Mandela et l’ANC résistent à la politique raciste du gouvernement. En 1956, Mandela est arrêté et jugé pour trahison, mais il sera acquitté en 1961.
Après le massacre de Sharpeville en 1960, l’ANC et le Congrès panafricain sont interdits. Mandela abandonne alors la stratégie non-violente de l’ANC et fonde une organisation militaire, Umkhonto we Sizwe. En 1962, il est condamné à cinq ans de travaux forcés et, en 1963, il est inculpé avec d'autres leaders, de sabotage, trahison et complot. Pour ces faits, il est condamné en 1964, avec sept autres militants, à la prison à vie.
En 1990, après 26 ans de prison de détention pour raisons politiques (ce qui est un record), le président F.W. de Klerk supprime l’interdiction de l’ANC et libère Mandela, qui est élu président de l’ANC en 1991.
Les deux hommes conduisent alors les négociations qui mettent fin à l’apartheid, ce qui leur vaudra de recevoir le prix Nobel de la paix en 1993. Un an plus tard, à l'occasion des premières élections libres de l'histoire de l'Afrique du Sud, Nelson Mandela est élu président de «la nation de l’arc en ciel», siège qu'il occupera de 1994 à 1999
Le massacre de Sharpeville:
Le 21 mars 1960, la police sud-africaine ouvre le feu sur une foule de manifestants : 69 personnes sont tuées et il y a plus de 180 blessés. C’est un moment charnière de l'histoire du pays, cette tuerie insensée déclenche une vague de protestations tant au niveau national qu’international
Congrès panafricain:
Parti politique d'Afrique du Sud fondé en 1959 en réaction à l'action multiraciale de l'ANC et aux liens que celle-ci entretenait avec les communistes et les soviétiques. Interdit en 1969, c'est de la Zambie, pays frontalier de l'Afrique du Sud, que les leaders exilés organisent leur opposition au régime de l'apartheid.
Citations
«J'ai lutté contre la domination blanche et j'ai lutté contre la domination noire. Je caresse l'idéal d'une société démocratique et libre où toutes les personnes puissent vivre ensemble et en harmonie, en bénéficiant de l’égalité des chances. Ceci est un idéal pour lequel j'espère vivre et voir réaliser. Mais c'est aussi un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.» 

«Pourquoi est-ce que dans cet auditoire, je dois comparaître devant un magistrat blanc, être confronté à un procureur blanc, escorté par des plantons blancs ? On ne peut suggérer honnêtement et sérieusement que dans ces conditions, la neutralité de la justice soit assurée... Je suis un homme noir dans la cour d'un homme blanc. Ceci ne devrait pas être.» 

«Une nouvelle société doit naître de laquelle toute l'humanité sera fière... Nous avons enfin réalisé notre émancipation politique. Nous nous mettons en gage à libérer tous nos frères du servage continu de la pauvreté, de la privation, de la souffrance, et toute autre discrimination. Plus jamais, jamais, et jamais ce beau pays ne devra connaître l'expérience de l'oppression d'un groupe sur un autre...»
Sources diverses Internet
Le Pèlerin

 

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 11:22

 Henry Dunant l'Algérien
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Henry Dunant est né le 8 mai 1828 à Genève. Il est issu d'une vieille famille bourgeoise calviniste, pieuse pratiquant la charité.
A l'école : un cancre
Printemps 1842. Nous sommes dans le bureau du directeur du collège Calvin, à Genève. L'atmosphère est pesante car les autorités scolaires ont convoqué un honorable citoyen, Jean-Jacques Dunant, et son fils pour leur dire de tristes vérités. Le directeur ouvre les feux :
– Monsieur Dunant, j'ai le regret de vous apprendre que votre fils Henry[1] est en situation d'échec, de grave échec. Jugez plutôt. Cette année, il refait sa quatrième latine et malgré cela il reçoit les plus mauvaises notes de toute sa classe (39 élèves) : 2 (sur 8) au premier semestre, 2 au second. Son maître, M. Bonifas ici présent, ne sait plus que faire de lui.
– M. le directeur, ma femme et moi-même, nous sommes consternés. Malgré des leçons privées, lesquelles nous coûtent fort cher, Henry n'a pas progressé. Comment l'aider ?
– Hélas, le collège ne peut plus le garder. Surtout après deux échecs si marqués, et deux années de suite.
– Mais, plaide le malheureux garçon, j'ai remporté plusieurs fois le prix de piété !
– Ça ne suffit pas, Henry, réplique le directeur. Même pour devenir pasteur, il faut le latin, le grec, l'hébreu ! Et si tu veux te faire une bonne place dans le commerce, comme ton père, tu dois maîtriser le latin, le français et le calcul.
Ainsi, Henry Dunant quitte le collège Calvin sur un terrible échec. Il a 14 ans. Lui, l'aîné de cinq enfants, il vient de décevoir cruellement ses parents. Que va-t-il faire ? Une école privée semble exclue parce que sa famille a des soucis d'argent, bien qu'elle appartienne à la bonne société par sa mère Nancy, née Colladon.
Heureusement, l'école n'est pas tout. L'adolescent met ses forces dans l'instruction religieuse. On le voit souvent aux sermons du pasteur Louis Gaussen, à la chapelle de l'Oratoire, où il se nourrit littéralement du «Réveil» de l'église protestante.[2] Il s'initie aux mystères des Prophéties et de l'Apocalypse. Il apprend à consulter la Bible à chaque instant. Et, c'est le plus important, il prend l'habitude de mettre en pratique, dans sa vie quotidienne, les commandements de charité et d'amour chrétiens : «Tu aimeras ton prochain comme toi-même».
D'ailleurs, ses parents lui montrent l'exemple. Sa mère en recevant des orphelines dans leur propriété de La Monnaie, à Montbrillant. Son père en consacrant de son temps au Bureau de bienfaisance où l'on aide les pauvres à trouver nourriture et logement. En effet, dans la Genève des années 1840, la misère, la famine sévissent encore.
Ses prix de piété ne sont pas que des mots creux ; en digne fils, Henry s'engage aussi dans la philanthropie. Lui, il se propose de visiter les plus misérables des misérables : les prisonniers. Probablement à la prison de l'Evêché (entre le collège et la cathédrale Saint-Pierre), il leur lit la Bible, le dimanche, ainsi que des récits de voyage. Peut-être pour leur permettre de s'évader par le rêve… A cette époque, la vie des prisonniers est très dure. Ni journaux, ni – bien sûr – radio ou télévision. Cellules non chauffées, même en hiver. Coupés du monde, les détenus ressemblent trop souvent à des enterrés vivants. Quel réconfort ont dû leur apporter les visites de ce jeune homme bien mis, enthousiaste et chaleureux ! Quel courage, mais aussi quelle expérience enrichissante pour ce fils de bonne famille.
Sa vie en Algérie
Il entre en apprentissage dans une banque genevoise. Plus tard à l'âge de 25 ans, il part en Algérie pour y prendre la direction de la colonie suisse de Sétif (ville algérienne). Il se lance dans la construction d'un moulin à blé, mais n'obtient pas la concession de territoire indispensable pour le faire fonctionner.
Il décide alors de rencontrer Napoléon III pour acquérir les documents nécessaires à ses affaires. Pour cela il doit se rendre au nord de l'Italie dans la ville de Solferino où l'empereur est à la tête des armées franco-sardes qui se battent contre les forces autrichiennes.
C'est une bataille extrêmement meurtrière. Des milliers de blessés agonisent faute de soins. Des appels aux secours restent sans réponse. C'est la vue de cette bataille, qui de retour à Genève, lui fera écrire " Un souvenir de Solferino" où il formule un double vœu : d'une part que se constitue en temps de paix des sociétés de secours formées par des volontaires qui en cas de conflits, donneraient soins aux blessés ; d'autre part que ces volontaires chargés d'assister les services sanitaires des armées, soient reconnus et neutralisés par un accord international. Les deux années qui suivent la sortie de son livre voient la concrétisation des projets de Dunant. En 1863, le comité des cinq est créé, il deviendra plus tard : le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Il meurt dans la chambre d'un hospice de Heiden, où il passe dans l'oubli et l'indifférence les 18 dernières années de sa vie.

Le Prix Nobel de la Paix
Le 10 décembre 1901 Henry Dunant se voit décerner le premier prix Nobel de la paix, fondateur de la Croix-Rouge, il voit ainsi ses efforts récompensés.
Son livre,"Souvenir de Solférino" trouve un écho partout, dans les cours européennes, dans les ministères et les rédactions : les félicitations pleuvent sur Henry Dunant. Cependant seul un homme saura véritablement entendre l'appel de Dunant, c'est Gustave Moynier, président de la Société genevoise d'utilité publique. Grâce à son soutien, le "Comité international et permanent de secours aux miliaires blessés en temps de guerre", composé du Général Dufour comme président, du Dr. Louis Appia, du Dr. Théodore Maunoir, de Gustave Moynier et de Henry Dunant comme secrétaire, voit le jour en février 1863. Ce Comité deviendra en 1875 le fameux "Comité International de la Croix-Rouge" (CICR).
Sources diverses Internet 
Le Pèlerin

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 07:37

République Tchèque - De Nicolas Sarkozy à Angela Merkel, toute l'Europe a rendu hommage à Vaclav Havel, disparu ce dimanche matin...

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Alors que l’ancien dissident et président tchèque Vaclav Havel est décédé ce dimanche matin, les hommages se succèdent à travers l’Europe. A droite comme à gauche, tous saluent la mémoire de l’un des symboles de la lutte contre le totalitarisme soviétique.

En France, le Président Nicolas Sarkozy a fait part de «sa très grande tristesse» et de sa «profonde émotion» dans une lettre de condoléances adressée à la présidence tchèque. «La République tchèque perd l'un de ses grands patriotes, la France perd un ami, l'Europe perd l'un de ses sages», écrit le chef de l'Etat français, qui salue son «engagement infatiguable en faveur de la démocratie et de la liberté» et de l'Europe.

Le PS, par la voix de Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS à l'Europe, a rendu hommage à un «nom était étroitement lié à la dissidence. Il a combattu le totalitarisme dans son propre pays en utilisant l'arme du théâtre et de la culture pour passer du combat pour le socialisme à visage humain à la lutte pour une démocratie à portée de main.» «Vaclav Havel demeurera une source d'inspiration pour les démocrates de toute l'Europe», a-t-il ajouté.

Jack Lang, ancien ministre de la Culture de François Mitterrand, a quant à lui déclaré ressentir «un immense chagrin» après la disparition de «l'un des combattants emblématiques de la libération de son pays». «Au Panthéon des grandes figures morales de la vie publique contemporaine, Vaclav Havel est sans doute avec Nelson Mandela l'une des personnalités les plus marquantes», a-t-il précisé.

François Bayrou, le président du MoDem, a quant à lui jugé que Havel représentait «le plus formidable amour de la liberté». «Le parcours original et même unique de cet homme, né dans l'univers de la philosophie, de la littérature et du théâtre, engagé comme s'il ne pouvait pas faire autrement dans la défense des valeurs de la liberté et de la citoyenneté à la tête du forum civique et puis porté, pour ainsi dire malgré lui, au pouvoir par ses adversaires mêmes alors que le communisme allait disparaître, a ému et entraîné tous les défenseurs de la démocratie en Europe.»

L'actuel président tchèque Vaclav Klaus, qui fut un rival politique de Vaclav Havel, a lui aussi rendu un hommage à son prédécesseur. «Vaclav Havel est devenu un symbole de l'Etat tchèque moderne», a-t-il déclaré à la télévision nationale. «Il fut leader de notre Révolution de velours et le premier président de notre pays redevenu libre», a-t-il déclaré. Sa personnalité, son nom et son oeuvre «ont largement contribué à ce que la République tchèque devienne partie intégrante de la communauté des pays libres et démocratiques».

En Allemagne, la Chancelière Angela Merkel a adressé une lettre de condoléances au président tchèque, dans laquelle elle lui fait part de son «bouleversement». Elle salue également un «grand européen» qui a combattu pour «la liberté et la démocratie». «Son combat pour la liberté et la démocratie était aussi inoubliable que sa grande humanité. Nous les Allemands, nous lui sommes particulièrement redevables.»

Pour le Polonais Lech Walesa, qui fut le leader de l’opposition de son pays avant de devenir, comme Vaclav Havel, chef de l'Etat à la chute du bloc soviétique, l'ex-président tchèque «fut un grand théoricien de nos temps et sa voix manquera énormément à l'Europe surtout maintenant alors qu'elle traverse une sérieuse crise. Il fut un grand orateur de la lutte pour la liberté, pour la démocratie et pour la libération du joug du communisme.»

Vaclav Havel, le dissident devenu président

Vaclav Havel à Prague, le 3 février 2011.

Portrait - L'ancien opposant au communisme et président de la République tchèque, autorité morale du pays, est décédé à l'âge de 75 ans...

Aux yeux de beaucoup, il incarnait l'autorité morale par excellence dans l'Europe de l'Est post-communiste. L'ancien dissident puis président tchèque Vaclav Havel est décédé dimanche à 75 ans des suites d'une longue maladie.

La «conscience éclairée» de la République tchèque, usée par ses problèmes de santé, s'était retirée de la vie politique en janvier 2003, après une douzaine d'années à la présidence, tout d'abord de la Tchécoslovaquie, puis, après une brève interruption, de la République tchèque.

Artisan de la «Révolution de Velours»

Dramaturge et dissident, il passa près de cinq années en prison dans les années 1970. Politique et intelligent, il fut l'artisan de la «Révolution de Velours» qui mit fin, en novembre 1989 à quatre décennies de régime communiste.

La Tchécoslovaquie se tournait alors vers l'économie de marché, mais Havel fut là pour rappeler à ses compatriotes que la recherche de la prospérité ne devait pas effacer la mémoire d'un peuple, et il fustigea, lui, grand amateur de rock et de Frank Zappa, la culture occidentale lorsqu'elle se résumait aux fast-food et aux sodas.

Durant ses années de présidence, loin des moments où il s'était adressé aux foules immenses sur la place Wenceslas, le président occupa une place plus distante mais toujours privilégiée dans le coeur des Tchèques.

Dissident

Peut-être parce que, comme il l'admettait, il avait conservé «certains traits du dissident dans son comportement de chef de l'Etat».

En janvier 1997, une bande de dissidents aux cheveux longs se réunit au Château de Prague, la résidence présidentielle, pour célébrer le 20e anniversaire de la signature de la Charte 77, manifeste pour les droits de l'Homme et pavé dans la mare du communisme.

Paradoxalement, Havel, qui venait d'être opéré d'un cancer, ne put participer à la fête, mais il s'adressa aux participants dans un message enregistré.

Timide et nerveux en public

«Ceux qui sont à l'origine de la Charte 77 ou qui, sachant parfaitement à quoi ils devaient s'attendre, l'ont signée plus tard, pouvaient-ils imaginer alors qu'ils la célèbreraient dans la salle espagnole du Château de Prague, comme citoyens d'un Etat libre?» souligna alors le président.

Le chef de l'Etat, timide et nerveux en public, frôla la mort une première fois en 1996. Il fut hospitalisé pour une pneumonie mais les médecins découvrirent une tumeur maligne, qu'ils retirèrent. L'opération se passa mal, Havel fut atteint de fortes fièvres. La même année, il perdit Olga, épousée 32 ans auparavant, vaincue par un cancer en janvier.

Un an plus tard, il se remariait avec une actrice de 43 ans, Dagmara Veskrnova, et arrêtait le tabac. Mais les ennuis de santé ne cessèrent pas pour autant. Cancer du poumon, occlusion intestinale, bronchite aiguâ, hernie, les séjours à l'hôpital du chef de l'Etat furent réguliers.

Arbitre

Malgré cela, il se représenta à la présidence tchèque en 1998 et le Parlement le réélit pour un mandat de cinq ans.

Havel appréciait son rôle d'arbitre, celui-là même qui l'avait propulsé sur le devant de la scène en 1989, lorsqu'il avait négocié la capitulation du pouvoir pro-soviétique.

Vaclav Havel est né en 1936 dans une famille d'entrepreneurs en bâtiment très impliquée dans la vie culturelle et politique tchécoslovaque de l'entre-deux-guerres.

Technicien dans les théâtres

L'arrivée au pouvoir des communistes, en 1948, prive la famille de la plupart de ses biens et à quinze ans, une fois terminée la scolarité obligatoire, le jeune Vaclav n'est pas autorisé à poursuivre des études au lycée.

Il devient apprenti dans un laboratoire de chimie et prend des cours du soir pour achever sa formation secondaire, ce qu'il parvient à faire en 1954.

Mais, pour des raisons politiques, l'accès à l'étude des sciences humaines dans un établissement d'enseignement supérieur lui est interdit. Il s'inscrit alors à la Faculté d'Economie de l'Université technique Tchèque, qu'il quitte au bout de deux ans.

Prison

A son retour du service militaire, il travaille comme technicien dans des théâtres, au Divadlo ABC puis, au Divadlo Na zabraldi et, de 1962 à 1966, il suit des cours par correspondance à la Faculté de Théâtre de l'Académie des Arts musicaux.

Depuis l'âge de vingt ans, Vaclav Havel a publié divers articles et critiques dans différents périodiques littéraires. Ses premières oeuvres seront montées au Divadlo Na zabraldi, notamment «La garden party», en 1963.

Il est l'une des figures de la prise de conscience civique du Printemps de Prague, en 1968, période au cours de laquelle il produit «Le mémorandum» (1965) et «La difficulté accrue de se concentrer» (1968).

Après l'écrasement du Printemps de Prague, ses oeuvres seront interdites de publication en Tchécoslovaquie.

Tête froide

Cofondateur de la Charte 77 dont il fut l'un des trois porte-parole, il a effectué plusieurs séjours en prison. Mais en pleine effervescence, en plein tumulte de la fin de l'empire soviétique, il garda la tête froide.

Dès le début de la Révolution de Velours, en novembre 1989, il devient la figure de proue du Forum civique, qui regroupe des organisations et des personnalités réclamant des changements fondamentaux du système politique tchécoslovaque.

Il négocie la fin du régime communiste et, sept semaines plus tard, après avoir été élu président de l'Assemblée fédérale de Tchécoslovaquie, il s'installe au Château, d'où il voit arriver de nouveaux dirigeants, des technocrates avec lesquels il ne s'entend guère.

Désaccord

Comme par exemple Vaclav Klaus, nommé Premier ministre en 1992, monétariste convaincu, qui s'oppose à Havel pour imposer la partition de la Tchécoslovaquie la même année.

Havel démissionne alors de la présidence tchécoslovaque pour devenir président de la nouvelle République tchèque un an plus tard. Mais ses relations restèrent tendues avec Klaus et les deux hommes apparurent très rarement ensemble en public.

De son château, Havel défendit l'intégration de la République tchèque au bloc occidental, de l'Otan à l'Union européenne. Mais, devant le parlement de Strasbourg, il mit l'Europe en garde contre les "symptômes de l'égoïsme national, de la xénophobie et de l'intolérance raciale", l'invitant à faire l'"examen critique" de ses valeurs.

Le président et l'écrivain se rejoignirent alors. De ses "Lettres à Olga" à "Largo Desolato", Vaclav Havel n'aura jamais cessé de s'interroger sur les responsabilités morales de l'homme et le respect des libertés.

Source 20minutes.fr N. Be. / P.K.

Le Pèlerin

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