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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 08:03

Le réveil tant attendu du monde arabe(1/3)

contestation dans le monde arabe

 

 

«La liberté ne descend pas vers un peuple, un peuple doit s’élever jusqu’à la liberté.» Gandhi
Le réveil dont il est question ici s’applique moins à l’extraordinaire vague de révoltes qui est en train de nettoyer les écuries d’Augias du monde arabe, qu’à un phénomène encore plus extraordinaire : le fait que cette vague semble aller dans le sens de l’Histoire. Je dis «semble» car un Algérien échaudé craint les douches froides : croyant aller en 1988 vers le meilleur, nous nous sommes vite retrouvés face au pire. Mais d’abord que sont ces révoltes ?
Un complot de l’étranger ou de la nébuleuse d’Al-Qaïda comme l’ont affirmé Ben Ali, Moubarak, Kadhafi et Ali Saleh ? Une brusque volonté de déstabiliser leurs pays de la part de peuples réputés pour leur tempérament pacifique ? Il s’est écoulé assez de temps pour pouvoir affirmer que ces soulèvements qui évoquent des phénomènes telluriques ne peuvent pas avoir été orchestrés, et qu’une pulsion suicidaire ne peut pas se propager d’un peuple à un autre. Cette contagion est celle d’un ras-le-bol général devant les excès du despotisme, et la propagation à une même aire culturelle de la volonté des peuples de se réapproprier leur souveraineté. L’éruption à laquelle on assiste marque le réveil tardif des Arabes dans un monde qui a beaucoup changé au cours des dernières décennies. La géopolitique, l’économie, la technologie, le climat, les médias, les idées, ont connu de profonds remaniements sans perturber leur quiétude séculaire. Dans les années qui ont suivi la chute du mur de Berlin, la plupart des nations qui vivaient sous le joug de pouvoirs totalitaires ont réalisé l'une après l'autre leur transition démocratique. Depuis, elles vivent en paix et poursuivent leur mise à niveau économique, sociale et culturelle pour se mettre au diapason des nations développées. Dans les pays arabes où les habitants ont souffert autant, sinon plus, du despotisme, de l'injustice et de la pauvreté, ceux-ci ne semblaient frémir qu'à l'idée d'une transition vers un Etat islamique mythique, donnant l'impression de chercher à tout prix à s'éloigner des valeurs universelles et à prendre à contresens le chemin de l’Histoire. Ils étaient globalement méprisés pour leur asservissement consenti et leur maintien loin des standards internationaux, jusqu'à ce que le peuple tunisien pulvérise ce cliché honteux. Les voilà désormais frémissant du Golfe à l’Atlantique à l’idée d’une transition vers la démocratie. L'exemple tunisien a stimulé le peuple égyptien ; à son tour, l'exemple égyptien a donné du courage à d'autres peuples en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Ce que l’Histoire ne nous a pas donné à voir en des siècles, pour ne pas dire jamais, elle nous l’a servi à profusion en l’espace de quelques semaines, nous gavant d’images et de spectacles qu’on n’espérait pas voir de notre vivant. Incrédules d’abord, les masses arabes ont suivi cette réaction en chaîne à travers la couverture permanente des chaînes satellitaires qu’on peut créditer d’un honorable pourcentage dans le succès de ces révolutions, et découvert que le changement était possible pour ceux qui le voulaient. Le vent de la liberté est venu de là où personne ne l'attendait. En Tunisie même, il est parti d'un bourg de l'intérieur du pays. Et dans ce bourg lui-même, ce n'est pas un parti, un syndicat ou un groupe d’intellectuels qui a déclenché la tempête, mais le geste d’une policière giflant un marchand ambulant que n’habitait aucune intention politique. Comme dans la fameuse théorie de «l'effet papillon» en vertu de laquelle le battement d'aile d'un papillon à un bout du monde peut provoquer un ouragan à l’autre bout, le geste de Mohammed Bouazizi a enflammé l’aire arabe et brûlé plusieurs despotes. Et la liste n’est pas close. Dans une récente lecture, je suis tombé sur une citation du président Bourguiba où il disait : «J'ai fait d'une poussière d'individus un peuple de citoyens.» Le peuple arabe le plus modernisé, grâce au système éducatif mis en place par Bourguiba justement, a réussi la première révolution démocratique dans le monde arabe, entraînant dans son sillage plusieurs d’entre eux. En trois semaines le problème était réglé. Il y a eu certes des pillages et de la casse, phénomènes inévitables lors de mouvements de foules en colère, mais les émeutes ont vite pris les contours d'une authentique révolution politique. On n'a bientôt plus parlé de pain et de cherté de la vie, mais de dignité, de liberté, de démocratie et de comptes à rendre par le dictateur. La carte intellectuelle du monde arabo-musulman se caractérisait jusque-là par des îlots de conscience moderne et des océans de conscience archaïque. Un intellectuel libanais, Ghassan Tuéni, voulant analyser l'échec de la «renaissance arabe» dans tous les domaines depuis la fin du XIXe siècle, a choisi de donner pour titre à l’ouvrage qu’il a consacré à la question «Un siècle pour rien». C’était tout dire. Mais ce constat rend encore plus surprenants les évènements que nous vivons depuis deux mois. Comment les expliquer ? Comment comprendre que des peuples longtemps résignés et soumis aient subitement mûri, et qui plus est les uns à la suite des autres ? Sans préavis, les peuples arabes sont passés l’un à la suite de l’autre à l’âge des idées comme l’attestent les slogans et les déclarations qu’on a entendus et lus sur les banderoles. C’étaient d’ailleurs les mêmes : «Echaâb yourid…» Les manifestants n’ont pas concentré leurs demandes sur les choses (emploi, augmentation des salaires ou programme de développement sans précédent) comme crurent bon de le leur proposer à la dernière minute Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, mais sur la fin du système qui les gouverne. Autrement dit, elles portaient sur des idées. Ni une «démocratie spécifique », ni une «démocratie responsable», mais le système démocratique universel dont la description peut tenir en un paragraphe : une constitution consacrant la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la justice, l'égalité de tous devant la loi, la liberté de conscience et d'expression, des élections libres, des mécanismes de contrôle efficaces pour dissuader et punir la corruption… Une révolution de l’esprit ! Voilà ce qui ne nous a pas été donné de voir en terre arabo-musulmane depuis la révélation du Coran, et qui fonde à penser que les peuples arabes ont enfin accédé à l’âge politique, à l’âge des idées. A ce stade, il faut peut-être faire une précision : les peuples qui mènent actuellement des révolutions dans leurs pays ne sont pas tout à fait ceux d’hier. La dénomination est la même mais le contenu physique et surtout intellectuel a changé dans de fortes proportions. L’avant-garde qui a mis le feu aux poudres est constituée de générations écloses au sein de ces mêmes peuples, mais avec des représentations mentales nouvelles dont la formation a été favorisée par les technologies de l’information et les chaînes satellitaires. Tout le monde convient du rôle joué dans la mobilisation par les réseaux sociaux. Internet a offert à ces générations des modes d’échange et d’information qui leur ont permis de préparer le terrain à une action concertée, transformant du même coup une poussière d’individus interconnectés en société, la rue en opinion publique, et les habitants en peuple. Toynbee écrivait il y a un demi-siècle : «Une société est le produit des relations entre individus. Celles-ci proviennent de la coïncidence de leurs champs d’action individuels. Cette coïncidence permet la jonction de tous ces champs particuliers en un terrain commun que nous appelons "société". La société est le réseau complet des relations entre les êtres humains. Les composantes de la société ne sont pas, par conséquent, les êtres humains, mais les relations qui existent entre eux.» En quelques semaines, les Tunisiens et les Égyptiens ont basculé dans le XXIe siècle, rejoignant la conception universelle des droits de l’homme et effaçant le souvenir de leur ancien statut de moutons de Panurge qui ne s’ébrouaient que pour acclamer un «zaïm», fêter des victoires de football, ou réagir à des «atteintes à l’islam» par un écrivain en mal de publicité ou un caricaturiste «anar». C’est vraiment la fin d'une ère, d'une mentalité, d'un modèle sociologique. L’idée que la souveraineté appartient au peuple a mis quatorze siècles à germer dans le monde arabomusulman, et nous sommes les heureux contemporains de cette germination. Hormis le cas unique d’Omar Ibn Abdelaziz, ce calife omeyade qui voulût restituer un pouvoir dynastique qu’il jugeait illégitime, aucun dirigeant arabo-musulman ne s'est jamais remis en cause, ne quittant le pouvoir que mort ou chassé par un autre candidat au despotisme. Le monde arabe n'a pas connu d'exemple comme celui de Nelson Mandela, vénéré aujourd'hui dans le monde entier pour sa hauteur de vue et son désintéressement personnel. Cependant, en Algérie, on n’a pas oublié le geste du président Liamine Zéroual remettant avant terme son mandat en 1999. Les jeunesses que nous avons vues à l’œuvre en Tunisie, en Égypte, en Libye, au Yémen ou en Syrie étaient confrontées à des régimes porteurs d’une vision des choses complètement dépassée. Le conflit oppose au premier chef deux cultures. Sans surprise, Ben Ali, Moubarak et Kadhafi ont dit la même chose dans leurs discours où c’est leur culture politique qui s’exprimait. Les deux premiers ont rappelé qu’ils ont donné chacun cinquante et soixante-deux ans de leur vie à leurs pays respectifs, tandis que le troisième hurlait que la Libye n’était rien avant lui et n’existerait plus après lui. Il n’est pas venu à leur esprit, et ne viendra pas jusqu’à leur trépas, que c’est de leurs peuples qu’ils tenaient leur pouvoir, qu’il était leur employeur, qu’ils les a employés pendant trop longtemps et grassement payés pour des résultats médiocres. Ils étaient sincèrement indignés et protestaient comme des personnes spoliées d’un droit naturel ou d’un bien personnel. Dans leur culture, l’idée que le peuple est la source et le dépositaire du pouvoir souverain n’existe pas. Ils ont vu tout au long de leur vie des peuples déléguer l’exercice de leur pouvoir souverain par le vote, et le retirer par la révolte quand il en était fait un mauvais usage, mais pour eux leurs peuples n’étaient pas des citoyens souverains comme les autres. S’ils n’étaient pas des traîtres ou des marionnettes manipulées de l’extérieur, ils étaient de simples résidents, un peu comme les immigrés en Europe. Des mégalomanes de faible niveau intellectuel en général, des malades mentaux pour certains et des voleurs dans presque tous les cas, ont régné selon leur bon vouloir, infantilisant à dessein leurs peuples pour mieux les maintenir à l’âge des choses, tandis qu'ils faisaient croire à l'Occident qu’ils étaient en personne les garants de la paix au Proche-Orient, les remparts contre l'islamisme, ou les gardes-frontières contre la menace migratoire. Hélas, une providence néfaste a voulu que la plupart d’entre eux puissent compter sur d’importants gisements d'hydrocarbures qui les dispensaient du travail, des impôts et du vote de leurs peuples. Si des régimes se sont déjà écroulés et que d'autres vacillent, c'est parce que les nouvelles générations ont pris conscience qu'elles étaient les dupes d’un discours mythologique : celui du «combat contre le colonialisme, l’impérialisme et le sionisme», celui de la «renaissance arabe», celui de «l'unité de la nation arabe» et de «l'Union du Maghreb arabe», celui du développement selon un «modèle différent» de celui de l'Occident, celui de la «lutte contre le terrorisme»… Bien entendu, ces démagogues n'ont ni libéré la Palestine, ni réalisé l'unité arabe ou maghrébine, ni développé leurs pays, ni tari les sources de l'islamisme, au contraire. Le changement attendu pendant des décennies de l'intérieur du pouvoir, de l'armée, des partis politiques ou de la classe intellectuelle n’étant pas venu, il a été finalement pris en charge par les citoyens eux-mêmes à la faveur de circonstances aussi mystérieuses qu’imprévisibles. Au demeurant, aucune révolution n’a été prévue. Ceux qui sont restés le plus longtemps à la tête des «républiques» sont déjà tombés ou ne tiennent qu’à un fil comme en Libye et au Yémen, tandis que dans les monarchies absolues, on commence à réclamer des monarchies constitutionnelles comme à Bahreïn, en Jordanie, au Maroc et à Oman, autrement dit, le transfert du pouvoir royal à un parlement élu. Les peuples arabes se sont affranchis du monde des choses en méprisant les réponses matérielles à leurs révoltes ; ils ont dépassé l’âge des personnes en détruisant le mythe de l’homme providentiel, en dédaignant l’alternative militaire, et en récusant la tutelle des «hommes de religion». En rentrant au Caire à la veille de la première grande manifestation, Mohamed El-Bradeï, en qui certains Occidentaux voulaient voir l’homme providentiel, a offert son honorable personne à la révolution des jeunes mais ceux-ci l’ont ignoré poliment. L’éminent prix Nobel a même été victime d’un jet de pierres le jour du référendum sur la Constitution. Même après la chute des despotes, ils n’ont pas désemparé et continué, en Tunisie comme en Egypte, d’exiger la concrétisation de leurs revendications, renvoyant les gouvernements de transition l’un après l’autre. On se serait attendu à ce qu’ils rentrent chez eux à l’annonce du départ du dictateur, à ce qu’ils considèrent leur but comme atteint, à ce qu’ils se dispersent de joie, apaisés par le résultat obtenu, mais, ô surprise, ils sont restés mobilisés et vigilants quant à l’aboutissement total de leur mouvement : le changement du système, et non de la seule personne du dictateur. Des peuples qu’on donnait pour morts, dont on se gaussait ou qui se gaussaient d’eux-mêmes, ont donné à un monde stupéfait des leçons d’héroïsme, d’abnégation, de patriotisme, de solidarité, d’intelligence dans l’organisation, et même d’humour. Et ce n’est pas une élite à l’intérieur de ces peuples qui a provoqué cette prise de conscience. Les peuples eux-mêmes sont devenus des élites. Leur génie s’est alors déployé dans les mots d’ordre, les slogans, les déclarations impromptues et les scènes télévisées qui nous ont étreints d’émotion. Personnellement, c’est la première fois que j’ai trouvé un sens à la notion d’«unité arabe». Je l’ai perçue dans la ressemblance physique et morale des peuples qui se battaient pour leur liberté ; je l’ai vue dans leur unité de pensée, leur parler et la communauté de leurs référents. Les seules différences qu’on pouvait relever d’un pays à l’autre tenaient à l’accent ou au détail vestimentaire. Ce sont les despotes qui nous ont fait détester cette notion à laquelle ils ne voulaient donner aucune réalité qui restreindrait leur droit de vie et de mort sur leurs peuples. A l’avenir, elle deviendra envisageable parce que les peuples, à travers les institutions représentatives qu’ils vont se donner, pourront la construire s’ils le voudront selon un processus semblable à celui qui a donné naissance à l’Union européenne. Je parie que ceux qui, chez nous, n’aimaient pas trop qu’on dise d’eux qu’ils étaient des Arabes, ont dû ressentir ces derniers temps un agréable chatouillement au fond d’eux-mêmes, quelque chose comme de la fierté. Les despotes étaient les arbres qui cachaient la forêt. Ils ont caché la valeur et la grandeur de leurs peuples derrière leur moi surdimensionné, leur ego démesuré, leur narcissisme illimité, nous infligeant des décennies durant le minable spectacle de leurs fantaisies, de leur ignorance, de leurs déguisements théâtraux, de leurs cheveux teints… Ils nous ont fait détester les uns les autres et nous ont opposés les uns aux autres, car c’est à leur aune que nous nous jugions mutuellement et négativement. Après la chute fracassante des arbres qui nous obstruaient la vue, nous avons découvert une belle forêt, des millions d’arbres et d’arbrisseaux chargés de sève, une flore luxuriante, de merveilleux paysages de bravoure, de solidarité et d’originalité. Que vont rapporter les révolutions aux peuples qui les ont réalisées ? Ceux qui n’avaient pas de pétrole ne vont pas le voir jaillir de leur sous-sol ; les pauvres ne seront certainement pas beaucoup plus riches qu’avant ; les chômeurs ne vont pas trouver de travail du jour au lendemain ; tous les manifestants ne vont pas accéder au pouvoir… Mais d’ores et déjà, ils se sentent plus dignes, plus proches les uns des autres, plus fiers de leur pays et de leur Etat, plus respectés dans le monde. Ils seront bientôt heureux de s’exprimer à travers des votes sincères, comme on vient de le voir au Caire, d’être représentés par des élus choisis par eux, d’avoir une justice en laquelle ils auront confiance, de manifester le cas échéant leur mécontentement sans craindre d’être jetés en prison ou assassinés. Pour le reste, il ne tient qu’à eux de suivre la voie tracée par des pays qui ont connu la dictature et en sont sortis métamorphosés : l’Espagne, la Corée du Sud, le Brésil, pour ne citer que ceux-là. Il fut un temps où notre peuple était reconnu par l’ensemble du monde arabe comme le meilleur parce qu’il a mené une révolution qui a soulevé l’admiration de la planète. Nous étions connus sous le label du «peuple du million», du million de martyrs et non de barils de pétrole bien sûr. Puis notre étoile pâlit. La Tunisie, d’où est partie la révolution qui a restitué sa dignité à l’homme arabe dans le monde, et dont les répercussions vont modifier les relations internationales dans les années à venir, exporte hors hydrocarbures dix fois plus que nous. Sous le colonialisme, elle a pris les armes avant nous. Il y a cependant un terrain sur lequel nous avons battu les Tunisiens, un domaine dans lequel nous les avons devancés, c’est la «présidence à vie». En effet, douze ans avant notre indépendance, le «zaïm» du mouvement nationaliste algérien, Messali Hadj, exigea d’être plébiscité par son parti, le PPA-MTLD, «président à vie» et qu’il lui soit accordé le «droit de veto». Il s’ensuivit une crise qui retarda la révolution de Novembre de quatre ans et plongea les militants de son parti dans une guerre fratricide qui ne cessa qu’à la libération du pays. Entretemps, les Tunisiens passaient à l’action armée contre la France, obtenant leur indépendance six ans avant nous. Bourguiba ne songera à la présidence à vie, c’est-à-dire la monarchie sans l’ascendance royale et sans la couronne, que vers 1975. Il a laissé derrière lui un «peuple de citoyens», quand l’exemple de Messali Hadj a suscité à travers les générations une flopée de «zaïmillons. Mohamed Bouazizi et Messali Hadj avaient un point commun : au même âge à peu près, ils ont exercé le même métier : marchands de fruits et légumes ambulants. Il n’y a pas de sot métier, puisque les deux hommes sont entrés chacun à sa manière dans l’Histoire.
Source Le Soir d’Algérie Noureddine Boukrouh

A suivre : II. Le nouveau visage du monde arabe

Le Pèlerin

 

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 10:18

La guerre civile promise par Kadhafi a bien lieu

les insurgés gardent la raffinerie de Brega

Refusant d’accepter la réalité du terrain, le colonel Kadhafi est donc allé jusqu’au bout de sa logique meurtrière en lançant ses troupes contre les opposants, d’où un nombre impressionnant de victimes entre morts et blessés.

Des affrontements ont éclaté vendredi après-midi entre les forces fidèles à Kadhafi et les insurgés aux alentours du port pétrolier et de l’aéroport de Ras Lanouf, à 600 km à l’est de Tripoli. Dans la soirée, alors qu’aucune information fiable n’était disponible concernant le nombre de victimes et l’issue de ces combats, le vice-ministre libyen des Affaires étrangères a annoncé que Ras Lanouf était tombée sous le contrôle des forces loyalistes, et les insurgés affirmaient le contraire. D’une manière générale, les hommes de Kadhafi ont pris pour cibles les installations pétrolières et militaires passées sous le contrôle de l’insurrection depuis plusieurs jours. Cela a été le cas notamment à Brega, Ajdabiya et Zoueïtina. Mais, là aussi, ni bilan ni résultat des combats ne sont disponibles. Dans la soirée de ce même vendredi, Benghazi a été violemment secouée par deux explosions qui ont détruit un dépôt d’armes et de munitions. Au moins 20 morts et 26 blessés sont à déplorer, selon des sources hospitalières. Il s’agirait vraisemblablement du bombardement aérien d’une base militaire tombée depuis plusieurs jours aux mains des insurgés. En fait, les forces loyales à Kadhafi semblent concentrer leurs efforts sur des cibles stratégiques de l’Est libyen libéré aux premiers jours du soulèvement par les insurgés. À l’ouest de la capitale aussi, des affrontements ont eu lieu vendredi à Zaouïah et dans ses environs. Au moins treize personnes y ont trouvé la mort, selon une chaîne satellitaire arabe, tandis que la télévision d’État libyenne affirmait que la ville a été reprise par les forces armées de Kadhafi. En fait, selon les informations disponibles, les forces pro-Kadhafi ont repris le contrôle de la quasi-totalité du territoire situé à l’ouest de Tripoli. Dans la capitale même, place forte du dictateur, la situation était très tendue, mais loin de la situation qui prévalait dans les zones de combat. Des manifestations d’opposants ont eu lieu dans certains quartiers périphériques, dispersées par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogènes. Sur la place Verte, haut lieu de soutien au dictateur, des échauffourées entre partisans et opposants n’ont vraisemblablement pas occasionné de victimes. Le colonel Kadhafi est donc allé jusqu’au bout de sa logique meurtrière, et la guerre civile qu’il a promise au peuple libyen a bien lieu. Au-delà des victimes de la répression que des organisations locales estiment à plus de 6 000 depuis le début du soulèvement populaire, c’est aussi un véritable drame humanitaire qui se déroule à la frontière tunisienne où des dizaines de milliers d’étrangers fuyant les combats sont empêchés de quitter le pays et sont parqués dans des conditions inhumaines. On peut se demander à quel impératif peut bien répondre cette attitude des autorités libyennes et si, en définitive, il n’y aurait pas un projet de bouclier humain au cas où l’option militaire, très peu probable au demeurant, venait à être retenue par la communauté internationale. À moins qu’il s’agisse simplement d’une opération de communication destinée à prouver que le dictateur reprend les choses en main et contrôle encore les frontières. Pendant ce temps, la communauté internationale est gênée aux entournures et peine à définir quelque modalité d’intervention. Certes, l’option d’une zone d’exclusion aérienne, destinée à empêcher Kadhafi de bombarder les positions des insurgés, se précise. Encore faut-il pouvoir en assurer l’efficience, un tel dispositif nécessitant la destruction préalable des batteries antiaériennes de l’armée loyaliste, selon des spécialistes des questions militaires. C’est dire que l’équation libyenne est quasi insoluble. Certes, la chute du dictateur est inévitable. Mais dans combien de temps et à quel prix ? Ce prix, il l’a déjà annoncé : un bain de sang…

Source Liberté M. A. Boumendil

Le Pèlerin

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 10:23

Libye - Entre Néron et Hitler

Kadhafi

 

Mardi noir. Mouâmmar El Gueddafi a totalement montré sa véritable personnalité au monde entier en menaçant le peuple libyen d’un bain de sang s’il continuait à s’opposer à sa dictature.

Sur le petit écran, nous avons vu un être extrêmement dangereux, rappelant Hitler durant les derniers mois de sa vie. L’homme à la mégalomanie sans limites, au point de s’autoproclamer «roi des rois d’Afrique». Contre le peuple libyen, le continent et même le reste de la planète ont souffert de ses folies. El Gueddafi a mené une politique de déstabilisation qui n’a épargné ni ses voisins ni des pays lointains. Avec un discours officiel progressiste, il agissait par contre en sous-main pour soutenir des dictatures. Nous l’avons vu en 1972 lors d’une tentative de coup d’Etat contre le dictateur Djaffar Noumeyri. Ce dernier avait accusé le Parti communiste soudanais d’être derrière l’opération. Son chef, Abdelkhalek Mahjoub, s’est vu alors contraint de fuir et se réfugier en Libye. Le maître de Tripoli n’avait pas hésité : il l’a livré à Khartoum où il a été pendu sans procès.

A partir de cette époque, El Gueddafi a déclenché une véritable offensive terroriste contre l’Afrique. On l’a vu, entre autres, financer des groupes armés d’opposition en Afrique subsaharienne. Il s’est même mis à jouer à l’apprenti-colonisateur en envahissant le nord du Tchad qu’il a voulu annexer à cause de ses ressources en eau. L’armée tchadienne, malgré ses faibles moyens, a mis en déroute les troupes libyennes pourtant suréquipées. En 1976, il a même osé provoquer l’Egypte. Celle-ci riposte de façon foudroyante. N’était l’intervention de Boumediène auprès de Anouar El Sadate, à l’époque, l’armée égyptienne aurait occupé Tripoli. Mais il n’a jamais voulu tirer les leçons. C’est ainsi qu’il a cherché à déstabiliser l’Algérie en tentant de créer une dissidence dans le Sud.

Les habitants de cette région ont déjoué le complot, mais «le fou de Tripoli» n’a jamais renoncé à son délire de création d’un Etat saharien dont il prendrait la tête. Sa folie destructrice ne s’arrête pas là. C’est lui, en effet, qui a ordonné la destruction d’un avion d’UTA en 1988, au-dessus du Niger, tuant tous ses passagers. Quand sa culpabilité a été établie, il a indemnisé les familles des victimes européennes, mais pas africaines et arabes, signe de sa lâcheté. Une armée plus tard, El Gueddafi récidive en faisant détruire un avion de la PanAm au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie. Tous les passagers avaient péri. Mais craignant des représailles terribles des Américains, il a grassement indemnisé les familles des victimes et, pour masquer sa culpabilité, il a livré à l’Ecosse l’organisateur de l’attentat. Ses pulsions criminelles l’ont poussé jusqu’à arrêter, en 1978, l’imam chiite libanais Moussa Sadr, un respectable vieillard dont il était pourtant l’invité. Avec trois de ses compagnons, il a été assassiné et enterré dans le désert libyen.

Contre toute évidence, El Gueddafi avait prétendu, à l’époque, que ce vénérable homme de religion avait quitté la Libye pour l’Italie. Le chef de Tripoli a même essayé de déstabiliser la lointaine Afrique du Sud. En effet, quand Nelson Mandela a été libéré, il a ouvert en Libye des camps d’entraînement pour le Panafrican Congress (PAC), un parti anti-apartheid rival de l’ANC, mais qui n’avait aucune base sociale ou politique. Son objectif était de créer la guerre civile en Afrique du Sud après la chute du pouvoir raciste. Il a arrêté net quand le pot aux roses a été découvert. Mais El Gueddafi a surtout fait une fixation sur l’Algérie, un pays qu’il a cherché à déstabiliser à tout prix alors que les dirigeants algériens n’ont eu de cesse de le couvrir. Comme nous l’avons fait remarquer précédemment, il a toujours rêvé de créer un Etat saharien au détriment de l’Algérie. Pour cela, il a tenté à plusieurs reprises d’armer les populations du Sud contre le reste du pays, mais celles-ci n’auraient jamais accepté de marcher dans ses combines et les avaient dénoncées aux autorités algériennes. Une fois, ils avaient même arrêté des militaires libyens qui tentaient de les soudoyer et les ont livrés à l’ANP.

El Gueddafi a fait la chasse aux islamistes libyens et les pendait sur les places publiques sans aucune forme de procès.

Ne reculant pas devant les contradictions, il a par contre appuyé les terroristes du GIA et de l’AIS. Ces derniers recevaient une formation militaire dans des camps ouverts à leur intention par le criminel El Béchir au Soudan. Ils rentraient ensuite en Algérie en traversant la Libye avec la complicité des services secrets libyens. Au début des années 1990, El Gueddafi a également ouvert des camps d’entraînement de terroristes marocains au sud de Tripoli. Ce n’est qu’après les attentats du 11 septembre qu’il a commencé à virer, ayant vu que les Américains n’ont pas hésité à envahir l’Irak et à arrêter Saddam Hussein. Ayant eu peur de subir le même sort, il a fait une volte-face totale pour avoir la paix du côté de la Maison-Blanche. Aujourd’hui, comme Néron à son époque avec Rome, il veut brûler la Libye et ses puits de pétrole. Avant lui, Saddam Hussein, qui doit sans doute l’inspirer, n’avait-il pas incendié les puits koweitiens ?

Source El Watan T.B.

Le Pèlerin

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 10:15

La lubie de Kadhafi

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Kadhafi est une étrangéité qui vogue dans un  cosmos créé par ses propres fantasmes. Il n'est ni président, ni roi. Sinon il aurait jeté sa démission ou remis son trône, disait-il à son peuple. «Je suis un guide, je suis là pour l'éternité», il leur affirme qu'ils doivent le sacraliser en qualité de gloire arabe, musulmane, africaine et américano-latine. Enfin une espèce de messie tiers-mondialiste. Il n'arrive pas à comprendre ce qui se passe dans la cavité de son peuple. Il semble que la surdité l'a atteint à tel point qu'elle cause en son livre vert des blogs noirs indéchiffrables par les clefs dont il est le seul à en avoir possession. Le système de lecture lui refuse l'accès.

Sa révolution, pour ce peuple, est une partie ternie de l'histoire post-69. Les raisons génésiaques à son soulèvement se sont toutes estompées. Le roi Idriss est parti. Il est vite remplacé par un autre s'appelant autrement. Son Etat n'est pas une constitution. Son parlement n'a pas de partis. L'expression populaire, à son sens, ne se débite qu'à travers la voix du maître. Du guide. Une tentative à la Ayatollah. Agissant sous la pression de livres jaunis d'histoires légendaires, le guide veut défier l' «ultériorité». Il veut forcer le sort à lui réserver contre vents et marées une issue des plus mythologiques.

Khadafi compte devenir une marque de révolution. Il ne veut donc pas qu'elle soit déposée. L'exclusivité. Il a fait de cette pauvre contrée une hérésie, une blague à dimension étatique. Kadhafi ne rougit pas. Il a une tête osée. Un visage dur. Shih. Son bégaiement laisse transvaser un récit vers un délire personnel pris pour un régime politique. Il le fait croire, à coup de barils, à tous les courbeurs d'échine. Contre un baril de plus, il obtient une motion de soutien.

La révolution version Facebook aura lieu également en Libye. Kadhafi est en phase de mener son dernier combat. L'ultime, qui lui reste de ce reliquat de 1969. Le monde a changé. Les révolutions aussi. Son discours menaçant et belliqueux laisse apparaître «la danse de l'égorgé». Il s'est dit «fusil à la main, je mourrai en héros». Même l'héroïsme d'antan n'est plus de mise. Le temps des Patrice Lumumba, Ernesto Che Guevara, Nelson Mandela, Fidel Castro et autres, est une page, certes merveilleusement héroïque, mais tournée.

Comme dans chaque corps arabe repose l'âme d'un prince, le dirigeant arabe s'attelle toujours sans parvenir à vouloir par mystification, duperie ou parodie, à égaler qui le tonnage emphatique de Bourguiba, qui l'auréole historique de Gamal Abdenasser, qui l'apogée épique d'Omar El Mokhtar, qui le charisme nationaliste de Boumediene.

Source Le Quotidien d’Oran El Yazid Dib

Le Pèlerin

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 09:26

Libye : Obama n’exclut aucune option pour déloger Kadhafi

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L’étau se resserre autour de Mouammar Kadhafi qui brandit le spectre d’Al-Qaïda. Le régime chancelle. Même Saif al-Arab, son fils cadet, aurait rejoint les manifestants. Selon Press-TV, une chaîne iranienne anglophone, il a conseillé à son père de «se suicider ou de partir en Amérique latine». Kadhaf al-Dam, son proche conseiller et cousin, l’a quitté aussi. L’opposition affirme, qu’après avoir libéré l’Est du pays, qu’elle s’approche de Tripoli pour déloger le leader libyen qui l’accuse d’être manipulé par Al-Qaïda.

La Communauté internationale, c’est-à-dire les Etats-Unis et l’Union européenne, sort de son mutisme. Washington qui n’a pas coupé les ponts avec Tripoli, - William Burns, le directeur politique du département d’Etat, s’est entretenu deux fois au téléphone jeudi avec le ministre libyen Moussa Koussa- travaille «24 heures sur 24» sur la crise libyenne. Pour ne pas faire cavalier seule, elle se concerte avec Londres, Paris et  Rome pour décider d’une «action appropriée» «pour rendre le gouvernement libyen responsable de ses actes» et «organiser des mesures d’aide humanitaire».

«Le monde entier suit la situation, et nous concerterons nos efforts (…) avec l’ensemble de la communauté internationale. Aussi, avec la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, avons-nous demandé à Bill Burns de faire plusieurs escales en Europe et dans la région dans le but d’intensifier nos contacts sur la Libye avec nos alliés et partenaires», déclare Obama n’excluant aucune option, y compris une intervention militaire. Paris et Londres ont proposé au Conseil de sécurité qui s’est réuni hier à New York un projet de résolution «musclé». Il prévoit «un embargo total sur  les armes», «des sanctions» et une «saisine de la Cour pénale internationale pour crimes contre  l’humanité». Divergence entre les deux rives de l’Atlantique ? Fort possible.

Paris a rejeté d’un revers de main l’appel à une réunion d’urgence de l’Otan pour discuter de la Libye. Sarkozy soupçonne Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’Alliance, de vouloir profiter de la situation pour étendre la zone de responsabilité de l’Alliance en Afrique du Nord. L’Union européenne envisage, selon sa  chef de la diplomatie, Catherine Ashton, «des mesures restrictives» dans les prochains jours. Sur les voyages et le gel des biens des responsables notamment. Certains de ses membres veulent mettre en place une zone d’exclusion aérienne pour interdire aux avions militaires libyens de voler. Signe que Kadhafi qui offre  400 dollars aux familles et une augmentation de 150% des salaires de certains fonctionnaires a perdu le Nord : la protesta qui brandit les drapeaux de la monarchie du Roi Idriss Senoussi et veut la chute du régime, s’étend de l’ouest de Tripoli à Benghazi.

Elle était hier à Musratha, la 3e ville du pays, à quelque 150 km à l’est de la capitale. Une avancée qui fait craindre les «boucheries» promises mardi par le «Guide» dans son intervention télévisée. Ses partisans sont concentrés à Tripoli, où la milice Khamis dispose de 9.000 hommes, de chars et d’avions. Comme pour se venger se son peuple, Kadhafi qui n’exclut plus de se retirer de la scène politique a demandé hier à ses «miliciens» de charger les manifestants à Tripoli à la sortie de la prière du vendredi.

Source Horizons Djamel Boukrine

Le Pèlerin

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 08:04

France - Islam: L'UMP veut un débat,

l'Elysée approuve

nikab

 

Politique - Début avril, le parti majoritaire va se saisir de la question de la place de l’Islam en France...

Echec du ministère de l’Immigration en 2010, le débat sur l’Identité nationale revient en 2011 via… l’UMP. Le parti majoritaire va organiser en avril un débat sur l'islam en France et sa compatibilité avec les règles de la République laïque, a annoncé mercredi Jean-François Copé, secrétaire général du parti majoritaire. Une initiative qui a l’aval du chef de l’Etat, qui a jugé lors de «Paroles de Français» la semaine dernière que le multiculturalisme est un échec et indiqué que seuls sont bienvenus en France ceux qui acceptent de se fondre dans la communauté nationale.

La majorité veut ainsi couper l'herbe sous les pieds du Front national, qui avait semé le trouble jusqu'au sein de la majorité en assimilant fin 2011 à «l'occupation» les prières de rue de fidèles musulmans le vendredi dans plusieurs villes françaises.

Le thème précis du débat sera de réfléchir à «comment organiser l'exercice des cultes religieux de telle sorte qu'ils soient compatibles ans notre pays avec les règles de la république laïque». Même s'il n'est annoncé qu'en deuxième partie de ce débat, l'islam en France en constituera l'élément essentiel. «Nous y inviterons de manière très ouverte de nombreuses personnalités civiles et religieuses et ce sera l'occasion de débats très larges sur cette question absolument majeure», a précisé Jean-François Copé qui a fait de la riposte au FN l’une des priorités de son arrivée rue de la Boétie. «L'erreur serait de ne pas le traiter», a-t-il ajouté.

Barrer la route au FN, embarrasser le PS

Pour le député-maire de Meaux, qui avait été en pointe dans l'adoption de la loi sur l'interdiction du port du voile intégral, l'UMP entend évoquer des sujets comme le nombre de lieux de culte islamiques en France, la formation des imams, le contenu de leur prêches ou encore leur langue d'expression.

Ce thème est suivi de près par l’Elysée. Nicolas Sarkozy est revenu sur la question mercredi en recevant les députés UMP à déjeuner. «Si on ne veut pas que les débats dérapent, il faut les affronter», a-t-il dit, cité par des participants. «Notre formation politique puis le Parlement doivent s'emparer de ce sujet. Je ne veux pas de prière dans les rues, d'appels à la prière. On a eu un débat sur la burqa et c'était une bonne chose. Il faut aboutir à un cursus idéologique sur la place des religions en 2011».

Prié de dire si le débat annoncé ne ferait pas le jeu du Front national et de sa présidente Marine Le Pen, Jean-François Copé a répondu : «Marine Le Pen, elle, soulève les problèmes, mais travaille assez peu les solutions». L’UMP compte, elle, apporter des solutions à une débat laissé en friche par le PS, embarrassé sur le sujet, estime-t-on rue de la Boétie.

Source 20minutes.fr M.P. avec Reuters

Le Pèlerin

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 06:32

Interview - Isabel Miranda de Wallace, présidente de l'association mexicaine Halte aux enlèvements accable la Française...

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Avant propos du Pèlerin

Notre Président n’a-t-il rien d’autre à faire que de se mêler d’une affaire de droit jugée dans un pays ami ?...Il y a tant à faire en France, à commencer par ménager nos pays amis et alliés…..Voilà que l’on caresse l’opinion dans le sens du poil...!!!

Jusqu’à présent il avait fait preuve de courage en affirmant ses positions…C’est fini….2012 se profile…On caresse l’électeur potentiel …Quelle piètre stratégie… !!!

Début d’article

C’est une inconnue en France. Mais une voix rauque très célèbre au Mexique. Présidente de l’association «Alto al Secuestro» (Halte aux enlèvements), Isabel Miranda de Wallace a toujours condamné Florence Cassez. Mardi, elle a choisi 20 Minutes pour livrer son témoignage sur la crise diplomatique avec la France.

Comment jugez-vous les récents propos de Nicolas Sarkozy sur l’affaire Florence Cassez?

Je les trouve excessifs et disproportionnés. Il confond les choses. L’affaire Florence Cassez est un sujet juridique qui a atterri de façon erronée au niveau diplomatique et politique. Les Mexicains et les Français ont des intérêts beaucoup plus importants que cette affaire.

En France, l’opinion publique est partagée sur la culpabilité de Florence Cassez...

Pas moi. Je suis sûre à 100% qu’elle est coupable. Elle a habité avec Israël Vallarta, qui a reconnu plusieurs enlèvements. Et puis, David Orozco, l’un des membres du gang, l’a désignée comme une responsable des enlèvements.

Mais David Orozco a expliqué qu’il avait avoué sous la torture...

Ça n’a jamais été prouvé. Et surtout, 90% des kidnappeurs arrêtés prétendent avoir été torturés. C’est un grand classique.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que vous êtes instrumentalisée par le gouvernement mexicain?

C’est une offense de penser ça de notre association non gouvernementale. Nous avons lutté et continuerons à lutter pour toutes les victimes d’enlèvements. Que ce soient celles de Florence Cassez ou d’autres.

Des bruits courent sur votre possible implication lors de l’élection présidentielle de 2012 aux côtés du président Calderon...

Je n’ai aucune ambition politique. Je vais continuer ma lutte à ma place.

Fin d’article

Source 20minutes.fr

Propos recueillis par Vincent Vantighem

Le Pèlerin

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 08:16

«Le monde arabe a une aspiration profonde à la liberté»

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Entretien - Selon Benjamin Stora, historien spécialiste du Maghreb, il y a au moins un point commun aux différents mouvements observés dans cette région du monde...

Ils n’en sont pas au même point, ils n’ont pas le même système politique, ni la même histoire, mais plusieurs pays du monde arabe sont actuellement en proie à des troubles. Après la Tunisie, l’Egypte est en pleine insurrection, les Yéménites sont dans la rue, l’Algérie connaît des grèves à répétition et une manifestation est prévue le 20 février au Maroc…

Le monde arabe est-il en train de faire sa révolution?

Réponse avec  Benjamin Stora, professeur des universités, spécialiste du Maghreb et auteur de Bibliographie de l’Algérie indépendante 1962-2010 (Editions du CNRS 2011).

Le monde arabe compte 22 Etats très différents, qui vont de la Mauritanie à l’Oman, qu’est-ce qui les rassemble?

La langue - l’arabe - la religion musulmane, dominante dans une majorité de ces pays, et dans l’histoire récente, le nationalisme arabe issu des combats contre la colonisation (française pour l’Algérie, le Maroc et la Tunsie, anglaise pour l’Egypte, italienne pour la Libye…). Tout cela a forgé une histoire, un imaginaire, une sensibilité identiques.

A l’inverse, qu’est-ce qui les sépare?

Chacun a des traditions nationales différentes, selon qu’il se situe au Maghreb, qu’on appelle l’Occident musulman, ou au Machrek, l’Orient arabe. Il y a également des  différences du point de vue de la nature des Etats, avec des monarchies (Maroc, Jordanie…) et des Républiques (Tunisie, Egypte, Algérie, Syrie, Libye…). Ce sont surtout elles qui ont dérapé ces derniers temps en devenant des républiques dynastiques, des monarchies en quelque sorte. Leur point commun: une emprise de l’armée sur le système politique. Aujourd’hui, elle se confond avec l’Etat.

Est-ce cela qui a nourri la contestation dans ces pays?

Oui. Le monde arabe a une aspiration profonde à la liberté. La population souhaite parvenir à un Etat de droit et en finir avec un régime militaire qui a confisqué l’indépendance des pays, avec le soutien de l’Occident. Plus que des questions économiques, ce qui est au centre des revendications c’est la liberté individuelle, la liberté de conscience.

Pourquoi ce désir s’exprime-t-il maintenant?

En réalité, il a commencé avec la mobilisation démocratique contre le trucage des élections en Iran en 2009. Je pense qu’on assiste là à une onde de choc différée de la chute du mur de Berlin. Elle avait atteint l’Algérie dans les années 90, cela a été un échec. Mais là, ça repart. L’Egypte est le coeur du monde arabe, ce qui s’y passe est le signe d’un mouvement très important, d’une impulsion. On est face à une individualisation de la société, plus urbaine et connectée à la mondialisation culturelle et économique.

Malgré tout, l’avenir de ce mouvement reste incertain…

Tout à fait. Les Etats ne vont pas tous s’effondrer comme ça. La question, c’est est-ce que l’Occident va soutenir ces mouvements démocratiques? La transition va être très difficile. Le seul espace de contestation pendant très longtemps a été l’islam politique, laissant très peu de place à l’émergence de pôles et d’élites intermédiaires. Mais le monde a évolué. Le modèle de référence n’est plus le modèle théocratique iranien, qui a durement réprimé le mouvement démocratique de 2009. Aujourd’hui, c’est le modèle turc qui domine, soit l’association entre une armée garante de la laïcité et des islamistes qui la respectent. Entre les deux, émergent petit à petit des acteurs intermédiaires, des journalistes, des écrivains… Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura un avant et un après les évènements en Tunisie et en Egypte.

Source 20minutes.fr

Propos recueillis par Catherine Fourni

Le Pèlerin

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 07:54

Algérie – Tunisie - De Tunis à Alger, le chemin est très court

Maghreb

 

Il suffit d'une immolation, d'un sucre ou d'un bidon d'huile pour que tout soit dit. Tout est clair. Les leçons doivent être prises en bonne considération. Car c'est tout aussi simple. Maintenant tous les chemins menant de Tunis vers d'autres capitales arabes sont en finalité très courts.

La longévité dans un poste qu'il soit politique ou autre n'emmène en fin de cycle que lassitude et dégoût. D'autant plus s'il s'agissait là d'un pouvoir exorbitant en matière de pouvoir politique. Nous ne sommes pas ainsi en face d'une réflexion ou d'un avis personnalisé. C'est l'histoire de l'humanité tout entière qui le prouve à travers les innombrables soubresauts qui l'ont émaillée. De César, Néron, à Caligula, Attila, jusqu'à Mussolini, Ceausescu, Chah d'Iran, les dictateurs et les éternels assis au trône de la puissance n'ont eu qu'une seule double-issue fatidique. Fuir et s'enfuir ou périr et mourir. Chassés à coup de morts et de sang, ils avaient la détresse ou la malédiction comme unique compagne tout le long du restant de leur vivant ou de leur au-delà. C'est cette longue histoire universelle qui nous décèle comment certains dirigeants ont par impulsions abusives ou désir immodéré et prolongé poussé leur peuple à leur réserver le plus souvent un sort funeste.

Ce qui vient de se passer en Tunisie doit impérativement inspirer les autres dirigeants à plus de retenue, mais aussi les peuples à plus de prise de conscience. Ils viennent, ils ne sont pas les premiers, les Tunisiens à démontrer qu'aucun pouvoir n'ait à se faire dans l'éternité ou à vie. Il n'y pas plus serein et paisible que cette alternative tant exigée par tous. L'homme s'est créé le mandat dans le temps. Alors pourquoi cherche-t-il à défier Dieu dans son ego de devenir une icône immortelle ?

Les événements subis par la société tunisienne ne sont en finalité et non loin aussi d'une manipulation tacite, qu'une issue inévitable, fatale mais à la longue salutaire. Elle devait surgir à n'importe quel moment où l'hégémonie d'un clan, d'une famille, d'une belle-famille ou d'une fratrie devienne une chape lourde à supporter davantage par ceux et celles qui sont maintenus sous un joug dominateur, écrasant et étouffant. Ainsi Tunis, avec ce 14 janvier 2011 vit à l'heure algérienne d'octobre 1988. Le plus fondamentalement menaçant et dangereux n'est pas encore venu. Il reste à faire, à subir. Ils vont connaître la liberté de dire tout en vrac, le tout cru d'un ras-le-bol qui vient briser le verrou. Ils viennent déjà de vivre le couvre-feu, le pillage et l'état d'urgence. Ils commencent à goûter au doux goût de la vindicte, du règlement de compte et du lynchage public. Ils vont connaître des élections qu'ils appelleront avec innocence, libres et transparentes. Ils vont revoir la copie de la constitution en tentant d'instituer un régime parlementaire et ouvert. Ils vont connaître la floraison des journaux, des partis, des associations et des comités de citoyens ou de soutien. Ils vont, après l'euphorie, crier aux disparitions et aux arrestations typiques qu'ils vont certainement qualifier d'arbitraires et outrancières. Ils ne vont pas cesser de marcher, de faire des rassemblements, des sit-in. Leur télévision nationale ne va pas rater un scoop historique pour se jeter dans la délation, la dénonciation et l'amertume d'une démocratie, somme toute de façade. La route est longue et pleine de trébuchements. Pourvu qu'ils n'arrivent pas à connaître les escadrons de la mort, les maquis truffés et touffus, les bombes, les attentats, les personnes explosives, les faux barrages et l'égorgement. Cependant ils commencent déjà à brailler la réconciliation nationale, la concorde civile et la préservation du patrimoine collectif.

C'est ainsi, par-devant une soif ardue de liberté et de démocratie, qu'on voulant y boire, que le pire puisse arriver. Ce pays abrite dans ses soubassements de nombreuses cellules dormantes toute idéologie confondue. La plus virale reste, en toute évidence, la constance islamiste. Elle a été, depuis que la Tunisie est Tunisie, mise à l'écart et empêchée d'infiltrer les rouages officiels de l'appareil dirigeant. La société pratiquait silencieusement sa religion. L'islam est un islam d'Etat, officiel et point c'est tout. L'on en fait ni éloge ni propagation. Il cohabite sournoisement avec les autres religions. Les juifs y sont implantés depuis bien longtemps. Le régime fait dans la quiétude de tous. Mais, les régimes successifs de Bourguiba et de Ben Ali ont fait que les Tunisiens étaient, par tous les moyens, éloignés de la mouvance islamique. Le réveil des fauves surviendra juste après la tempête populaire. Car tous les droits y seront pêle-mêle reconnus.

L'histoire est parfois, à la limite de l'injustice, impersonnelle et inhumaine. Elle n'agit pas dans les sentiments. Le temps s'exerce et passe. Les actes aussi. L'enregistrement y est spontané et définitif. La touche «supprimer» ou celle d'un clic retour n'existe pas dans le clavier de l'histoire. Tout signe ou graphe y est consigné pour la perpétuité. Le peuple fait et défait les présidents. Les présidents également font fortifier ou assujettir des peuples.

L'on retiendra qu'à Tunis, le départ n'a pas été cette immolation publique plus que ne l'était cette humiliation. Le jeune Bouaziz s'est à son corps défendant rendu en une torche humaine, suite à un acte d'excès de pouvoir commis par une policière. L'humiliation s'est vite consommée. La dignité bafouée. Cet agissement en uniforme traduisait un comportement d'Etat, sinon adopté en son nom. Le détail de l'acte isolé, diront les uns, a pu toutefois libérer tout un pays. Tous les morts, les disparus et le sang versé seront pour rien, si jamais, et ce cela semble se confirmer, le régime subsiste. Car le changement n'implique pas subtilement le départ d'un homme. L'essentiel est dans la disparition totale des relents, courtisans et applaudisseurs d'un système de gestion honni et réprouvé par l'ensemble du corps social d'abord. Puis viennent, pour les besoins de récup, les entités politiques et corporatistes.

C'est vrai qu'en Tunisie la peur gagnait toutes les bouches. Cette peur était visible et audible. Le régime sévissait à l'ombre comme un fantôme. On avait l'impression d'être non pas dans une caserne mais dans un grand commissariat. Ce sentiment fantomatique de peur, on le voyait partout et nulle part. Il avait ses oreilles, ses yeux dans le même corps social. La trouille se voyait s'ériger comme un management de gestion adoucissante des foules. Mais cette peur, à vrai dire, ce sont tous les peuples arabes qui la vivent. Elle emplit l'être arabe de l'écran de sa TV, à son école ou université jusqu'à dans ses écrits, paroles et œuvres artistiques ou littéraires. A-t-on vu un poète faire des odes à la faveur de Sarkozy ? Ou bien la France n'a plus de poètes ? A-t-on vu des citoyens ramenés par bus de la banlieue argenteuillaise pour arborer devant les cameras de TF1 le portrait de Sarkozy ? Même les plus durs de ses militants UMP ne le font pas. Car, en fait de l'éventualité d'un amour politique ou présidentiel, celui-ci ne peut s'exercer que dans le comportement quotidien et citadin. Dans le bel exemple. Dans le respect de l'autre. Dans la légalité.

Il n'y a pas pragmatiquement de similitude entre Carthage et El Mouradia. Bouteflika n'est pas Ben Ali. Il a une trompe plus emphatique et historique que l'époux de la régente de Tunis. Il n'a pas vingt-trois ans de règne, il a à peine 12 ans. La similitude existe cependant dans l'espèce de fonctionnement réciproque des rouages de l'Etat. Le système. Il est fait aléatoirement de la même pâte. Une démocratie qui ne veut rien dire, avec des partis totalement dressés en meubles domestiques de décor extérieur d'un paysage aride allant de l'opacité à la fermeture. La peur triture également les entrailles de certains avis contraires ou contradictoires. Elle côtoie chaque jour l'individu qui se parle en silence. Si la liberté d'expression chez l'un est entièrement disconvenue et policièrement réprimée, chez l'autre, elle est sujette à conditionnement par voie d'une agence d'édition et de publicité.

On se confine dans un écran unilatéral, muet, plat et insipide. Elle est mise en surveillance, sinon comment expliquer que l'opposition politique continue à se faire à partir de l'étranger ? Si l'anti-islamisme chez l'un est une caractéristique de survie et une note d'évaluation de la maison blanche ou de l'Elysée, il est chez l'autre une mitoyenneté moulée dans une réconciliation nationale et soumise à un pieux appel sans cesse au dépôt de la violence.

Voilà que c'est fait, la Tunisie va vivre donc au rythme d'une nouvelle ère révolutionnaire. Plein de rêves et de liesse quant au recouvrement de la liberté, le citoyen va se désenchanter rapidement. Le régime Ben Ali sera toujours présent. Pour preuve, le gouvernement d'union nationale qui vient de se composer nie en bloc les autres courants. Sa légitimité s'est remise en cause par de nombreuses personnalités. L'enjeu s'est incarné dans le groupe assurant l'intérim de l'Etat. Tous issus de la production politique de l'homme déchu. Le président intérimaire, le chef du gouvernement, la majorité des ministres reconduits ne sont en fait qu'un appendice encore vivant d'un corps que l'on croit fermement mort. En fait, les régimes ont la peau dure. Les Tunisiens par cette révolte qui mérite pour leur postérité le titre de révolution, auront à gagner à préserver surtout le caractère d'ouverture touristique qui les caractérisait à ce jour. Ils ne doivent pas arborer une fausse dignité face à un touriste exigeant. Le monde ne doit pas penser que c'est fini, Hammamet et ses plages, c'est fini ces soirées libres et sans tabous, cette sécurité routière, hôtelière, urbaine, rurale etc. Sinon

Enfin, cet éveil, malgré les difficiles transitions, finira tout de même par faire arrimer le pays à la borne de la pluralité. Les autres d'entre voisins et cousins doivent absolument savoir que tous les chemins menant de Tunis vers d'autres capitales arabes sont en finalité très courts.

Source Le Quotidien d’Oran El Yazid Dib

Le Pèlerin

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 09:14

Monologue de l'Allemand

angela-merkel

 

La crise, vous savez, tout peut arriver. Ne croyez surtout pas que la zone euro est indestructible et qu'elle ne peut pas imploser. Et puis, il ne faut pas sous-estimer la colère actuelle des Allemands. Cela fait des années que nous nous serrons la ceinture et voilà qu'on nous demande de donner de l'argent à des pays qui n'ont fait que le jeter par la fenêtre ! Je n'ai pas eu de vraie augmentation depuis 1996. J'ai accepté cette rigueur parce qu'il fallait, entre autres, payer le prix de la réunification avec l'Est et permettre le lancement de l'euro. Nous avons appris à modérer notre consommation et à toujours épargner malgré la baisse de notre pouvoir d'achat. C'est le lot de la majorité des foyers allemands.

Nous sommes fourmis depuis au moins quinze ans et on nous explique tranquillement qu'il faut que notre épargne et nos impôts se portent au secours des cigales. C'est scandaleux ! Je sais, je sais. C'est très facile de dire que mes propos sont la preuve que nous avons un sentiment de supériorité à l'égard de l'Europe du Sud. Je lis régulièrement la presse française et je sais comment elle présente les choses. Mais personne ne remarque que nous pensons exactement la même chose des Irlandais ou même des Islandais même s'ils ne sont pas encore dans l'Union européenne – que des Grecs.

Oui, c'est sûr, il y a du mépris. Mais ça n'a rien à voir avec la culture ou la religion. C'est le mépris du travailleur pour le tricheur. C'est le mépris de celui qui a consenti un nombre incroyable de sacrifices vis-à-vis de l'inconséquent qui n'a jamais cessé de flamber et de gaspiller. Je vous le dis tranquillement : si les Grecs avaient subi une grosse catastrophe naturelle, personne chez nous n'aurait renâclé à leur venir en aide financièrement. Mais là, leurs gouvernements successifs ont triché ! Ils ont maquillé les statistiques pour entrer dans la zone euro et ils ont continué ensuite. Plus grave encore, personne chez eux ne semble vouloir payer d'impôts. Pourquoi irions-nous aider des gens qui ne savent même pas ce que signifie l'intérêt collectif ?

Encore une fois, cela vaut pour les Irlandais aussi. Spéculer sur l'immobilier, se croire riche parce qu'on a un appartement ou une maison dont le prix virtuel ne cesse d'augmenter, ce n'est pas travailler. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de spéculateurs en Allemagne. On en a vu apparaître des dizaines de milliers à l'époque de la bulle Internet et ils ont été bien punis pour la plupart. Mais ce qui choque chez nous, c'est le fait que la spéculation immobilière ait été encouragée par tout le monde, par les banques, bien sûr, mais aussi par le gouvernement irlandais. Et quand ce dernier a besoin d'argent, il tend la main à l'Europe, c'est-à-dire à l'Allemagne, mais refuse de changer sa fiscalité !

C'est incroyable ! Les Irlandais nous disent donnez-nous l'argent que vous avez épargné mais il n'est pas question qu'on change les lois qui font que des dizaines d'entreprises allemandes ont préféré s'installer en Irlande pour payer moins d'impôts. On ne cesse de nous parler de l'importance de l'Europe, de la nécessité d'être unis, or voilà l'occasion de faire une Europe plus cohérente. Puisque nous sommes membres d'une Union, pourquoi ne pas mettre fin à la concurrence fiscale qui nous divise ? Mais les Irlandais disent non, et personne n'insiste. Voilà pourquoi j'enrage et pourquoi j'ai du mal à garder mon calme quand on me parle de la construction européenne !

Cela fait plusieurs décennies que nous payons le poids des monstruosités du passé. Ça, personne n'a envie de revenir dessus ni de contester le bien-fondé de ce qui a été exigé de l'Allemagne. Je ne dis pas non plus qu'il faut que ça cesse. Cette responsabilité, il faut que nous continuions à l'assumer. Je suis né en 1960, donc je suis à l'aise pour en parler. Mais il faut savoir que mon opinion est loin d'être majoritaire. Les gens commencent à poser publiquement les questions taboues. Ils demandent simplement jusqu'à quand l'Allemagne va-t-elle continuer de payer ?

On a accepté d'échanger le deutschemark contre l'euro au nom de cette responsabilité. Ce n'est un secret pour personne que les Français nous ont forcé la main et que c'était le prix politique à payer pour obtenir la réunification avec l'Est. Mais cette zone euro stable et prospère qu'on nous a promise est une véritable pétaudière. Des Etats vont faire faillite car ils ne pourront pas rembourser leur dette ! Dans leur grande majorité, les Allemands refuseront de payer pour les autres. C'est pour cela que je dis que la zone euro va disparaître. Ce n'est pas possible autrement. Il va y avoir une recomposition, c'est certain.

Il y a aura peut-être deux unions monétaires en Europe. La première sera probablement constituée autour d'une monnaie forte par l'Allemagne, les Pays-Bas et les pays scandinaves. La seconde comprendra des pays comme l'Italie, l'Espagne, la Grèce et l'Irlande, c'est-à-dire les pays qui ont une grosse dette à rembourser mais qui ont aussi besoin d'une monnaie plus faible pour relancer leurs économies. La France ? Je pensais que mon propos était suffisamment explicite pour que vous n'ayez pas à poser cette question. Quand j'ai cité les pays du premier groupe, la France n'y figurait pas. Ce n'était pas un oubli.

Je crois que l'Europe se porterait mieux si on acceptait le fait que la France n'est plus une grande puissance économique. Ce n'est pas moi qui le dis. Le Premier ministre Fillon a été limpide en parlant d'un pays en faillite. Cela veut dire qu'il faut que la France descende en seconde division pendant quelque temps. Qu'elle reprenne des forces, qu'elle se réorganise. Il sera toujours temps pour elle de rejoindre le premier cercle. Mais je vois mal nos dirigeants tenir ce discours, même s'ils le pensent en leur for intérieur. Le poids du passé obligera encore l'Allemagne à faire en sorte que son tandem artificiel avec la France continue d'exister.

Source Le Quotidien d’Oran Akram Belkaid

Le Pèlerin

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