Recherche

Album photos

Voir tous les albums

Présentation

Images aléatoires

  • Fete de Vernaux 22 07 2011 (104)
  • subaru-sport.jpg
  • 98-1-1-constructions-adaptees-au-terrain.jpg
  • Angelina jolie 1100
  • 2 Fete Vebre 23 juillet (75)
  • 28-Cherchell-Marche-et-la-Manutention.jpg

De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

Salon de l'Agriculture : Valentine la Gasconne, déjà star

00000 Valentine au salon de l agriculture 2012

Valentine, la Star du Salon de l'Agriculture 2012

 

Valentine, la Star monte à Paris

Elle porte une robe d'une jolie couleur gris argenté avec les extrémités noires.

Elle a 7 ans, habite Soueich, en Haute-Garonne et représente la race Gasconne.

C’est donc cette belle Gasconne aux cornes en forme de lyre que vous croiserez dans les rues de Paris, dans le métro, sur les billets, les affiches, les programmes et surtout sur le salon, dans le pavillon 1.

Valentine est une vache de taille moyenne. Race bovine allaitante, rustique et taillée pour la randonnée grâce à ses bons aplombs, elle est parfaitement adaptée aux reliefs et aux herbages pyrénéens. Elle est également appréciée pour son caractère docile, sa facilité de conduite et de vêlage. Valentine a déjà donné naissance à 4 veaux dont le tout dernier "Gypsy", femelle qui aura un peu plus de 6 mois pendant le prochain Salon International de l’Agriculture.

Valentine n’en est pas à sa première distinction puisqu’elle a déjà gagné les plus hauts palmarès de la race gasconne, comme ses parents d’ailleurs, Relief, un taureau agréé pour l’Insémination animale le plus emblématique de la dernière décennie et Primevère, sa mère qui appartient au TOP 40 des meilleures vaches de la race. Aucun doute quant à la haute lignée de sélection de Valentine.

Déjà plusieurs fois primé, cet éleveur du piémont pyrénéen voit sa passion récompensée après 20 ans de Concours Nationaux de la race Gasconne à Paris.

Francis Estadieu est attaché aux valeurs de sa région et devient très vite un passionné de rugby à XIII (il sera international dans les années 85) et de la Gasconne... race emblématique du Comminges. Son engouement pour cette race bovine le pousse progressivement à constituer son propre cheptel.

La robustesse de cette vache, ses facilités de vêlage, sa capacité à valoriser des fourrages grossiers ainsi que la qualité de sa viande lui confèrent de nombreux atouts économiques.

Soutenu par son épouse Andrée qui prend le statut d’exploitante sur la terre familiale, Francis Estadieu se consacre à la sélection et à la génétique de la Gasconne.

Aujourd’hui, son cheptel se compose de 60 gasconnes adultes et de 3 taureaux de haute valeur génétique (utilisés en monte naturelle). Sa production est axée principalement sur la production de génisses d’élevage, de broutards et de quelques jeunes taureaux choisis parmi ces derniers.

En 1992, Francis Estadieu se rend, pour la 1ère fois, au Salon International de l’Agriculture. Ses deux premières reproductrices sont remarquées. 20 ans après, cet éleveur à l’esprit combatif et déterminé, est fier de présenter le meilleur de la race gasconne : Valentine bien sûr mais aussi Champion, Claire ou Blanche.

La race gasconne, originaire du Sud-ouest est implantée en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon : des Pyrénées - où elle s’est forgée une résistance et des capacités remarquables de traction - aux plaines de la Garonne.

Parfaitement adaptées à des conditions climatiques et de reliefs difficiles, ces vaches peuvent aussi bien passer 5 mois en altitude, livrées à elles-mêmes, qu’en plaine dans les exploitations.

Outre cette rusticité visible et des coûts d’entretien réduits, la Gasconne se caractérise par sa longévité et son excellente productivité. Elle met bas facilement et seule dans la plupart des cas (99% de vêlages faciles). Elle produit un veau par vache et par année. Ces veaux naissent avec une robe de couleur fauve qui devient grise vers l’âge de 3-4 mois.

Sa renommée vient également de sa viande fine et savoureuse.

Aujourd’hui, la Gasconne, en race pure ou en croisement, est présente dans 74 départements français et s’est implantée dans des milieux très variés : Guyane, Espagne, Grande Bretagne, Pays-Bas, République Tchèque mais aussi au Chili et au Paraguay avec 1 500 doses d’Insémination Animales exportées chaque année.

Ses atouts économiques liés à sa grande capacité d’adaptation rendent la vache gasconne moderne et populaire auprès des professionnels.

Le Groupe Gascon est à la fois un organisme de sélection et un organisme de défense et de gestion du Label Rouge Bœuf Gascon. Il est le garant de la sélection, de la certification et de la promotion de la Gasconne.

Pour visualiser l'album relatif à Valentine, cliquez ici

Jean Poncy, de Vèbre ou de Vernaux ?

000001 Jean Poncy

Jean Poncy

000110 Francine Poncy

 

Francine Poncy

001000 Nicolas Poncy  Jean Poncy

0000110 Camion Poncy de nuit

000011 Camion Poncy

Ci-dessus, les camions  Poncy

Qui ne connait pas Jean dans le milieu rural ariégeois?

Il est transporteur d’animaux vivants à Vèbre où se situe le siège social de la société et où il réside….Et oui il a épousé Francine une Vébroise…

J’ai donc l’honneur d’être son plus proche voisin….Quand je le vois car avec son fils Nicolas ils sont sans cesse par monts et pas vaux…

Le travail est exigent et il faut être du cru et avoir vécu au sein du monde de l’élevage pour réussir dans la profession…

Jean est un travailleur né….Lorsqu’il n’est pas au volant de son camion ….Je le vois passer fort tôt au volant de son tracteur…

Il s’en va faire du bois à Vernaux…. 

« Le Cassayre fils » s’en va voir « Le Cassayre père » avec qui il adore discuter et où il se sent « Chez lui »

Ou alors il va laver son camion toujours « Nickel » pour répondre tant aux exigences de la profession qu’au respect du client.

Il est sans cesse occupé et n’a pas une minute à lui.

Il est fort bien secondé il est vrai par :

Nicolas qui possède également un second camion identique au sien,

Francine, toujours présente pour assurer l’administration et démêler  toutes les tracasseries administratives inhérentes à cette profession

Jean, comme le reste de la famille est d’une intégrité sans faille et le respect de la parole donnée est un principe qui fait partie de  leur personnalité.

Tout le monde adore jean car en plus de son travail, il a le sens de l’Amitié, de la Fraternité, celui du Patrimoine et des traditions locales…

Malgré la pénibilité du travail il ne changerait pour rien au monde son mode de vie….Je le vois parfois grimacer lorsqu’après avoir lavé son camion il doit repartir le dimanche soir… mais dès qu’il est au volant de son camion …C’est reparti …Il va retrouver ses clients qui sont tous des Amis dans ce milieu rural si différent du vécu urbain où l’on se côtoie parfois très longtemps sans se parler.

Merci Jean pout être déjà ce que tu es ….Et à une époque où bien des valeurs se perdent, merci pour ton exemplarité

Pour visualiser les photos relatives à la famille Poncy, cliquez ici

Le Pèlerin

Sud Algérien - Découvrir le Sahara

 

 

Longues théories de dunes vibrant sous un soleil implacable, lent cheminement des chameliers au cœur d’un monde immobile : c’est souvent la première image qui s’impose lorsqu’on prononce le mot « Sahara ». Et pourtant le plus vaste désert du monde est un milieu étonnant et divers. Clio vous convie à découvrir deux régions du Sahara exceptionnelles par la splendeur de leurs paysages et uniques par l’abondance et la qualité des témoignages artistiques que les hommes du Néolithique y ont peints ou gravés à une époque où cette terre verdoyait sous un climat plus clément : le Hoggar et le Tassili des Ajjers.

 le Tassili des Ajjers

 

Chacun sait que le désert n’a pas toujours été aussi aride qu’aujourd’hui, mais peut-on savoir comment les hommes y vivaient jadis ?

Il y a plus de douze mille ans, quand l’Europe était largement recouverte par les glaces, la zone saharienne connaissait un climat beaucoup plus humide qu’aujourd’hui. Les plateaux étaient couverts d’une savane arborée, les oueds étaient des rivières pérennes et les éléphants voisinaient avec les girafes et les hippopotames. Les hommes du Paléolithique y menaient une vie axée sur la chasse et la cueillette : la fin de la dernière grande glaciation bouleversa leur mode de vie. Une aridification progressive fit régresser la flore et la vie se concentra dans les fonds de vallées humides ou dans les zones de montagnes plus arrosées. L’homme dut s’adapter pour survivre. Le perfectionnement des outils de pierre marqua alors le passage au Néolithique. L’élevage le conduisit à fonder sa vie sur la gestion des troupeaux. L’environnement de plus en plus hostile rendit nécessaire des déplacements toujours plus fréquents : le Sahara devenait le domaine du nomadisme pastoral associé, plus tard, à une sédentarisation marginale dans les oasis vouées à l’agriculture.
 

Mais que reste-t-il d’une telle civilisation, fugitive par essence ? 

Un immense trésor artistique ! Les pasteurs du Néolithique ressentirent le besoin de confier aux parois rocheuses leur reconnaissance envers les animaux nourriciers, leur crainte des grands prédateurs, la fierté du chasseur vainqueur d’un rhinocéros, ou de mémoriser les rites ancestraux. L’homme martela, incisa, polit la pierre pour en faire jaillir la vie. À l’ombre d’un encorbellement rocheux, il broya les ocres, les appliqua uniment, d’un geste précis, sur la paroi. La vie quotidienne, l’imaginaire, les fantasmes de ces hommes allaient traverser plus de cinquante siècles pour émerveiller et émouvoir le voyageur d’aujourd’hui et l’on ne peut que s’émerveiller de l’immense talent de ces artistes qui savaient d’un trait résumer le dynamisme du mouvement d’une antilope, la massivité d’un pachyderme, la fascination de la beauté.

 les Touaregs et leurs traditions

Les hommes ont-ils conservé mémoire de ces traditions ?

Aujourd’hui encore, malgré l’irruption du monde moderne qui jette à bas les fondements économiques sur lesquels ont de tout temps reposé les modes de vie pastoraux et nomades, les Touaregs peuvent se prévaloir du lointain héritage des antiques civilisations sahariennes. Ces véritables « princes du désert » ont privilégié le verbe plus que l’image. Leur riche tradition orale, appuyée par la maîtrise d’une écriture originale, apanage des femmes, reste encore aujourd’hui le symbole de leur identité. Chants emplis des grands espaces, de la gloire des combats, de la mélancolie des départs ou troublantes oaristys nourrissent une poésie toujours vivante, toujours vécue, malgré l’abandon des troupeaux et des caravanes.

Quelle différence y a-t-il entre les deux voyages que vous nous proposez ?

Le Hoggar est un vaste massif montagneux, dominé par le massif de l’Atakor et ceinturé par les rebords de plateaux sédimentaires – les tassilis du Hoggar. C’est avant tout la région des paysages fantastiques et des gravures rupestres. Le Tassili des Ajjers, plateau creusé de vallées d’oued parfois étonnamment profondes, est le grand domaine des peintures rupestres sahariennes. Sur ce plan, les deux voyages sont réellement complémentaires. Mais une différence majeure tient au fait que, contrairement au Hoggar qui est sillonné de pistes praticables par les véhicules tout terrain, le Tassili des Ajjers n’est accessible qu’à pied. Même si les conditions de marche ne s’avèrent pas difficiles, ce circuit est naturellement plus exigeant sur le plan de la condition physique que le circuit au Hoggar.

Comment se déroule votre voyage au Hoggar ?

Ce circuit consiste en deux boucles effectuées au départ de Tamanrasset. Au nord, une piste assez difficile conduit à travers le massif du Hoggar – plus précisément de l’Atakor – à travers des paysages grandioses. Dans ce monde minéral, l’écorce terrestre dévoile ses racines et livre l’histoire de toutes ses convulsions. Paysage où l’homme ne peut que ressentir l’humilité, paysage à la mesure d’une personnalité hors du commun comme celle de Charles de Foucauld, qui choisit pour ermitage le sommet de l’Assekrem. Une seconde boucle de cinq jours conduit au sud de Tamanrasset vers les tassilis du Hoggar. À travers le vaste espace du reg, les cordons dunaires et les vallées d’oued, la piste mène vers les basses collines et plateaux rocheux qui recèlent de nombreuses gravures. Ce circuit s’effectue donc en véhicules tout terrain. L’accès aux sites de gravures rupestres est aisé et ne nécessite que de courtes marches.

En dehors des nuits passées en hôtel à Tamanrasset, le voyage s’effectue en bivouac. Je signale également que la nuit passée sur l’Assekrem se déroule à une altitude supérieure à 2 500 mètres.

Le bivouac


Dans quelles conditions s’effectue votre voyage au Tassili des Ajjers ?

 

En l’absence de toute piste praticable par les véhicules tout terrain, seule la marche à pied permet de visiter le plateau des Ajjers et d’accéder aux sites des peintures rupestres. Cette randonnée nécessite une bonne aptitude à la marche, mais ne présente pas de difficulté particulière et n’a rien d’un parcours sportif. La durée journalière des marches est comprise entre quatre et sept heures, mais il s’agit essentiellement de promenades à la recherche des peintures dans des paysages qui n’engendrent pas la monotonie. Seule la longue traversée du plateau des Alendoumen le cinquième jour du circuit (un peu plus de vingt kilomètres) peut présenter une certaine difficulté. Un point important est cependant à préciser : le groupe est accompagné par une équipe locale qui fournit des ânes transportant les bagages tout au long du circuit pédestre. C’est donc les mains libres, sans sac à dos, que vous ferez ces promenades, ce qui est fort appréciable. Mais attention, les ânes ne peuvent supporter la charge d’une personne sur ce type de chemins : ne comptez pas sur eux pour vous transporter ! Naturellement, ce circuit s’effectue entièrement en bivouac, à l’exception des deux nuits à Djanet.

Qu’entendez-vous exactement par « bivouac » ?

Le Petit Larousse nous définit le bivouac comme un « campement provisoire en plein air ». C’est tout à fait exact, et le désert se prête parfaitement à cette expérience. Chaque voyageur aura soin d’emporter un duvet de qualité suffisante : les nuits peuvent être très froides dans le désert et, en hiver, les températures nocturnes oscillent entre 5 et 12 °C, avec une mention particulière pour la nuit passée sur l’Assekrem (circuit au Hoggar) où l’on peut subir cinq degrés en dessous de zéro…
Mais, même s’il s’agit de votre première expérience, je peux vous assurer que vous ne le regretterez pas. L’expression consacrée de « nuit à la belle étoile » n’acquiert nulle part autant de réalité qu’au Sahara. C’est avec regret que vous retrouverez l’espace clos de vos nuits

Qu’avez-vous prévu pour les repas ?

Le soir, au campement, l’équipe locale allume le feu du bivouac et prépare le repas. Ratatouille de tomates, oignons et courges diverses, pommes de terre rissolées ou cuites sous la cendre, ragoût de mouton ou de chèvre, brochettes, sauté d’agneau seront préparés sur place, accompagnés de la teguela, galette traditionnelle cuite sous le foyer dans le sable brûlant. Je précise cependant que la viande fraîche ne se conservant pas très longtemps sous le climat saharien, les derniers repas seront plutôt végétariens… L’eau est le bien le plus précieux au désert. Les ânes, et même les véhicules, ne peuvent en emporter des quantités considérables et il faudra vous montrer très économe du précieux liquide et vous contenter durant quelques jours de faire une toilette de chat à l’aide d’un litre d’eau et des lingettes imprégnées que vous aurez emportées.

Quelle est la meilleure saison pour ce voyage ?

Naturellement, les températures estivales excessives interdisent tout voyage dans des conditions acceptables en été. C’est pourquoi nous programmons nos circuits de fin octobre à avril. À cette époque de l’année, vous connaîtrez un climat chaud et sec. Les températures au cœur de la journée atteignent généralement 30 °C en décembre et janvier, 35 °C en novembre et février. Parfois cependant, un vent frais vient diminuer l’impression de chaleur et impose de se couvrir un peu plus. Enfin, la nuit, l’absence de couverture nuageuse entraîne une diminution fort sensible de la température dès que le soleil disparaît à l’horizon. Il faudra donc vous munir d’un anorak pour les bivouacs.

Faut-il prendre des précautions sanitaires particulières ?

Aucune vaccination n’est exigée pour se rendre au Sahara, et il n’y a pas actuellement de maladies endémiques. Il est naturellement conseillé d’être à jour des vaccinations classiques, en particulier contre l’hépatite. Les moustiques, présents seulement autour des rares trous d’eau permanents – les gueltas –, sont peu virulents à l’époque où nous programmons nos circuits. Cependant, ceux qui désirent éliminer tout risque pourront prévoir une prophylaxie antipaludéenne.

Ces circuits s’adressent-ils à tous les voyageurs de Clio ?

En ce qui concerne leur intérêt culturel, il n’y a pas de doute : ces circuits s’adressent à tous les voyageurs passionnés de Clio. Il ne faut cependant pas ignorer que, même si les conditions matérielles sont parmi les meilleures possibles, elles se doivent de respecter la philosophie du désert, et ces circuits ne peuvent s’adresser qu’à des voyageurs qui les acceptent en connaissance de cause. Une mention supplémentaire doit être faite pour le circuit au Tassili qui nécessite une bonne condition physique et une bonne aptitude à la marche.

Pour conclure, à qui conseilleriez-vous de partir à la découverte du Sahara ?

À tous ceux qui ont un jour rêvé du désert, qui ont été fascinés par les légendes des « hommes bleus » et sauront comprendre que rien n’est moins désert que le désert.

Source : Clio.fr

 Le Pèlerin

 

 

 

La vieillesse
amour-senior.jpg  
Viennent les ans ! J'aspire à cet âge sauveur
Où mon sang coulera plus sage dans mes veines,
Où, les plaisirs pour moi n'ayant plus de saveur,
Je vivrai doucement avec mes vieilles peines.

Quand l'amour, désormais affranchi du baiser,
Ne me brûlera plus de sa fièvre mauvaise
Et n'aura plus en moi d'avenir à briser,
Que je m'en donnerai de tendresse à mon aise !

Bienheureux les enfants venus sur mon chemin !
Je saurai transporter dans les buissons l'école ;
Heureux les jeunes gens dont je prendrai la main !
S'ils aiment, je saurai comment on les console.

Et je ne dirai pas : "C'était mieux de mon temps."
Car le mieux d'autrefois c'était notre jeunesse ;
Mais je m'approcherai des âmes de vingt ans
Pour qu'un peu de chaleur en mon âme renaisse ;

Pour vieillir sans déchoir, ne jamais oublier
Ce que j'aurai senti dans l'âge où le coeur vibre,
Le beau, l'honneur, le droit qui ne sait pas plier,
Et jusques au tombeau penser en homme libre.

Et vous, oh ! Quel poignard de ma poitrine ôté,
Femmes, quand du désir il n'y sera plus traces,
Et qu'alors je pourrai ne voir dans la beauté
Que le dépôt en vous du moule pur des races !

Puissé-je ainsi m'asseoir au faîte de mes jours
Et contempler la vie, exempt enfin d'épreuves,
Comme du haut des monts on voit les grands détours
Et les plis tourmentés des routes et des fleuves !

Sully Prudhomme (recueil:les solitudes)

Transmis par René Rando, un Hussein-Déen

Le Pèlerin


 
 

Aude - Sur la route des châteaux cathares
Dans le département de l'Aude (11), quelques châteaux médiévaux rivés à des éperons rocheux, étaient, jusqu'au XIVème siècle, les derniers refuges de la religion cathare. Un petit rappel historique avant le départ

Etiquette touristique du département de l'Aude, le catharisme correspond à une réalité historique assez méconnue.

Nous sommes au Xème siècle et la société est alors régie par l'autorité spirituelle de l'Eglise et l'autorité politique des seigneurs. Le malaise du peuple face à un pouvoir tout-puissant s'accentue, jusqu'à ce que l'évêque d'Albi prenne l'initiative d'une réunion en 1165 où s'opposent les catholiques "purs et durs" et les réformateurs, appelés cathares (du mot grec catharsis qui signifie "pur").
Victimes d'une croisade sans merci, les cathares trouvent refuge dans les "citadelles du vertige", initialement destinées à protéger la frontière avec l'Aragon jusqu'au traité des Pyrénées (milieu du XVIIème siècle) qui établit les frontières actuelles avec l'Espagne. Le catharisme est définitivement éradiqué au milieu du XIVème siècle.

ci-dessous la majestueuse cité de Carcassonne

 

chateau-de-queribus.jpg

Cap au Sud-Est. A l'approche du massif des Corbières, le paysage ondule, la route serpente et la lumière méditerranéenne, dans ce théâtre de garrigue parfumée, joue une partition de verts : vert cyprès, vert olive, vert tendre des parcelles de vignes.
C'est au bord de ces terres rudes, qui sied à la rectitude des cathares, qu'est blotti le charmant village de Villerouge-Terménès, tirant son nom des affleurements ocre des collines alentour. Son château aux grosses tours circulaires a l'originalité de ne pas être surélevé, mais de trôner, au contraire, au coeur du village.
Il est intimement lié, comme le montre sa visite très instructive, à l'histoire du catharisme finissant : en 1321, Guillaume Bélibaste, le dernier "parfait" cathare (équivalent du prêtre) du Languedoc, y fut brûlé vif.
Pour le déjeuner, ne manquez pas le restaurant
du château qui met à l'honneur l'art culinaire médiéval (voir guide pratique).
Sur son piédestal de 697 mètres, le château de Puylaurens fut pendant près de quatre siècles la forteresse la plus méridionale de France, une sorte de poste avancé pour surveiller les frontières avec l'Aragon. Il fut lui aussi un abri sûr pour les Cathares, protégés par les seigneurs occitans, qui capitulèrent finalement en 1256 après les attaques répétées des Croisés.
On y accède par un chemin botanique sillonnant la forêt. Au sommet, outre le spectacle des remarquables courtines crénelées, battues par quatre tours, le point de vue sur la vallée de la Boulzane et les villages est magnifique.

Guide pratique

Où se renseigner ?
Comité Départemental de l'Aude
Rue Moulin-de-la-Seigne
11000 Carcassonne
Tél : 04 68 11 66 00
A visiter:

Château de Villerouge-Terménès 04 68 70 09 11.
Château de Quéribus Tél : 04 68 45 03 69.
Château de Puylaurens Tél : 04 68 20 65 26
Carte Inter-sites
:
Découvrez le Pays Cathare dans les meilleures conditions en achetant la carte inter-sites (4 euros) :vous bénéficiez de 1 euro de réduction sur le prix d’entrée de 17 sites du Pays Cathare et d’une entrée gratuite pour un enfant sur chacun de ces sites.

Avec l' association des sites du Pays cathare
14 rue du 4 septembre
11100 Carcassonne
Tél. : 04 68 11 37 97
Informations sur le site de l'association
Le Pèlerin

Trois kilomètres de doubles remparts flanqués de 52 tours... Depuis l'autoroute A 61, on croirait un mirage tant les vestiges de la plus grande cité médiévale d'Europe se portent bien.
Plantée sur la vallée de l'Aude, Carcassonne n'est pas peu fière de son rôle historique de place forte. Elle a vu défiler Romains, Gaulois, Wisigoths et Sarrasins, avant de devenir un fief de la résistance cathare, qui tomba finalement aux mains de croisés en 1209.
Aujourd'hui, la vieille ville, habitée par environ 150 personnes, est essentiellement dévolue au tourisme. Il faut dire que ses vieilles façades médiévales, ses bâtisses du bas Empire et ses ruelles pavées, même encombrées de restaurants, d'hôtels et de musées plus ou moins sérieux, offrent un dépaysement exceptionnel qui replonge le visiteur dans les grands films de capes et d'épée. Justement ! La porte de Narbonne sert souvent de décor de film et l'équipe de Walt Disney est venue, à plusieurs reprises, y chercher l'inspiration pour la Belle au Bois dormant.
Les Corbières et Villerouge-Terménès
Cap au Sud-Est. A l'approche du massif des Corbières, le paysage ondule, la route serpente et la lumière méditerranéenne, dans ce théâtre de garrigue parfumée, joue une partition de verts : vert cyprès, vert olive, vert tendre des parcelles de vignes.
C'est au bord de ces terres rudes, qui sied à la rectitude des cathares, qu'est blotti le charmant village de Villerouge-Terménès, tirant son nom des affleurements ocre des collines alentour. Son château aux grosses tours circulaires a l'originalité de ne pas être surélevé, mais de trôner, au contraire, au coeur du village.
Il est intimement lié, comme le montre sa visite très instructive, à l'histoire du catharisme finissant : en 1321, Guillaume Bélibaste, le dernier "parfait" cathare (équivalent du prêtre) du Languedoc, y fut brûlé vif.
Pour le déjeuner, ne manquez pas le restaurant du château qui met à l'honneur l'art culinaire médiéval (voir guide pratique).
Cucugnan et le château de Quéribus 

Société - L’Islam et l’Occident : Entre le poids du passé et les exigences de l’avenir

L’installation de l’Islam en Andalousie fut le prélude à une connaissance plus approfondie entre les deux civilisations et partant à une coexistence pacifique profitable de part et d’autre et dont la plus grande manifestation fut l’esprit de tolérance qui souffla alors sur une grande partie du monde.
Le monde musulman et le monde occidental ont eu des relations historiques tellement marquées par la haine et la passion, l’antagonisme, les coupures et les retrouvailles, qu’il leur est difficile de se tourner le dos et de s’ignorer en se regardant comme des chiens de faïence. De fait, depuis leur première rencontre tragique à Poitiers, en 732 de l’année grégorienne, l’Islam et l’Occident (chrétien) ne se sont jamais plus séparés, leurs destins respectifs se croisant à chaque fois en des tournants décisifs de l’histoire qui laissèrent des traces indélébiles sur l’une et l’autre des civilisations. Au demeurant, il se trouve des historiens et non des moindres qui affirment que la bataille de Poitiers, que certains chantres du chauvinisme occidental considèrent comme une victoire contre l’islamisation de l’Occident, fut, au contraire, une véritable catastrophe pour l’Occident et, partant, pour l’humanité entière.*
C’est le cas du Pr Claude Farrère de l’Académie française qui écrit : « L’an 732 de notre ère, une catastrophe, la plus néfaste peut-être de tout le Moyen-âge s’abattit sur l’humanité ; et le monde occidental en fut plongé, pour sept ou huit siècles, sinon davantage, au tréfonds d’une barbarie que la renaissance commença seulement de dissiper, et que la réforme faillit épaissir à nouveau. Cette catastrophe, dont je veux détester jusqu’au souvenir, fut l’abominable victoire que remportèrent, non loin de Poitiers, les sauvages harkas des guerriers francs conduits par le carolingien Charles Martel, sur les escadrons arabes et berbères que le calife Abd Ar-rahmane ne sut pas concentrer assez nombreux, et qui succombèrent devant les guerriers francs. En cette journée funeste, la civilisation recula de huit cents années.
Il suffit, en effet, de s’être promené dans les jardins d’Andalousie ou parmi les ruines éblouissantes encore de ces capitales de magie et de rêve que furent Séville, Grenade, Cordoue, voire Tolède, pour entrevoir, dans un miraculeux vertige, ce qu’il serait advenu de notre France, arrachée par l’Islam industrieux, philosophe, pacifique et tolérant — car l’Islam est tout cela — aux horreurs sans nom qui dévastèrent par la suite l’antique Gaulle. Celle-ci fut asservie d’abord aux féroces bandits austrasiens, puis morcelée, déchirée, noyée de sang et de larmes, vidée d’hommes par les croisades, gonflée de cadavres par tant et tant de guerres étrangères et civiles, alors que, du Guadalquivir à l’Indus, le monde musulman s’épanouissait triomphalement dans la paix sous l’égide quatre fois heureuse des dynasties ommeyade, abbaside, seldjoukide, ottomane.
A ces français, je demanderai ensuite ce qu’ils pensent de ‘‘notre’’ victoire de 732 sur les musulmans ? Et s’ils ne jugent pas avec moi que cette défaite d’un peuple civilisé par un peuple barbare fut, pour l’humanité entière, ‘‘un grand malheur ?’’ » Après le reflux de l’Islam de Poitiers et du sud de la France, il se confina en Espagne et, dans une moindre mesure, au sud de l’Italie et du Portugal. Là, dans ces contrées, plongées alors dans une grande ignorance et barbarie, il jeta les bases d’une remarquable civilisation dont la magnificence et l’esthétisme n’ont d’égal que l’esprit de tolérance et de convivialité qui l’animait et qui fut reconnu par tous les historiens honnêtes et rigoureux.
L’expansion de l’Islam ne prit pas, le plus souvent, la forme d’une invasion encore moins d’une colonisation, comme se plaisent à le prétendre certains historiens partiaux. Le savant espagnol, Blanco Ibanez, le proclame dans son livre Dans l’ombre de la Cathédrale : « L’Espagne, esclave de rois théologiens et d’évêques belliqueux, recevait à bras ouverts ses envahisseurs. En deux années, les Arabes s’emparèrent de ce que l’on mit sept siècles à leur reprendre. Ce n’était pas une invasion qui s’imposait par les armes, c’était une société nouvelle qui poussait de tous côtés ses vigoureuses racines. Le principe de la liberté de conscience, pierre angulaire sur laquelle repose la vraie grandeur des nations leur était chère. Dans les villes où ils étaient les maîtres, ils acceptaient l’église du chrétien et la synagogue du juif. »(1) « Saint Ferdinand, écrit de son côté Viardot, se rendit à la mosquée et ce magnifique ouvrage du premier Abd Ar-rahmane fut consacré au culte chrétien…
Mais les autres monuments que nul caractère sacré ne protège contre une avidité barbare, contre une haine fanatique, disparurent dans les pillages et les dévastations de la conquête. Il ne resta rien, ni des riches abords de la mosquée ni du merveilleux palais d’Al-Zahra… Des colonnes solitaires sont là pour attester que des nations civilisées occupaient jadis le vide inculte du désert. »(2) Pour sa part, un auteur contemporain écrit à ce sujet : « Les chrétiens qui n’avaient pas renié leur foi sont globalement appelés ‘‘Mozarabes’’ ; ils ne sont pas persécutés et vivent en bonne entente avec les Arabes et les chrétiens convertis à l’Islam (…) Les conquérants arabes n’ont mis aucune entrave à la religion chrétienne ; l’Espagne conquise a conservé les diocèses de l’Espagne chrétienne et il y a trois archevêques (Tolède, Lusitanie, Bétique). Les villes d’al-Andaloûs comptent de nombreuses communautés juives entièrement libres civilement et religieusement, comme les chrétiens, dont les quartiers sont appelés par les Arabes ‘‘la ville juive’’ (madinat al-yahoûd). Les juifs, banquiers, prêteurs, gabeleurs ont joué un rôle important de financiers, mais aussi de conseillers et d’ambassadeurs, au service des musulmans ou des chrétiens. »(3)
Cette tolérance et cette convivialité pratiquées par les musulmans là où ils s’établirent étaient inscrites dans les textes mêmes du Coran, le code religieux et civil par excellence des musulmans, qu’ils mirent en application dans leurs relations avec les autres. « Quant aux non-musulmans, écrit l’historien Sâmih ’Atef Ezzayn, ils sont laissés à leurs convictions et adoration ; ils suivent dans leurs affaires de mariage et de divorce les lois de leur religion. L’Etat nomme un juge pour décider de leurs différends devant les tribunaux gouvernementaux. Quant aux nourritures et vêtements, ils sont laissés à leur propre convenance, conformément aux prescriptions de leur religion, mais tout en respectant l’ordre général. Les transactions et les sanctions s’appliquent sur le même pied d’égalité aux musulmans et non musulmans, sans nul égard à la religion, à la race ou au sexe. »(4)
Malheureusement, la reconquista dirigée par le roi Ferdinand et Isabelle la catholique est venue mettre un terme brutal et sanglant à la prestigieuse civilisation musulmane d’Andalousie qui a montré que les religions, pour peu qu’elles laissent de côté leurs préjugés vis-à-vis de l’autre, peuvent vivre dans la tolérance et la coexistence pacifique. A charge pour chacune d’elles de ne pas s’immiscer dans le dogme ou les affaires de l’autre qui ne concernent que ses adeptes. Les musulmans qui avaient respecté avec noblesse et grandeur d’âme la foi et les valeurs chrétiennes furent remerciés, en retour, avec une barbarie jamais vue auparavant. On les força à abjurer leur foi sous la torture des tristement célèbres tribunaux de l’Inquisition et on tua par milliers ceux qui persistèrent à rester musulmans. L’historien Sédillot et d’autres auteurs dignes de foi estiment à trois millions le nombre des victimes de l’Inquisition.
A la fin, et en désespoir de cause, puisque les andalous refusaient d’abjurer leur foi, les rois chrétiens expulsèrent tous ceux qui ne voulaient pas se convertir au christianisme, après avoir détruit tout ce qui symbolisait l’Islam ou en le transformant en lieu de culte chrétien, comme ce fut le cas pour la fameuse mosquée de Cordoue transformée en cathédrale. Ce fut le fameux édit de 1609, promulgué par le roi Philippe III, qui mit fin à sept siècles de présence musulmane en Andalousie, mais qui n’arriva pas à faire oublier combien cette civilisation fondée par les musulmans fut bénéfique et utile pour la renaissance ultérieure des Occidentaux. Cet état de fait a été reconnu par de nombreux savants occidentaux de bonne foi. « Le 3 janvier 1492, écrit un historien français, le dernier prince de la dynastie nasride se rendra aux rois catholiques, et l’histoire de l’Espagne sera définitivement chrétienne. Il ne restera plus dans la péninsule, une fois ces innombrables guerres oubliées, que le souvenir éblouissant de la culture arabo-andalouse : la mosquée de Cordoue, l’Alhambra de Grenade, les œuvres des écrivains, des savants, des philosophes, des théologiens et des traducteurs andalous qui ont communiqué leur savoir aux francs barbares et ignorants que nous étions alors. »(5)
Un autre auteur ajoute dans cette optique : « L’influence qu’exerça l’Islâm dans l’édification de la culture occidentale du Moyen-âge fut donc décisive. Le monde chrétien, quant à lui, sut aborder des formes de vie intellectuelles et artistiques, très différentes des siennes, disposé parfois à dialoguer mais toujours à apprendre puisque cette communication du savoir se faisait dans une seule direction, de l’Orient vers l’Occident. Les deux mondes, ensuite, se renfermèrent sur eux-mêmes. L’Orient, après tant de splendeur, se cristallisa dans la contemplation de sa grandeur passée ; l’Europe fut prise par le mythe de l’adoration de l’homme et par l’exaltation d’elle-même comme gardienne de la civilisation et de la vérité. »(6)
L’installation de l’Islam en Andalousie fut le prélude à une connaissance plus approfondie entre les deux civilisations et partant à une coexistence pacifique profitable de part et d’autre et dont la plus grande manifestation fut l’esprit de tolérance qui souffla alors sur une grande partie du monde . Il est vrai, certes, que le contact entre l’Islam et le monde occidental qui se confondait alors avec la religion chrétienne datait des premiers temps de la révélation coranique, dans la mesure où le message du Prophète (qsssl) se voulait comme le prolongement naturel des révélations précédentes, et en particulier celle du Christ. La source de ce premier contact se trouve dans le Coran lui-même : « Ô gens du livre (chrétiens), n’exagérez pas dans votre religion et ne dites de Dieu que la vérité. Le Messie Jésus fils de Marie n’est qu’un messager de Dieu, Sa parole qu’Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Dieu et en Ses messagers et ne dites pas : ‘‘Trois’’. Cessez ! Ce sera mieux pour vous. Dieu n’est qu’un Dieu unique ! Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C’est à Lui qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Dieu suffit comme Protecteur. »(7)
Au-delà de ce reproche sur la conception chrétienne de l’essence divine, le Coran est plutôt favorable aux chrétiens : « Parce qu’il y a parmi eux des prêtres et des moines, et parce qu’ils ne s’enflent pas d’orgueil. »(8) Tout prédisposait à une entente et à une coexistence des plus tolérantes entre l’Islam naissant et fortement prépondérant et l’Occident imprégné profondément des valeurs chrétiennes, d’autant que l’Islam a reconnu, dès son avènement, le fait chrétien aussi bien théologiquement que sociologiquement. Et pourtant ce ne fut pas le cas, malheureusement, malgré la disponibilité de l’islam en ce sens. On a pour preuve, à cet effet, le refus du calife Omar Ibn Al-Khattâb de prier à l’intérieur de l’église de la nativité, après la conquête de Jérusalem, pour ne pas donner aux musulmans, après lui, le prétexte d’annexer cette église et d’effacer les traces du christianisme dans la ville sainte.
C’est là, sans conteste, un comportement rare voire inexistant dans les mœurs d’un conquérant. Et seul celui qui a lu les textes du Coran et parcouru la vie et le comportement du Prophète (qsssl) avec les adeptes des autres religions pourra comprendre. De ce point de vue s’explique la bienveillance de l’Islam à l’égard du monde chrétien, même dans les circonstances particulières où il se trouva en position de dominateur. Les chrétiens ou les juifs, qui se trouvèrent à un moment ou à un autre sous le pouvoir d’un Etat musulman, ne se trouvèrent jamais marginalisés ou en butte à un sentiment de rejet ou de discrimination. Bien au contraire, beaucoup d’entre eux assumèrent de hautes responsabilités dans l’administration voire même des responsabilités de premier vizir (ministre) comme ce fut le cas pour le grand-père du célèbre saint Jean Damascène, Ibn Sardjoun, sous le califat omeyyade.
Cette convivialité, dont fit preuve l’Islam vis-à-vis des peuples chrétiens qu’il rencontra dans ses conquêtes, lui attira leur sympathie et, par la suite, leur conversion en masse. « D’où provient cette force d’attraction qui pousse les Grecs, les Syriens, les Egyptiens, dépositaires à la fois des civilisations antiques et de la civilisation chrétienne à se rapprocher aussi rapidement que possible de la civilisation musulmane ?, se demande le Pr Haider Bammate. Il n’est qu’une réponse à cette question, écrit Henri Pirenne, et elle est d’ordre moral. Tandis que les Germains n’ont rien à opposer au christianisme de l’empire, les Arabes sont exaltés par une foi nouvelle. C’est cela, et cela seul, qui les rend inassimilables. Car, pour le reste, ils n’ont pas plus de préventions que les Germains pour la civilisation de ceux qu’ils ont conquis. Au contraire, ils se l’assimilent avec une étonnante rapidité. En science, ils se mettent à l’école des Grecs, en art à celle des Perses… Ils ne demandent pas mieux, après la conquête, que de prendre comme un butin la science et l’art des infidèles ; ils les cultiveront en l’honneur d’Allah. Ils leur prendront même leurs institutions dans la mesure où elles seront utiles. »(9)
Cependant, lorsque des circonstances historiques particulières mettaient les deux civilisations l’une en face de l’autre, l’Islam observa toujours un comportement des plus corrects et des plus honorables. Même en période de guerre et d’hostilité entre les deux parties, l’Islam ne changea jamais sa ligne de conduite faite de noblesse et d’esprit de chevalerie avec ses ennemis du moment. Ce comportement, comme nous l’avons vu plus haut, était dicté par les règles imposées par le Coran et la Sunna du Prophète (qsssl). Dans Histoire des croisades, Michon écrit : « Mahomet défendit à ses compagnons de tuer des moines parce que ce sont des hommes de prière. Quand Omar s’empara de Jérusalem, il ne fit aucun mal aux chrétiens. Quand les croisés se rendirent maîtres de la ville sainte, ils massacrèrent sans pitié les musulmans et brutalisèrent les juifs. »(10)
Au IXe siècle déjà, le patriarche de Jérusalem, dans une lettre à celui de Constantinople, écrit : « Les adeptes de l’Islâm sont équitables. Ils ne nous font aucun tort et ne se livrent à aucun acte de violence envers nous. » De même, un évêque nestorien, après que la Syrie tomba aux mains des musulmans, envoya une lettre à l’un de ses amis dans laquelle il écrit : « Ces Arabes, à qui Dieu a accordé de nos jours la domination, sont devenus aussi nos maîtres ; mais ils ne combattent point la religion chrétienne. Bien plus, ils protègent notre foi, ils respectent nos prêtres et nos saints hommes et font des dons à nos églises et à nos couvents. »(11)
Tout au long de ses relations tumultueuses avec l’Occident, la même grandeur d’âme guida la conduite de l’Islam, une grandeur d’âme que matérialisa, à sa juste mesure, l’illustre Salah Eddine Al-Ayyoubi (Saladin), en accordant la vie sauve aux chrétiens qui occupaient Jérusalem après sa libération des croisés. Et dire qu’un siècle plus tôt, la conquête de la ville sainte par les chrétiens donna lieu à un massacre effroyable que Raymond d’Argiles, chanoine du Puy, décrit ainsi : « Il y eut tant de sang répandu dans l’ancien temple de Salomon que les corps morts y nageaient, portés ça et là sur le parvis ; on voyait flotter des mains et des bras coupés qui allaient se joindre à des corps qui leur étaient étrangers, de sorte qu’on ne pouvait distinguer à quel corps appartenait un bras qu’on voyait se joindre à un tronc. Les soldats eux-mêmes qui faisaient ce carnage supportaient à peine la fumée qui s’en exhalait. »(12)
L’on se rappelle aussi le voyage surprise que fit Saint François d’Assise au sultan El-Kamil, à Damiette, en Egypte, en pleine guerre des croisades, où il fut reçu avec tous les honneurs dus à son rang. L’on se rappelle aussi le comportement combien héroïque et humaniste de l’Emir Abd El Kader volant au secours des chrétiens de Damas menacés par la révolte des Druzes. Ce ne fut pas, malheureusement, les seules fois où l’Occident chrétien faisait preuve d’intolérance et de fanatisme vis-à-vis de l’Islam et de ses adeptes. L’attitude de l’Occident fut toujours empreinte d’hostilité et de rejet épidermique à l’égard de l’Islam ; ce qui laissa, pendant longtemps, dans l’imaginaire musulman, une impression de répulsion et d’incompréhension. « Dans toutes les régions arrachées aux païens ou reprises à l’Islam, écrit Bernard Lewis, le christianisme était imposé par la force et, tôt ou tard, les musulmans devaient choisir entre la conversion, l’exil ou la mort.
Le sort des juifs dans l’Europe médiévale n’aurait pas incité les disciples d’autres religions non chrétiennes à aller s’établir ou même à voyager dans ces pays. Aucune communauté musulmane ne s’était donc implantée en Europe chrétienne, ce qui compliquait considérablement la vie de l’éventuel visiteur musulman dont les besoins spécifiques — mosquées, bains, viandes et aliments préparés selon l’usage et les normes religieuses, et autres nécessités de la vie musulmane — ne pouvaient être satisfaits. »(13) Tandis que les minorités chrétiennes jouissaient pleinement de la liberté de la pratique religieuse et gardaient le droit de gérer leurs institutions et lieux de culte, dans les pays régis par l’Islam, aucune communauté musulmane ne pouvait subsister sous une domination chrétienne. Le sort réservé par les champions de la Reconquista aux musulmans d’Andalousie est éloquent à ce sujet.
Aux croisades et autres agressions armées, les Occidentaux ajoutèrent leurs critiques malveillantes et leurs atteintes à la foi et aux valeurs de l’Islam et des musulmans. Tandis que les musulmans vénèrent et respectent pieusement tous les prophètes de Dieu, notamment Jésus fils de Marie, les Occidentaux, eux, aussi bien ceux qui se disent chrétiens que ceux qui se prétendent des libres penseurs, ne trouvent aucun scrupule à dénigrer le Prophète Mohammed (qsssl) et à accuser l’Islam de tous les maux de l’humanité. Ce fut là le rôle dévolu à l’orientalisme. Autant les croisades ont laissé des séquelles dans la chair des musulmans, autant l’orientalisme a laissé des blessures indélébiles dans leur âme. Conçu à l’origine comme un support « scientifique » et psychologique au service du colonialisme, l’orientalisme se confondit avec le sectarisme religieux le plus outrancier que l’Eglise manifesta à l’égard de l’Islam. C’est grâce à ses études et à ses jugements sur l’Orient en général qu’il est arrivé à se forger un égocentrisme et un complexe de supériorité dont il n’arrive plus à s’en débarrasser. « Si souvent au service des entreprises missionnaires impériales, colonialistes ou politiques à l’égard du Tiers-Monde, cet ‘‘orientalisme’’ a largement contribué à créer, à l’usage des Occidentaux, une justification ‘‘scientifique’’ de leurs préjugés, de leurs prétentions hégémoniques et, finalement, de leur domination. » (14)
Cet orientalisme ne trouva aucun scrupule à s’adonner même à l’espionnage, sous couvert d’études scientifiques et de missions de recherches. Les exemples des Lammens, Léon Roche, Sylvester de Sacy, Lawrence d’Arabie, etc. illustrent, on ne peut mieux, cet état de fait. Aujourd’hui encore, la même attitude inspire le monde occidental dans sa vision des autres civilisations, notamment celle de l’Islam : culpabilisation, diabolisation, stigmatisation, occultation de l’histoire, regard de mépris, racisme, etc. Les thèmes ne manquent pas aux yeux de l’Occident pour discréditer et complexer les autres pour mieux affirmer son narcissisme et son égocentrisme. « L’Occident, soutient Garaudy, a confisqué l’universel. A partir de là, il s’est cru autorisé à situer et à juger tous les ‘‘autres’’ en fonction de sa propre histoire, de ses fins et de ses valeurs. »(15) Inefficacité des moyens d’exploration, invalidité des hypothèses de départ, ténacité des préjugés, l’Occident ne saisit rien de l’Islam, parce qu’il le considère à travers des préconceptions inexactes ou, ce qui revient au même, à travers un prisme déformant ancré dans son imaginaire et qui lui brouille la vue.
« L’Europe parle de la violence ‘‘irrationnelle’’ ou barbare de ses voisins, comme si elle-même n’avait pas connu tout au long de son histoire de pareilles situations sanglantes. Elle donne ainsi l’impression d’avoir définitivement oublié même son histoire proche, ces dizaines de millions de morts des deux guerres mondiales, vis-à-vis desquels les deux ou trois millions de morts des guerres de colonisation et de décolonisation pourraient eux aussi n’être considérés que comme un ‘‘détail’’. Détail aussi dans la foulée que la terreur sous la révolution française, la guerre des Chouans et les carnages des guerres napoléoniennes ; détail encore que l’explosion des fanatismes religieux qui déchirèrent deux siècles durant catholiques et protestants, déchaînant dans toute l’Europe les violences guerrières les unes après les autres. Alors plutôt que de sonder l’histoire, la sociologie comparée, la complexité de l’autre, l’Europe ‘‘exotise’’ à nouveau son Orient proche : l’autre, incompréhensible et irréductible. L’Orient compliqué du général de Gaulle qui avait au moins l’honnêteté de reconnaître qu’il n’avait en ce domaine que des idées simples. »(16)
Certains milieux politiques occidentaux relayés par des médias et, malheureusement, parfois, par certains cercles ecclésiastiques influents, ne cessent de vouloir diaboliser l’Islam en mettant en garde contre un soi-disant danger que celui-ci constitue pour les valeurs de l’Occident. Cet état de fait est devenu encore plus évident depuis la chute du communisme en tant que système antagoniste opposé au monde occidental capitaliste et la volonté manifeste de l’Occident, mené par les Etats-Unis d’Amérique, d’imposer par tous les moyens un nouvel ordre international à toute la planète. C’est ainsi qu’on est arrivés à former une barrière psychologique difficilement franchissable entre le monde occidental et l’Islam, dont les perdants ne sont autres que les deux communautés et les deux civilisations qui ont pourtant besoin de plus de rapprochement et de plus de compréhension afin d’oublier les rancunes et les malentendus du passé et de réfléchir aux perspectives d’un avenir dans un monde devenu un village planétaire.
Cette barrière se renforce de plus en plus grâce aux campagnes de haine et de dénigrement visant l’Islam et son Prophète qui surgissent de temps à autre en Occident. Il en est ainsi de la tempête soulevée dans les années quatre-vingts par le livre du journaliste écrivain, Jean Péroncel-Hugo, Le radeau de Mahomet, où la haine la plus primitive le dispute à l’invective la plus mensongère ; il en est ainsi du livre écrit par l’ancien conseiller du défunt président Mitterand, Jean-Claude Barreau, un prêtre défroqué, De l’Islam en général et du monde moderne en particulier, qui lui a valu d’être écarté par François Mitterand après le tollé soulevé par son pamphlet ; il en est ainsi des ouvrages haineux de l’écrivaine italienne, Oriana Fallaci, morte récemment, qui sont de véritables appels à la haine et au rejet des musulmans ; il en est ainsi de l’affaire des caricatures du Prophète (qsssl) déclenchée par un journal danois raciste et reprise par de nombreux autres journaux européens sous prétexte de protéger la liberté d’expression ; il en est de même pour les propos offensants du « philosophe » français Robert Redecker contre le Prophète (qsssl) de l’Islâm accusé de tous les maux de l’humanité. Mais ce qui a failli fermer cette barrière définitivement furent les propos scandaleux du pape Benoît XVI à Ratisbonne, en Allemagne, où il a remis à jour une ancienne controverse entre un savant musulman perse, dont il a tu le nom, et un empereur byzantin accusant l’Islam d’ignorer la raison et de s’être répandu par la violence.
Ces propos, qui ont déchaîné une véritable tempête d’émotion et de protestation dans tous les pays musulmans, n’ont pas ébranlé pourtant le pape qui n’a jamais voulu reconnaître ses torts et s’excuser auprès de la communauté musulmane qu’il avait touchée dans son âme et sa chair. Or, ce sont de tels propos et autres provocations gratuites qui entretiennent le climat d’incompréhension et partant d’hostilité et de suspicion entre les deux civilisations qui sont appelées pourtant par les nécessités de l’histoire et de l’avenir à coexister ensemble et à s’entendre. Tant que l’Occident demeure prisonnier de l’image d’Epinal qu’il s’est forgée de l’Islam, tant qu’il persiste à lui donner des leçons paternalistes selon sa propre vision des choses, en oubliant que l’Islam a aussi ses propres valeurs et référents, tant qu’il persiste à vouloir s’ingérer dans ses affaires intérieures, tant qu’il refuse de voir en la civilisation musulmane un système de valeurs valable et capable de gérer les affaires de la vie moderne et les aspirations spirituelles et temporelles des hommes, il sera difficile pour lui de se comporter en partenaire équitable du monde musulman, d’avoir avec lui des relations normales, dépassionnées, basées sur le respect mutuel et l’intérêt commun. Et pourtant, les deux civilisations sont condamnées à coexister et à se supporter, eu égard à leur poids et à leur influence sur la scène internationale et au rôle qu’elles peuvent jouer dans le maintien et la préservation de la paix dans le monde. Pour cela, l’Église a un grand rôle à jouer sur les plans aussi bien moral que politique.
Son autorité morale et religieuse indéniable exige d’elle qu’elle agisse concrètement pour réparer les injustices et les torts commis tout au long de l’histoire contre l’Islam. Pour ce faire, elle est tenue d’inculquer à ses fidèles le respect de l’Islam et des musulmans, de leur foi, de leurs valeurs et de leurs symboles, tout comme les musulmans respectent le christianisme, ses valeurs et ses symboles, et ne veulent pas s’ingérer dans ses affaires intérieures. Le dialogue avec l’Islam est une de ces actions positives que l’Eglise peut initier et approfondir pour apprendre à mieux connaître son vis-à-vis et surtout pour mieux le respecter, en sachant que beaucoup de choses — beaucoup plus qu’on ne le croit — sont communes aux deux religions, les plus importantes dans le monde. En effet, et comme le rappelle un des hommes de l’Eglise les plus ouverts à la compréhension de l’islam et des musulmans, le dialogue n’est pas contraire au témoignage qu’on doit porter de « sa foi. L’homme étant un être social, il lui est naturel de communiquer son expérience à ses semblables. Comment l’expérience religieuse, qui est la plus élevée de toutes, ferait-elle exception ? Ce serait en définitive nier les exigences de la fraternité universelle qui est la loi fondamentale de la vie humaine ».(17)
Nous avons vu dans cette optique que l’Islam s’est toujours montré correct et juste dans ses relations avec l’Occident et tout ce qu’il représente comme valeurs et comme civilisation. Mieux encore, l’Islam a reconnu l’existence de l’Occident en tant qu’aire civilisationnelle et politique dès sa révélation, dès lors que le Coran avait reconnu les valeurs chrétiennes adoptées par lui. Le dialogue avec le christianisme remonte, lui, à la révélation coranique : « Et ne discutez avec les gens du Livre que de la manière la plus courtoise. »(18) C’est à la lumière de cette recommandation du Coran qu’il faudrait comprendre la bienveillance dont ont toujours fait preuve les leaders du monde musulman vis-à-vis des chrétiens, depuis le Prophète (qsssl) jusqu’aux plus récents d’entre eux, en passant par Omar Ibn Al-Khattâb, Omar Ibn Abd El-Azîz, Sâlah Eddine al-Ayyoûbi, Soulaymân El-Qanoûni (Soliman le magnifique des Occidentaux) ou bien l’Emir Abd El Kader. C’est dire la disponibilité perpétuelle de l’Islam au dialogue et à la coexistence pacifique, en dépit des torts et des injustices dont il n’a jamais cessé d’être l’objet de la part de l’Occident, qui persiste toujours à vouloir voir en lui un rival et une menace pour ses valeurs et ses intérêts.
Et cette attitude n’a pas cessé, loin s’en faut. La suspicion caractérise toujours le comportement de l’Occident à l’égard de l’Islam dont il n’arrive pas à se débarrasser des avatars du passé. « Depuis plusieurs années, écrit le père Michel Lelong, c’est un esprit de croisade anti-islamique qui semble à nouveau souffler en Occident : une croisade dont les prédicateurs sont aussi ardents — et plus divers encore — qu’à l’époque médiévale. Car, cette fois, des porte-parole de divers partis, des hommes politiques au pouvoir ou dans l’opposition, des journalistes de la presse écrite et parlée, des intellectuels de gauche et de droite, parmi lesquels des chrétiens qui semblent ignorer les appels de Vatican II, se retrouvent pour dénoncer à l’unisson ‘‘le péril musulman’’. Il n’est pas étonnant qu’une telle campagne ait trouvé d’ardents porte-parole dans les rangs des milieux politiques et religieux les plus conservateurs, aussi hostiles à la décolonisation qu’aux orientations données par le dernier Concile. »(19).
L’Islam exige — et c’est son droit — d’être respecté dans ses valeurs et dans ses choix doctrinaux et d’être traité comme un interlocuteur et un partenaire à part égale et non comme un adversaire potentiel avec toute la suspicion et l’incompréhension qui en découlent. Son poids spirituel, politique, économique et démographique ainsi que la place qu’occupe le monde musulman sur le plan géostratégique lui donnent ce droit. De son côté, l’Occident est tenu de se débarrasser de ses préjugés médiévaux et de son égocentrisme et à considérer l’Islam et la civilisation qu’il véhicule comme un vis-à-vis à part entière, avec qui il faudrait traiter dans le respect et la considération mutuelle. Les deux civilisations en sortiront largement bénéficiaires ainsi que l’humanité dans son ensemble. C’est à ce prix-là et à ce prix-là seulement que l’Occident pourra faire sa repentance et payer son immense dette envers le monde musulman qu’il a agressé plusieurs fois (croisades), colonisé pendant des siècles (colonisation) et dont il a pillé sans vergogne les richesses, qu’il pourra tourner la page noire de ses relations avec l’Islâm.
M. B. : Journaliste, écrivain, traducteur Notes de renvoi :
(1). Cité par Roger Garaudy dans son livre Promesses de l’Islâm. Editions Le Seuil, Paris 1981.
(2). Cité par Ahmed Rédha Bey dans son livre La faillite morale de la politique occidentale en Orient. Editions Bouslama, Tunis 1997.
(3). Cf Le génie de l’Islamisme, par Roger Caratini. Editions Michel Lafon, Paris, 1992.
(4). In Samih Atef Al-Zayn L’Islâm et l’idéologie de l’homme. Editions Dâr Al-Kitâb Al-lubnâni, Beyrouth, Liban.
(5). In Le génie de l’islamisme, op cité.
(6). Cf L’Europe musulmane, par Gabrielle Crespi. Editions Zodiaque, Paris, 1979.
(7). Coran S4, v171.
(8). Coran S5, v82.
(9). Cf Henri Pirenne, Mahomet et Charlemagne, Paris 1937, cité par Haïdar Bammate dans son livre Visages de l’Islâm. Editions Enal, Alger, 1991.
(10). Cf Haïdat Bammate, Visages de l’Islâm. Editions Enal, Alger 1992.
(11). Même source.
(12). Même source.
(13). Cf Bernard Lewis, Comment l’Islam a découvert l’Europe ? Editions la Découverte, Paris 1982.
(14). Même source.
(15). In Promesse de l’Islâm, op cité.
(16). Cf Georges Corm, L’Europe et l’Orient. Editions Bouchène, Alger, 1991.
(17). Cf Le père Michel Lelong, Si Dieu l’avait voulu. Editions Tougui, Paris, 1986.
(18). Coran S29, v46.
(19). Cf Le père Michel Lelong, Si Dieu l’avait voulu, op cité.
* Ces propos feront bondir certains Européens, eut égard ne serait-ce qu'à la condition féminine sous régime islamique...Je les prie de ne considérer là que la nécessité de mieux connaitre l'autre afin de cerner "La Vérité" si tant est que cela soit possible...Le Pèlerin  
Source El Watan Messaoud Boudjenoun
Le Pèlerin

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés