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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 23:45

  24 avril 1954   

Papa, tu nous as  quittés si jeune 

En ce jour anniversaire de ta disparition, je te salue Papa, toi qui repose à jamais en cette terre d’Algérie, à Hussein-Dey plus précisément... 
Tu es parti si jeune que j’ai à peine eu le temps de te connaître....
Je repasserai certainement te voir au mois de Mai 2007…
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 Papa

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 Papa repose à Hussein-Dey
Si quelqu’un passe par hasard à Hussein-Dey , qu'il aille se recueillir sur sa tombe… Je remercie tous ceux qui se seront associés à cette démarche...

 

Je remercie également les Gardiens du cimetière qui prennent soin de nos tombes  
Le Pèlerin 
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23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 23:40

24 avril 1954, 67 ans déjà.    

Papa, tu nous as quittés si jeune 

En ce jour anniversaire de ta disparition, je te salue Papa, toi qui repose à jamais en cette terre d’Algérie, à Hussein-Dey plus précisément... 

Tu es parti si jeune que j’ai à peine eu le temps de te connaître....

Je repasserai certainement te voir très prochainement…

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100-0758.jpg 100-0760.jpg

Papa repose à Hussein-Dey

Si quelqu’un passe par hasard à Hussein-Dey, qu'il aille se recueillir sur sa tombe… Je remercie tous ceux qui se seront associés à cette démarche...  

Je remercie également les Gardiens du cimetière qui prennent soin de nos tombes

Le Pèlerin 

A la gloire de mon Père

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 16:35

L’ETA je m’en souviens

par Ségurel*, l’Africain

La rue Mondran à Toulouse

La rue Mondran à Toulouse

Je me souviens de mes premiers pas dans Toulouse

Il était 18h00 un samedi de septembre à Matabiau

Moi, d’un pays ou tout me paraissait blanc et beau

Rose ma nouvelle ville qu’il fallait que j’épouse

 

Je n’avais jamais mis les pieds hors de chez moi,

Rue Mondran, je risquais un pas vers l’ETA à pied

19 heures, c’était l’heure du repas, rangés vous étiez,

Tous vêtus de gris, la couleur du temps quel émoi…!

 

J’étais camouflé derrière les grilles de l’atelier voisin

Je vous apercevais, tous en rang, fort disciplinés

Tous ainsi vêtus, moi dehors, moi l’indiscipliné

Le Méditerranéen, le rebelle, le coquin

 

Moi qui avais pris soin d’acheter une blouse blanche ….!!!

Le gris me semblait pareil au ciel

Moi un adepte du bleu eternel

Chez qui le blanc était de rigueur…au gris j’étais étanche... !!!

 

Je pris peur; la grisaille n’était pas mon affaire

Je filais en ville et réservais l’hôtel pour deux jours

Bien décidé en m’en retourner à Alger pour toujours

Car l’ETA me semblait une prison où je n’avais rien à faire

 

Le Dimanche toutefois fort tôt fut mon éveil

Réveillé il est vrai par les bruits du marché

Je décidais de sortir; le soleil n’était enfin plus caché

Je décidais de retourner voir l’école au soleil

 

A neuf heures du matin à l’ETA j’arrivais

Devant la porte de la prison

Une tête je risquais…Osons…!!!

Planqué derrière elle, quelqu’un il y avait

 

Excusez-moi du peu, Rahia je crois qu’était son nom

Mais de son visage, je m’en souviens toujours

«Monsieur vous désirez?» sans même me dire bonjour

«Nous vous attendions» dit-il lorsque je déclinais mon nom

 

Il me fit visiter l’internat «Vous êtes ici chez vous » me dit-il

Moi qui avais encore mes valises à l’hôtel… !!!

Moi qui étais alors prêt à faire la belle

Prêt à retourner chez moi le savait-il?

 

Je retournais en ville et presqu’à contre cœur

Je pris mes affaires, mes souvenirs d’Afrique

Pour deux ans il fallait que je pique

Dans mon être, ce n’était ni la joie ni la chaleur

 

Le lundi je courrais acheter une blouse grise

Et me fondais dans l’anonymat des lieux

Toulouse capitale des cieux

L’Aéronautique tel était ma seule mise

 

J’en prenais pour deux ans

Pour le reste vous savez

Faire l’idiot aussi je savais

Et je le fis souvent… !!!

 

De tout cela que me reste-t-il ?

Des tonnes de souvenirs

J’en eus des peines et des rires

Mais des souvenirs de vous c’est encore facile

 

Des tonnes d’anecdotes je conserve

Les derniers repas j’ai loupés**

De combien de souvenirs puis je me draper

Au fait le repas, quand est ce que l’on réserve

 

Amicalement,

Le Pèlerin

* Le surnom que l'on m'avait alors donné

** J'étais en Algérie

 

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10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 16:17

Ah….Ce petit jardin du Bonheur

Chez moi à Vèbre en Ariège

Chez moi à Vèbre en Ariège

Le jardin, c’est de la philosophie rendue visible. 

Si vous possédez une bibliothèque et un jardin,

Vous avez tout ce qu’il vous faut. 

Les jardins sont une des formes du rêve,

Comme les poèmes, la musique et l’algèbre. 

Un jardin, même tout petit, c’est la porte du paradis. 

Le jardin est une méditation à ciel ouvert,

Un secret révélé à qui le mérite. 

Dieu Tout-Puissant planta tout d’abord un jardin.

Et, vraiment, c’est le plus pur des plaisirs humains. 

Il est d’étranges soirs où les fleurs ont une âme. 

Tout jardin est, d’abord l’apprentissage du temps,

Du temps qu’il fait, la pluie, le vent, le soleil,

Et le temps qui passe, le cycle des saisons. 

Le bonheur n’est pas une plante sauvage,

Qui vient spontanément, comme les mauvaises herbes des jardins

C’est un fruit délicieux, qu’on ne rend tel, qu’à force de culture. 

"Il y a plus de plaisir à faire un jardin qu’à contempler le paradis." 

"Il n’est pas pour moi d’occupation plus délicieuse

Que la culture de la terre ...

Et pas de culture comparable à celle du jardin ...

Mais, bien que je sois un vieil homme,

Je ne suis qu’un jeune jardinier." 

Une ville ne vaut pas plus qu’un jardin de roses. 

Pour faire un jardin,

Il faut un morceau de terre et l’éternité. 

Nous vivons trop dans les livres

Et pas assez dans la nature. 

Le personnage que nous sommes,

C’est un jardin, et notre volonté le cultive. 

Le bout du monde et le fond du jardin

Contiennent la même quantité de merveilles. 

La grammaire est, après le cheval,

Et à côté de l’art des jardins, l’un des sports les plus agréables. 

Pourquoi Dieu a-t-il fait l’homme jardinier ?

C’est parce qu’il savait qu’au jardin la moitié du travail se fait à genoux. 

Le jardin est la prolongation naturelle d’une conception de la vie. 

Une seule rose peut être mon jardin... un seul ami, mon univers.

Le Pèlerin

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10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 15:59

La Mère de la loi sur l’IVG est morte le 30 juin 2017 à l’âge de 89 ans…

Merci, d’avoir traversé notre vie – Vous êtes un exemple pour la majorité d’entre nous.

Vous êtes une Dame de conviction qui a lutté contre les préjugés, sans jamais vous résigner.

Vous avez contribué à changer durablement les mœurs de la société française, contre les préjugés masculins, les conservatismes de tous bords, parfois même contre vos propres alliés.

Vous avez su convaincre, dans une lutte menée pied à pied, avec la classe d'une Femme d'Etat.

Vous resterez à jamais, présente dans nos mémoires.

Simone Veil, lors de sa bataille à l’Assemblée Nationale française le 26 novembre 1974

Simone Veil, lors de sa bataille à l’Assemblée Nationale française le 26 novembre 1974

Une femme au chignon bien ordonné, dans un chemisier bleu nuit, un collier de perles autour du cou, s’exprime dans l’écrin de velours qu’est l’hémicycle du Palais-Bourbon.

Nous sommes en novembre 1974 et Simone Veil défend avec sa « conviction de femme », devant cette « assemblée presque exclusivement composée d’hommes », sa loi dépénalisant l’IVG.

S’il est une image qu’on retiendra de Simone Veil, décédée ce vendredi à 89 ans, c’est bien celle-là : une femme portant à bout de bras une des réformes de société les plus importantes de la Ve République.

Rescapée des camps de concentration

Avec sa loi, finalement adoptée en janvier 1975, elle écrit sa part d’histoire de France, trente ans après l’avoir traversée de la plus cauchemardesque des façons. En 1944, Simone Jacob a 16 ans quand elle se fait arrêter, à Nice, par la Gestapo.

Elle est déportée à Drancy puis à Auschwitz-Birkenau, où elle reçoit le matricule 78651. A la Libération, Simone Jacob a perdu la moitié de sa famille : seules ses sœurs Madeleine, rescapée comme elle des camps, et Denise, résistante, ont survécu. Sa mère, son père et son frère ne sont jamais revenus de déportation.

Après des études de droit, Simone Jacob, qui a épousé en 1946 Antoine Veil, rencontré à Sciences Po, entame une carrière de magistrate. En 1974, le Premier ministre Jacques Chirac insiste pour que Valéry Giscard d’Estaing fasse d’elle sa ministre de la Santé. C’est ainsi qu’elle fera passer, au terme d’orageux débats, la loi dépénalisant l’IVG, avant de quitter le gouvernement en 1979, date à laquelle elle est élue députée européenne. Première femme présidente du Parlement européen (1979-1982) puis première femme ministre d’Etat (1993-1995), Simone Veil place le féminisme au cœur de son engagement.

Immortelle depuis 2007

Elle est nommée membre du Conseil constitutionnel en 1998, où elle siège jusqu’en 2007;

Cette même année, paraît son autobiographie, Une vie, où elle livre pour la première fois les ressorts de ses engagements, pour l’Europe, la paix, l’égalité entre les sexes. « Avec l’âge, je suis devenue de plus en plus militante de la cause des femmes », écrit-elle. « Paradoxalement peut-être, là aussi, je m’y sens d’autant plus portée que, ce que j’ai obtenu dans la vie, je l’ai souvent obtenu précisément parce que j’étais une femme. »

Retirée de la vie politique, ses apparitions publiques se raréfient. Elle quitte la vie publique après le décès de son mari en avril 2013. Elle qui caracole en tête dans les enquêtes de popularité depuis des années est aussi une Immortelle. 

Elue à l’Académie française en 2008, elle a reçu deux ans plus tard son épée d’académicienne, dont la lame est gravée de son numéro de déportée

Sur décision du Président Emmanuel Macron, Simone Veil fait son entrée au Panthéon le 1er juillet 2018 avec son époux.

Le Pèlerin

 

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7 janvier 2022 5 07 /01 /janvier /2022 16:33

Le réchauffement climatique et ses conséquences en zone de montagne

Montagnes de Haute Ariège

Montagnes de Haute Ariège

Général

Le changement climatique actuel est clairement visible dans nos montagnes. Ces impacts sont nombreux et marqués dans les territoires de montagne, où les conditions climatiques changent avec l’altitude.

Des changements rapides du climat sont enregistrés à l’échelle de la planète depuis le début de l’ère industrielle. Cette évolution se caractérise par une augmentation des températures,

Les précipitations diminuent, les températures s'accroissent sans cesse et les événements extrêmes se multiplient, tant en fréquence qu'en intensité.

L'isotherme 0° c monte de plus en plus en altitude

Les sols s'assèchent de plus en plus, les glaciers se raréfient et sont en voie de disparition dans les Pyrénées

Au niveau national, les glaciers ont perdu 40% de leur surface depuis 1850 avec une perte supplémentaire de 10 à 20% depuis 1980. Les territoires de montagne subissent un changement majeur de leurs paysages.

Les prévisions

Depuis le début du 21ème siècle, les records de température s’accumulent démontrant un réchauffement global à l’échelle de la planète :

Tous les ans, le record est battu, et ce depuis le début des mesures.

À l’échelle de la France, l’accroissement des températures annuelles de 2°C au cours du 20ème siècle est 2 fois plus important que dans l’hémisphère nord. Et le réchauffement s'accentue. A ce rythme là, c'est comme si l'on élevait son altitude de 100m tous les 10 ans. Un challenge pour la biodiversité... !

En montagne les zones couvertes de glace ou de neige sont remplacées par des zones de roches sombres accumulant la chaleur. On a perdu un mois d'enneigement depuis les années 1970.

Du coté des précipitations, la tendance est contrastée ; il pleut moins en hiver, dans le sud de la France et plus dans le Nord.

La raréfaction de la neige façonne différemment l’environnement et diminue les réserves d'eau avec des incidences considérables sur la faune et la flore pyrénéenne.

On assiste à une migration des espèces vers des cieux plus cléments. Ainsi on observe une avancée des événements saisonniers au cours des 50 dernières années de 2 à 5 jours par décennie pour les plantes et animaux terrestres. L’arrivée des oiseaux migrateurs est avancée au printemps d'environ 15 jours en 30 ans.....La végétation est également plus précoce; la saison de végétation est plus longue et la productivité est meilleure, mais certaines espèces sensibles au gel, n'y résistent pas.

L’écosystème est complètement chamboulé.

Le cycle des isards en est totalement perturbé, conduisant à une mortalité plus importante des jeunes isards.

Alors la plupart des espèces gagnent de l'altitude et gagnent du terrain contre les espèces adaptées à des conditions froides.

La surface disponible se réduit.

Toutefois la végétation se verdit....tant qu'un minimum d'eau sera présent.

La biodiversité arrivera-t-elle à s’adapter ? C’est tout le défi que les espèces animales et végétales devront résoudre dans un espace très contraint par l'homme.

Le climat futur

Les modèles climatiques, jusqu’en 2100 prévoient une augmentation moyenne de l’ordre de 3,3°C d’ici 2100 par rapport à la période 1960-1990 et une baisse de 20% des précipitations en été, et une hausse de 10% des précipitations en hiver.

Un été sur deux en 2100 dans les Pyrénées devrait être au moins aussi chaud que l’été 2003. Des précipitations intenses devraient se produire en automne avec une intensité jusqu’à + 30% à la fin du siècle.

L'isotherme 0°c est montée de 700 m au mois de juillet dans les Pyrénées

La montagne sera une destination d'été, là où la mer va devenir une destination d'hiver 

A cela on doit ajouter une fragilité des sols de montagne, avec des sols plus friables et une plus forte instabilité des terrains rocheux.  

Le ski survivra-t-il au réchauffement climatique ?

Dans quelques dizaines d'années, lorsque les skieurs d'aujourd'hui raconteront à leurs enfants ou petits-enfants leurs vacances à la neige, ceux-ci les regarderont probablement avec des yeux émerveillés... mais sans espoir d'en faire autant. La réduction de la couverture neigeuse des stations de sports d'hiver d'ici la fin du siècle risque en effet d'atteindre des proportions suffisantes pour modifier totalement les paysages de montagne et leur activité économique saisonnière. Les chercheurs ( suisses notamment) ont établi de trois scenarii pour la période «jusqu'en 2100» - Un scénario interventionniste visant à supprimer 50% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, et qui correspond à l'objectif de la COP21 de rester au-dessous de 2°C d'augmentation des températures par rapport à l'ère pré-industrielle, et deux scénarios avec poursuite des émissions, associées ou non à une croissance économique mondiale rapide.

Plus de ski au-dessous de 2500 m ?

Quoi qu'il arrive, quels que soient nos efforts, il y aura moins de neige dans les montagnes et la saison des sports d'hiver sera plus courte. "La saison neigeuse à 1.000 mètres dure aujourd'hui environ trois mois, de décembre à fin mars. A la fin du siècle, on ne prévoit pratiquement pas de neige à cette altitude".

Une réduction similaire pourrait être observée à 1.500 m, où la couverture neigeuse serait réduite à seulement trois mois, c'est à dire de mi-décembre à mi-février. On doit noter que ces chiffres sont basés sur un hiver moyen dans la période considérée, et "laissent de côté le fait que les hivers futurs à cette altitude seront souvent caractérisés par une couverture neigeuse éphémère, ce qui de nos jours n'est caractéristique que des altitudes au-dessous de 1000 mètres".

Les stations situées autour de 1500 mètres perdront environ 100 jours de neige, particulièrement à la saison de la fonte des neiges. A Davos (1.560 m) par exemple, il n'y aura que 10 jours de neige de plus qu'il n'y en a aujourd'hui à Coire (593 m). Et Adelboden (1.350 m) aura moins de jours de neige que Berne (542 m) n'en a aujourd'hui.

Même à haute altitude, le changement se fera sentir. A 3.000 mètres, il n'y aurait en 2085 que 165 jours avec une couche neigeuse de plus de 30 cm contre 320 cm aujourd'hui, et la profondeur du manteau neigeux pourrait se réduire jusqu'à 40%. Globalement, si l'on dépasse les 2°C de réchauffement, on ne pourrait skier qu'au-dessus de 2.500 mètres d'ici à la fin du siècle".

"Sauver nos stations"

La durée et la masse de la couverture neigeuse vont rétrécir de façon significative, quelque soit le scénario. Cependant, l'amplitude de ce déclin peut être fortement réduite avec un scénario interventionniste" qui permettrait de "sauver nos stations".

La fin de la neige pour tous ?

Les stations de sports d'hiver, premières concernées, ont déjà commencé à miser sur une certaine diversification. De plus, les sports d'hiver ne se pratiquent plus comme avant.

Les gens font autant de ski sur un moment de la journée beaucoup plus court. Les skieurs, surfeurs et autres snowboardeurs s'adonnent à d'autres distractions en altitude. Mais "sans le ski, c'est compliqué"...Il y a de nombreux emplois non délocalisables. Il faudra envisager un autre modèle économique."

Les stations de moyenne montagne offrent pourtant des activités qui ne sont plus liées à l'enneigement : "Ici on fait du vélo, du parapente, de la montgolfière... mais ce genre d'activités, les gens peuvent aussi les trouver ailleurs. L'hiver, l'élément déclencheur du séjour ici, c'est la neige"et les clients potentiels sont plus informés, plus réactifs : "Avant, les gens réservaient et ils venaient. Aujourd'hui, ils ont les réseaux sociaux, les webcams..." S'ils ne voient pas de neige, ils ne viennent pas.

Bien sûr, il y a toujours la neige artificielle, mais il faut de l'eau et des basses températures. Et cela a aussi un coût et des conséquences ….

Si l'on n'arrivait pas à se maintenir sous les « 2°C », on ne pourrait alors skier qu'en haute altitude, dans un nombre beaucoup plus réduit de stations. Les sports d'hiver pourraient alors cesser d'être une activité de masse pour devenir une distraction pour privilégiés, et l'économie de nombreuses régions montagneuses en pâtirait. Une autre raison pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre.

Mais l'objectif de la COP21 semble de plus en plus difficile à atteindre. Les amoureux des sports d'hiver ont donc intérêt à en profiter, tant qu'ils le peuvent encore...

Les mesures à prendre pour nos stations pyrénéennes

Une diversification est nécessaire ; on doit s'orienter vers le tourisme vert et trouver des alternatives à la pratique du ski

Le réchauffement climatique doit être une opportunité pour changer de modèle ; les hébergements doivent être différents afin de «vivre » avec la montagne.  

Accessoirement, on doit favoriser des transport différents ne favorisant pas la voiture et développer des ressources naturelles alternatives.

Les stations doivent proposer des activités alternatives à celle de la pratique du ski (VTT, Randonnées, Ski de randonnée, Activités de plein air, Thermalisme) 

D'autre part l'ouverture des stations de ski se fait de plus en plus tard et la durée de la saison de ski se réduit considérablement, ce qui se traduit par une réduction des recettes. Les stations de ski sont obligées d'avoir recours à l'enneigement artificiel avec d'importantes répercussions économiques...(investissement et entretien).

Ainsi durant l'hiver 2015, certaines stations ont perdu 25% de leur chiffre d'affaires.. !

De plus, la neige artificielle n'est pas la panacée, car en plus des coûts induits, il faut de toute façon de l'eau et des températures basses... !

N'oublions pas non plus l'accroissement des événements extremest capable de causer d'importants dégâts aux infrastructures liées (complexes hôteliers et appartements ruraux, refuges, installations de télécommunication, routes de montagne et sentiers touristiques) et même parfois chez les résidents".

Un atout pour les Pyrénées, elles sont davantage prisées en dehors de la saison hivernale ; elles peuvent bénéficier d'un regain d'attrait en dehors de la période hivernale (particulièrement en automne), ce qui pourrait accroître le nombre de destinations touristiques dans nos Pyrénées.

Par rapport aux régions touristiques de soleil et plage, car les touristes choisiraient de plus en plus les zones montagneuses pour leurs vacances au lieu des zones littorales, où les températures moyennes et maximales plus élevées pourraient réduire le nombre d'amateurs de ces régions.

Élus locaux, remontées mécaniques, office de tourisme, socio-professionnels, agriculteurs, habitants, etc...toutes ces parties prenantes, devraient remettre à plat le sujet afin de mieux intégrer les changements.

C'est une dynamique globale de développement durable des espaces de montagne, qui est à mettre en œuvre pour sauver les stations de ski et particulièrement celles de moyenne et basse altitude. Il faut repenser le projet de territoire de manière globale en pensant territoire de montagne et non pas uniquement station de ski.

Il faut réinventer nos stations de montagne et concilier tourisme, habitants locaux et respect de la nature. Il s’agit de soutenir et de redonner un rôle aux populations locales et maintenir une identité et un partage avec ceux qui voudront la découvrir.

Les stations devront être des réels lieux de vie et non pas des stations dortoirs pour sports d’hiver.

Le Pèlerin

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7 janvier 2022 5 07 /01 /janvier /2022 16:31

AVOIR et ÊTRE !

 

Yves Duteil

Yves Duteil

Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m’enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.
 
Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frères
Que j’ai connus dès le berceau.
 
Bien qu’opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.

Ce qu’Avoir aurait voulu être
Être voulait toujours l’avoir.
À ne vouloir ni dieu ni maître

Le verbe Être s’est fait avoir.

Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu’Être, toujours en manque
Souffrait beaucoup dans son ego.
  
Pendant qu’Être apprenait à lire
Et faisait ses humanités,
De son côté sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.
  
Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu’Être, un peu dans la lune
S’était laissé déposséder.
  
Avoir était ostentatoire
Lorsqu’il se montrait généreux,
Être en revanche, et c’est notoire,
Est bien souvent présomptueux.

Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l’abri.
Alors qu’Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.
  
Sa rich
esse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l’esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur
Et sa noblesse est à ce prix.
  
Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.
  
Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.
Le verbe Avoir a besoin d’Être
Parce qu’être, c’est exister.
Le verbe Être a besoin d’avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.
  
Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été. 

 

Yves Duteil

Le Pèlerin

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7 janvier 2022 5 07 /01 /janvier /2022 16:27

Femme de lettres française (Paris 1804-Nohant, Indre, 1876)

George Sand

George Sand

La bâtarde de bonne famille

Aurore Dupin, au nom bien roturier, descend de l'une des plus grandes familles d'Europe, les Königsmark – une famille où, par tradition, toutes les filles s'appelaient Aurore. Aurora von Königsmark épouse, à la fin du xviie s., Auguste de Saxe, et en a un fils, Maurice. Passé au service du roi de France, Maurice, mercenaire de luxe, lui donne sa nièce en mariage – ce qui apparente ainsi la future George Sand à la famille royale de France. Maurice de Saxe, grand soldat, grand libertin, fait à la jeune Marie Rinteau une fille, Marie-Aurore, qui épouse Claude Dupin de Francueil, un financier représentant des fermiers généraux en Berry, dont elle a un fils, Maurice, soldat de la République et de l'Empire. Dans un camp de l'armée d'Italie, ce dernier trouve une fille à soldats, Sophie Victoire Delaborde (« ma mère était de la race avilie et vagabonde des bohémiens de ce monde », écrira George Sand dans l'Histoire de ma vie), qu'il épouse, fortement enceinte d'une fille, dont elle accouche le 1er juillet 1804, et que l'on baptise Aurore, selon la tradition familiale. Quatre ans plus tard, le colonel Dupin se tue en tombant de cheval – laissant sa femme poursuivre ses galanteries à Paris, et la petite orpheline à Nohant, près de La Châtre, entre les mains de sa grand-mère Marie-Aurore Dupin de Francueil. Cette petite fille s'appellera, plus tard, George Sand.

Une jeune fille de bonne famille s'élève au couvent. Aurore entre, à Paris, dans celui des Dames augustines anglaises, dont elle sort à seize ans avec une solide connaissance de l'anglais, du goût pour les amitiés féminines et une religiosité diffuse, qui lui donnera toute sa vie une vision quelque peu quiétiste de Dieu – au grand dam de sa grand-mère, vraie femme du xviiie s., voltairienne jusqu'au bout des ongles. Rentrée à Nohant (1820), la jeune fille, belle brune aux grands yeux, s'habille volontiers en homme pour courir le lièvre, à cheval, et conquérir, en tout bien tout honneur, les jeunes gens du voisinage. Elle lit beaucoup : le Génie du christianisme, pour l'instinct de Dieu, puis tous les philosophes du xviiie s., contre-poison nécessaire, puis les grands génies des siècles précédents, de Virgile à Shakespeare. Rousseau enfin : elle apprend de lui la confusion savante des sentiments et de la vertu. Si le romantisme est le produit d'une compréhension partielle de Jean-Jacques et d'une lecture partiale de Chateaubriand, elle est, dès 1821, une vraie enfant du siècle.

Elle est mariée, tôt (1822 – elle a 18 ans), à Casimir Dudevant, un riche héritier (potentiel). Mari bien ordinaire, un peu goujat, un peu ivrogne, auquel elle donne très vite un fils, Maurice (1823). Elle racontera plus tard, dans le Roman d'Aurore Dudevant et d'Aurélien de Sèze, la vie peu exaltante qu'elle mène alors. Elle sait déjà – ce sera le sujet de plusieurs de ses romans – que si ses sens s'éveillent facilement, elle n'arrive jamais à une conclusion pleinement satisfaisante. Elle reste en suspens à deux doigts de la félicité…

Mal mariée mais bien aimée

En voyage dans les Pyrénées, à Cauterets, Aurore rencontre Aurélien de Sèze, vite amoureux d'elle :« Je sentis, au plaisir de l'écouter, qu'il m'était plus cher que je n'avais osé me l'avouer jusqu'alors : je m'en effrayai pour le repos de ma vie, mais je voyais dans ses sentiments tant de pureté, j'en sentais moi-même dans les miens, que je ne les pus croire criminels… » Selon la narration à peine romancée qu'elle fera plus tard de cette liaison, ils en restèrent à des liens platoniques – plus forts, au fond, qu'un adultère bien consommé (1825). Tous deux, lecteurs de la Nouvelle Héloïse, J. J. Rousseau, se prennent à rêver d'une amitié à trois et, dans un premier temps, Casimir ne s'y opposa pas. La première œuvre d'Aurore Dudevant est une confession générale adressée à son mari – qui lui sert surtout à énoncer leurs irréconciliables différences.

Aurore Dupin parlait peu en public, et George Sand guère plus, mais elle écrivait beaucoup : les 22 tomes de sa correspondance témoignent de chaque instant de sa vie, et surtout de la manière dont les détails du ménage finissent par devenir littérature. George Sand raturait fort peu ses manuscrits, parce que ses lettres lui en avaient fourni les brouillons.

Pour un temps, une correspondance passionnée circule entre Nohant et Bordeaux, où séjourne Aurélien. Cependant, Aurore, enragée de libéralisme, se mêle de politique locale, avec ce que la province a de plus beaux jeunes gens exaltés – se compromettant avec un jeune médecin, Stéphane Ajasson de Grandsagne, qu'elle rejoint à Paris. Elle en revient enceinte, d'une fille, Solange, que bonnes et mauvaises langues attribuèrent au joli médecin (1828). Elle n'a plus alors avec son mari que des relations de façade. À l'en croire (Histoire de ma vie), au plus beau de ses passions croisées : « Ce qui m'absorbait, à Nohant comme au couvent, c'était la recherche ardente ou mélancolique, mais assidue, des rapports qui peuvent, qui doivent exister entre l'âme individuelle et cette âme universelle que nous appelons Dieu (…). Il m'importait fort de chercher en Dieu le mot de l'énigme de ma vie, la notion de mes vrais devoirs, la sanction de mes sentiments les plus intimes. ».

Entre remords, ennui et goût de la vie, elle s'étourdit dans des activités qui fleurent bon la sublimation fantasmatique : « Accablée de désespoir et me sentant presque folle, je lançais mon cheval au hasard dans la nuit obscure… Il y avait un endroit du chemin sinistre pour ma famille. C'était à un détour, après le treizième peuplier ; mon père, à peine plus âgé que je ne l'étais alors, revenant chez lui par une sombre nuit, y avait été renversé sur place. Quelquefois, je m'y arrêtais pour évoquer sa mémoire et chercher, au clair de la lune, les traces imaginaires de son sang sur les cailloux. Le plus souvent, lorsque j'en approchais, je lançais mon cheval de toute sa vitesse et je lui lâchais les rênes en l'aiguillonnant à ce détour où le chemin se creusait et rendait ma course dangereuse… » (Journal intime).

Aurore Dupin, Baronne Dudevant, dite George Sand

Premiers romans, premiers succès

Paris s'offre une révolution (juillet 1830). Près de La Châtre, Aurore Dudevant rencontre Jules Sandeau, parmi d'autres libéraux – regard d'enfant battu, beaucoup de boucles blondes. Presque toujours attirée par les hommes au profil immature, Aurore résiste héroïquement quelques jours.

Ce personnage un peu falot est l'étincelle. Aurore quitte son mari et Nohant, part s'installer avec Sandeau à Paris (1831), cherche des recommandations par le clan berrichon de la capitale, contacte Henri de Latouche, journaliste dont le talent était de découvrir des talents, obtient par lui d'avoir la rédaction d'échos (des « bigarrures ») au Figaro. Sandeau et Aurore travaillent ensemble à un roman, Rose et Blanche, histoire d'une comédienne et d'une religieuse – signé J. Sand.

Le roman se vend bien, et elle se lance derechef dans l'écriture d'un autre ouvrage – seule. Le petit Sandeau se remet mal du régime Aurore – vraie tornade d'énergie, sans cesse entre Paris et Nohant, pour voir ses enfants, écrivant sans cesse, courant de droite et de gauche, jamais apaisée. Dès 1832, elle ramène à Paris sa fille Solange et un gros roman, Indiana. Par honnêteté, Jules refuse de signer un livre où il n'est pour rien. Aurore garde Sand, et invente George – orthographié à l'anglaise. À la parution du roman, la Caricature imprime un article élogieux :« Je ne connais rien de plus simplement écrit, de plus délicieusement conçu. » Son rédacteur s'appelle Balzac. Dans la Revue des Deux Mondes, Gustave Planche, l'effroi des auteurs en herbe, dit d'Indiana tout le bien qu'il pense. Sand est lancée. Buloz, le directeur de la Revue, lui propose une chronique régulière – 32 pages par semaine. Son éditeur lui réclame un autre roman – ce sera Valentine.

L'une et l'autre œuvre sont très proches de la vie d'Aurore Dupin. Dans Indiana, l'île Bourbon est l'idéalisation du Berry, les personnages des transpositions transparentes de son mari et de son amant – décevant tous deux la soif d'absolu de l'héroïne. Valentine est le premier des romans champêtres de Sand – roman politique qui fait du saint-simonisme appliqué, appelant à la fusion harmonieuse des classes. Dans les deux cas, la cible est le mariage.

Sand écrit sans cesse, de longues nouvelles (Métella, la Marquise). Sandeau est dépassé : « Tu veux que je travaille, lui écrit-il, je l'ai voulu aussi, mais je ne peux pas ! Je ne suis pas né comme toi avec un petit ressort d'acier dans le cerveau, dont il ne faut que pousser le bouton pour que la volonté fonctionne. »

Singulier aveu d'impuissance. Sand se lie avec la très célèbre Marie Dorval – la comédienne aimée de Vigny, qui, chaque soir, avec le rôle d'Adèle de l'Antony de Dumas père, fait pleurer le public – et trouve chez elle ce qu'aucun homme n'avait pu lui donner : « Je sens que je vous aime, lui écrit-elle, d'un cœur tout rajeuni, tout refait à neuf par vous. Si c'est un rêve, comme tout ce que j'ai désiré dans ma vie, ne me l'ôtez pas trop vite. Il me fait tant de bien ! »

On doit à cette époque à Vigny, jaloux des relations de sa maîtresse avec Aurore, un portrait parlant de Sand, dans son Journal d'un poète : « C'est une femme qui paraît avoir vingt-cinq ans. Son aspect est celui de la Judith célèbre du musée. Ses cheveux noirs et bouclés, et tombant sur son col, à la façon des anges de Raphaël. Ses yeux sont grands et noirs, formés comme les yeux modèles des mystiques et des plus magnifiques têtes italiennes. Sa figure sévère est immobile. Le bas du visage peu agréable, la bouche mal faite. Sans grâce dans le maintien, rude dans le parler. Homme dans la tournure, le langage, le son de la voix et la hardiesse des propos. ».

George Sand, Lélia

Quelques mois plus tard, Sand quitte Sandeau – trop peu satisfaisant, physiquement et intellectuellement (1833). Elle l'envoie – à ses frais – en Italie. Se brouille avec Balzac. Se rapproche de Sainte-Beuve. Et surtout elle écrit Lélia, « long aveu d'impuissance charnelle », résume André Maurois – qui donne justement ce titre à sa biographie de Sand, tant l'auteur et le personnage semblent proches, si proches que Sand elle-même censurera plus tard l'édition originale de 1833, où elle avait peut-être déversé trop de confidences :

« Je me sentais la poitrine dévorée d'un feu inextinguible, et ses baisers n'y versaient aucun soulagement. Je le pressais dans mes bras avec une force surhumaine et je tombais près de lui épuisée, découragée… Le désir, chez moi, était une ardeur de l'âme qui paralysait la puissance des sens avant de l'avoir éveillée ; c'était une fureur sauvage qui s'emparait de mon cerveau et qui s'y concentrait exclusivement. Mon sang se glaçait, impuissant et pauvre, durant l'essor immense de ma volonté. ».

Ce donjuanisme au féminin épouvanta quelque peu Sainte-Beuve, qui aimait à feindre le conformisme. Il plut fort à Dorval, et aux lectrices en général.

Don Juane rencontre alors Don Juan – en l'occurrence Prosper Mérimée. De leur brève étreinte nous savons tout, par une lettre du futur auteur de Carmen à son ami Stendhal : un lamentable fiasco. Sand, femme à hommes, était au fond plus inexperte que l'homme à femmes se l'imaginait – et Mérimée n'avait de goût ni pour les sentiments, ni pour la pédagogie.« Je me conduisis, à trente ans, comme une fille de quinze ans ne l'aurait pas fait », avouera-t-elle à Sainte-Beuve.

Alfred de Musset et George Sand

Tout change lorsqu'elle rencontre Musset, en cette même année 1833. Dandy, libertin, brûlant sa vie, « il n'était ni roué ni fat, se rappellera George, bien qu'il méditât d'être l'un et l'autre » (Elle et lui). Il lui écrit un poème à mettre dans la bouche de Sténio, le héros de Lélia. Et finit par avouer :« Je vous aime comme un enfant. » Il vient vivre avec elle, quai Malaquais.« Je suis énamourée, et cette fois très sérieusement, d'Alfred de Musset », dit-elle à Sainte-Beuve.

Sand a raconté leur liaison dans Elle et lui – de chacun de ses amants elle a fait un livre. Musset donna sa version dans la Confession d'un enfant du siècle (1836). Ce qui est sûr, c'est qu'elle fut l'homme du couple. Et que leur vie sensuelle ne fut pas une totale réussite : des années plus tard, Musset rédigera un roman érotique, Gamiani, transposition des impuissances de Lélia.

Ils partent en voyage à Venise : Musset, malade, hanté des hallucinations qu'il racontera dans la Nuit de Décembre et ailleurs, est longuement soigné par Sand et par un docteur, Pietro Pagello, qui devient l'amant de George : Musset rentre à Paris, Sand reste avec son beau docteur dans la cité des Doges, et rédige Jacques, qui laisse Balzac dubitatif et ironique :« Le dernier roman de Mme Dudevant est un conseil donné aux maris, qui gênent leurs femmes, de se tuer pour les laisser libres », écrit-il à Mme Hanska.

Journellement, elle écrit à Musset, le déchirant de détails – en toute amitié. Musset tirera de cette correspondance cruelle la matière de On ne badine pas avec l'amour – dont l'héroïne, Camille, a un prénom bien ambigu. Sand finit par rentrer à Paris, amenant dans ses bagages son bel Italien, lucide mais persuadé qu'il fallait aller jusqu'au bout du cinquième acte. Musset, toujours amoureux fou, écrit des lettres déchirantes, en s'amusant à Baden-Baden… Sand, revenue à Nohant, ne regagne Paris que pour renvoyer Pagello (1834). Elle recommence à vivre avec Musset – avant de rompre définitivement, parfaitement désespérée : « Ô mes yeux bleus, vous ne me regarderez plus ! Belle tête, je ne te verrai plus t'incliner sur moi et te voiler d'une douce langueur ! Mon petit corps souple et chaud, vous ne vous étendrez plus sur moi (…). Adieu, mes blanches épaules ; adieu, tout ce qui était à moi ! J'embrasserai maintenant, dans mes nuits ardentes, le tronc des sapins et les rochers dans les forêts, en criant votre nom, et quand j'aurai rêvé le plaisir, je tomberai évanouie sur la terre humide… » (Journal intime).

Chez Sand, désir et fantasme ne font qu'un, peut-être parce que la satisfaction du désir était pour elle un pur fantasme. Elle coupe ses cheveux, les envoie à Musset (Delacroix l'a peinte avec les cheveux courts, si surprenants à l'époque). Il y aura des réconciliations, plus douloureuses que des séparations. Enfin, en mars 1835, elle s'enfuit à Nohant pour mettre un point final à leur histoire.

Sand, la républicaine mystique

Elle y mène trois activités de front : la rédaction d'un roman de cape et d'épée, Mauprat, la séparation de corps, sur le plan légal, avec son mari (acquise en 1836), et la fréquentation, bientôt très intime, de Michel de Bourges, avocat, républicain farouche, disciple de Babeuf – Sand rentre en politique. Elle admire en lui le tribun, mais se contente mal de cet homme au physique ingrat : elle en fait le héros d'un roman, Michel, et le complète avec l'acteur Bocage (qui jouait Antony avec Dorval), et avec Charles Didier, jeune et beau Suisse, admirateur éperdu. Elle s'installe chez lui. De cette époque date l'édition expurgée de Lélia.

Elle a tout de même du temps à consacrer aux amis. Elle part rejoindre en Suisse Liszt et Marie d'Agoult. Elle aime se pelotonner sous le piano quand le musicien joue :« Vous savez que j'ai la fibre forte et je ne trouve jamais des instruments assez puissants », écrit-elle à Marie d'Agoult, quelque peu jalouse. Les Lettres d'un voyageur, entamées par Sand à Venise, rendent compte de cette intimité.

Politiquement proche du peuple, Sand s'associe alors à Lamennais et écrit gracieusement dans le Monde, le journal de l'abbé ; l'hyménée littéraire de cette « femme perdue » et du prédicateur breton fait jaser. Sand fait paraître dans la revue les Lettres à Marcie, où elle enseigne à une jeune fille pauvre le mépris des richesses et des mariages de raison, défendant au passage l'égalité des sexes dans l'amour : Lamennais suspend la publication de l'œuvre dans sa revue. Sand fait alors la connaissance (par Sainte-Beuve) de Pierre Leroux, philosophe fumeux prêchant un mysticisme humanitaire, l'immortalité collective (mais non individuelle) et l'égalitarisme entre les sexes. « Elle l'a poussé, plaisante le grand chansonnier Béranger, à pondre une petite religion pour avoir le plaisir de la couver. » Elle se sépare de Michel de Bourges et de Didier peu après. Elle écrit, en deux mois, les Maîtres mosaïstes. Sa mère, avec laquelle elle n'entretenait plus que des rapports épisodiques, meurt peu après (août 1837).

Les années Chopin

Frédéric Chopin

Balzac vint à Nohant. Il avait soutenu Sandeau contre Sand, rédigeait un roman sur leur aventure (il avoua une ressemblance entre Sandeau et le Lousteau des Illusions perdues), et obtint de Sand l'idée de Béatrix (1839), l'un de ses chefs-d'œuvre, où il a peint George sous les traits de Félicité des Touches/Camille Maupin – encore une fois un prénom ambigu servait à cerner la romancière.

Vint la rencontre avec Chopin (1837). Exilé, sensible, malheureux, polonais, c'était une proie idéale pour l'instinct maternel de Sand. Elle signifia son congé sentimental à Félicien Mallefille, un jeune créole, précepteur de son fils Maurice, et partit avec Chopin et ses enfants passer l'hiver 1838-1839 à Majorque. Confort spartiate et temps maussade, ce qui n'arrangea pas la phtisie du pianiste. Chopin composait cependant, George écrivait Spiridion, un roman métaphysico-mystique qui fleurait bon la philosophie de Leroux. Buloz supplia Sand, rentrée avec tout son petit monde à Marseille, de revenir sur terre et à son public : mais elle récidiva avec les Sept Cordes de la lyre – pastiche sans génie du Faust de Goethe.

Plusieurs années s'écoulèrent ainsi, Sand soignant Chopin, tous deux errant de Paris l'hiver à Nohant l'été, fréquentant acteurs (Bocage), artistes (Delacroix et Heine), et hommes politiques de gauche (Arago) – au grand dam de Chopin, aristocrate et conservateur. Sandeau publia un roman, Marianna (1839), qui faisait enfin le deuil de leur liaison. Henri de Latouche en publia un autre, Léo (1840), qui mettait en scène Sand à Nohant. Elle devenait un personnage.

Républicaine idéaliste, Sand publie le Compagnon du Tour de France, variation sur la réconciliation des classes, le Meunier d'Angibault, où une aristocrate ruinée se rapproche du peuple, puis Horace, histoire d'un ouvrier bijoutier magnanime, qui tenait de plusieurs des hommes de sa vie. « Elle est comme la tour de Nesle, plaisantait-on, elle dévore ses amants, mais au lieu de les jeter ensuite à la rivière, elle les couche dans ses romans. » Horace avait paru dans la Revue indépendante, qu'elle avait fondée pour soutenir les idées de Pierre Leroux. À La Châtre, elle avait créé l'Éclaireur de l'Indre – pour porter la bonne parole philosophico-politique à la province. Et elle raconta Chopin et Sand, transposés en roman (Lucrezia Floriani), s'absolvant avec magnanimité de toutes ses aventures.

Elle écrit également, à cette époque, plusieurs des idylles champêtres auxquelles on l'identifie trop souvent, la Mare au diable, Jeanne, le Péché de Monsieur Antoine, et François le Champi. Puis, pour améliorer ses finances, l'Histoire de ma vie, en dix volumes.

Chopin quitta Nohant en 1847, n'y revint plus, et les relations avec Sand s'estompèrent. La fille d'Aurore, Solange, était parvenue à les brouiller : sa mère en fera l'héroïne d'un roman, Mademoiselle Merquem, en 1867.

Sand, révolutionnaire réactionnaire - George Sand, la Petite Fadette

Sand, châtelaine et socialiste, s'immerge dans la révolution de février 1848, imposant la république à La Châtre et à Châteauroux. Ledru-Rollin la charge de composer le Bulletin de la République, dont elle devient la muse. Le n° 16 contient un véritable appel à l'émeute, qu'on lui reprochera longtemps. Elle admire Louis Blanc – qu'elle a portraituré dans le Piccinino. Mais la majorité rejette le coup d'État qu'il a manigancé avec Blanqui en avril 1848 – et l'on rend Sand responsable des désordres. La France, surtout la France provinciale, aspire à être gouvernée au centre. Le 15 mai, Barbès et Blanqui tentent une fois de plus de renverser cette république plus rose que rouge, et échouent. Des milliers de « patriotes » sont déportés. Sand, communiste et dégoûtée, rentre à Nohant et se remet à ses romans champêtres (la Petite Fadette, décembre 1848) – « comme le suc d'une plante bienfaisante » versé « sur les blessures de l'humanité ». Fin de la révolution.

Les amis disparaissent. Ajasson de Grandsagne, en 1847, Hippolyte Châtiron, l'année suivante, Marie Dorval, en mai 1949, puis Chopin, en octobre. Balzac en 1850. Jules Sandeau devient académicien. Sand, survivante et grand-mère, s'occupe de sa petite-fille, Nini – qui meurt de la scarlatine en 1855 : la romancière raconte immédiatement sa courte vie dans un long article… D'Italie, où elle était partie se consoler, elle ramène un roman, Daniela, que la censure impériale épingle pour anticléricalisme. Sand fait intervenir l'impératrice. En 1857 meurt Musset. Le passé s'envole. Sand écrit Elle et lui. Le passé revit.

Paul de Musset crut bon de répondre par Lui et elle, et Louise Colet, qui haïssait Sand, par Lui.

Sand revient sur ses illusions anciennes, et se fait le chantre du mariage et de la répression des désirs (Constance Verrier). Cela ne trompe personne. On la propose pour un prix de l'Académie, mais seuls Mérimée, Vigny et Sainte-Beuve votent pour elle. Thiers a le prix.

Les nouveaux romans sont de plus en plus des récits « à thèse ». Sand travaille avec Dumas fils, qui tire des pièces de ses romans, et, réciproquement, elle s'inspire du Mariage de Victorine pour écrire le Marquis de Villemer, dont le dramaturge tire une nouvelle pièce à succès.

D'aucuns, à la même époque, se gaussent de ce moralisme nouveau.« La femme Sand est le Prudhomme de l'immoralité », écrit Baudelaire dans ses journaux intimes.« Que quelques hommes aient pu s'amouracher de cette latrine, c'est bien la preuve de l'abaissement des hommes de ce siècle. » On n'est pas plus élégant.

Anticléricale, Sand n'est pas antireligieuse. Elle écrit Mademoiselle La Quintinie (1863), en réponse à la Sibylle d'Octave Feuillet, pour faire passer le message : la femme peut se passer des prêtres. Puis Valvèdre (1866), pour exalter l'esprit scientifique. En ces temps d'ordre moral, la dame de Nohant passe pour une dangereuse activiste. De l'Empire, elle n'aime rien, et regrette les emportements romantiques, ce fameux « mal du siècle » : « Peut-être notre maladie valait-elle mieux que la réaction qui l'a suivie ; que cette soif d'argent, de plaisirs sans idéal et d'ambitions sans frein, qui ne me paraît pas caractériser bien noblement la santé du siècle. ».

Noces blanches avec l'ermite de Croisset

Dans les années 1865, Flaubert devient le correspondant puis l'ami de Sand. Elle l'appelle « mon troubadour ». Il commence ses lettres par « Chère maître ». Il va chez elle, à Palaiseau, elle se rend à Croisset. Il justifie les peines infinies qu'il prenait à écrire :« L'idée coule chez vous largement, incessamment, comme un fleuve. Chez moi, c'est un mince filet d'eau. Il me faut de grands travaux d'art pour obtenir une cascade » ; elle se désole :« Quand je vois le mal que mon vieux se donne pour faire un roman, ça me décourage de ma facilité et je me dis que je fais de la littérature savatée. » Elle le renseigne sur 1848, pour l'Éducation sentimentale, alors en gestation. Ils ont des goûts communs pour les farces « hénaurmes ». Des haines communes – Thiers et « Badinguet » (Napoléon III). Et des deuils communs : « Nous nous verrons samedi, écrit Flaubert à sa grande amie, à l'enterrement du pauvre Sainte-Beuve. Comme la petite bande diminue ! Comme les rares naufragés du Radeau de la Méduse disparaissent ! » À peine si leurs vues sur la Commune, en 1870-1871, divergent quelque peu. Sand a gardé des nostalgies socialisantes, et Flaubert voue les révolutionnaires aux gémonies. Ils se réconcilient pour accabler le triomphe de Thiers. Sand arrive même, en 1873, à faire venir Flaubert cinq jours à Nohant – événement inouï dans la vie du solitaire de Croisset.

Sand ne cesse d'écrire : par contrat, elle doit produire deux à trois romans par an. Elle revient à ses idylles campagnardes (Marianne Chevreuse), à des thèmes rebattus d'enlèvement d'enfant (Flamarande et les Deux Frères). Et même un roman par lettres, genre désuet depuis bien longtemps, Albine Fiori, l'histoire d'une enfant naturelle née des amours d'un grand seigneur et d'une comédienne : Sand vieillissante remet ainsi à contribution ses aristocratiques ancêtres. Elle n'a pas le temps de le finir : une occlusion intestinale la tue le 8 juin 1876.

À son enterrement, Hugo a envoyé un message : « Je pleure une morte et je salue une immortelle… » Flaubert, tout en « pleurant comme un veau », selon sa propre expression, eut assez d'oreille pour trouver le discours de Hugo « très beau ».

Source Larousse

Le Pèlerin

 

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7 janvier 2022 5 07 /01 /janvier /2022 16:14

Connaissez-vous ces expressions ?

Les Patos & Pieds Noirs

Ces deux expressions sont aujourd'hui employées, « gaillardement » entre copains, sans aucune connotation péjorative, pour désigner les Français nés en métropole ou en Algérie, avant l'indépendance.
 

Le terme « Pied-noirs » comme celui de « Patos » n'ont commencé à être employé, couramment, qu'après le début de la guerre d'Algérie. Ils furent tous deux, au début, utilisé de manière péjorative.

Mais ceux que l'on qualifiait de « Pied-noirs », au lieu de rejeter ce terme le reprirent à leur compte en rajoutant souvent à la suite « et fier de l'être », puis par riposte, utilisèrent le terme « Patos », pour désigner les Français métropolitains arrivant en Algérie.
Donc des nouveaux débarqués, des bleus, des pieds tendres comme dirait Lucky Luke. Patos en Espagnol désigne un canard et sa démarche « lourdaude. »  Par la suite ce terme a été appliqué à tous les Français métropolitains….

 

Maintenon, y a des choses que tu peux pas les dire,
Des mots que comme insultes, oualou, y'a pas plus pire !
Appelle un, n'importe où, négro, youpin, bicot,
La police, le procès y z'arrivent aussitôt !
Y'a les ligues qu'elle défilent et tout l'monde y s'déchaîne !
La honte elle est sur toi, t'y es bon comme la romaine !
A côté d'ça, t'y a le droit, même c'est recommandé
D'appeler « pied-noir » un qui t'a rien d'mandé !
S'plique moi la différence, aousqu'elle est l'astuce ?
Sauf qu'pour noyer son chien, on dit qu'il a des puces…
Suppose qu'les marseillais on s'les nomme « blague à mort »,
Les bretons « tête de mule », « Bazouk » les gens du nord,
Les parisiens « gros bec », les auvergnats « rapia »,
Les toulousains « saucisse », les corses « vendetta »,
Quel beau sac d'embrouilles pour parler des Français !
Combien de tchaklalas pour combien de procès…
Au sujet des Pieds-noirs, rapport à l'étiquette,
Y'en a qui z'ont sarché, y z'ont fait des enquêtes
Qu'on dirait le concours du tchalef le plus gros !!!
Personne y peut prouver ça qu'y disent, ces falsos…
Un, il accuse les zouaves, les « pieds-noirs » pleins d'la boue…

Un aut', y s'leur répond « c'est à dormir debout » !!!
« Moi, j'dis que les raisins que les pieds y z'écrasent
S'les sont peints en noir… Pas la peine d'faire des phrases !!!
Embrouillounes que vous êtes, un troisième il ajoute :
C'est rapport au charbon des marins dans la soute,
Que, bessif, les pieds noirs y z'avaient quand y sortent…
Personne y peut m'enl'ver cette preuve que j'apporte !
On était tous babaos à s'poser des questions
Quand d'un coup y'en a un qui lance sa solution : 
On descend d'Amérique, des tribus, des indiens,
De ceuss qu'on a chassé, nous aut'es comme des chiens…
On s'les appelait « blackfeet », peignaient leurs pieds en noir,
Tribus comme « œil de lynx », « sioux » ou « faucons noirs »…
Je ne trancherai pas parmi ces hypothèses,
Il n'y a pas matière à présenter une thèse.
Ce pseudo sobriquet, vulgaire, péjoratif,

 Quelque soit l'employeur, la raison, l'objectif,
Nous fut attribué pendant l'Indépendance
Par un large consensus du mépris de la France…
Afin d'édulcorer ce terme peu flatteur,
Certains se plaisent à dire qu'il n'est pas réducteur…

Pourtant traiter quelqu'un de « pied » ou « d'imbécile »
Est d'une équivalence ni fortuite, ni subtile…

Le « noir » incarne le deuil, l'obscurité, la crasse
Et conforte l'anathème, l'injure, la disgrâce...
Mais ces vains subterfuges nous laissent convaincus
Que « Pieds-noirs », à dessein, synonyme de « vaincus »,
Est ce terme foncier que la France affectionne
Distillant le venin que l'hypocrisie donne…

Ces manœuvres mesquines, misérables et sans gloire
Ne parviendront jamais à falsifier « L'Histoire »…
Les français d'Algérie quelle qu'en soit l'origine
Ont des critères palpables, des vertus synonymes
De vaillance, de courage. Du fond de leurs entrailles,
Issus des bâtisseurs et des champs de bataille,
Contre vents et marées, ils ont pourvu la France
D'une œuvre colossale jusqu'à… l'Indépendance

Le Pèlerin

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6 janvier 2022 4 06 /01 /janvier /2022 16:07

Les avantages d'avoir 60 ans ou plus.

Vieux Jean d'Ormesson   jamais    !

Vieux Jean d'Ormesson jamais !

"Je ne changerais jamais mes amis fantastiques, ma vie merveilleuse, ma famille bien-aimée pour des cheveux moins gris ou un ventre plus plat.
En vieillissant, je suis devenu plus amical envers moi-même et moins critique envers moi-même.
Je suis devenu mon ami ...
Je ne me blâme pas d'avoir mangé des biscuits supplémentaires, de ne pas avoir fait le lit ou d'avoir acheté quelque chose de stupide dont je n'avais pas besoin.
J'ai le droit d'être désordonné, d'être extravagant.
J'ai vu beaucoup de chers amis quitter ce monde trop tôt, avant de réaliser la grande liberté du vieillissement.
Qui m'en voudra si je décide de lire ou de jouer sur mon ordinateur jusqu'à quatre heures du matin et de dormir jusqu'à midi?
Si ça me fait plaisir de rester au lit ou devant la télé aussi longtemps que je le souhaite?
Je vais danser sur ces merveilleux tubes des années 60 à 80 et si en même temps je veux pleurer pour un amour perdu ...
Je vais le faire
Si je veux, je marcherai en montagne en short trop court, malgré le regard pénalisant des autres.
Ils vieilliront également.
Je sais que parfois j'oublie, mais il y a des choses dans la vie qui devraient aussi être oubliées.
Je me souviens des choses importantes. Bien sûr, au fil des ans, mon cœur s'est brisé.
Mais les cœurs brisés nous donnent force, compréhension et compassion.
Un cœur qui n'a jamais souffert est immaculé et stérile et ne connaîtra jamais la joie d'être imparfait.
J'ai la chance d'avoir vécu assez longtemps pour avoir mes cheveux gris et mon rire juvénile gravés à jamais dans les sillons profonds de mon visage.
Beaucoup n'ont jamais ri, beaucoup sont morts avant que leurs cheveux ne deviennent argentés.
En vieillissant, il est plus facile d'être positif.
Vous vous souciez moins de ce que les autres pensent.
Je ne me remets plus en question.
J'ai gagné le droit de faire des erreurs. Donc, pour répondre à votre question, j'aime être vieux.
J'aime la personne que je suis devenue.
Je ne vivrai pas éternellement, mais tant que je serai encore là, je ne perdrai pas de temps à regretter ce qui aurait pu être ou à m'inquiéter de ce qui sera.
Et si je le veux, je mangerai un dessert tous les jours.
Vous l'avez aussi, ce droit
Que notre amitié ne soit jamais brisée, car elle vient du cœur!

Ce sera bon pour le moral.

Le Pèlerin

 

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